Le dernier tsar de toutes les Russies…

Nicolas II (1868-1917).
Nicolas II (1868-1917).

À son arrivée sur le trône impérial de Russie, en 1894, Nicolas II se trouvait face à un pays en pleine mutation et déjà fortement agité par le vent de la révolution.
Relâchant le système fortement autocrate de son père Alexandre III, il établit un régime constitutionnel et accorde de nombreuses libertés (culte, association ou réunion) oubliées depuis de nombreuses années. Mais, tout comme Louis XVI avait été incapable de faire face avec énergie à l’émergence de la Révolution, Nicolas II était bien trop faible et effacé pour tenir tête aux extrémistes de gauche comme de droite.
C’est la guerre de 1914 qui va tout déclencher. Soutenant avec ferveur la Serbie, Nicolas II envoie ses troupes combattre une Allemagne déterminée : il en résultera deux millions cinq cent mille morts chez les Russes et une succession de défaites. C’est l’occasion qu’attendaient les révolutionnaires de la Douma qui exigent et obtiennent l’abdication du tsar le 15 mars 1917.
Placé en résidence surveillée avec sa famille à Tsarskoïe Selo, il est ensuite conduit à Iekaterinbourg où, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, Nicolas II, sa femme, la tsarine Alexandra, le tsarévitch et les quatre grandes-duchesses sont fusillés, avant que leurs corps ne soient jetés dans les bois et recouverts de chaux.
Ainsi finit le dernier tsar de toutes les Russies…

Géorgie-Russie : le jeu du chat et de la souris

Vladimir Poutine (photo récente).
Vladimir Poutine (photo récente).

Les spécialistes de la géopolitique vous le diront : les tensions entre la Russie et la Géorgie ne datent pas d’hier. La quasi annexion, au début des années 1990, de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, des territoires séparatistes géorgiens, y sont pour beaucoup. D’où une succession d’escarmouches, de provocations, d’expulsions diverses. Mais si les spécialistes de géopolitique peuvent dirent beaucoup sur l’affrontement entre ces deux pays, les historiens également, car le jeu du chat et de la souris, les soumissions et la résistance, le protectorat et la révolte remontent à quelques siècles.
L’histoire commune de la Russie et de la Géorgie remonte au XVIIIe siècle. Coupée du monde chrétien depuis la prise de Constantinople par les Turcs (1453), la Géorgie devient, et pour trois siècles, un enjeu dans la lutte entre les Ottomans et les Perses avant que ces derniers ne confient son gouvernement à Teimourov II, issu de la dynastie des Bagratides. Réunificateurs de la Géorgie médiévale, vainqueurs de l’islam, les Bagratides avaient conduit la Géorgie à son apogée et l’avaient protégé de la poussée ottomane durant près de quatre siècles. Mais lorsqu’au XVIIIe siècle, leurs descendants accèdent au trône, l’âme des Bagratides semble s’être quelque peu émoussée.
Pressé par les Perses, Irakli II, qui succède à Teimourov, se jette littéralement dans la gueule du loup en reconnaissant, en 1793, la suzeraineté de la Russie. Autant dire que Catherine II, alors au pouvoir, n’allait pas laisser passer une occasion pareille et, en 1801, la suzeraineté se transforme en annexion pure et simple. Toutes les provinces géorgiennes passeront ainsi sous la coupe russe et subir, notamment sous Alexandre III, une intense politique de russification.

Joseph Staline (1879-1953) d'après un dessin original.
Joseph Staline (1879-1953) d’après un dessin original.

