Tibère : un règne contesté

Beau-fils et gendre d’Auguste, Tiberius Claudius Nero était un homme sérieux, épris de littérature et de philosophie, mais aussi un général courageux et populaire. Quand il succède enfin à Auguste, en 14 après J.-C., il a cinquante-six ans.
Tibère apparaît alors comme un homme lucide, intelligent, qui tente par tous les moyens de maintenir l’œuvre d’Auguste. Sous son règne, Rome devient florissante, les finances sont surveillées et la justice rendue équitablement.
En 26, dégoûté par les incessantes intrigues de palais, Tibère se retire sur l’île de Capri. De là, il ordonne, selon la légende noire léguée par Tacite et Suétone, les meurtres de ses familiers. N’est-ce qu’une légende ?
Tibère est-il le bouc émissaire de tous les vices de son temps ? Toujours est-il qu’il ne lui reste bientôt que deux héritiers : son petit-fils, Tiberius Gemellus, et Caligula, fils de Germanicus.
Le 16 mars 37, Tibère, victime d’une crise cardiaque, est étouffé sous un oreiller par Caligula, qui s’empare du pouvoir. Âgé de vingt-cinq ans, l’auteur de ce crime laisse présager d’un règne où la mort, le viol et la folie seront monnaie courante…

L’Ager publicus « pour les nuls »

Un légionnaire romain (gravure ancienne).
Un légionnaire romain (gravure ancienne).

Lorsque l’on étudie l’histoire romaine, immanquablement, on aborde la question de l’Ager publicus. Une question qui va empoisonner les derniers siècles de la République, une question qui est aussi intimement liée à l’expansion romaine dans les premiers siècles de la République.
Née au Ve siècle avant J.-C., la République romaine va mettre deux siècles à conquérir toute la péninsule italienne, imposant son gouvernement aux Voques, aux Eques, aux Latins, aux Etrusques, aux Samnites enfin. Un dernier affrontement avec la Grande Grèce, qui avait des comptoirs au sud de la péninsule, allait achever sa conquête et ouvrir des horizons nouveaux aux Romains. Des horizons qui passent par le contrôle du détroit de Messine et qui allait entraîner un conflit avec une cité au moins aussi ambitieuse que Rome : Carthage. Trois guerres, dites guerres puniques, allaient marquer la seconde moitié du IIIe siècle avant J.-C. Et la première moitié du IIe. Carthage détruite, la Méditerranée s’ouvrait aux désirs expansionniste de Rome… avec un corolaire : l’agrandissement de l’Ager publicus.
L’Ager publicus était, dans la définition, les terres appartenant à l’Etat romain, non aux particuliers. Or, ces terres étaient désormais immenses. Et il suffisait aux membres de la noblesse de payer un impôt pour se les accaparer. Rien de mal en soi, sauf que, dans le même temps, les petits propriétaires risquaient de tout perdre. Embarqués durant plusieurs années dans les rangs de l’armée, conduits à des centaines de kilomètres de leurs domaines, ils les retrouvaient généralement en bien mauvais état, voir quasi abandonnés à leur retour.
Parallèlement à cela, la conquête de nouveaux territoires engendre une nouvelle concurrence : le blé de Sicile, d’Afrique du Nord ou encore d’Asie rivalise avec les cultures italiennes. Un problème atténué dans les grandes domaines terriens qui ont le concours de plus en plus d’esclaves, conséquence des guerres et donc d’un afflue de prisonniers. Au final, les grands perdants sont donc les petits propriétaires qui, soit s’endettent au delà du raisonnable, soit vendent directement. Ils iront ensuite rejoindre la cohorte d’une nouvelle plèbe urbaine, miséreuse.
La question de l’Ager publicus sera au centre des discussions de la première moitié du Iie siècle. Les frères Gracques, notamment, tenteront, en vain, d’y répondre. Mais c’est toute la société romaine qui se retrouve bouleversée ; l’idée même de la République qui va se jouer. De cette question, de ce problème, viendra la guerre civile, puis la fin de la République.

Auguste ou l’hypocrisie impériale

Buste d'Auguste (63 av. J.-C.-14 ap. J.-C.).
Buste d’Auguste (63 av. J.-C.-14 ap. J.-C.).

