François Ier champion de la foi

François Ier (1494-1547) d'après le médaillon sculpté de Sansac.
François Ier (1494-1547) d’après le médaillon sculpté de Sansac.

Aux premiers jours de la Réforme, François Ier semblait favorable à la nouvelle religion. Mais tout allait changer avec la fameuse affaire des Placards…
Au mois d’octobre 1534, apparut, à Paris et dans plusieurs grandes villes de province, un petit manifeste qui attaquait la messe avec virulence. C’était bien la première fois que les protestants se permettaient une telle violence écrite et, dans les milieux catholiques, l’émoi était à son comble. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Un soir, de retour de Blois, François Ier trouva un de ces fameux « placards » cloué sur la porte de sa chambre, au Louvre… La colère du souverain éclata bruyamment : il ordonna un redoublement de rigueurs et l’organisation de cérémonies au cours desquels il prétendait donner clairement des preuves de sa dévotion. C’est ainsi que, le 21 janvier 1535, il assista à une procession générale, tenant à la main un cierge allumé et marchant humblement, la tête nue, suivie de ses trois fils… François Ier affichait ouvertement qu’il s’instituait désormais comme le champion de la foi catholique…

Saint-Just, l’archange de la Terreur

Louis-Antoine de Saint-Just (1767-1794), gravure du XIXe siècle.
Louis-Antoine de Saint-Just (1767-1794), gravure du XIXe siècle.

Ce qui constitue une République, c’est la destruction totale de ce qui lui est opposé, proclame Louis Antoine de Saint-Just (1767-1794) en ce 26 février 1794.
Saint-Just présente alors le rapport sur la « loi de ventôse » qui confisque les biens des suspects. La Terreur est déjà fort bien installée et cette loi, promulguée par « l’archange de la Terreur », ne fait que la renforcer.
Fils d’un capitaine de cavalerie, issu d’une famille de robins –gens de robe-, Louis-Antoine de Saint-Just, après des études chez les Oratoriens de Soissons, devient clerc de procureur puis reprend ses études à Reims. De fait, Saint-Just ne sait que faire de sa personne. Ses parents non plus d’ailleurs, qui le feront enfermer quelques mois pour avoir dérobé des objets appartenant à sa mère…
En 1789, il vient de publier une épopée soi-disant satirique mais, aux dires des spécialistes, certainement obscène –et laborieusement encore-, lorsque éclate la Révolution. Il a alors à peine 22 ans et s’est à corps perdu qu’il va s’y jeter.
Et dès ce moment, Louis-Antoine de Saint-Just va afficher très clairement son idéal : une République égalitaire formée par un peuple d’agriculteurs.
Il l’a imaginée dans ses moindres détails : on se mariera uniquement pour avoir des enfants qui, confiés à l’État à l’âge de cinq ans, le serviront en étant ouvriers puis soldats. Bref, une République parfaitement organisée, ce qui est justement le point fort de Saint-Just. Il l’a prouvé dans ses missions militaires, en 1793, dans l’armée du Rhin. Non seulement il redonne le moral aux troupes, mais assure également leur ravitaillement, leur habillement, en imposant des contributions extraordinaires aux bourgeois de Strasbourg et de Nancy.
Mais Saint-Just, plus qu’un organisateur, est un idéaliste intransigeant. Et la réalisation de son utopie ne  saurait souffrir le moindre traître, la moindre faiblesse : ceux qui refusent la liberté et l’égalité se la verront imposer !
Pour cela, il n’hésite guère à faire couler le sang. Trop de sang d’ailleurs. Et en 1794, il est conduit avec Robespierre, qu’il admirait tant, à l’échafaud.

Machu Pichu : la fin d’un empire

Vue de la cité de Machu Pichu.
Vue de la cité de Machu Pichu.

