La bonne aventure selon Amon

Bas-relief d'Amon-Ra.
Bas-relief d’Amon-Ra.

L’oracle d’Amon dans l’oasis de Siouah était si célèbre en Egypte et dans tout le bassin méditerranéen qu’Alexandre lui-même s’y rendit ; si célèbre que les auteurs anciens -grecs notamment- y font référence. Pourtant, force est de constater que les oracles n’étaient guère plus que nos horoscopes modernes, des "Madame Soleil" en puissance.
Alors que l’oracle de Delphes, en Grèce, représentait la connaissance de toute chose et son approfondissement, la découverte du cycle universel, l’oracle d’Amon ou toutes les autres techniques oraculaires égyptiennes n’allaient jamais plus loin que la connaissance d’un futur très personnel, terre-à-terre et somme toute inintéressant. L’avenir professionnel, l’avenir amoureux, retrouver un objet ou un être même : telles étaient les préoccupations des Egyptiens qui consultaient ces oracles. De fait, les prêtres eux-mêmes ne semblaient pas prendre leur rôle bien au sérieux, au point « d’aménager, selon l’égyptologue Guy Rachet, des conduits acoustiques dans les statues afin de leur prêter leur voix pour répondre directement aux questions qui leur étaient posées par les dévots ».

Les lamentations de Jérusalem

Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ; pleurez plutôt sur vous et sur vos enfants !  avait prophétisé le Christ en montant au Golgotha.
Le 7 septembre 70 après J.-C., l’État juif n’existe plus et Jérusalem, la ville sainte des juifs, n’est plus qu’un tas de cendres…
C’est en 63 avant J.-C. que Jérusalem, conquise par Pompée, passe, avec le reste de la Palestine, sous la domination romaine. Depuis, la rébellion ne cesse de croître contre l’envahisseur romain. En 66 après J.-C., l’agitation est à son comble et la révolte finit par éclater : les insurgés mettent à mort les grands-prêtres, favorables aux Romains, et massacrent la garnison romaine. Après quatre ans de lutte et cinq mois d’un siège acharné, Titus, le fils de l’empereur Vespasien, soumet la ville rebelle. Le bref sursaut des juifs, en 135, aura pour conséquence de rayer définitivement l’État juif de la carte… pour presque deux mille ans.

Cléopâtre, la dernière reine d’Egypte

Cléopâtre (69-30 avant J.-C.) d'après l'œuvre de Gustave Moreau.
Cléopâtre (69-30 avant J.-C.) d’après l’œuvre de Gustave Moreau.

