Henri VIII : la voix de l’hérésie

Henri VIII Tudor (1491-1547).
Henri VIII Tudor (1491-1547).

Le 23 mai 1533, l’archevêque fraîchement désigné de Canterbury, Thomas Cranmer, préside le tribunal qui prononce le divorce d’Henri VIII, roi d’Angleterre, avec Catherine d’Aragon. La raison officielle ? La reine, déjà veuve du frère d’Henri, Arthur, était donc, aux yeux de l’Eglise, incestueuse. Mais la raison officieuse était, bien sûr, que Catherine avançait en âge et que sur les six enfants qu’elle avait donnés au roi, seule une fille avait survécu. Le spectre d’un royaume tombant en quenouille se profilait. Accessoirement, Henri avait également une remplaçante toute trouvée pour tenir la place de Catherine d’Aragon, sa maîtresse, Anne Boleyn. Le roi avait certes tenté de passer par la voix officielle mais Rome s’obstinait à lui refuser cette annulation de mariage, malgré l’argument d’inceste. Le jugement de 1533 était donc sensé forcer la main de Clément VII, qui répondra, l’année suivante, par une excommunication. Dès lors, Henri tente le tout pour le tout et publie, en 1534, l’Acte de suprématie qui accorde au roi et à ses successeurs le titre de « chef unique et suprême de l’Eglise d’Angleterre ». C’est l’acte de naissance officiel de l’anglicanisme.
L’affaire paraît assez simple « sur le papier », pourtant, elle est loin d’être entendue. Il y aura d’abord quelques réactions et deux martyrs célèbres, saint Thomas More et John Fischer (tués en 1535) ; le roi lui-même montrera des hésitations, préférant de loin l’option du schisme à la voie de l’hérésie. D’ailleurs, à la fin de sa vie, il reviendra sur toutes les concessions faites aux protestants, rétablissant les sept sacrements, le culte de la Vierge et des saints et le célibat des prêtres (King’s book en 1543). De fait, Henri VIII n’a certainement jamais réellement voulu doter l’Angleterre d’une autre religion que celle de Rome. Et on voit mal comment un simple divorce aurait pu entraîner tout un pays vers une religion différente. C’est pourtant bien ce qui aura lieu et à cela, il y a plusieurs raisons. Tout d’abord, l’opposition à la papauté. Elle n’est guère récente et, comme pratiquement tous les souverains d’Europe au Moyen Âge, les rois d’Angleterre vont tenter de limiter les droits du Saint Siège.

Assassinat de saint Thomas Becket (1118-1170) dans la cathédrale de Canterbury.
Assassinat de saint Thomas Becket (1118-1170) dans la cathédrale de Canterbury.

Henri Ier Beauclerc, fils de Guillaume le Conquérant, avait subi, dans une moindre mesure que l’Empire germanique, la querelle des Investitures –provenant du désir de la papauté de nommer elle-même les évêques, retirant de fait ce pouvoir aux souverains. C’est également par opposition au Saint Siège, sensé empiété sur les coutumes anglaises, qu’Henri II Plantagenêt avait ordonné l’assassinat de saint Thomas Becket, alors évêque de Canterbury. Quand au Grand Schisme d’Occident, qui déchire l’Eglise de 1378 à 1417, il jettera un tel discrédit sur la papauté qu’elle ne s’en relèvera que difficilement. Un discrédit que sauront largement exploiter les précurseurs de Luther, comme John Wycliff. Le soutien que ce dernier avait d’ailleurs reçu en son temps (1379) de la part du peuple va tout simplement trouver un écho lors de la crise henricienne. Et, de fait, cette indépendance de l’Eglise d’Angleterre que Wycliff appelait de ses vœux, est une réalité dès l’avènement d’Henri VII, père de notre souverain. Le haut clergé administre alors directement l’Eglise d’Angleterre sans se soucier de Rome. Le schisme d’Henri VIII avait donc le soutien du peuple et du haut clergé, peu en enclin à abandonner ses prérogatives ; quant à la noblesse, elle lorgnait avec insistance sur les terres de ce même clergé –terres qu’elle s’appropriera.
On le voit, l’anglicanisme n’est guère différent, à l’origine, du gallicanisme français et seul un enchaînement de circonstances va conduire Henri VIII et l’Angleterre sur la voix de l’hérésie.