Lieu saint, relais économique, cœur de la stratégie de défense des souverains : Machu Pichu est tout cela à la fois. Elle est surtout une cité éphémère dont l’existence ne se prolonge guère au delà de 130 années. Une cité demeurée longtemps cachée du regard des hommes et qui doit sa redécouverte à l’historien américain Hiram Bingham.
Erigée en 1450 par l’Inca Pachacuti, Machu Pichu n’a rien d’une grande cité. Elle ne compte guère que 500 à 1000 personnes -ce qui est peu comparée à Cuzco qui, à la même époque, compte quelques 200 000 habitants- et n’a pas vocation à concurrencer la capitale inca. En fait, contrairement aux théories de Bingham, Machu Pichu était certainement destinée à protéger la capitale, Cuzco, en contrôlant la vallée où elle était dressée. De fait, la topographie même du lieu de construction de Machu Pichu exclue toute idée d’extension et confirme la volonté de l’Inca d’en faire un relais… ou un point de résistance. Coincée au fond de la vallée de l’Urubamba, dotée de jardins et d’exploitations en terrasse, Machu Pichu était indépendante économiquement et avait même vocation à servir de relais pour l’approvisionnement de la capitale.
Surtout, son isolement et sa structure la rendait difficile d’accès… ce qui fera son succès autant que sa perte. En effet, si Machu Pichu fut la dernière cité à résister aux envahisseurs espagnoles, ce n’est pas de leur fait qu’elle tomba mais bien du fait de son isolement. Abandonnée par ses habitants en 1572,  elle sera envahie par la jungle, oubliée de la mémoire des hommes jusqu’à ce qu’Hiram Bingham remonte sa piste, en 1911.

Louis XIV interdit les duels

François de Montmorency-Bouteville (1600-1627).
François de Montmorency-Bouteville (1600-1627).

Le duel est le pire fléau qui décime la fleur de la noblesse française, se lamente un conseiller de Richelieu.
Sous les prétextes les plus futiles, les jeunes de la noblesse se provoquent, se blessent ou se tuent. Selon le journal de l’Étoile, trois mille neuf cent quatre-vingt jeunes gentilshommes ont trouvé la mort au cours de ces duels en un peu moins de trente ans, de 1589 à 1607. Pourtant, de nombreux édits royaux ont formellement interdit cette pratique sanguinaire. Décidé à mettre fin à cette hécatombe, le cardinal de Richelieu prend, en 1626, des mesures sévères contre les duels.
Mais, peu de temps après sa mort, les jeunes nobles, férus d’un « code d’honneur » déjà désuet, reprennent les duels, en dépit de la condamnation à mort et la décapitation de deux duellistes, sur ordre du roi Louis XIII : le comte de Montmorency et le comte des Chapelles.
Comme tous ses prédécesseurs, le Roi-Soleil réprouve, lui aussi, cette coutume : par son édit du 23 juillet 1679, il interdit les duels. Après une longue accalmie, le « fléau » réapparaît au XVIIIe siècle et surtout au XIXe siècle. On sait que Léon Gambetta et Georges Clemenceau furent de redoutables duellistes… Cette coutume ne prendra réellement fin que dans les années trente, peu de temps avant la Seconde Guerre mondiale.

Exit Essex !

Robert Devereux, comte d'Essex (1566-1601).
Robert Devereux, comte d’Essex (1566-1601).

La reine Élisabeth Ire avait près de soixante ans quand elle choisit pour nouveau favori le beau et jeune Robert Devereux, comte d’Essex, âgé de vingt-et-un ans.
Beau, fier et impétueux, Essex avait acquis un tel ascendant sur la souveraine qu’il se croyait tout permis. Et, en effet, Élisabeth semblait tout lui pardonner : son expédition avec Drake, alors qu’il n’y était pas autorisé, son mariage secret, l’abandon de la campagne contre Cadix et celui de son poste de gouverneur d’Irlande. La reine laissait tout passer, continuait à le couvrir d’honneurs malgré son insolence et son indiscipline.
Mais Essex alla trop loin : pour se venger de quelques jours de prison, conséquence de son abandon de poste en Irlande, le jeune comte se croit autorisé à lever quelque trois cents hommes et tente de soulever l’opinion contre la reine. Cette fois s’en est trop : Essex est condamné et exécuté pour haute trahison en février 1601.