La résistance géorgienne n’y fera rien et il faudra la fin du tsarisme et la révolution bolchevik pour que la Géorgie acquière son indépendance. Une indépendance qu’elle proclamera en 1918, tout en se plaçant dans le même temps sous protectorat allemand. Un bien mauvais choix à la veille de sa défaite… Sans protecteur au lendemain de la Grande guerre, la Géorgie aurait pu jouer la carte de la véritable indépendance, mais il semble bien que cette contrée ne savait se passer de « tuteur ». Aussi renouvela-t-elle l’erreur d’Irakli II et se plaçant sous la protection des Soviétiques… qui, comme les tsars avant eux, s’empressèrent de l’annexer.
Au final cependant, et les protagonistes actuels feraient bien de s’en inspirer, on se demande qui fut le gagnant et qui fut le perdant. Seraient-ce les Géorgiens, englobés dans une République de Transcaucasie avant de devenir un pays satellite ? Ou seraient-ce les Russes qui, durant près de trente ans, subiront la tyrannie d’un fils de la généreuse Géorgie, la tyrannie de Joseph Djougatchvili, plus connu sous le nom de Staline ?

Teresa Tallien, « Notre-Dame de Thermidor »

Madame Tallien (1773-1835) d'après une gravure d'époque.
Madame Tallien (1773-1835) d’après une gravure d’époque.

D’origine Espagnole, Teresa de Cabarrus est l’une des plus grandes figures de l’épopée révolutionnaire française.
À seize ans, son père la donne en mariage à un noble bordelais, Davis de Fontenay, dont elle divorce dès 1793, en pleine tourmente révolutionnaire. La belle Teresa, qui tentait de regagner l’Espagne, se retrouve alors en prison où elle fait la connaissance d’un jeune commissaire de la Convention, Jean-Lambert Tallien, qui fait d’elle sa maîtresse puis son épouse. Son influence sur Tallien est telle que Teresa instaure de nombreuses mesures de clémence, dont le « bureau des grâces » qui sauve de l’échafaud nombre de têtes, ce qui lui vaudra le surnom de Notre-Dame de Thermidor.
Après la Terreur, le couple Tallien regagne Paris où Teresa devient la reine des Merveilleuses, l’égérie des révolutionnaires. Mais, bientôt, son époux perd tout son pouvoir. Teresa s’en détache et devient la maîtresse du banquier Ouvrard avant d’épouser, en 1805, le comte de Caraman, futur prince de Chimay. Retirée dans son château de Chimay, Notre-Dame de Thermidor meurt le 15 janvier 1835.

La Petite Roquette : la prison des enfants

Afin de faciliter la rééducation des jeunes délinquants, on décide de les sortir des prisons pour adultes dans lesquelles ils étaient cantonnés.
Le 6 novembre 1836, Louis-Philippe inaugure la prison pour mineurs de la Petite Roquette. Destiné aux enfants de huit à vingt ans, ce pénitencier repose sur un système d’isolement total : dès 1839, les espaces collectifs comme les réfectoires et les ateliers disparaissent et la cellule de cinq mètres carrés reste leur seul lieu de vie.
Les délinquants ne travaillent que dans leur cellule ; ils sortent un par un et accompagnés d’un gardien pour éviter toute tentative de communication entre eux ; les deux heures d’école par jour se font sans aucun contact visuel, pas même avec l’instituteur. Condamnés à des peines de quatre à sept ans pour vagabondage, vol ou mendicité, peu nombreux sont ceux qui survivent (on constate des suicides chez des enfants de 12 ans).
Malgré le vote de la loi de 1850 qui prévoit d’envoyer ces mineurs dans des colonies agricoles, la prison de la Petite Roquette, passant outre, persiste à appliquer l’isolement. Et il faudra l’intervention du député Jules Simon et celle de l’impératrice Eugénie pour dévoiler les conditions lamentables dans lesquelles vivent ces enfants. En 1865, l’établissement est enfin fermé.

Gordon Pacha : histoire d’un mercenaire

Charles Gordon, dit Gordon Pacha (1833-1885).
Charles Gordon, dit Gordon Pacha (1833-1885).

