Le trésor du Temple : histoire d’un fantasme ?

Un templier sur sa monture (gravure du XIXe siècle).
Un templier sur sa monture (gravure du XIXe siècle).

Cela fait maintenant sept siècles que le fameux trésor des templiers fait fantasmer historiens amateurs, romanciers en mal d’inspiration ou fouineurs en tout genre. Sept siècles durant lesquels les hypothèses les plus saugrenues, les plus hasardeuses ont été évoquées ; sept siècles durant lesquels des centaines, des milliers d’ouvrages ont été écrits sur le sujet, souvent d’ailleurs par ce que « c’est vendeur »… Pourtant, le trésor du Temple demeure introuvable. Peut-être est-ce tout bonnement parce que ce trésor n’existe pas ? Peut-être encore que ce trésor n’a rien à voir avec des montagnes de florins, d’écus ou d’objet en or…
Si l’on en croit l’historien Jean Favier, le lendemain de l’arrestation des templiers, soit le 14 octobre 1307, les officiers du roi se sont empressés de mettre les biens du Temple sous séquestre. Après une dizaine d’années, ils seront, selon le désir de Philippe le Bel, dévolu à l’ordre des hospitaliers, devenu plus tard, l’ordre de Rhodes puis de Malte. Et tant pis pour ceux qui s’acharnent à voir dans la destruction du Temple la volonté du roi de s’emparer de ses richesses.
Pourtant, les archives du Vatican révèlent un autre fait, assez significatif : la veille de l’arrestation programmée, un certain nombre de templiers, et non des moindres –le Maréchal de l’ordre, le trésorier de la tour, le commandant de la flotte et le maître pour la France notamment- quittent la France à bord de dix-huit galées (sortes de galères ventrues). A croire que cette arrestation et même la date prévue –le 13 octobre- leur était déjà connue. Mais que contenaient ces galées ? Ces hommes, auraient-ils pu s’enfuir avec le trésor ? Et alors, pourquoi Philippe le Bel n’a-t-il rien fait pour les retenir ? En réalité, le fond de la question réside dans l’idée que l’on se fait du trésor des templiers. Car, en 1307, le Temple était ruiné…
Malgré ses nombreuses commanderies, bien que les templiers aient été les banquiers de l’Europe et surtout des rois, après un peu moins de deux siècles en Terre sainte, le Temple n’avait plus d’argent. Depuis le début du XIIIe siècle, et encore plus depuis la chute de Saint-Jean-d’Acre (1291), la Terre sainte semblait perdue. Et elle l’était. Pourtant, les ordres de moines-soldats, au premier rang desquels les Templiers, vont tout faire pour conserver la main, quitte à payer les musulmans pour le faire. Qui plus est, les citadelles, édifiées en Terre sainte, coûtaient un argent colossal et les dons, qui s’étaient multipliés lors des premières années du Temple, ne venaient plus.

Un templier négociant avec les musulmans.
Un templier négociant avec les musulmans.

Le Temple était ruiné et la question ne souffre que peu de controverse. Pourtant, le trésor du Temple a bel et bien existé ; il n’était tout simplement pas constitué d’espèces sonnantes et trébuchantes.
Durant les années de gloire du Temple, l’ordre a accumulé un savoir étonnant, il a constitué deux flottes, une en Atlantique, une en Méditerranée. Et c’est ce savoir, cette science qui, s’il faut en croire Jacques Rolland, économiste, orientaliste et auteur de plusieurs ouvrages sur les templiers, constitue le véritable trésor du Temple. L’hypothèse est séduisante, aussi allons-nous la poursuivre jusqu’au bout. Lorsque les dix-huit galées quittent des terres françaises, c’est pour se diriger vers le Portugal et l’Espagne. Protégés par les souverains de ces royaumes, les Templiers ayant échappé à la rafle du 13 octobre 1307, vont se  « recycler » sous le nom de Chevaliers du Christ et d’ordre de Montessa. Logiquement, on peut penser qu’ils mirent leur flotte et leurs connaissances au service de ces pays qui, étonnement, vont être à l’avant-garde des expéditions et des découvertes en Afrique, aux Indes et en Amérique. Une coïncidence qui pourrait bien ne pas en être une et qui rassurerait les adeptes du trésor du Temple. Alors, oui, le trésor des templiers a bel et bien existé mais inutile de le chercher, il est ailleurs…