Les pèlerins du Mayflower

Partis le 16 décembre 1620 du port de Southampton, il suffit de quelques mois aux «pères pèlerins» embarqués à bord du Mayflower pour atteindre la baie de Cap Cod, le 21 décembre de la même année. Calvinistes anglais aux mœurs puritaines, ils ont quitté un pays qu’ils jugeaient peu orthodoxe, avec la ferme volonté de créer une communauté totalement fidèle aux enseignements de la Bible.
Cent quarante-neuf hommes, femmes et enfants constituent cette première colonie installée à Plymouth et dirigée par un gouverneur, William Bradford. Ils obéissent à un acte signé sur le Mayflower, qui établit une première forme de gouvernement.
Les pèlerins du Mayflower sont restés dans l’histoire comme les plus célèbres parmi les colons américains.

L’entrevue de Couzières

Louis XIII et sa mère lors de l'entrevue de Couzières (gravure du XIXe siècle).
Louis XIII et sa mère lors de l’entrevue de Couzières (gravure du XIXe siècle).

En s’emparant d’un pouvoir qui lui revient de droit, Louis XIII le retire à sa mère et n’hésite pas à la retenir prisonnière. La fuite de la reine mère, aidée du duc d’Épernon, en février 1619, laisse pressentir une nouvelle guerre qui sera finalement évitée grâce à Richelieu… Cependant cette paix et la relative tranquillité du souverain ont un prix : Marie de Médicis reçoit le gouvernement de l’Anjou, conserve tous ses revenus, voit ses dettes payées et le duc d’Épernon reçoit cinquante mille livres pour compenser la perte de la ville de Boulogne, prise par les armées royales.
Puis, pour confirmer cette paix, les deux partis décident de se rencontrer : l’entrevue de Louis XIII et de sa mère a lieu à Couzières, le 4 septembre 1619. On raconte que la reine se serait écriée en voyant le roi :
-Dieu mon fils, je vous trouve grandi !
Ce à quoi le roi Louis XIII répondit aimablement :
-Ma mère, j’ai crû pour votre service.

Buckingham, l’ange salvateur de La Rochelle

Le duc de Buckingham (28 août 1592, Leicestershire – 23 août 1628)
Le duc de Buckingham (28 août 1592, Leicestershire – 23 août 1628)

Tout le monde connaît le duc de Buckingham, devenu, grâce à la plume d’Alexandre Dumas, un noble séducteur. Mais, Buckingham, favori de Charles Ier d’Angleterre, sera surtout pour la France un provocateur hors-pair : sous prétexte de soutenir les protestants français, il arme quatre-vingt-dix vaisseaux et, le 20 juillet 1627, paraît en rade de La Rochelle, qui lui refuse d’ailleurs le passage ! Le duc de Buckingham ira donc se réfugier sur l’île de Ré, où il sera assiégé… Quant aux Rochelois, qu’il prétendait secourir tel l’ange salvateur, ils seront obligés de lui fournir armes et vivres durant les quatre mois de siège. Après quoi, Buckingham, honteux, refait voile vers l’Angleterre abandonnant La Rochelle, assiégée par les armées royales, à son triste sort…

Le massacre de la Saint-Barthélémy

La légende veut que ce soit Charles IX et sa mère, Catherine de Médicis, qui aient ordonné le massacre de la Saint-Barthélémy.
La légende veut que ce soit Charles IX et sa mère, Catherine de Médicis, qui aient ordonné le massacre de la Saint-Barthélémy.