Son nom signifie "Gloire de mon père" et elle est la première de quatre enfants. Cléopâtre septième du nom, née au cours de l’hiver 69-68 avant J.-C. et elle est la fille de Ptolémée XII Aulète, le "joueur de flûte", un incapable. De fait, le successeur de Ptolémée Ier Sôter est déjà sous la coupe de Rome qu’il charge volontiers d’arbitrer les conflits impliquant l’Egypte et ses voisins, sur qui il comptera pour le rétablir après qu’il ait été évincé par sa propre fille, Bérénice, demi-sœur de Cléopâtre. A la mort d’Aulète, en 51 avant J.-C., c’est donc à Cléopâtre VII qu’échoit le trône d’Egypte ; à elle et à son jeune frère, Ptolémée XIII qu’elle épouse selon la tradition égyptienne. Elle n’a que 18 ans mais fait déjà part d’une grande culture -elle parlait de nombreuses langues- et surtout d’un grand sens politique. Un atout nécessaire tant l’Egypte est alors dans une situation déplorable : la famine sévit, la monnaie est affaiblie et seule la guerre civile que se livre alors César et Pompée met un frein aux ambitions de Rome, fort intéressée par ce royaume et cette cité -Alexandrie-, située au carrefour de tous les commerces, à la jonction entre l’orient et l’occident. Sans compter qu’Arsinoé, sœur de Cléopâtre, et son frère-époux Ptolémée XIII se sont unis pour fomenter des intrigues. Cléopâtre tenter bien de dévaluer la monnaie afin de faciliter les exportations, la révolte éclate à Alexandrie en 48 avant J.-C.… au moment où Pompée est écrasé à Pharsale. César, qui vient de recevoir la tête de son vieil ennemi -cadeau de Ptolémée XIII- a dès lors tout loisir d’arbitrer le conflit entre le frère et la sœur… ce qu’il fera en faveur de Cléopâtre dont il devient l’amant et qui lui donnera une fils, Ptolémée César, dit Césarion, né en 47 avant J.-C..
Cléopâtre est alors maître de son royaume, mais uniquement par la grâce de César ! Sans Rome, elle ne serait rien ; sans Rome, et les gages qu’offrent les pharaons depuis plusieurs générations le prouve, la dynastie des Lagides ne serait plus rien. Or, c’est cela que Cléopâtre veut éviter ; c’est un pouvoir autonome qu’elle espère acquérir et redonner à sa lignée comme à son pays. Et ce sera tout l’objet de sa liaison avec Marc-Antoine.
Lorsque, en 44 avant J.-C., César est assassiné, Cléopâtre prend la fuite et regagne au plus vite Alexandrie. A son retour, elle est confrontée aux pires difficultés : un usurpateur, à la solde de sa sœur Arsinoé, déclare être Ptolémée XIII -qui avait été mis à mort sur ordre de César trois auparavant ; la famine et la peste ravagent le pays. Quant au soutien de Rome, mieux vaut ne pas y compter : la cité est en pleine guerre civile. Une guerre qui se soldera par le second triumvirat romain, offrant le pouvoir à Lépide, octave, petit-neveu de César, et Marc-Antoine, fidèle lieutenant du grand homme. Sans doute dans le but d’affirmer la puissance romaine retrouvée, ce dernier entame une vaste tournée en 42 avant J.-C., tournée au cours de laquelle il se rend en Egypte… Sans doute Marc-Antoine tombera-t-il autant sous le charme de Cléopâtre que de l’Orient. Devenu l’amant de la jeune reine, il fait mettre à mort Arsinoé et le pseudo-Ptolémée XIII et obtient, dans le triumvira, la gestion de l’Orient. Une gestion qui, rapidement, tourne à l’émancipation tant il est clair qu’Antoine a définitivement oublié toute ambition romaine au bénéfice d’un empire oriental. Un empire géré conjointement avec Cléopâtre, dont il devient l’époux en 37 avant J.-C. et à qui il offre Chypre, le royaume de Chalcis, des terres en Cilicie, en Crète et en Judée. Antoine ira même plus loin dans son testament, rédigé en 36-35 avant J.-C.. Cléopâtre et Césarion se voient promettre l’Egypte, la Syrie méridionale et Chypre ; Alexandre Hélios et Cléopâtre Séléné, les jumeaux nés du couple, auraient, pour le premier l’Arménie, la Médie et la Parthie -après conquête évidemment- et pour la seconde  la Libye et la Cyrénaïque. Enfin, le troisième enfant du couple, Ptolémée Philadelphe, se voit promettre la Syrie du Nord, la Phénicie et la Cilicie. Le tout serait régenté par Cléopâtre elle-même. Qu’espérer de plus pour l’héritière des pharaons, la descendante de Ptolémée ! Certainement, Cléopâtre n’avait pas osé en rêver : la reconstitution de l’ancienne puissance égyptienne, grâce à elle, pour elle !
C’était sans compter Octave qui, au fait des événements orientaux, déclare la guerre à Antoine et Cléopâtre. L’affrontement à lieu à Actium en 31 avant J.-C.. Un affrontement qui verra le triomphe des troupes et des navires romains. Antoine se poignarde peut après et Cléopâtre, fait prisonnière par Octave, se suicide peu après sur la tombe d’Antoine, celui grâce à qui l’Egypte et ses souverains avaient à nouveau rêver de gloire, de victoire, de puissance.
La dernière reine d’Egypte vient de mourir. Le royaume des deux terres ne sera plus jamais indépendant…

Constantinople : la porte de l’Orient

L'empereur Constantin Ier (v.280-337).
L’empereur Constantin Ier (v.280-337).