Les Normands en Angleterre

Le 28 septembre 1066, Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, débarque à Hastings, sur la côte sud de l’Angleterre, avec une immense armée. Au moment où il met pied à terre, il trébuche et tombe. Ses hommes parlent d’un mauvais signe, mais Guillaume réplique aussitôt :
J’ai saisi cette terre de mes mains… tant qu’il y en a, elle est à vous !
Arguant d’une ancienne promesse que lui a faite le feu roi Édouard le Confesseur, Guillaume de Normandie est décidé à conquérir l’Angleterre, alors gouvernée par Harold le Saxon. Ce dernier, apprenant le débarquement normand, accourt à Hastings qu’il atteint le 14 octobre. Les deux armées s’affrontent dans un combat sanglant au cours duquel Harold, blessé à l’œil, meurt. Les armées normandes, trois fois plus nombreuses, sont victorieuses et l’Angleterre est très rapidement conquise.

Le « concile cadavérique »

Institution d'un pape (gravure du Moyen Age).
Institution d’un pape (gravure du Moyen Age).

Concile cadavérique. Un nom sinistre pour une affaire sinistre. L’histoire se déroule à Rome, en l’an 897. Le pape Formose vient de mourir et son successeur décide de faire exhumer le corps de son prédécesseur et de le juger. De quoi  est-il donc accusé ? Qu’a-t-il fait pour mériter, même après la mort, un tel traitement ?
Formose avait fait de la politique. En fait, il avait sacré empereur Lambert, duc de Spolète, avant de se raviser et de poser la couronne de Charlemagne sur la tête d’Arnoul, le roi de Germanie. Une tergiversation qui devait lui valoir la haine des Spolète. Et c’est cette haine, transmise et reprise par Etienne VI, qui lui succède en 896, qui sera à l’origine de ce faux et odieux procès. Car Etienne est un partisans des Spolète et que ceux-ci veulent se venger.
Etienne VI fait donc déterrer le cadavre de Formose et organise une parodie de jugement… devant les évêques ébahis. Le pauvre Formose, dont le cadavre a été placé sur le trône de Pierre revêtu des ornements pontificaux, est alors accusé d’avoir échangé son siège d’évêque de Porto, charge qu’il avait occupé durant pas moins de trente ans, contre celui d’évêque de Rome… "par ambition coupable".
Si la théorie interdit à un évêque d’échanger son siège épiscopal, dans la pratique, il est évident qu’un évêque peut devenir pape et donc également évêque de Rome. La règle a déjà souffert maintes entorses par le passé. Peu importe en fait : tout ce que veut Etienne, c’est un procès "pour l’exemple". Un procès également qui invalide l’accession à la papauté de Formose et, par conséquent, annule toutes ses décisions… au nombre desquelles le couronnement d’Arnoul de Germanie. Au nombre desquels également la nomination d’Etienne comme évêque d’Agnani, ce qui arrange grandement le nouveau pape, qui échappe ainsi à toute possibilité de voir le procès se retourner contre lui.
Le procès, heureusement conclu pour Etienne, le cadavre de Formose est donc retiré de sa chaise et jeté dans une fosse commune. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Car le peuple a été frappé d’horreur, indigné par l’action du nouveau pape qui, il est vrai, n’augure nullement d’un pontificat des plus sereins. Rome, en colère, ne laissera que quelques mois à son nouveau souverain pontife. Etienne est jeté en prison puis proprement étranglé.
Quant à Formose, son cadavre est à nouveau exhumé pour être enterré -encore- dans la basilique Saint-Pierre. Ce sera au pape Jean XI, successeur d’Etienne, que reviendra le devoir de réhabiliter la mémoire flétrie de Formose.

L’Espagne passe aux musulmans… par traîtrise

Couronne des souverains wisigoths.
Couronne des souverains wisigoths.