Charles Gordon, dit Gordon Pacha, bien que général de l’armée britannique, peut être considéré comme un véritable mercenaire (l’appât du gain en moins), mettant son épée au service des uns et des autres.
Entre 1863 et 1864, alors qu’il est au service de l’empereur de Chine, il mate la révolte des Taiping ; puis, dix ans plus tard, il est appelé à la rescousse par le gouvernement égyptien et soumet le Soudan oriental. Et c’est au Soudan que Gordon va consacrer la plus grande partie de sa carrière et de son intérêt : il maîtrise la révolte du Darfour et lutte contre le trafic des esclaves. Surtout, il se fait totalement adopter par la population soudanaise. Après un rapide séjour en Inde, Gordon Pacha, à la demande du gouvernement britannique, repart au Soudan pour mettre en place le rapatriement des Européens, menacés par la révolte du Mahdi.
Décidé à soutenir les Soudanais jusqu’au bout et abandonné par son gouvernement, Gordon va s’enfermer, avec des forces dérisoires, dans la ville de Khartoum, assiégée. Les secours promis ne venant pas, Khartoum est prise par le Mahdi après dix mois de siège. Gordon Pacha meurt, lors de la prise de la ville, le 26 janvier 1885.

Grèves : le retour en arrière

Affiche appelant à la grève (document actuel).
Affiche appelant à la grève (document actuel).

En 1868, le congrès de l’Internationale, qui se déroulait à Bruxelles, tout en rappelant que la grève est souvent utile, voire même nécessaire, déclarait clairement qu’elle ne pouvait, en aucun cas, être le  seul moyen d’assurer l’émancipation des travailleurs.
De fait, la grève n’était alors qu’un phénomène relativement récent. Inexistante dans les civilisations anciennes, presque inconnue au Moyen Age où l’on favorisait les règlements de conflits à l’amiable, notamment grâce au système corporatif, ce n’est qu’au XVIe siècle que le phénomène allait réellement voir le jour. Sévèrement réprimées sous l’Ancien régime, interdites par la loi Le Chapelier de 1791 puis par le code Napoléon, les grèves allaient tout naturellement prendre leur essor parallèlement à celui de l’industrialisation, se durcir au rythme de la dégradation des conditions de travail. Ce n’est donc pas sans de bonnes raisons que ces mouvements de protestations ouvrières vont ponctuer la seconde moitié du XIXe siècle et, surtout, le XXe siècle.
Pourtant, ce qui apparaissait comme une révolte naturelle contre des conditions de travail indignes allait rapidement prendre un tour nettement politique. Les anarchistes ne voulaient que jouer des grèves pour initier la révolution ; quand des syndicalistes comme Georges Sorel défendaient son principe comme celui d’un « mythe social » entretenant l’antagonisme entre ouvriers et bourgeois. Un « mythe social » qui trouve un curieux écho en ces temps de grèves. Pourtant, force est de constater que les grèves qui ont ponctué et qui ponctuent encore les événements en France n’opposent pas ouvriers et bourgeois mais protestataires et travailleurs. Et qui sont les premiers ? Quelques étudiants en mal de mai 68, d’idéal et de conviction ; les héritiers des anarchistes du XIXe-XXe siècle. Et à leur côté, des privilégiés, campés sur des avantages acquis en un temps où la pénibilité de leur métier ne leur laissait guère de chance d’aller au delà de 55 ans.

Ford : pour que l’automobile soit toujours un plaisir !

Henry Ford (1863-1947), d'après un  dessin original.
Henry Ford (1863-1947), d’après un dessin original.

