Tarquin l’architecte

Médaille du Capitole, avec Jupiter, Minerve et Junon l'encadrant et, au-dessus du temple, des oies.
Médaille du Capitole, avec Jupiter, Minerve et Junon l’encadrant et, au-dessus du temple, des oies.

Tarquin l’Ancien, qui de manière générale n’a laissé qu’un assez mauvais souvenir aux Romains, leur a cependant légué, outre le Forum, le temple de Jupiter Capitolin et la Cloaca maxima.
Selon la tradition, le temple dédié au dieu des dieux aurait reçu le nom de Capitole, ou Capitolin, après la découverte d’une tête (en latin caput) sur le lieu même des fondations. Mais en réalité, ce temple, devenu le centre religieux le plus important, était dédié à trois divinités : Jupiter, bien sûr, mais également Minerve et Junon, qui d’ailleurs s’était vu élevé un autre temple, entièrement dédié à son culte et où l’on entretenait les fameuses oies du Capitole qui, selon Tite-Live, devaient sauver le Capitole de l’attaque des Gaulois (vers 390 avant J.-C.).
La construction de la Cloaca maxima, elle, n’offrit aucune surprise. Aménagé entre le Palatin, le Capitole et le Tibre, ce système d’égout fut cependant placé sous la protection d’une divinité toute particulière : Vénus !

La mosquée de Süleymaniye

Soliman le Magnifique, dit aussi Kanûni Süleyman (1495-1566).
Soliman le Magnifique, dit aussi Kanûni Süleyman (1495-1566).

Fondée sur l’ancien site mégaréen de Byzance pour être la nouvelle capitale de l’empire romain, Constantinople sera tour à tour la nouvelle Rome, le joyau de l’orthodoxie et, après sa conquête par le Turc Mahomed II, le fleuron de l’Empire ottoman. De fait, Constantinople, devenue Istanbul sous l’hégémonie ottomane (XVe siècle), sera toujours, sous quelque domination qu’elle se trouve, un carrefour commercial et intellectuel et un centre religieux de premier plan. Sainte-Sophie en est une preuve éclatante, la mosquée de Süleymaniye en est une autre.
Fondée par le sultan Soliman II, surnommé par les Occidentaux le Magnifique, la mosquée de Süleymaniye, dont le style est fortement inspiré de l’architecture de Sainte-Sophie, fait désormais partie des plus beaux monuments de la ville, signe de son ralliement à l’islam et souvenir de celui qui fut un grand conquérant, mais aussi un législateur et un mécène.

Naissance de Neuschwanstein

Romantique et rêveur à l’excès, Louis II de Bavière (1845-1886) fut un roi fou… de musique et de châteaux. Le 5 septembre 1869, il pose la première pierre du château de Neuschwanstein, inspiré d’une antique forteresse médiévale située non loin de Hohenschwangau, où est né le jeune roi. Les héros de son ami Wagner ornent les murs de Neuschwanstein : Parsifal, Sigfried et surtout Lohengrin, le « Chevalier au cygne », dont Louis reprendra l’emblème.
Le jeune souverain fait construire deux autres châteaux, Linderhof et Herrenchiemsee, qui marquent eux aussi le retour du néo-classicisme et du style néo-gothique en Allemagne comme dans toute l’Europe.
Mais ces constructions coûtent cher et le 12 juin 1886, Louis II est déposé par ses ministres qui invoquent la folie du souverain. Enfermé au château de Berg, il est retrouvé noyé le lendemain.

« La Merveille » du Mont-Saint-Michel

Le Mont-Saint-Michel, d'après une iconographie du XIXe siècle.
Le Mont-Saint-Michel, d’après une iconographie du XIXe siècle.

Parce que l’archange saint Michel le lui avait commandé lors d’une apparition, saint Aubert, évêque d’Avranches, fit construire, en 708, un petit oratoire sur un petit rocher granitique, situé à 5 kilomètres environs de la côte, au fond de la baie de Cancale. Dès 966, sous l’impulsion de Richard Ier de Normandie, l’oratoire devait laisser la place à une abbaye bénédictine, Notre-Dame-sous-Terre, à laquelle devait s’ajouter, aux XIe-XIIe siècles, une église romane dont subsiste encore la nef.
Mais ces constructions, déjà étonnantes, n’étaient rien par rapport à l’abbaye gothique, entreprise avec l’aide financière de Philippe Auguste et de saint Louis, et qui acquit rapidement le surnom de la Merveille. Centre religieux important –c’ était un lieu de pèlerinage très fréquenté au Moyen Âge- mais aussi place forte essentielle, notamment contre les Anglais, le Mont-Saint-Michel se verra également doté de différents bâtiments abbatiaux et de remparts (XIIIe-XVe siècles), qui allaient lui permettre de résister victorieusement aux attaques anglaises durant les trente dernières années de la guerre de Cent Ans. Les épisodes militaires qui ont jalonné son histoire n’ont, heureusement, pas endommagé la Merveille qui est, sans conteste, une des gloires de l’architecture médiévale, comptant parmi les plus beaux trésors de France.