Depuis le VIIe siècle, la royauté espagnole est élective et non plus héréditaire. Pourtant, en 710, quand le roi Wittiza meurt, il lègue le trône à son fils, Achila. La noblesse, qui apprécie assez peu ce retour aux anciennes traditions, passe outre les volontés du souverain et élit Rodéric. Dès lors, la guerre civile ne peut être évitée.
Pendant que Rodéric se bat dans le nord du pays contre les Basques, Achila et son oncle, l’archevêque de Séville, ne trouvent rien de mieux que de s’allier au chef arabe Mûsâ, sans penser que cette traîtrise allait bientôt livrer toute l’Espagne aux conquérants arabes.
Mûsâ envoie son meilleur lieutenant, Târiq ibn Ziyâd, un Berbère, qui traverse le détroit appelé depuis Jabal al-Târiq ou Gibraltar…
Les armées ennemies se rencontrent le 19 juillet 711 à Jerez de la Frontera, sur les rives du Guadalete. Le Wisigoth se bat comme un lion, en vain… Après sept jours de combats, Rodéric est tué et ses armées vaincues : l’Espagne wisigothique n’est plus et l’Espagne musulmane est là pour sept siècles !

Le bourreau perd la tête

Capeluche se faisant présenter la tête d’un Parisien (illustration du XIXe siècle).

Les épisodes les plus sanglants de la guerre de Cent Ans se sont souvent déroulés à Paris et rarement contre les Anglais. La capitale, enjeu politique de taille, sera tour à tour prise par les Armagnacs et les Bourguignons et chaque changement de direction occasionnera de terribles massacres. Mais la population, affamée, ne sait bientôt plus que se révolter et tuer les chefs des différents partis.
Alors que Jean sans Peur vient de s’emparer du gouvernement de Paris, une épidémie emporte cinquante mille personnes. En juin 1418, le peuple, dirigé par le bourreau Capeluche, se précipite dans les prisons pour y massacrer les Armagnacs, qu’il rend responsables de tous les malheurs.

Le duc de Bourgogne intervient, va même jusqu’à supplier et à serrer la main du bourreau, rien n’y fait… Capeluche paiera cher cet affront : quelques jours plus tard, Jean sans Peur le fait arrêter et décapiter. On raconte que le bourreau « montra lui-même à un valet comme il devait faire pour lui couper le col ».

 

Orléans : première victoire de la pucelle

Cela fait sept longs mois que la ville d’Orléans tente de résister aux Anglais. Affamée, la cité est prête à se rendre quand, le 29 avril 1429, ils voient l’étendard frappé aux armes de France menant les troupes royales de Jeanne d’Arc.
Partie de Chinon la veille, la jeune guerrière pénètre dans la ville à vingt heures sonnantes. Ses troupes et celles de Jean Dunois, comte de Longueville, dit le « bâtard d’Orléans », tentent alors de briser l’encerclement ennemi.
Jeanne est de tous les combats. Le 4 mai, la bastille Saint-Loup tombe, suivie de celle des Augustins, le 6. Le lendemain, Jeanne est blessée alors qu’elle dirige l’assaut contre le fort des Tourelles, point stratégique qui empêchait l’approvisionnement de la ville. Finalement, le 8 mai, les Anglais lèvent le siège et Jeanne, triomphante, est saluée par une population en liesse et un souverain plein d’espoir.
Cette première victoire sera suivie de beaucoup d’autres et conduira Jeanne à Reims, où le «petit roi de Bourges», Charles VII, sera enfin sacré.

Baissez les loyers !

Blason de la ville de Paris.
Blason de la ville de Paris.

Le prix élevé des loyers à Paris est loin d’être un phénomène récent. Dès le règne de Philippe Auguste, Paris, devenu le centre intellectuel et administratif de la France, attire de nouveaux habitants : des marchands, Français ou étrangers, et des étudiants s’installent, toujours plus nombreux. Les propriétaires se frottent les mains et les loyers ne cessent d’augmenter.
Cependant les habitants, jusque-là dociles, finissent par se révolter. Le 29 décembre 1306, une émeute contre la hausse des loyers éclate : Philippe le Bel fait alors arrêter vingt-huit des émeutiers qui seront pendus, haut et court, le 5 janvier suivant. Une façon, expéditive, de régler le problème du logement en France…

Le Croissant flotte sur Constantinople

Entrée de Mahomet II, dit le Conquérant, à Constantinople.
Entrée de Mahomet II, dit le Conquérant, à Constantinople.

