Reynolds : le beau monde sous le pinceau

Autoportrait de Joshua Reynolds (1723-1792).
Autoportrait de Joshua Reynolds (1723-1792).

Tout le savoir-faire d’un portraitiste tient, bien entendu, dans son pinceau. Familier des artistes italiens, imprégné de leurs techniques, Joshua Reynolds aurait pu n’être qu’un portraitiste de talent parmi d’autres, s’il n’avait également été doté d’un solide carnet d’adresse. Qui a dit que l’artiste devait mourir de faim ? Sûrement pas Reynolds qui, à peine revenu d’Italie, va, grâce à ses multiples connaissances, devenir le portraitiste à la mode. Force est de constater qu’en plus, il aimait ça. Doté d’une grande culture, possédant charme et distinction, Reynolds allait faire de son atelier le rendez-vous du tout-Londres, produire quelques 2000 portraits en sus de ses scènes historiques et devenir, en 1784, premier peintre du roi après avoir été le Président de la Royal Académy (1768).

Visiter la préhistoire

La Préhistoire vous intéresse ? Suivez ce guide qui, lors de vos pérégrinations françaises, pourra vous permettre de découvrir les plus beaux sites de cette période, là où furent faites les plus belles découvertes.
Sites du paléolithique inférieur (Homo erectus) :
-À Montmaurin (Haute-Garonne) fut découvert un des plus anciens témoignages sur l’Homo erectus : une molaire !
-La grotte de Tautavel (Pyrénées-Orientales) est un des plus intéressants sites du Paléolithique ancien. En effet, c’est là que furent découverts, outre des outils et des ossements d’animaux divers (éléphants, rhinocéros, chevaux, ours, loups, lynx, lapins, belettes, aigles royals), les restes d’un Homo erectus qui vécu il y a 400 000 ans.
-Le site de Terra Amata (Alpes-Maritimes) contient, entre autres choses, des traces de feu volontairement allumés vers 400 000 avant J.-C. et une empreinte de pied humain qui permet d’estimer la taille de l’Homo erectus, soit 1m60.

Vénus de Brassempouy, en ivoire, dite la Dame à la Capuche.

Sites du paléolithique moyen (Homme de Neandertal) :
-Achenheim (Alsace) était sans doute un lieu de transit au retour des grandes chasses où les animaux étaient dépecés.
Le site de Grimaldi (Alpes-Maritimes) renferme plusieurs sépultures, dont celle de « l’homme de Menton », enterré avec la tête ceinte de coquillages, et celle de deux enfants, ayant également de nombreux coquillages autour de leur bassin. Ces « offrandes » laissent supposer qu’il s’agissait de personnes ayant un statut particulier.
-À La Chapelle-aux-Saints (Corrèze), grotte découverte en 1908, se trouve une sépulture : un homme y fut enterré en position fœtale, ce qui suggère le retour à la Terre-Mère, et tenant dans sa main une patte d’animal, sans doute pour que le mort puisse se nourrir dans l’au-delà.
-Le site de La Ferrassie (Dordogne) quatre sépultures ont été mises au jour : une sépulture double, avec un homme et une femme, puis celle d’un enfant et enfin celle d’un fœtus.
-La grotte du Régourdou (Dordogne) confirme l’idée d’un culte rendu aux ours. En effet, plusieurs « coffres » de pierres contenant des ossements d’ours ont été mis au jour ainsi que, cachée sous une dalle de 800 kilos, une double sépulture contenant un squelette humain et un squelette d’ours.
Sites du paléolithique supérieur (Homme de Cro-Magnon) :
-À Brassempouy (Landes) fut découverte la célèbre Dame à la capuche, ainsi que 9 autres « Vénus ».
-Combarelles (Dordogne) est un des premiers sites d’art rupestre découverts en France (1895).
-La grotte de Chauvet, à Combe d’Arc (Ardèche), est un des plus célèbres sites d’art rupestre : on y trouve notamment l’unique représentation d’une panthère tachetée ainsi qu’un crâne d’ours, posé comme sur un autel.
-La grotte de Cosquer (Bouches-du-Rhône) ne fut découverte qu’en 1991 par des plongeurs : l’entrée se situe à 30 m au-dessous du niveau de la mer. Les peintures rupestres s’y trouvant sont une illustration de la faune maritime de l’époque (20 000 avant J.-C.) en Méditerranée : phoques, pingouins, méduses.
-Le site de Cro-Magnon (Dordogne) a donné son nom à l’Homo sapiens sapiens français. Outre le plus vieux « Français » moderne du monde, on y a découvert les premiers exemples de bijoux : des colliers de coquillages.
-Ce n’est qu’avec la découverte du site de Font-de-Gaume (Dordogne), en 1901, que les préhistoriens furent convaincus de la réalité de l’art rupestre. On peut y admirer, entre autres, une paroi couverte de magnifiques bisons.
Grimaldi (Alpes-Maritimes), site neandertalien, fut également fréquenté au paléolithique supérieur : on y a découvert une dizaine de « Vénus », dont le fameux « losange ».
-La Madeleine (Dordogne) est un des nombreux sites d’art rupestre de la région : peintures et sculptures ont été mises au jour, dont une magnifique gravure sur bois représentant un bison se léchant.
-La Mouthe est le premier site d’art rupestre français mis au jour en 1895.
-La grotte de Lascaux (Dordogne), découverte en 1940 par quatre jeunes garçons, est sans conteste le plus fascinant site d’art rupestre : la salle des Taureaux, notamment, dénote de la maîtrise incroyable des artistes.
-À Laussel (Dordogne) fut découverte une « Vénus à la corne », sculptée à même un bloc de pierre.
-Niaux (Ariège) est un des sites les plus récents et, donc, un des derniers à avoir accueilli l’homme de Cro-Magnon.
-La grotte de Rouffignac (Dordogne) présente notamment un ensemble de bouquetins et de mammouths, parmi lesquels le plus beau d’entre eux surnommé le « patriarche ».
-La grotte des Trois-Frères (Ariège) renferme les secrets du « sorcier », une figure sans doute chamanique, mi-homme mi-animal, qui domine la grotte à 4 mètres de haut, sur la voûte. Des fragments de propulseurs y furent également découverts.
-À Tuc d’Audoubert (Ariège), autre site d’art rupestre, ont notamment été mis au jour deux magnifiques bisons modelés dans l’argile.