Cluny, fer de lance de la réforme

Moine clunisien (gravure du XIXe siècle).
Moine clunisien (gravure du XIXe siècle).

Avant d’être la plus grande église d’Occident et le chef-d’œuvre de l’art roman, l’abbaye de Cluny connaît des débuts fort modestes. Fondée en 910 par Guillaume le Pieux, comte d’Auvergne et duc d’Aquitaine, et placée sous l’autorité immédiate du pape, elle observe la règle réformée de saint Benoît. Durant un siècle et demi, Cluny a la chance de voir se succéder à sa tête des abbés qui compteront parmi les plus grandes figures du Moyen Âge et qui feront son succès : Bernon, à qui est confiée en premier la charge d’abbé de Cluny ; saint Odon, qui permet à d’autres monastères d’observer la règle dite clunisienne et de se placer sous l’autorité du père-abbé de Cluny ; et surtout Pierre le Vénérable, qui fait autorité dans la connaissance du Coran et de l’Islam.

Profitant de cette influence grandissante, Cluny va, dès le XIe siècle, devenir le véritable fer de lance de la réforme grégorienne, propageant ces principes dans toute l’Europe, avant d’être à son tour touchée par les vices qu’elle combattait.

Cluny, qui regroupait alors près de mille quatre cents maisons, va, peu à peu, perdre son influence strictement religieuse au bénéfice de Cîteaux et deviendra avant tout un foyer intellectuel et artistique.

L’obélisque de la Concorde

Paris, le 25 octobre 1836, 11h30. Une immense foule a envahi la place de la Concorde pour admirer un piedestal de granit orné de pièces d’or et d’argent et de deux médailles à l’effigie de Louis-Philippe, roi des Français. Trois cents artilleurs tirent les palans, tandis que le son du clairon rythme l’élévation de l’obélisque. À 15h00 précises, le monument est enfin mis en place.
Il a fallu huit ans pour que la France obtienne ce don de Méhémet Ali. Jean-François Champollion, chargé de convaincre le vice-roi d’Égypte, disait volontiers que si l’on doit voir un obélisque à Paris, autant que ce soit un de ceux de Louxor.
En effet, Louxor, quartier sud de Thèbes, l’ancienne capitale d’Égypte, possède les plus prestigieux vestiges de l’Égypte ancienne. Ce fameux obélisque, édifié par Ramsès II, ornait l’entrée du temple pharaonique relié à celui de Karnak et dédié au tout-puissant dieu Amon. Depuis, il orne la célèbre place parisienne.

Le Tâj Mahal : un « poème de pierre »

Vue du Tâj Mahal, d'après une gravure du XIXe siècle.
Vue du Tâj Mahal, d’après une gravure du XIXe siècle.

Sous le règne de Shâh Jahân, « roi du monde », l’Empire mogol est au faîte de sa gloire. Il soumet pour de bon le Dekkan en 1635 et s’entoure de ministres compétents qui administrent le pays avec générosité.
Douze ans avant son avènement, Shâh Jahân avait épousé Mumtaz-i Mahal, une douce princesse qui ne devait guère profiter des joies de la cour : elle mourut en effet peu après son mariage, à Burhampour. Inconsolable, Shâh Jahân, désormais sur le trône, voulut donner à son épouse un témoignage d’amour dépassant en grandeur tout ce qu’on avait pu voir. En effet, il faudra dix-huit ans, de 1630 à 1648, et pas moins de vingt mille ouvriers pour édifier le Tâj Maha, véritable joyau de l’art musulman, tout en marbre blanc, incrusté de pierreries, ne laissant pénétré qu’une lumière tamisée, comme pour respecter, encore, l’intimité des deux amants. La beauté extraordinaire de ce « symbole de l’amour » a mérité toues les épithètes, de « rêve de marbre », à « poème de pierre », mais il demeure surtout une des merveilles du monde indien.

Pétra, la cité rose

Le Khazneh à Petra (photo récente).
Le Khazneh à Petra (photo récente).