« Si César, selon Gomberville, doit sa gloire aux malheurs de la guerre, Auguste doit la sienne au bonheur de la paix ». Et en effet, Auguste sera l’empereur de la paix. Un empereur qui n’en porta jamais le titre officiellement, un empereur qui, dans les faits, s’imposera sans jamais revêtir la pourpre.
Le petit-neveu de César gravira tous les échelons, éliminera tous les concurrents à force d’habileté politique plus que de combat. Alors qu’Antoine, qui forme avec Octave et Lépide le triumvir, mène une politique de plus en plus orientale, de plus en plus influencée par Cléopâtre, Octave joue la carte de Rome et de l’apaisement. La fusion plus étroite des provinces avec la capitale, l’impulsion donnée à l’agriculture –célébrée dans les Géorgiques de Virgile-, l’habile propagande menée par Octave en feront el souverain idéal. Un souverain au titre de consul, de triumvir, de princeps senatus ensuite. Car jamais Octave, devenu Auguste, ne franchira le « Rubicon politique » qui aurait fait passer la République à l’Empire. L’élimination de Lépide, en Afrique, puis d’Antoine avait pourtant fait de lui le seul et unique représentant du pouvoir. Et le prestige qui l’entourait aurait sans nul doute pu lui permettre de prétendre à la pourpre impériale. Mais Auguste préférera se faire nommer consul, années après années, préférera devenir le premier d’entre les sénateurs et l’imperium proconsulaire des provinces de Gaules, d’Espagne et de Syrie.
Suite à une grave maladie, il se fera même (en 23 av. J.-C.) accorder le tribunat à vie et l’imperium proconsulaire sur tout « l’Empire ». Dans les faits, il était donc le maître absolu, possédant un droit de veto sur tous les actes des magistrats et la maîtrise militaire, y compris dans Rome même –avec les cohortes prétoriennes. « Père de la patrie », Auguste cultivera l’hypocrisie impériale jusqu’au bout, tout en se préoccupant de sa succession et en accédant au statut de divinité. Une divinisation de sa personne qui marque un point final à la carrière de l’empereur qui n’en porta jamais le nom.

Marc-Aurèle, l’empereur-philosophe

Issu d’une illustre famille d’origine espagnole, Marc Aurèle est, dès son plus jeune âge, profondément marqué par la philosophie stoïcienne qu’il pratiquera toute sa vie. Nommé préfet de Rome par Hadrien, il est adopté par l’empereur Antonin dont il épouse la fille, Faustine. À la mort d’Antonin, en 161, il gouverne conjointement avec Lucius Vérus, son beau-frère, puis reste seul empereur à la mort de ce dernier en 169.

Son règne, pendant lequel il rénove l’administration financière et judiciaire et assure la mainmise de l’État sur l’économie, est marqué par les luttes incessantes contre les Parthes et les Germains. À sa mort, survenue le 17 mars 180, Marc Aurèle ne laisse pas l’image d’un grand empereur, mais ses Pensées le désignent comme l’un des derniers philosophes stoïciens de l’Antiquité.

Constantin ou l’instrumentalisation de la Foi

Constantin le Grand (274-337).
Constantin le Grand (274-337).