Van Gogh : un fou… de peinture

Vincent Van Gogh (autoportrait).
Vincent Van Gogh (autoportrait).

Le destin tragique de Vincent Van Gogh semble tout entier inscrit  dans les traits farouches et tourmentés de ses autoportraits.
Que de souffrances dans ces yeux traqués et coléreux, que d’épreuves et de désillusions dans ce visage buriné et, surtout, quel contraste avec la joie exprimée dans les teintes lumineuses des tournesols ! Comment cet homme du Nord a-t-il réussi à parcourir le chemin qui mène au bonheur et à la lumière ? C’est là tout le mystère qui se situe au cœur même de l’œuvre et de la vie de ce peintre de génie. Le « voyage au bout de la nuit » qui le conduira de son village natal, dans le Brabant, aux paysages ensoleillés de Provence, il l’accomplira seul, avec pour uniques compagnes la pauvreté et la folie. C’est cette dernière qui l’emportera : le 27 juillet 1890, Vincent Van Gogh se suicide, d’une balle en plein cœur…

La femme mise à l’honneur chez « l’homme des cavernes »

De 25000 à 10000 avant J.-C., l’Europe, et plus particulièrement la France, va connaître une période de floraison artistique, où la peinture, le dessin, la sculpture acquièrent leurs premières lettres de noblesse.
C’est à Laugerie-Basse, en 1864, que fut découverte la première statuette de femme, à qui l’on donna le nom de « Vénus impudique ». Depuis, plus d’une vingtaine de ces Vénus, sculptées dans des matériaux divers, ont été retrouvées : à Grimaldi, la Vénus dite « le losange » est en stéatite verte, celle de Tursac provient d’un galet de calcite, la Vénus à la corne est en bas-relief, quant à la Dame à la capuche, la seule sur laquelle apparaissent les traits du visage (d’une finesse extrême), elle est en ivoire.
Toutes ces Vénus datent de 25000 à 20000 avant J.-C. et la majorité d’entre elles révèle une femme aux hanches larges, au ventre souvent gonflé, ce qui permet de supposer qu’il s’agissait-là d’une évocation de la femme enceinte ou d’un hymne à la fécondité.
Source d’inspiration des temps anciens, la femme ne va pas garder bien longtemps ce monopole : les scènes de chasse, les animaux ornent désormais seuls le fond des cavernes.

Gustave Courbet ou l’art réaliste

Le Hamac de Gustave Courbet (détail).
Le Hamac de Gustave Courbet (détail).