Depuis 1204, Constantinople tente tant bien que mal de résister aux attaques répétées des Ottomans et à celles des Occidentaux.
Le 5 avril 1453, après deux siècles de bouleversements, la fin de l’Empire byzantin est imminente. Ce matin-là, les habitants de Constantinople voient le Bosphore couvert de quatre cent quatre-vingt-treize navires et près d’un demi-million d’hommes sont prêts à se lancer à l’assaut de la capitale de l’Orient. Mahomet II va balayer le dernier rempart du christianisme. C’est la Croix et le Croissant qui s’affrontent.
La ville est protégée, pour un temps, par la célèbre chaîne reliant les deux rives de la Corne d’Or mais le sultan décide de contourner l’obstacle par la terre. Et bientôt, plusieurs milliers de soldats atteignent Pétra : Byzance est encerclée.
Mahomet II, dit le Conquérant (1432-1481).
Mahomet II, dit le Conquérant (1432-1481).

Mahomet II s’attache ensuite à briser les remparts et les pilonne avec ses bombardes. Les huit mille combattants byzantins résistent un temps mais le 27 mai 1453, les Ottomans s’emparent de la ville : Mahomet II entre à cheval dans la cathédrale Sainte-Sophie.
Dans l’indifférence la plus totale de l’Occident chrétien, le Croissant flotte désormais sur Constantinople.

Les sorcières de Marmande

Une sorcière sur son balai (détail d'une gravure du XVIe siècle).
Une sorcière sur son balai (détail d’une gravure du XVIe siècle).

En 1453, à Marmande (Lot-et-Garonne), si l’on était une femme, il n’était pas bon de se voir accusée de sorcellerie.  Les habitants ne faisaient pas dans la dentelle… on exécutait et torturait sans même entreprendre un procès. Voici l’histoire de plusieurs femmes à qui cela est arrivé, à cause du laxisme de deux des consuls de la ville.
La ville de Marmande se situe entre Bordeaux et Toulouse, non loin d’Agen.
Deux consuls de cette ville, par leur faiblesse et leur couardise, ont laissé s’accomplir sous leurs yeux, en 1453, des actes de férocité populaire, trop connus alors. Il s’agit de : Jehan de Sompère et Jehan de Guinhon, marchands, et deux des huit consuls de la cité.
En 1453, une épidémie exerçait ses ravages à Marmande. Le peuple, incapable d’attribuer à des causes naturelles le fléau qui le frappait, devait, comme toujours, en chercher de surnaturelles. Dans ces sortes de cas, la meilleure ou la seule explication possible, était que le mal était dû à quelque art diabolique. Quand les idées de sorcellerie étaient dans les têtes, on se doute des agissements qui pouvaient s’ensuivre à la moindre occasion.

