Le coup de Jarnac

Un rapide coup de rapière et Jarnac touche son adversaire au jarret : Vivonne s’effondre… mort.
Il aura suffi d’une simple botte pour que le duel du 10 juillet 1547 entre Guy de Chabot, seigneur de Jarnac, et François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie, passe à la postérité. Suite à son  fameux « coup de Jarnac », Guy de Chabot peut rendre grâce à Dieu d’avoir vu sa cause reconnue. Ce coup d’éclat fera de lui un maître d’armes recherché.

La « journée des barricades »

L'assassinat d'Henri de Guise, d'après une gravure moderne.
L’assassinat d’Henri de Guise, d’après une gravure moderne.

Depuis son avènement, en 1574, Henri III tente de rétablir la paix dans le pays, déchiré par les guerres de religion. Mais, à la mort de son frère, le duc d’Alençon, en 1584, l’héritier du trône de France devient le protestant Henri de Navarre.
Dès lors, la Sainte Ligue, fondée par le très catholique duc de Guise, se déchaîne : c’est le début de la «guerre des trois Henri» (Henri de France, Henri de Navarre et Henri de Guise). Et, le 12 mai 1588, la «journée des barricades», organisée à Paris par la Ligue, oblige le roi à fuir la capitale. Cette défaite, bientôt suivie des États généraux de Blois où la Ligue domine complètement, conduit le souverain à décider l’élimination du duc de Guise, qui est assassiné, le 23 décembre 1588. La réponse des ligueurs viendra un peu plus tard : le 31 juillet 1589, Henri III est assassiné à son tour…

Louis XIV dans la droite ligne d’Henri IV

Henri IV lors de la signature de l'édit de Nantes (1598).
Henri IV lors de la signature de l’édit de Nantes (1598).

Cinq ans après sa conversion au catholicisme, le « bon roi » Henri IV, soucieux de mettre fin à l’agitation persistante des huguenots, signe l’édit de Nantes, le 13 avril 1598, l’un des actes majeurs d’un règne fertile en bienfaits pour le royaume. Par cet édit, le roi accorde aux protestants des concessions considérables. Au point de vue religieux, liberté de conscience dans tout le royaume et liberté du culte là où les protestants sont majoritaires, restitution des anciens temples et autorisation d’en bâtir de nouveaux. Sur le plan politique, amnistie générale et égalité civile avec les catholiques et accès à tous les emplois dans l’ensemble du royaume. Enfin, les protestants se voient accorder des garanties territoriales dans une centaine de villes dont La Rochelle, Saumur, Montauban et Montpellier. Pendant près d’un siècle, l’édit de Nantes permettra à la France de connaître une relative paix religieuse mais lors de sa révocation, en 1685, par Louis XIV, plus de 200 000 protestants, parmi lesquels des officiers, des industriels, des commerçants, des artisans, des agriculteurs, quittent le pays et émigrent notamment en Hollande et en Prusse.
La révocation de l’édit de Nantes, écrira Michelet, a appauvri la France et enrichi ses ennemis.
C’est certain. Et alors que l’on présente Henri IV comme un homme ouvert, tolérant, etc, du fait même de la signature nantaise, son petit-fils fait figure de catholique intransigeant. L’analyse est pourtant un peu simple, pour ne pas dire simpliste. En effet, il apparaît surtout que Louis XIV n’a fait qu’achever l’œuvre d’Henri IV pour qui l’édit de Nantes dans sa forme de 1598, n’était qu’un pis-aller, une solution alternative avant l’union réelle du pays. En effet, comment imaginer que le souverain ait pu imaginer, ne serait-ce qu’un instant, assurer, pour toujours, les concessions territoriales qu’il avait bien été obligé d’accorder afin d’asseoir son pouvoir et d’assurer la difficile paix du royaume. La situation de 1598 n’était pas faite pour durer et Louis XIV, ayant solidement –c’est le moins que l’on puisse dire- assurer son pouvoir, va pouvoir, logiquement, revenir sur les concessions faites moins de cent ans plus tôt.