En quelques siècles à peine, Rome avait étendu son pouvoir bien au delà de ses frontières. Une large partie de l’Europe, mais aussi des contrées orientales et africaines faisaient désormais partie de l’immense Empire. De fait, sa capitale, Rome, paraissait bien loin de l’Egypte ou de la Syrie. C’est pourquoi l’empereur Constantin se mit en tête de se doter d’une nouvelle capitale, située au cœur même de l’Empire. Pour ce faire, il choisit le site de l’antique Byzance, qui avait été pillé et rasé par Septime Sévère en 196. Le choix était judicieux : la situation de Byzance était parfaite, aussi bien stratégiquement que symboliquement. Gardienne du Bosphore, à la frontière entre l’Orient et l’Occident, la Nouvelle Rome –ce sera le nom choisit par Constantin- allait être édifiée à l’image de son modèle : un forum, un sénat, un capitole, sept collines même… Tout avait été pensé pour que Nova Roma soit la réplique parfaite de la Rome initiale. L’idée était séduisante. L’histoire allait en décider autrement et Constantinople –le nom de Nova Roma ne résistera guère de temps- n’aura jamais que l’apparence de Rome. Pour peu de temps cependant…
Achevée en 330, la cité qui devait être le point de rassemblement de l’Empire, perd cet attribue et devient, après la scission de l’Empire, la capitale du seul Empire d’Orient.
Plan médiéval de Constantinople.
Plan médiéval de Constantinople.

D’ailleurs, c’est vers l’Orient que, dès le début, elle s’était tournée. Située à seulement quelques encablures de l’Asie Mineure, Constantinople va devenir une cité marchande, cosmopolite, temple des arts les plus raffinés, les plus luxueux. Elle deviendra également le centre de toutes les immoralités, de toutes les émeutes : on s’y bat pour une course de char, comme pour un différent théologique. On se bât également pour sa conquête et du IVe au XVe siècle, Constantinople va être l’objet d’un nombre incalculable de coup d’Etat, de pillages, d’attaques. Ce n’est qu’en 1453 cependant, après les assauts répétés des Ottomans, que Constantinople succombera. Désormais placée sous l’égide turque, elle poursuivra en fait son destin, un destin tourné presque exclusivement vers l’Orient.

Les petits chimistes de l’Egypte antique

Tête d'une momie conservée au Louvre.
Tête d’une momie conservée au Louvre.

Curieusement, le monde moderne dans lequel nous vivons a toujours quelques difficultés à reconnaître aux peuples antiques les mêmes dons, l’intérêt pour les mêmes sciences. De fait, s’il est une science moderne par excellence, c’est bien la chimie, dont on date généralement l’acte de naissance au XVIIe-XVIIIe siècle. Un faux, naturellement… En fait, c’est sans doute du XVIIIe siècle avant J.-C. qu’il faudrait dater cette science, pour ne pas dire plus…
Selon Guy Rachet, le mot même de chimie pourrait venir du nom de l’Egypte, nommée Kémi. Fort développée à Alexandrie, elle n’est était cependant plus à un stade expérimentale : le mélange des métaux, la fabrication des parfums ou des onguents étaient déjà des pratiques courantes, sans parler de la coutume de la momification qui n’est rien d’autre qu’une application de principes chimiques. Une coutume qui va évoluer au fil du temps, au fil des connaissances et des découvertes dans le domaine de la chimie, tout simplement.

L’obélisque de la Concorde

Paris, le 25 octobre 1836, 11h30. Une immense foule a envahi la place de la Concorde pour admirer un piedestal de granit orné de pièces d’or et d’argent et de deux médailles à l’effigie de Louis-Philippe, roi des Français. Trois cents artilleurs tirent les palans, tandis que le son du clairon rythme l’élévation de l’obélisque. À 15h00 précises, le monument est enfin mis en place.
Il a fallu huit ans pour que la France obtienne ce don de Méhémet Ali. Jean-François Champollion, chargé de convaincre le vice-roi d’Égypte, disait volontiers que si l’on doit voir un obélisque à Paris, autant que ce soit un de ceux de Louxor.
En effet, Louxor, quartier sud de Thèbes, l’ancienne capitale d’Égypte, possède les plus prestigieux vestiges de l’Égypte ancienne. Ce fameux obélisque, édifié par Ramsès II, ornait l’entrée du temple pharaonique relié à celui de Karnak et dédié au tout-puissant dieu Amon. Depuis, il orne la célèbre place parisienne.