Le prince sans gloire

Portrait d'Antoine de Bourbon (1518-1562).
Portrait d’Antoine de Bourbon (1518-1562).

L’histoire peut être oublieuse, elle est également cruelle… Parmi ses victimes, se trouve Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, époux de Jeanne d’Albert, reine de Navarre, et qui semble n’avoir eu d’autre gloire que d’engendrer le plus populaire de nos rois : Henri IV. Contrairement à son épouse, Antoine de Bourbon, initialement protestant, se convertit au catholicisme et devint un des chefs de l’armée royale. Sa vie entière ne sera d’ailleurs que batailles et sièges, ce qui causera sa perte : il mourra le 17 novembre 1562, touché mortellement en assiégeant Rouen. Certains historiens, quelque peu plaisantins peut être, ajoutent qu’il était en train de satisfaire un besoin naturel quand il reçut cet ultime coup d’arquebuse. Cela lui aurait même valu cette épitaphe :
Ami français, le prince ici gisant,
Vécut sans gloire et mourut en pissant.

Law : le jeu de l’argent

Portrait de John Law (1671-1729).
Portrait de John Law (1671-1729).

Fils d’un orfèvre écossais de renom, John Law était un joueur avant d’être un financier. A la tête, très jeune, d’une fortune considérable, il fréquenta les milieux de l’agiotage et du jeu londonien avant qu’un duel malheureux le contraigne à s’exiler sur le continent. Passant d’Italie en France en passant par l’Allemagne, Law se mit dès lors à étudier les différents systèmes bancaires avant de se convertir à l’usage du papier-monnaie.
 Ayant échoué à convaincre du bien fondé de son système le gouvernement écossais, c’est à Paris qu’il devait finalement tenter son expérience. Recherché par les grands seigneurs en raison de sa réputation de joueur, il devint un intime du duc d’Orléans qui, en 1716, alors qu’il était devenu régent, l’autorisa à fonder une banque privée dont les billets devaient être admis par toutes les caisses privées. L’idée initiale de Law était une banque qui émettrait des billets dont la valeur serait représentée par des hypothèques sur propriétés privées. Pour établir la confiance, John Law promis alors de rembourser les billets de banque au cours originel, alors que la monnaie métallique variait constamment.
Médaille satirique contre Law.
Médaille satirique contre Law.

Le succès ne tarda guère et Law fonda alors la Compagnie d’Occident qui reçut privilège de faire commerce sur le Mississipi, en Chine et aux Indes ainsi que le monopole du tabac. Surtout, Law se vit confié la refonte et la fabrication des monnaies en plus du recouvrement des impôts. De fait, Law pouvait, artificiellement, augmenter les monnaies. Et c’est ce qu’il fera dans le but de répondre à la demande incessante du public auprès de sa banque -devenue banque d’Etat en 1718. L’engouement pour le système Law devait durer quatre ans. Au bout de ce laps de temps et sans doute sous l’impulsion d’ennemis personnels du financier, une panique générale conduisit les détenteurs de billets à exiger, tous en même temps, la réalisation de leur monnaie. Law, qui venait d’être nommé contrôleur général des Finances, tenta bien de s’en sortir par quelques mesures mais il devint évident, dès décembre 1720, que le désastre était total. Law, anéanti, s’enfuit, trouvant refuge en Belgique où il survécut -jusqu’en 1729- dans l’indigence la plus complète.