La vengeance de Richelieu

Le marquis de Cinq-Mars (1620-1642).
Le marquis de Cinq-Mars (1620-1642).

L’ascension fulgurante du jeune Henri Coiffier de Ruzé d’Effiat, marquis de Cinq-Mars, commence le 27 mars 1638, quand Richelieu le fait nommer grand-maître de la garde-robe du roi. Favori de Louis XIII et grand écuyer de France, Cinq-Mars a la très mauvaise idée de croire qu’il peut se passer de son ancien protecteur et comploter, en toute impunité, avec le très futile Gaston d’Orléans. En 1642, Gaston d’Orléans, poussé par Cinq-Mars, s’allie aux Espagnols contre la France pour s’emparer du pouvoir.
Pour cela, il faut avant toute chose se débarrasser du puissant cardinal. Mais Richelieu, en bon politique, a des agents partout et le complot est rapidement éventé.
Cinq-Mars et de Thou, son complice, sont immédiatement arrêtés et accablés par les accusations du duc d’Orléans qui tente ainsi de sauver sa tête. Quand Cinq-Mars avoue avoir voulu tuer le cardinal, il est condamné sans grâce possible. Il est décapité, avec de Thou, en septembre 1642.

La victoire de Denain

La guerre de Succession d’Espagne durait depuis onze années et les armées françaises, épuisées, reculaient devant l’avance des Hollandais et des Autrichiens.
Les citadelles de la frontière du Nord étaient tombées une à une et le prince Eugène, à la tête de l’armée impériale, marchait sur l’Oise et sur Paris. Jamais le royaume de France n’avait été dans une situation aussi critique quand, le 24 juillet 1712, à Denain, le maréchal Claude de Villars fit subir une défaite mémorable au prince Eugène et aux troupes hollandaises.
En quelques mois, les Hollandais vont perdre deux cents canons et cinquante-trois bataillons. La victoire de Denain arrête non seulement l’invasion mais elle aura une influence décisive lors de la signature de la paix, à Utrecht, en 1713.

N’est pas gueux qui veut !

Portrait de Guillaume le Taciturne (1533-1584).
Portrait de Guillaume le Taciturne (1533-1584).

C’est sous le nom de Gueux que les gentilshommes flamands et néerlandais devaient se liguer contre l’administration espagnole. Cela faisait pourtant quelques siècles que cette contrée n’avait pas goûté à l’indépendance. Remise en dot à Marguerite de Male, elle allait, par le mariage de celle-ci, initier le domaine, bientôt immense, de la maison de Bourgogne-Valois. C’est à nouveau par un mariage, celui de Marie de Bourgogne avec Maximilien d’Autriche, qu’elle allait tomber dans l’escarcelle Habsbourg. Une mainmise espagnole qui, malgré la relative indépendance de la contrée, ne devait guère lui convenir ; une mainmise qui devait permettre la prise en étau de la France mais que la noblesse flamande et néerlandaise devait briser en avril 1566.
Parce qu’ils estimaient que l’Espagne ne leur accordait pas plus de crédit qu’à des gueux, les nobles des Provinces unies devaient donc se doter d’un surnom de circonstances, adopter les insignes attenants -la besace et l’écuelle. Oubliant leurs différents, ils devaient donc s’unir contre le despotisme de Philippe II d’Espagne. Une sorte "d’union sacrée" entre catholiques et protestants ; une union nationale qui ne devait guère se prolonger. Suite aux massacres d’Armentières, en août 1566, les catholiques, effrayés, devaient se retirer progressivement de la ligue et faire leur soumission au roi d’Espagne.
Les protestants, quant à eux, allaient poursuivre le combat sous la houlette du comte de la Marck, lequel devait rassembler une petite flotte de corsaires rebelles, soutenus par le Hollandais Guillaume le Taciturne, et qui, en harcelant les Espagnols, en enlevant le port de Brielle (1572) devaient lancer le signal de la révolte des provinces protestantes.

Marignan : 1515 !

François Ier (1494-1547) armé chevalier par Bayard après la victoire de Marignan.
François Ier (1494-1547) armé chevalier par Bayard après la victoire de Marignan.