Héraclius : l’espoir déçu

Reproduction d'une monnaie d'Héraclius.
Reproduction d’une monnaie d’Héraclius.

Lorsque, en octobre 610, Héraclius, fils d’un exarque (gouverneur en charge de l’autorité civile et militaire d’un territoire généralement situé aux marches de l’empire) de Carthage, renverse l’usurpateur Phocas et s’empare du trône, l’empire est dans un état lamentable. Divisé sur la question du monophysisme -qui ne reconnaissait au Christ qu’une seule nature, la nature divine- ; menacé par les Perses, qui envahiront d’ailleurs l’Asie mineure, puis s’empareront de Jérusalem et de l’Egypte ; bousculé par les Lombards et les Avars qui, après l’Italie, atteignent Constantinople : l’empire, décidément, était au bord de la ruine, pour ne pas dire de l’implosion. De fait, les dix premières années du règne d’Héraclius n’ont rien de bien concluantes. Mais dès 620, il semble que la roue ait enfin tourné : Héraclius achète la retraite des Avares ; mène la réorganisation de l’armée et de l’administration ; isole -diplomatiquement- les Perses avant de se lancer dans une véritable croisade contre la dynastie sassanide. Une victoire près de Ninive, puis l’assassinat du souverain (628) allait plonger l’empire perse dans une guerre civile qui, logiquement, allait reléguer les menaces sur l’empire byzantin à une problématique d’un autre temps. Profitant de son avantage, Héraclius devait se faire rétrocéder l’Egypte et Jérusalem, où l’empereur devait faire une entrée triomphale "armé" de la Vraie croix !
Cette année 630 devait marquer le triomphe d’Héraclius mais également le début du déclin du règne d’Héraclius. L’empire, épuisé par les efforts consentis lors de la lutte contre les Perses, se retrouve démuni face à la déferlante arabe. Bosra, en 634, mais surtout Yarmouk en 636, ouvrent, avec la défaite grecque, la route de la Syrie aux cavaliers musulmans. Jérusalem tombera en 638, la Mésopotamie l’année suivante, l’Egypte également. Plus tard, ce sera l’Afrique du Nord, l’Espagne même…
Focalisé sur le danger perse, Héraclius aura juste mésestimé le phénomène arabe, épuisant les forces de l’empire en une lutte inutile. L’empire s’étant de lui-même éliminé dans la défense de l’Orient comme de l’Occident, défense qui faisait partie de sa nature, les arabes auront alors beau jeu de se lancer à l’assaut du monde.

Le phare d’Alexandrie

Maquette du phare d'Alexandrie, tel qu'il devait être à l'époque antique.
Maquette du phare d’Alexandrie, tel qu’il devait être à l’époque antique.

Simple village de pêcheur à l’origine, Alexandrie, en Basse-Égypte, fut fondée en 332-331 avant J.-C. par Alexandre le Grand. À la mort du conquérant, les Ptolémées lui succédèrent sur le trône égyptien et établirent leur capitale à Alexandrie, qui prit dès lors un essor considérable. Véritable plaque tournante du commerce entre Orient et Occident, Alexandrie, ville créée de toutes pièces, offrait la réalisation la plus moderne de l’urbanisme antique. Outre le mausolée d’Alexandre le Grand, la Bibliothèque, qui allait en faire un des haut-lieux de la culture hellénistique, le grand théâtre, le Sérapéion, ou temple de Sérapis, celui de Poséïdon, le musée et les palais des Ptolémées, la ville était dotée de deux ports, afin de répondre à sa vocation commerciale. Mais l’entrée de ces ports était des plus risquées. Pour remédier à ce danger, Ptolémée II Philadelphe décida, en 285 avant J.-C., de relier la ville à une petite île, Pharos (ce qui nécessita l’édification d’une digue de 1300 mètres), et d’y faire construire une tour de marbre blanc, haute de 130 mètres, au sommet de laquelle on entretenait des feux pendant la nuit pour guider les navires : ce fut le premier phare, mot qui vient de l’île de Pharos.
Masoudi, écrivain et voyageur arabe du XIe siècle, en a fait une description :
Sa construction a trois formes : il est carré jusqu’à un peu moins de la moitié ; là, la construction est en pierre blanche. Ensuite, la figure en devient octogone… Un balcon l’entoure, qui permet de se promener tout alentour. Enfin, la partie supérieure en est ronde.
Les nombreux tremblements de terre que subit cette région auront finalement raison de l’œuvre de Sostrate de Cnide, l’architecte du phare : celui-ci s’effondrera en 1303, disparaissant jusqu’au dernier bloc. Les vestiges du phare allaient passer des siècles dans les eaux bleues de la Méditerranée jusqu’à ce qu’au XXe siècle Jean-Yves Empereur et son équipe mettent enfin au jour la presque totalité d’une des Sept merveilles du monde antique.