Un paysage désertique, rocailleux ; des falaises abruptes, lisses ; une flore parsemée et une faune qui se cache. Tel est la vision qu’avaient les caravaniers arabes, lorsqu’ils remontaient les côtes de la mer Rouge pour atteindre les ports commerciaux de Méditerranée. Et soudain, Pétra ! Une cité creusée dans le roc rose des falaises. Un monde de temples et de tombes, un monde qui fascine, comme ce Monastère, à la façade imposante de 42 mètres de haut et 45 de large ; comme le tombeau à l’Urne ou comme le tombeau Renaissance ; enfin, comme la Khazneh, orné d’une double série de colonnes, d’une rotonde et d’une statue d’Isis, temple probablement fondé par l’empereur Hadrien et qui doit son nom aux Arabes qui croyaient qu’il contenait un trésor (el Khazneh signifie « le trésor des pharaons »).
Ville antique, Pétra fut la capitale des Édomites et des Nabatéens avant d’être occupée par les Romains à qui l’on doit sans doute ces monuments merveilleux et qui firent de cette cité fascinante la capitale de l’Arabie Pétrée. Tombée dans l’oubli après la conquête musulmane, Pétra devra sa redécouverte et même sa résurrection aux archéologues qui, à la suite de Burckhardt, seront attirés, tout comme des centaines de touristes, par la ville aux multiples tombes, la cité rose de l’Arabie Pétrée.

Domus aurea de Néron

L’historien romain Suétone a laissé une description étonnante de la fameuse Domus aurea érigée sur ordre de l’empereur Néron lors de son grand chantier de réabilitation de Rome. Un récit à la mesure de l’ambition et de la mégalomanie de cet empereur.
Pour donner une idée de sa grandeur et de sa magnificence, il suffira de dire que dans le vestibule s’élevait une statue colossale de Néron, haute de cent vingts pieds ; que des portiques à trois rangs de colonnes mesuraient un mille ; qu’on y voyait un lac, semblable à une mer, entouré d’édifices qui faisaient songer à une ville ; que de grandes étendues, parsemées de prairies, de vignes, de pâturages et de forêts, contenaient une multitude d’animaux et de bêtes fauves.
Les diverses parties de ce palais étaient dorées partout et ornées de pierreries et de nacre. Les salles à manger avaient des plafonds faits de planches d’ivoire mobiles et répandaient sur les convives, quand on les ouvrait, des fleurs et des parfums. La salle principale était formée par une espèce de rotonde, dont le faîte tourné jour et nuit, suivait le mouvement du monde. Les bains étaient alimentés par l’eau de la mer et les sources d’Albula.
Lorsqu’enfin ce palais fut terminé et inauguré, Néron n’eut que ces seuls mots pour exprimer sa joie :
-Je commence à être logé comme un homme !

Pétra, la cité rose

Kazneh de Petra.

C’était une première : le 6 juillet dernier, un sondage géant, mondial, permettait de désigner les nouvelles Merveilles du monde. Des Merveilles présentes sur les cinq continents ; des Merveilles produites par des civilisations aussi diverses que celle des Aztèques, que les Brésiliens de Rio de Janeiro ou que les architectes de Pétra. Des Merveilles qui, si elles ne sont plus seulement sept, comme à l’époque antique, ont cependant conservé un critère essentiel : celui de révéler le génie artistique, l’esprit de grandeur d’un peuple tout entier, à l’image de l’antique cité de Pétra.
Un paysage désertique, rocailleux ; des falaises abruptes, lisses ; une flore parsemée et une faune qui se cache. Tel est la vision qu’avaient les caravaniers arabes, lorsqu’ils remontaient les côtes de la mer Rouge pour atteindre les ports commerciaux de Méditerranée. Et soudain, Pétra ! Une cité creusée dans le roc rose des falaises. Un monde de temples et de tombes, un monde qui fascine, comme ce Monastère, à la façade imposante de 42 mètres de haut et 45 de large ; comme le tombeau à l’Urne ou comme le tombeau Renaissance ; enfin, comme la Khazneh, orné d’une double série de colonnes, d’une rotonde et d’une statue d’Isis, temple probablement fondé par l’empereur Hadrien et qui doit son nom aux Arabes qui croyaient qu’il contenait un trésor (el Khazneh signifie « le trésor des pharaons »). 
Ville antique, Pétra fut la capitale des Édomites et des Nabatéens avant d’être occupée par les Romains à qui l’on doit sans doute ces monuments merveilleux et qui firent de cette cité fascinante la capitale de l’Arabie Pétrée. Tombée dans l’oubli après la conquête musulmane, Pétra devra sa redécouverte et même sa résurrection aux archéologues qui, à la suite de Burckhardt, seront attirés, tout comme des centaines de touristes, par la ville aux multiples tombes, la cité rose de l’Arabie Pétrée.