François Ier (1515-1547) a vingt ans quand il accède au trône de France. Comme ses prédécesseurs, il ne rêve que de conquérir l’Italie –il se dit héritier du Milanais par son arrière-grand-mère Valentine Visconti, et dès le début de son règne, il met ses troupes en marche. Face à lui, les Suisses, engagés par le pape Léon X et par le duc de Milan, gardent les passages menant au Piémont. L’armée du roi de France campe entre Milan et Marignan, quand elle voit apparaître les Suisses, en rangs serrés, la hallebarde basse et qui, malgré les percées meurtrières que font les boulets français dans leurs rangs, continuent d’avancer. Infatigables et  enragées, les deux armées se battent encore à la tombée de la nuit.
Le lendemain, 13 septembre 1515, le combat reprend avec encore plus d’acharnement, quand, soudain, les troupes de Venise, venant au secours des Français, surgissent à l’horizon. La bataille est perdue pour les Suisses qui capitulent. Grâce à cette victoire, François Ier s’empare du Milanais, première étape dans la reconquête du royaume de Naples.

Cherche roi désespérément…

Portrait d'Henri III (1551-1589).
Portrait d’Henri III (1551-1589).

La mort du roi Sigismond II Auguste, en 1572, mettait fin à la dynastie des Jagellons qui régnait sur la Pologne depuis le XIVe siècle.
Certes, c’était l’occasion pour la diète de Varsovie de renforcer son pouvoir vis-à-vis de la monarchie, mais où trouver un roi ? Certains penchaient pour le tsar de Russie, Ivan le Terrible, mais sa réputation déjà bien établie et surtout son attachement au culte orthodoxe faisaient reculer les très catholiques seigneurs polonais.
Finalement, ce sont les largesses de l’ambassadeur de France qui auront raison de tous et, le 9 mai 1573, Henri de Valois, troisième fils de Catherine de Médicis et d’Henri II, devenait roi de Pologne !
Son règne fut cependant très bref. En effet, dès l’année suivante, mourait son frère Charles IX et Henri n’eut rien de plus pressé que d’abandonner la couronne polonaise pour en ceindre une nouvelle : celle de France…

La défenestration de Prague

La « lettre de majesté », promulguée en 1609 par l’empereur Rodolphe de Habsbourg, assurait la liberté du culte aux protestants de Bohême mais quand, en 1611, son frère, Matthias, lui succède, les libertés religieuses sont de plus en plus restreintes jusqu’à être totalement supprimées en 1618.
Immédiatement, la Diète de Bohême dépose Matthias et choisit pour roi un prince protestant. La guerre entre les princes allemands et le très catholique Ferdinand II, qui vient de ceindre la couronne impériale, paraît inéluctable. Le 23 mai 1618, les protestants, en défenestrant trois envoyés impériaux, mettent le feu aux poudres : la guerre de Trente Ans, qui deviendra ensuite un conflit européen, vient de commencer.

François Ier champion de la foi

François Ier (1494-1547) d'après le médaillon sculpté de Sansac.
François Ier (1494-1547) d’après le médaillon sculpté de Sansac.

Aux premiers jours de la Réforme, François Ier semblait favorable à la nouvelle religion. Mais tout allait changer avec la fameuse affaire des Placards…
Au mois d’octobre 1534, apparut, à Paris et dans plusieurs grandes villes de province, un petit manifeste qui attaquait la messe avec virulence. C’était bien la première fois que les protestants se permettaient une telle violence écrite et, dans les milieux catholiques, l’émoi était à son comble. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Un soir, de retour de Blois, François Ier trouva un de ces fameux « placards » cloué sur la porte de sa chambre, au Louvre… La colère du souverain éclata bruyamment : il ordonna un redoublement de rigueurs et l’organisation de cérémonies au cours desquels il prétendait donner clairement des preuves de sa dévotion. C’est ainsi que, le 21 janvier 1535, il assista à une procession générale, tenant à la main un cierge allumé et marchant humblement, la tête nue, suivie de ses trois fils… François Ier affichait ouvertement qu’il s’instituait désormais comme le champion de la foi catholique…