Figure majeure de l’histoire romaine et de l’histoire du christianisme, Constantin Ier est resté dans les mémoires comme celui qui fit du christianisme une religion officielle mais qui lui permettra de prendre son essor, qui en fera la religion des empereurs. Agissant ainsi il paraît avoir été en complète rupture avec ses prédécesseurs, notamment Dioclétien qui persécuta les chrétiens. Pourtant, Constantin agit exactement comme les empereurs depuis Auguste ; comme eux, il va utiliser le divin pour affirmer son pouvoir et se présenter en roi-prêtre, en lien privilégié entre Dieu et les hommes.
Fils du césar Constance Chlore et d’une femme de basse extraction, Hélène, Constantin naît en 274 après J.-C. à Nis, en Serbie. Proclamé césar après la mort de son père, en 306, il partage alors le pouvoir avec Galère et Sévère, augustes tous les deux, et Maximin Daïa, césar comme lui. Un partage qui ne tardera pas à être bouleversé alors qu’après avoir conquis l’Afrique et l’Italie, Maxence, fils de Maximin, s’auto-proclame auguste. En réponse à quoi Constantin va également prendre le titre d’auguste. L’empire, jusqu’en 311, sera donc gouverné par pas moins de 4 augustes. C’était un peu trop, même pour l’empire : Constantin bât Maxence au Pont Milvius, en 312 puis, l’année suivante, conclut un accord de paix avec Licinius qui a également vaincu les armées de Maximin. Licinius et Constantin reste alors seuls augustes et proclament leurs fils, Crispus, Constantin II et Licinius le Jeune césars.
Le système imaginé par Dioclétien montrait clairement ses limites ; limites déterminées essentiellement en raison de l’ambition des césars et des augustes, rarement enchanté à l’idée de partager le pouvoir. Un système dont Constantin obtiendra la fin en éliminant, en 320, Licinius et son fils. L’unité de l’empire était rétablie… au moins pour quelque temps. Un empire que Constantin a décidé de placer sous le regard de Dieu.
C’est à la veille de la bataille du Pont Milvius, en 312, que Constantin, dans son sommeil, vit le Christ qui, lui montrant un chrisme dans le ciel, lui dit : "Par ce signe, tu vaincras !" Constantin, dont la mère, Hélène, était elle-même une chrétienne, fit alors peindre sur les boucliers de ses légionnaires les initiales du Christ. La victoire allait être sans appel et explique la conversion de Constantin. Telle est du moins la légende dorée qui entoure cette "conversion". Sauf qu’il n’y eut pas vraiment de conversion, Constantin ne se faisant baptiser que sur son lit de mort…

Constance Ier, dit Constance Chlore (v.250-306).
Constance Ier, dit Constance Chlore (v.250-306).

Une omission qui ne devait pas empêcher Constantin d’agir comme un évêque, comme un pape même. Par l’édit de Milan (313), lui et Licinius -on l’oublie souvent- font de la religion chrétienne une religion équivalente aux autres. Dès ce moment, Constantin agit comme s’il dirigeait l’Eglise en même temps que l’empire : en 314, il convoque le concile d’Arles, qui condamnera l’hérésie donatiste ; en 325, c’est à Nicée que les évêques sont invités à se réunir afin de mettre un terme à l’hérésie arienne. Un concile où sera alors proclamé le fameux Credo, qui proclame les vérités de la foi chrétienne ; un concile présidé par l’empereur ! Ce faisant, Constantin n’agit guère que comme ses prédécesseurs, notamment qu’Auguste. Comme eux, il se présente en représentant de Dieu sur terre ; comme eux, il fait de sa fonction et de sa personne le lien entre le divin et l’humain. Se faisant, il divinise la fonction impériale de la même façon qu’Auguste l’avait fait, ce qui avait conduit certains empereurs julio-claudiens à diviniser leur personne même…
L’histoire fera beaucoup pour la popularité de Constantin qui apparaît volontiers comme le prince de l’Eglise naissante, comme un saint même -il est inscrit dans le calendrier orthodoxe. Pourtant, il se sera servi de l’Eglise plus qu’un autre pour asseoir son pouvoir, justifier sa couronne. Se faisant, il inaugurait une lutte qui s’étendra durant des siècles entre la papauté et les empereurs -plus tard les empereurs romains germaniques- ; entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, le second tentant d’échapper au premier.

Dioclétien stabilise l’Empire

Dioclétien (245-313).
Dioclétien (245-313).

Après cinquante années d’anarchie, pendant lesquelles les légions se disputent le pouvoir, donnant le trône à des empereurs éphémères, l’armée de Chalcédoine élit, en 284, un nouvel empereur du nom de Dioclétien. D’humble naissance ce dernier va cependant faire preuve d’une grande intelligence politique et stabiliser enfin l’empire.
Trop vaste pour être gouverné par un seul homme, l’empire comprend alors tout le pourtour méditerranéen, l’Espagne, la Gaule, la Bretagne, une partie de la Germanie, les Balkans actuels, la Turquie et une partie de l’Égypte. Aussi, quand il prend le pouvoir, Dioclétien commence-t-il par partager l’empire : lui-même se réserve le gouvernement de l’Orient pendant que Maximien prend en charge l’Occident.
En 293, il améliore son idée première en instituant une tétrarchie : les deux augustes, Dioclétien et Maximien, seront assistés de deux césars, Constance et Galère, Dioclétien se réservant la suprématie sur l’ensemble du gouvernement de l’empire. Cette répartition du pouvoir allait rapidement montrer son efficacité, notamment sur le plan militaire, et permettre à Dioclétien de se concentrer sur les réformes administratives -institutions des diocèses, édit sur les prix.
Quand Dioclétien, malade, décide d’abdiquer, en 305, Maximien le suit dans sa démarche et les deux Augustes voient les Césars leur succéder. Dioclétien se retire alors en Dalmatie, son pays d’origine, où il fait construire un magnifique palais dédié à Jupiter autour duquel s’est édifié la cité de Split. La grandeur de l’empire romain semble dès lors restaurée. Seule ombre au tableau, une terrible persécution contre les chrétiens, ordonnée en 303 et qui durera dix ans…