Un faux tsar nommé Pougatchev

En 1762, Pierre III, tsar de Russie, est renversé puis emprisonné à Robscha. Le septième jour de sa détention, il meurt âgé seulement de trente-quatre ans. Son corps, ramené à Saint-Pétersbourg, est exposé aux yeux du peuple. Malgré cette preuve publique, des imposteurs, originaires de multiples provinces, tentent de se faire passer pour le tsar défunt. Le plus célèbre d’entre eux est Pougatchev.
Iémélian Pougatchev, né vers 1742 à Simoveisk sur le Don, est un simple cosaque comme son père. Ayant servi dans la guerre contre la Prusse, puis dans celle opposant les Russes aux Turcs, il finit par déserter. Repris le 1er juillet 1770 à Kazan, il s’évade et réapparaît dans la steppe où il affirme être le tsar Pierre III. Promettant l’abolition du servage aux paysans, il s’entoure de rebelles et prend d’assaut de nombreuses fortifications ; en 1773, il assiège Orenbourg. Les Cosaques de l’Oural, les serfs et les ouvriers de plusieurs provinces, ainsi que les Tartares, se rallient à son mouvement et c’est à la tête de trente mille hommes qu’il assiège et prend Tcheliabinsk, en février 1774. Dans sa marche vers Saint-Pétersbourg et vers Moscou, il est arrêté à Orenbourg. Une série de défaites marquent l’année 1774 pour le faux tsar. Catherine II la Grande (1762-1796) met sa tête à prix et après une ultime défaite, Pougatchev se réfugie dans la steppe. Livré par ses cosaques, il est transporté dans une cage de fer à Moscou où il est décapité le 10 janvier 1775.

Cromwell l’implacable

Oliver Cromwell (1599-1658).
Oliver Cromwell (1599-1658).

En 1642, la révolution éclate en Angleterre. Le roi Charles Ier Stuart (1625-1646) a dressé contre lui le Parlement et le peuple qu’il accable d’impôts. Cette révolte va être menée par un chef alliant le génie militaire et la compétence politique, Cromwell.
Issu d’une famille de petits seigneurs, Oliver Cromwell va, durant la guerre civile, organiser puis diriger une armée parlementaire tout aussi disciplinée qu’implacable.
En 1646, les armées royales sont défaites et Charles Ier est en fuite. Livré par les Écossais, le roi est condamné à mort et exécuté le 30 janvier 1649, sous la pression de Cromwell qui reste alors seul maître de l’Angleterre, devenue un Commonwealth.
Proclamé Lord Protecteur, il conquiert l’Irlande, soumet l’Écosse et donne naissance à la Grande-Bretagne.
Malgré des qualités indéniables, Cromwell se fait détester par le peuple. Sa mort, survenue le 3 septembre 1668, est accueillie avec soulagement par le pays excédé par son fanatisme et son puritanisme.

La vengeance de Richelieu

Le marquis de Cinq-Mars (1620-1642).
Le marquis de Cinq-Mars (1620-1642).

L’ascension fulgurante du jeune Henri Coiffier de Ruzé d’Effiat, marquis de Cinq-Mars, commence le 27 mars 1638, quand Richelieu le fait nommer grand-maître de la garde-robe du roi. Favori de Louis XIII et grand écuyer de France, Cinq-Mars a la très mauvaise idée de croire qu’il peut se passer de son ancien protecteur et comploter, en toute impunité, avec le très futile Gaston d’Orléans. En 1642, Gaston d’Orléans, poussé par Cinq-Mars, s’allie aux Espagnols contre la France pour s’emparer du pouvoir.
Pour cela, il faut avant toute chose se débarrasser du puissant cardinal. Mais Richelieu, en bon politique, a des agents partout et le complot est rapidement éventé.
Cinq-Mars et de Thou, son complice, sont immédiatement arrêtés et accablés par les accusations du duc d’Orléans qui tente ainsi de sauver sa tête. Quand Cinq-Mars avoue avoir voulu tuer le cardinal, il est condamné sans grâce possible. Il est décapité, avec de Thou, en septembre 1642.