Les guerres de religion qui opposent catholiques et protestants déchirent le nord et le sud de l’Europe depuis la première moitié du XVIe siècle. C’est une guerre idéologique dont le champ de bataille est passé de l’Allemagne de Charles Quint à la France des Valois. Depuis la mort d’Henri II en 1559, la France connaît une période de troubles. Les retournements d’alliance, les assassinats, les revirements du pouvoir royal font de ces dernières décennies du XVIe siècle des années de grande instabilité. Au moment où la royauté affirme l’unité de la foi catholique et condamne la Réforme, la communauté protestante se prépare à une résistance violente. Les affrontements, alors inévitables, sont livrés sans qu’un camp ne prenne réellement le dessus sur l’autre. Plusieurs paix et traités se succèdent. Le 19 mars 1563, l’édit de pacification d’Amboise met fin à une première guerre civile et accorde une certaine liberté de culte. Le 23 mars 1568, après une période troublée, la paix de Longjumeau rétablit la liberté de culte sans limites ni restrictions. Le 8 août 1570, la paix de Saint-Germain est signée, octroyant, pour deux ans, quatre places fortes aux protestants. L’heure semble être à la conciliation. Pourtant Catherine de Médicis, la mère du roi Charles IX, avait rencontré en 1564, à Bayonne, sa fille, épouse de Philippe II et le conseiller de celui-ci, le Duc d’Albe. Cette entrevue avait eu de quoi inquiéter les protestants dont le roi d’Espagne était un ennemi acharné. De plus, en mai 1568, Catherine se sépare de son conseiller le plus pacifiste : Michel de L’Hôpital. Ces deux événements paraissent, aujourd’hui, avant-coureurs du drame à venir.
La Saint-Barthélémy, d'après une iconographie du XIXe siècle.
La Saint-Barthélémy, d’après une iconographie du XIXe siècle.

Le 18 août 1572, les chefs protestants sont rassemblés à Paris pour célébrer le mariage de la sœur de Charles IX, Marguerite de Valois avec le roi de Navarre, futur Henri IV, alors protestant. Le camp catholique est dirigé par la famille de Guise qui, depuis la paix de Saint-Germain, a perdu beaucoup de l’influence qu’elle avait sur Charles IX. Celui-ci écoute à présent les conseils de l’Amiral Coligny, protestant conciliateur. Le moment semble venu pour les Guise et leurs alliés de reprendre leur ascendant sur le roi et d’en finir avec le camp adverse. Le 22 août, ils échouent à assassiner Coligny. Ce complot manqué resserre les rangs des deux camps. Les historiens hésitent à attribuer la responsabilité du carnage à la famille royale (Catherine, Charles IX et son frère, le futur Henri III) ou aux seuls Guise qui surent fanatiser le peuple et l’armée. Toujours est-il que, durant la nuit du 24 août, entre 2 000 et 3 000 protestants furent tués à Paris et le massacre se poursuivit en province, jusqu’au 3 octobre, où l’on comptabilisa entre 6 000 et 10 000 morts. Le parti protestant n’a pas perdu pour autant : il livre une quatrième guerre qui s’achève en juillet 1573, par la signature de la paix de Boulogne. Paix qui ne dura qu’un temps. Trois guerres civiles éclatent successivement, le duc de Guise, son frère et le nouveau roi Henri III sont assassinés. Une dernière guerre met aux prises Henri de Navarre, le prétendant à la couronne de France, et les Guise, alliés avec l’Espagne. Pour accéder au trône en 1594, le futur Henri IV devra abjurer son protestantisme.
À l’origine, la Réforme s’est affirmée comme un effort pour replacer l’Eglise sur sa véritable base, celle de la foi. En face de l’église catholique alliée à l’Etat depuis le concordat de 1516, la Réforme sonne comme un rappel des conditions fondamentales de la spiritualité chrétienne. Elle se heurte donc à une tradition séculaire d’unité de l’Eglise et est persécutée au même titre que les autres hérésies. La spécificité du protestantisme est qu’il a déjà supplanté l’église catholique dans les principautés allemandes et en Angleterre. Vu par les catholiques, c’est la première hérésie capable de lui faire concurrence sur le plan politique et de contester son hégémonie. Les guerres de religion sont donc des guerres politiques auxquelles se livrent les souverains européens. La mort d’Henri II laisse planer une indécision : la France va-t-elle rester dans le camp des monarchies catholiques ou va-t-elle imiter l’Angleterre ? Les guerres de religion se sont jouées à l’échelle européenne. En France, elles survinrent au moment où l’Etat prétendait passer d’une monarchie tempérée à une monarchie absolue. Ces conflits avaient des enjeux d’autant plus grands que le pays vivait une crise de croissance de ses institutions. Liberté de conscience et tolérance, esquisse d’une sécularisation de l’Etat : tel est le résultat notable des guerres de religions. Au moment où débute le règne d’Henri IV, le temps des persécutions religieuses n’était pourtant pas totalement révolu.
Si le massacre de la Saint-Barthélemy a marqué durablement les mémoires, c’est parce qu’il fut un déchaînement particulièrement féroce de violence au milieu d’un conflit qui s’étendit sur quatre décennies. Il a inspiré nombre de romanciers et cinéastes : le personnage de Marguerite de Valois fut la Reine Margot d’Alexandre Dumas mis à l’écran par Patrice Chéreau. C’est eux, sans doute, qui rendirent le mieux compte de la folie collective qui eut lieu ce 24 août 1572.