Caïus Gracchus, une oeuvre immense et méconnue

Tiberius et Caïus Gracchus (ou Gracques), d'après Eugène Guillaume.
Tiberius et Caïus Gracchus (ou Gracques), d’après Eugène Guillaume.

En 133 avant J.-C., c’est Tiberius Gracchus, son frère, qui, le premier, s’illustre. La question agraire, celle de l’Ager publicus, est en train de bouleverser la donne économique de la cité romaine et de toute la péninsule. A ce problème, qui met en concurrence de petits propriétaires terriens avec les possesseurs de vastes domaines -possesseurs généralement issus de la noblesse-, Tiberius, tribun de la plèbe, propose une loi qui limiterait la possession de terres provenant de l’Ager publicus. Il annonce même la création d’un triumvirat chargé de veiller à la bonne répartition de ces terres. Devant l’opposition, incarnée par le tribun Octavius, Tiberius va répondre par la destitiution d’Octavius… ce que le droit romain interdit formellement car tout tribun de la plèbe est jugé inviolable. Tiberius, ainsi que trois cents de ces partisans, payeront de leur vie cette violation.
Dix ans plus tard, c’est son Caïus qui se lance dans la bataille. Fils d’un consul et d’un censeur, petit-fils par sa mère de Scipion l’Africain, héros des guerres puniques, Caïus Gracchus est nettement plus énergique que son frère. En 123 et 122, il est élu tribun de la plèbe, comme son frère dix ans auparavant, mais sous son consulat, Caïus va faire bien plus que son frère. En deux ans seulement, il fait voter une loi agraire -qui reprend, en gros, celle de son frère ; mais assure également une distribution de blé aux pauvres -loi frumentaire-, annonce qu’un légionnaire sera désormais équipé par l’Etat, ce qui aura pour conséquence d’augmenter les contingents.
Politiquement, il annonce le renforcement du droit d’appel des tribuns et octroi le droit de cité aux Italiens, puis fait entrer les chevaliers dans les tribunaux destinés à juger les sénateurs et, enfin, annonce la fondation de colonies, destinées à absorber le trop plein de population romaine. Un véritable programme politique qui touche au social, au politique, au judiciaire et au militaire.
L’oeuvre de Caïus Gracchus est immense, mais largement méconnue, en raison notamment de la loi agraire, héritée de son frère et dans lequel on cantonne généralement son action. Mais cette oeuvre ne sera qu’éphémère : à peine Caïus revenu à la vie courante, à peine son mandat de tribun achevé, il sera assassiné durant une émeute (121 avant J.-C.).
L’oeuvre des Gracques -nom francisé des Gracchus- aurait pu être sans lendemain. Elle en a souvent l’apparence, les lois qu’ils avaient édictés ayant été rapidement abandonnées. Mais dans les faits, elle marquera profondément la République romaine. D’abord parce que, rapidement, leur histoire, leurs morts vont les élevés au rang de mythes. Ensuite et surtout parce qu’une nouvelle génération va reprendre leur flambeau. Et dans les rangs même de la noblesse que ce flambeau sera repris. Une noblesse qui se divise désormais en deux camps : les « Populares », qui disposent désormais d’un véritable programme politique, et les « Optimates » qui regroupe les plus conservateurs des membres du Sénat. C’est entre ces deux camps que va se jouer la guerre civile qui mettra fin, quelques décennies plus tard à la République.

Servius Tullius, le souverain démocrate

Monnaie romaine, datant approximativement de l'époque de Servius Tullius (578-535 avant J.-C.).
Monnaie romaine, datant approximativement de l’époque de Servius Tullius (578-535 avant J.-C.).