Anubis, le chien des morts

Anubis et Osiris entourant un défunt (iconographie reproduite d'après un papyrus antique).
Anubis et Osiris entourant un défunt (iconographie reproduite d’après un papyrus antique).

De la même façon que Cerbère est le gardien des Enfers dans la mythologie grecque, étonnement, celui qui préside à l’embaumement, à la momification, bref, au culte funéraire des Egyptiens est également représenté sous l’apparence d’un chien -et non d’un chacal. Le dieu Anubis, forme grecque de l’égyptien Inpou ou Anepou, apparaît en effet, dès la Ve dynastie, donc dès 2500 avant J.-C., dans les tablettes. De fait, il est donc aussi ancien qu’Osiris, auquel la fonction funéraire est également dévolue. D’ailleurs les points communs entre les deux divinités ne s’arrêtent pas là. En effet, si Osiris est, par excellence, le dieu des morts, celui présidant au jugement de l’âme, la mythologie qui l’entoure en fait aussi le dieu de l’autre vie, de la résurrection… Or, la couleur noire dont est parée Anubis est, selon les spécialistes, due à la couleur du bitume servant à la momification, bitume -et par extension couleur- symbole de renaissance.
Frère, père ou fils d’Osiris selon les interprétations mythologiques, Anubis a pourtant l’allure du jumeau d’Osiris, au point que l’on peut légitimement se demander s’il n’est pas une facette, une incarnation de cette divinité.

La résurrection de Babylone

Et si les origines de la civilisation humaine ne se situaient pas sur les bords du Nil mais plutôt dans cet espace de terre privilégié appelé Mésopotamie, situé entre deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate ? Sans entrer dans une querelle qui, depuis plus d’un siècle, oppose historiens et archéologues, on sait, néanmoins, que la Mésopotamie fut, il y a cinq mille ans, le berceau d’une civilisation prodigieuse, à laquelle l’humanité doit une large part de son patrimoine : la foi, l’écriture, les sciences, la littérature… Bref, les bases essentielles de notre culture.
Dans un ouvrage, certes austère, mais d’une grande rigueur historique et scientifique, Harry W. F. Saggs, professeur à l’université de Cardiff et l’un des meilleurs spécialistes de la Mésopotamie, raconte la grande aventure archéologique qui permettra d’arracher à l’oubli cette brillante civilisation.
Depuis cent cinquante ans, les chercheurs, venus d’Europe et d’ailleurs, ont mis au jour les monuments et les œuvres d’art, déchiffré les tablettes cunéiformes et fini par reconstituer, patiemment, au fil des décennies, la ville fabuleuse de Babylone et l’histoire d’un des empires les plus prestigieux que le monde ait jamais connu. Doté d’une carte claire et parlante, d’une table chronologique qui couvre quatre millénaires, de références bibliques et d’un index extrêmement utile pour les chercheurs comme pour les profanes, Au temps de Babylone est, jusqu’à ce jour, la somme la plus complète sur cette civilisation miraculeusement retrouvée. Un ouvrage passionnant pour tous ceux -et ils sont nombreux- qui s’intéressent à l’histoire des civilisations disparues.