Les choses en étaient là, à Marmande, quand un habitant de la ville, Gaubert Chamfré, vint trouver ces deux consuls et leur dit en substance :
"Messeigneurs les consulz, il y a ung homme en ma maison qui vient de l’Armagnac, qui dit qu’il y a une femme sorcière prinse (prise, prisonnière), laquelle accuse et dit que Jehanne Canay est sorcière : et pour ce advisez-y !"
Il n’en fallut pas plus pour mettre le feu aux poudres ! Les deux consuls sus-nommés, avec le bailli (officier commandant pour le roi dans la ville), se rendent au lieu où se trouvait ladite Jehanne Canay, l’arrêtent et l’emmènent en prison. Sur le chemin, les gens se mettent aux fenêtres et devant leurs portes, et demandent ce dont il s’agit, et on leur répond que l’on vient d’arrêter une sorcière.
Au fur et à mesure qu’ils traversent la cité, les esprits populaires se lèvent, s’enflamment, et on signale au bailli et aux deux consuls qu’il y a d’autres sorcières dans ces murs, et qu’il faut également les arrêter. Ils enferment leur prisonnière et, comme il faisait déjà nuit, ils regagnent leurs maisons, sans rien faire d’autre à cet égard, malgré l’émotion du peuple.
Voyant cela, un rassemblement se forme, en pleine nuit, contenant au moins deux cent personnes. Après avoir délibéré, ils décident de se scinder en deux groupes, chacun conduit par un chef désigné sur le champ. Ils prennent ainsi 10 ou 11 femmes, qu’ils enferment dans la prison municipale avec la première.
Ces habitants, toujours dans la nuit, vont alors trouver les deux consuls pour les informer, et leur demander ce qu’on devait faire de ces femmes, disant qu’elles étaient toutes des sorcières. Les consuls ne savent trop que faire, et ne prennent aucune décision.
Il fut décidé qu’on les garderait dans la prison jusqu’au lendemain, et on enjoint aux consuls d’arrêter aussi, au plut tôt, une autre femme, nommée Péronne de Benville, accusée elle aussi de sorcellerie par cette vindicte populaire, et de faire sonner une cloche afin d’assembler les habitants de la ville et de décider du sort de toutes ces accusées. Cette Péronne étant la marraine de l’un des deux consuls, ceux-ci demandent qu’elle ne fut point arrêtée.
La nuit se passe. Au matin, au son de la cloche, et contre l’avis des consuls, on arrête ladite Péronne, et les habitants se rassemblent au Prieuré de la ville. Sans entendre les femmes, on décide de les mettre "à la question" (la torture) puis de les brûler vives. Sous la torture, une nommée Cachète, une autre nommée Franque Joffre, et une autre nommée Languairande, confessent qu’elles sont sorcières et "qu’elles avoient usé de l’art de sorcerie, et fait mourir plusieurs enfans."
Les deux consuls finissent par opiner quand on leur demande de brûler ces trois femmes, ce qui fut aussitôt fait.
Bien qu’elles aient "avoué" sous la question, le bailli ne veut pas condamner Jehanne Canay et Péronne de Benville, mais les habitants révoltés, qui ne sont pas d’accord, en viennent aux voies de faits, et menaçent de tuer le bailli, s’emparent des deux femmes et les brûlent sur le champ, malgré l’intervention (pas très virulente !) des deux consuls. Une nommée Beulaigne et une nommée Condon sont tellement torturées qu’elles en meurent un ou deux jours plus tard. Les autres femmes (4 ou 5) sont relaxées et laissées en vie.
Quelques temps plus tard, à cause de leur faiblesse et de leur laxisme, les deux consuls sont accusés d’avoir laissé trop faire le peuple, "sans y observer aucun ordre de droit", et sont appelés à comparaître devant le sénéchal d’Agenoys, à la requête du procureur de la sénéchaussée, leurs biens inventoriés et mis sous séquestre.  Quelle fut la punition ? Nous l’ignorons. On ne sait ce qu’il advint d’eux, jusqu’à l’obtention, en 1457, d’une lettre de rémission leur accordant la grâce du roi.
Le fait s’était passé en 1453, date qui concorde avec le recouvrement de la Guyenne au royaume. Le rétablissement de l’autorité royale, dans cette province, s’annonçait donc par une plus ferme application des règles de justice, puisque deux magistrats municipaux eurent à répondre devant elle de la faute grave d’avoir été, dans un moment critique, si fort en-dessous de leurs devoirs.
Et la lettre de rémission qu’ils obtinrent, précise qu’on aurait rigoureusement procédé contre eux et leurs biens, "se (si) nostre grâce et miséricorde ne leur estoit sur ce impartiz."
Autrement, leur comportement laxiste serait probablement "passé à l’as" !
Quant aux femmes en question ?… probablement des pauvres malheureuses qui étaient sans doute loin de s’être livrées à des pratiques de sorcellerie, et victimes de rancoeurs et de vengeances personnelles et populaires.
Il était si vite fait de se faire accuser de sorcellerie en ces temps-là !

Calais tombe… au son du tambour

Après onze longs mois d’un siège acharné, Édouard III, monarque d’Angleterre, met Calais à genoux et reçoit les clefs de la ville des mains de six notables « nus pieds et nus chefs, en leurs linges de draps seulement… ».
Le jour même, le 4 août 1347, le roi anglais, à la tête de ses troupes, entre dans la ville « avec si grande foison de musiciens, de tambours ainsi que de musettes que ce serait merveille à raconter ».
C’est le chroniqueur Froissart qui, pour la première fois, fait mention du tambour militaire, un instrument sans doute d’origine indienne, et qu’il va nommer « bedon ».