La tradition romaine rapporte que Servius Tullius, sixième et avant-dernier roi de la Rome étrusque, du à son charme d’acquérir la royauté. Fils d’une esclave de la cité, il plut tant à Tanaquil, épouse de Tarquin l’Ancien, qu’elle en fit un des « favoris » de la cour, son gendre et bientôt l’héritier du souverain. Un coup du destin extraordinaire qui devait se répéter, presque acte après acte, quelques trente ans plus tard… plus tragiquement. En effet, Servius Tullius devait perdre la vie sur ordre de sa fille et de son gendre et successeur, Tarquin le Superbe.
Le règne de Servius Tullius ne se limite cependant pas à ces deux événements : trois triomphes marqueront sa carrière ainsi que d’importantes réformes, comme la division de Rome en quartiers, l’abolition des privilèges dus à la naissance, la répartition de la population par classe et par centuries d’où sortiront les comices, l’assemblée législative et, de fait, les magistrats supérieurs désignés par elle. Au final, Servius Tullius fait figure de véritable souverain démocrate. Un souverain plus mythique qu’historique cependant et qui annonce tout bonnement le passage, en douceur, de la royauté à la République romaine. Une République née, donc, des initiatives d’un héros populaire –au moins par sa naissance ; un héros qui est l’antithèse de son très royal et dictatorial successeur Tarquin le Superbe.

La mort d’Agrippine

Le grand historien romain Tacite, qui a bien souvent la dent dure, n’épargne pas Agrippine, la mère de Néron et sa plus illustre victime.
Elle fut, écrit-il, consumée de toutes les passions d’un pouvoir malfaisant.
Fille de Germanicus, elle épouse tout d’abord Domitius Ahenobarbus, dont elle aura un enfant, Néron. Après un long veuvage, elle devient la quatrième épouse de son oncle, Claude, empereur pusillanime sur lequel elle exerce une domination absolue.

 Décidée à offrir le pouvoir à son fils unique, Néron, elle le marie à Octavie, la fille de Claude et parvient, par de laborieuses machinations, à écarter du trône le fils de ce dernier, Britannicus. Quand son fils est sacré empereur, la mère, plus abusive que jamais, tente de maintenir sa tutelle sur son unique rejeton.
Cependant le jeune empereur n’aura pas la docilité de son prédécesseur. Déterminé à jouir du pouvoir impérial sans aucune limite, il supporte de plus en plus mal le caractère si autoritaire de sa mère : Agrippine est assassinée, le 21 mars 59, par un centurion aux ordres de l’empereur.

Claude Galien, dit « le doux »

Galien, d'après une gravure du Moyen Âge.
Galien, d’après une gravure du Moyen Âge.

Sans doute n’est-ce pas sans raison que ce fils d’architecte, né à Pergame vers 131, a acquis le surnom de "Galénos", "le doux". Philosophe disciple de l’aristotélisme, il trouve finalement sa vocation dans l’exercice et l’étude de la médecine. De fait, Claude Galien ne va cesser de se perfectionner, allant de pays en pays, de ville en ville. A Alexandrie, il étudie l’anatomie, puis à Pergame, où il séjourne de 158 à 162, il se fait médecin des gladiateurs. L’année suivante, c’est à Rome qu’il exerce ses talents : ses cures, son  enseignement sont si réputés qu’il devient le médecin personnel de plusieurs empereurs : Marc-Aurèle, Vérus et Commode. Ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il retournera dans sa ville natale, Pergame, où il mourra vers 200.
L’œuvre de Galien est immense à plus d’un titre. Car s’il était un médecin de talent, le plus grand de toute l’antiquité après Hippocrate, il était également un philosophe et c’est ainsi qu’il faut comprendre sa théories des quatre humeurs -sang, bile, pituite et atrabiles- qui, mélangées en diverses proportions fondaient les tempéraments. Commentateur d’Hippocrate -son maître en médecine et en célébrité-, il se fera le transmetteur des savoirs antiques, dont il fera une synthèse précieuse. Enfin, c’est sur l’anatomie qu’il fera le plus de découvertes, ouvrant la voie à de nouvelles recherches, à de nouveaux découvreurs.