Le coup de Jarnac

Un rapide coup de rapière et Jarnac touche son adversaire au jarret : Vivonne s’effondre… mort.
Il aura suffi d’une simple botte pour que le duel du 10 juillet 1547 entre Guy de Chabot, seigneur de Jarnac, et François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie, passe à la postérité. Suite à son  fameux « coup de Jarnac », Guy de Chabot peut rendre grâce à Dieu d’avoir vu sa cause reconnue. Ce coup d’éclat fera de lui un maître d’armes recherché.

La « journée des barricades »

L'assassinat d'Henri de Guise, d'après une gravure moderne.
L’assassinat d’Henri de Guise, d’après une gravure moderne.

Depuis son avènement, en 1574, Henri III tente de rétablir la paix dans le pays, déchiré par les guerres de religion. Mais, à la mort de son frère, le duc d’Alençon, en 1584, l’héritier du trône de France devient le protestant Henri de Navarre.
Dès lors, la Sainte Ligue, fondée par le très catholique duc de Guise, se déchaîne : c’est le début de la «guerre des trois Henri» (Henri de France, Henri de Navarre et Henri de Guise). Et, le 12 mai 1588, la «journée des barricades», organisée à Paris par la Ligue, oblige le roi à fuir la capitale. Cette défaite, bientôt suivie des États généraux de Blois où la Ligue domine complètement, conduit le souverain à décider l’élimination du duc de Guise, qui est assassiné, le 23 décembre 1588. La réponse des ligueurs viendra un peu plus tard : le 31 juillet 1589, Henri III est assassiné à son tour…

Louis XIV dans la droite ligne d’Henri IV

Henri IV lors de la signature de l'édit de Nantes (1598).
Henri IV lors de la signature de l’édit de Nantes (1598).