On peut trouver de nombreuses significations au mot "réaliste" : la désignation d’un style pictural mais également celle d’une façon de vivre son art. Et il semble bien que Gustave Courbet ait passé maître dans les deux matières.
Fils d’un riche propriétaire terrien, Gustave Courbet ne connaîtra jamais les affres des peintres maudits, la solitude, la faim, bref, tout ce qui fait la "légende" des grands peintres. Pas plus qu’il ne se présentera comme supérieur à ses prédécesseurs, à ses maîtres en peintures. De fait, c’est en copiant les anciens maîtres que Gustave Courbet assurera sa formation : Rembrandt, Hals, Velasquez : tels sont les noms des "professeurs" particuliers de l’artiste. Sans qu’il y trouve à redire ; sans qu’il se sente nécessairement en décalage avec ces maîtres reconnus. De fait, ceux sont eux qui le formeront et qui, au final, inspireront cet art particulier que l’on nommera "réalisme".
Devenu chef de cette nouvelle école après un Salon en 1850, Courbet va certes devenir la bête noire de quelques notables académiciens, mais sans que cela le touche outre mesure. De fait, le soutien de critiques tels que Champfleury ou Baudelaire, de mécènes comme le duc de Morny permettra à Courbet toutes les audaces, toutes les indifférences. Car il est toujours plus aisé de se placer au-dessus de tout mercantilisme lorsque l’on possède de la fortune, des soutiens, bref, lorsque l’on n’a pas besoin de vivre, tout simplement… Outre l’aspect artistique en lui-même -un aspect que l’on ne saurait nier-, c’est cela aussi le réalisme de Gustave Courbet.

Dufy : la peinture sur tous les tons

La fenêtre ouverte, Nice, de Raoul Dufy.
La fenêtre ouverte, Nice, de Raoul Dufy.

De l’impressionnisme au fauvisme, du fauvisme au cubisme et du cubisme à la… haute couture ! Raoul Dufy (1877-1953) traverse le siècle en touche-à-tout génial. Ami des plus  grands peintres, il ne se cantonnera jamais dans un genre mais préfèrera s’initier à tous les courants picturaux du moment. Dufy a tellement peur de s’enfermer dans une façon de peindre, qu’il se force à pratiquer son art de la main gauche alors qu’il est droitier. Mais la véritable particularité de Raoul Dufy est l’emploi de son art au service de la haute couture.
Ami de Paul Poiret, il se met à peindre sur bois puis à faire des gravures pour l’impression des tissus employés par le couturier. Ainsi, de 1911 à 1919, Dufy s’adonne à la peinture sur tissu, invente des modèles et des motifs, sans pour autant cesser la peinture sur toile.
En 1940, il se réfugie dans le sud de la France : c’est pendant cette période particulièrement féconde qu’il peint la série des Orchestres puis le Bal du Moulin de la Galette. Après un court séjour aux États-Unis, où il fait déjà autorité, il revient à Forcalquier, en Provence, où il meurt le 23 mars 1953.

L’art de l’orfèvrerie mérovingienne

Une reine mérovingienne (gravure du XIXe siècle).
Une reine mérovingienne (gravure du XIXe siècle).

En 1954, dans la crypte de la basilique de Saint-Denis, on mettait au jour des fibules circulaires en émaux, une longue épingle d’argent, des boucles d’oreilles en or ornées de corbeilles ajourées, des épingles à cheveux, une boucle de ceinture en argent, le tout dans un remarquable style typiquement byzantin. Pourtant ces bijoux appartenaient à la reine Arégonde, une des épouses de Clotaire Ier. Rien d’étonnant cependant, si l’on se souvient que les Celtes étaient eux-mêmes de grands artistes, qu’ils maniaient admirablement les métaux et qu’ils étaient en contact avec tout le monde oriental via la Grèce. Un lien qui devait perdurer avec le temps, être importé aussi par les empereurs romains autant que par les « Barbares » eux-mêmes –nombreux sont ceux qui vécurent aux limites de l’Empire byzantin. C’est ainsi que l’art wisigoth, notamment le travail de l’orfèvrerie, paraît typiquement byzantin…
L’orfèvrerie n’est d’ailleurs pas le seul art à faire l’apologie de ce style :  Ravenne, ses mosaïques, ses églises paraissent issues directement de la terre orientale !

Georges de la Tour, « maître de la lumière »

Georges de la Tour (1593-1652) 'le Tricheur à l'as de trèfle'
Georges de la Tour (1593-1652) "le Tricheur à l’as de trèfle"

