Plaute, l’homme qui faisait rire Rome

Masque comique antique.
Masque comique antique.

L’origine populaire de Plaute ne fait guère de doute : ses vingt-et-une comédies reconnues, les dix-neuf qui lui sont parfois attribuées, le prouvent. Comédien, directeur de troupe, il vivra la ruine et même la misère -il sera tourneur de meule pour un meunier- avant de goûter à nouveau au succès et à l’aisance. Un succès qui réside dans une formule simple : la réappropriation des auteurs grecs -dont il reprendra des scènes entières- et la mise au goût romain. De fait, les pièces de Plaute ne brillent pas par l’originalité : les personnages -caricaturaux-, les intrigues sont toujours les mêmes. Mais Molière a-t-il fait toujours preuve d’une grande originalité ? Ou Molière ? Ou Racine ? Comme Molière, Plaute saura adapter ses pièces au monde romain et au monde populaire. Surtout, il dépeint, par petites touches, le monde de ses contemporains, leur vie quotidienne, des faits qui marquèrent leur époque. Et si l’intrigue est négligée, Plaute se fait poète en inventant de nouveaux mots, en usant de toutes les subtilités de la langue romaine. Un art, sans aucun doute, qui fera de lui un des auteurs favoris de l’antiquité romaine jusqu’à l’époque impériale où on continuait de reprendre ses pièces.

La Confrérie de la Passion

Dès le XIIe siècle, la littérature s’empare des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, les adapte en langue vulgaire pour être jouées sur le parvis des églises.
Véritable moyen d’enseignement de la religion, ces Mystères acquièrent une réelle reconnaissance, quand, en 1402, la Confrérie de la Passion se forme. C’est la première naissance du théâtre. Cependant, le langage parfois grossier conduit le Parlement de Paris à interdire les Mystères en 1548.
La Confrérie de la Passion subsiste pourtant jusqu’en 1677, date à laquelle elle tombe en défaveur auprès des Parisiens, las du ridicule des pièces profanes auxquelles s’étaient essayés les confrères. Le théâtre est alors en pleine découverte du classique et les thèmes de l’Antiquité prennent le pas sur les farces et les Mystères.

Racine : le théâtre pour passion

Des héros qui se déchirent, des vers qui « tonnent et qui détonnent », tout le charme des grandes tragédies raciniennes est là. C’est pourquoi, le 1er janvier 1677, l’hôtel de Bourgogne fait salle comble pour la toute première représentation de Phèdre.
Orphelin élevé par les religieuses de Port-Royal, Jean Racine (1639-1699) arrive à Paris en 1663, date à laquelle il présente sa première tragédie, La Thébaïde. En 1677, il est au sommet de sa gloire : Andromaque, Bérénice, Britannicus, autant de triomphes qui lui ont permis de supplanter son vieil adversaire, Pierre Corneille.
Académicien depuis 1673, conseiller et historiographe du Roi-Soleil dès 1674, Racine est confiant le soir de la première. Pour lui, Phèdre est sa meilleure œuvre, celle qui transmet le mieux la passion, la haine, l’amour tourmenté qu’il sait si bien dépeindre. Pourtant, c’est un échec retentissant ! Racine décide alors de renoncer au théâtre. Il ne reprendra la plume qu’à la demande de Madame de Maintenon et écrira pour les demoiselles de Saint-Cyr, Esther (1689) puis Athalie (1691), pièces qui, tout en conservant l’accent passionné propre aux grandes tragédies raciniennes, sont des œuvres d’inspiration nettement religieuse.
Janséniste de la première heure, il meurt le 21 avril 1699, fidèle à Port-Royal.

Charlie Chaplin

Voici un petit homme coiffé d’un chapeau melon noir, portant un pantalon trop grand, des chaussures démesurées, une petite moustache et surtout une canne qui virevolte au rythme d’une démarche saccadée : voici Charlot !
Né à Londres, en 1889, où il vit une enfance malheureuse, Charles Spencer Chaplin s’embarque pour les États-Unis. Ses premiers essais de comique à Londres le poussent, en effet, à tenter sa chance à Los Angeles en 1911.
Il suffit de quelques apparitions de ce personnage de pantomine, poète et rêveur, mi-vagabond, mi-gentleman, pour créer le mythe de Charlot. Dès 1914, les grands « Charlots » défilent et lorsque, le 5 février 1921, Charlie Chaplin tente le pari du long métrage avec The Kid, le succès est mondial.
Le personnage de Charlot s’étoffe au fil des ans et, tout en conservant un style burlesque, va acquérir une profondeur de sentiments ainsi qu’une sensibilité qui font passer le spectateur constamment du rire aux larmes.
Avec l’après-guerre, s’ouvre une ère difficile car attaqué dans sa vie privée et pour ses opinions politiques -il était réputé communiste- Chaplin fuit les États-Unis pour regagner l’Europe.
Les derniers films de Chaplin vont se solder par des échecs et celui qui restera Charlot pour toujours se retire en Suisse où il meurt en 1977.