Cinq ans après sa conversion au catholicisme, le « bon roi » Henri IV, soucieux de mettre fin à l’agitation persistante des huguenots, signe l’édit de Nantes, le 13 avril 1598, l’un des actes majeurs d’un règne fertile en bienfaits pour le royaume. Par cet édit, le roi accorde aux protestants des concessions considérables. Au point de vue religieux, liberté de conscience dans tout le royaume et liberté du culte là où les protestants sont majoritaires, restitution des anciens temples et autorisation d’en bâtir de nouveaux. Sur le plan politique, amnistie générale et égalité civile avec les catholiques et accès à tous les emplois dans l’ensemble du royaume. Enfin, les protestants se voient accorder des garanties territoriales dans une centaine de villes dont La Rochelle, Saumur, Montauban et Montpellier. Pendant près d’un siècle, l’édit de Nantes permettra à la France de connaître une relative paix religieuse mais lors de sa révocation, en 1685, par Louis XIV, plus de 200 000 protestants, parmi lesquels des officiers, des industriels, des commerçants, des artisans, des agriculteurs, quittent le pays et émigrent notamment en Hollande et en Prusse.
La révocation de l’édit de Nantes, écrira Michelet, a appauvri la France et enrichi ses ennemis.
C’est certain. Et alors que l’on présente Henri IV comme un homme ouvert, tolérant, etc, du fait même de la signature nantaise, son petit-fils fait figure de catholique intransigeant. L’analyse est pourtant un peu simple, pour ne pas dire simpliste. En effet, il apparaît surtout que Louis XIV n’a fait qu’achever l’œuvre d’Henri IV pour qui l’édit de Nantes dans sa forme de 1598, n’était qu’un pis-aller, une solution alternative avant l’union réelle du pays. En effet, comment imaginer que le souverain ait pu imaginer, ne serait-ce qu’un instant, assurer, pour toujours, les concessions territoriales qu’il avait bien été obligé d’accorder afin d’asseoir son pouvoir et d’assurer la difficile paix du royaume. La situation de 1598 n’était pas faite pour durer et Louis XIV, ayant solidement –c’est le moins que l’on puisse dire- assurer son pouvoir, va pouvoir, logiquement, revenir sur les concessions faites moins de cent ans plus tôt.

La vengeance de Richelieu

Le marquis de Cinq-Mars (1620-1642).
Le marquis de Cinq-Mars (1620-1642).

L’ascension fulgurante du jeune Henri Coiffier de Ruzé d’Effiat, marquis de Cinq-Mars, commence le 27 mars 1638, quand Richelieu le fait nommer grand-maître de la garde-robe du roi. Favori de Louis XIII et grand écuyer de France, Cinq-Mars a la très mauvaise idée de croire qu’il peut se passer de son ancien protecteur et comploter, en toute impunité, avec le très futile Gaston d’Orléans. En 1642, Gaston d’Orléans, poussé par Cinq-Mars, s’allie aux Espagnols contre la France pour s’emparer du pouvoir.
Pour cela, il faut avant toute chose se débarrasser du puissant cardinal. Mais Richelieu, en bon politique, a des agents partout et le complot est rapidement éventé.
Cinq-Mars et de Thou, son complice, sont immédiatement arrêtés et accablés par les accusations du duc d’Orléans qui tente ainsi de sauver sa tête. Quand Cinq-Mars avoue avoir voulu tuer le cardinal, il est condamné sans grâce possible. Il est décapité, avec de Thou, en septembre 1642.

La victoire de Denain

La guerre de Succession d’Espagne durait depuis onze années et les armées françaises, épuisées, reculaient devant l’avance des Hollandais et des Autrichiens.
Les citadelles de la frontière du Nord étaient tombées une à une et le prince Eugène, à la tête de l’armée impériale, marchait sur l’Oise et sur Paris. Jamais le royaume de France n’avait été dans une situation aussi critique quand, le 24 juillet 1712, à Denain, le maréchal Claude de Villars fit subir une défaite mémorable au prince Eugène et aux troupes hollandaises.
En quelques mois, les Hollandais vont perdre deux cents canons et cinquante-trois bataillons. La victoire de Denain arrête non seulement l’invasion mais elle aura une influence décisive lors de la signature de la paix, à Utrecht, en 1713.