Au sommet de sa gloire, le peintre lorrain Georges de la Tour, surnommé le « maître de la lumière », se rend à Paris en 1636, où il est reçu avec des égards princiers. Il est même accueilli à la cour de Louis XIII qui lui accorde une rente de mille livres et le nomme « peintre ordinaire du roi ». Une légende raconte même que le roi, qui vient d’acquérir Saint Sébastien soigné par Irène, « trouva le tableau si beau qu’il enleva de sa chambre toutes les toiles qui s’y trouvaient afin de donner plus d’éclat solitaire au tableau du peintre ». Richelieu lui-même, grand amateur de peinture et « fort bon connaisseur en ce domaine », succombe au charme de de la Tour et achète, lui aussi et à prix d’or, deux tableaux d’inspiration religieuse.
À son retour à Lunéville, en 1644, « on lui donne du Monsieur », dit un document et on le qualifie de « peintre fameux ».Le duc de la Ferté-Senectère, gouverneur de la Lorraine de 1643 à 1666, sera un de ses clients assidus, en se faisant offrir chaque année un tableau par la ville. En 1644, le duc acquiert ainsi une Nativité et l’année suivante Les larmes de saint Pierre, une des œuvres majeures du peintre conservée aujourd’hui au Museum of art de Cleveland. En 1649, Georges de la Tour exécute, toujours pour le duc, un Saint Sébastien et trois ans plus tard, le Reniement de saint Pierre qui se trouve maintenant au Musée des Beaux-Arts de Nantes.
Grâce à ces mécènes fort riches qui n’hésitent pas à dépenser des fortunes pour avoir ses toiles, le maître lorrain mène un train de vie de grand seigneur, spécule sur les grains et devient l’un des plus riches propriétaires terriens de Lunéville…
Mais à sa mort, le 30 janvier 1652, il ne laisse ni testament ni inventaire de ses biens ou de ses toiles et sombre dans l’oubli jusqu’à sa « résurrection » en 1915, après presque trois siècles de purgatoire et de silence…

Callot, la gravure érigée au rang d’art

Callot
Callot "croque" la noblesse.

Fils d’un gentilhomme de la maison de Lorraine, Jacques Callot devait fuir sa famille à l’âge précoce de douze ans parce que cette dernière s’opposait à sa vocation artistique. C’est en suivant une troupe de bohémiens qu’il gagne alors l’Italie où il se forme à l’école de Jules Parigi et de Philipe Thomassin. Dürer, Lukas von Leiden, les plus grands graveurs du nord, seront également ses inspirateurs et il acquiert une telle technique qu’il se fait remarquer par Cosme II de Médicis, qui devient son mécène.
A la mort de son protecteur, en 1621, Jacques Callot décide de rentrer en Lorraine où le duc Henri de Lorraine lui assure une pension. Mille six cents pièces composent l’œuvre immense de Callot qui, outre les scènes guerrières, comme la prise de La Rochelle, excellera à peindre des sujets grotesques, à caricaturer les vices de l’époque, tout en laissant une place non négligeable pour la représentation de la vie quotidienne. Profondément attaché à sa ville natale, Nancy, il refusera toujours de représenter sa prise, en 1633, par les troupes de Louis XIII. Au final, ses œuvres représentent un ensemble saisissant sur les mœurs et la vie de son époque et contribueront largement à faire de la gravure un art à part entière.

Les femmes aux temps des Lumières : art, sciences et littérature

Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626-1696).
Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626-1696).

Alors que l’on connaît les fameux salons pour leur préoccupation essentiellement politique, certains d’entre eux vont totalement les dédaigner préférant réserver toute leur attention aux arts… où l’on ne peut pas dire que les femmes eurent une place considérable.
Certes, on compte quelques exceptions, telles qu’Élisabeth-Claude Jacquet de la Guerre (v. 1660-1729), qualifiée par le Mercure galant de « merveille du XVIIe siècle », et qui s’illustre au clavecin au point d’attirer la bienveillance du roi lui-même ; comme Émilie d’Aubigny, dite la Maupin, et la Demoiselle Chantilly qui font leurs preuves dans le monde de l’opéra comique ; ou encore comme Madame Vigée-Lebrun, restée célèbre pour ses portraits de Marie-Antoinette et de ses enfants.

Mais, à l’exemple de nombreuses artistes ou intellectuelles de l’époque, Madame Vigée-Lebrun, elle-même fille d’un peintre de renom, signera certaines de ses premières œuvres du nom de son père, comme jadis la sœur des Van Eyck. Selon Andrée Michel, on peut d’ailleurs supposer que la plupart des femmes artistes sont restées anonymes, exposant leurs œuvres sous le nom d’un père ou d’un frère…
Cet anonymat se retrouve également dans le monde de l’écriture. Madame de Lafayette ne reconnaîtra qu’à la fin de sa vie -et encore à mots couverts- être l’auteur de La Princesse de Clèves ; quant à Mademoiselle de Scudéry, elle considère « qu’écrire, c’est perdre la moitié de sa noblesse » et publie ses premières œuvres sous le nom de son frère. Et Madame de Sévigné me direz-vous ? Serait-elle une exception ? Rien d’exceptionnel chez Madame de Sévigné, sinon un talent scriptuaire incontestable. Mais les Lettres de Madame de Sévigné… ne sont que des lettres, destinées à une lecture, sinon totalement privée, du moins de salon, certainement pas à la publication.
Est-ce à dire que la place de la femme n’a pas été ce qu’elle aurait pû être ou ce qu’elle aurait dû être au temps, tellement vanté, des Lumières ?