"Mettre l’Amérique sur les roues" : tel était le rêve d’Henry Ford. Fils d’un fermier irlandais émigré aux Etats-Unis, apprenti horloger, monteur dans une usine de machines agricoles, ingénieur électricien, Henry Ford construit son premier modèle automobile en 1892-1893. Un modèle, désigné sous le sigle A qui, comme les suivants d’ailleurs (B, C, F, K, N, R, S et bien sûr le modèle T), n’avait rien de particulièrement révolutionnaire. Mais un modèle qui, comme tous ceux de la Ford Motor Co, avait pour but essentiel de faire de l’automobile un bien de consommation courant. Et c’est là que réside la révolution de Ford. Entre 1908 et 1927, ses usines vont produire pas moins de 15 millions de véhicules. Point de luxe, d’options particulières, de couleurs hardies -Ford mettra des années à se décider à créer des modèles de couleurs différentes-  : mais des véhicules capables, comme ceux qui faisaient le bonheur de la classe la plus riche, de rouler, tout simplement. En Europe, Renault, Citroën, Fiat, Austin, ou encore Morris devaient marcher sur les pas de l’Américain, avec le même succès. Et l’Occident de se couvrir de véhicules. Et les Occidentaux de devenir de parfait conducteurs-consommateurs.
Alors certes, la mode écologique ferait plutôt d’Henry Ford un industriel machiavélique, mais dans les faits, Ford a été à l’origine d’une nouvelle façon de vivre ; il a permis aux plus modestes d’atteindre aux facilités des plus riches et sortit l’automobile de son écrin. En agissant ainsi, nul doute que le fils d’émigrant avait quelque désir de s’enrichir (les bénéfices de la Ford Motor Co atteignaient 700 millions de dollars en 1927), mais sa conscience sociale était suffisamment développer pour que ses ouvriers participent pleinement à son enrichissement. Alors qu’un ouvrier gagnait 11 dollars par semaine, il payait les siens pas moins de 5 dollars par jour, assurant une participation aux bénéfices et donnant accès à des crédits à longs termes. Une politique paternaliste qui allait de paire avec le refus de tout syndicat mais qui sera pour beaucoup dans l’accession au fameux "rêve américain".

Création des assignats

À la fin de l’année 1789, la France a une dette publique de quatre milliards deux cent soixante-deux millions. Le comte de Mirabeau et Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun, suggèrent à l’Assemblée de confisquer les biens ecclésiastiques puis de les mettre en vente au profit de l’État. En échange, celui-ci se charge d’assurer les frais du culte ainsi que l’entretien du clergé. L’Assemblée se rallie à cette proposition et, en décembre 1789, met en vente des « bons gagés », les assignats, sur les biens du clergé.
L’assignat devient rapidement une véritable monnaie de papier, mais sa trop grande profusion et la fabrication de faux qui inondent rapidement le marché lui font perdre toute sa valeur. La dette ne fait alors qu’augmenter…

Le PCF : chronique d’une mort annoncée

Sigle du Parti communiste.
Sigle du Parti communiste.

L’imbroglio politique dans lequel la France est plongée depuis quelque temps ne manque pas d’en étonner plus d’un. Divisions au sein du PS, qui va bien finir par opérer une scission ; création du Modem et d’un centre droit affilié à l’UMP ; multiplication des listes –dans l’espoir de gagner quelque argent- à la veille des législatives… A croire que le monde politique français est devenu fou ! Ce n’est pourtant pas la première fois que la politique française opère de profondes mutations : René Rémond, décédé peu avant les élections présidentielles, avait fait sa réputation en explorant l’évolution de la droite –ou plutôt des droites- en France. Initialement monarchiste, regroupant Ultras, les Orléanistes –monarchie constitutionnelle- et les bonapartistes, celle-ci était devenue républicaine et libérale, repoussant la gauche vers les mouvements socialiste et communiste. Naturellement, en fonction du paysage politique lui-même, en fonction également des événements nationaux et mondiaux, les partis politiques sont amenés à évoluer. C’est de cette évolution également que sont nés les partis socialistes et communistes, scindant en deux une idéologie originellement commune. L’histoire va révéler une certaine évolution du Parti socialiste, contrairement au Parti communiste, dont les principes paraissaient immuables. Comment expliquer, alors, la lente érosion du Parti communiste et, aujourd’hui, sa quasi disparition ?
Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, le PCF, jouant habillement sur le registre de la Résistance, atteignait des sommets en terme d’adhésion et de suffrages. Soixante ans plus tard, il ne recueille plus que 1,93% des voix lors d’une élection présidentielle. La faute à qui ? La faute à quoi ?
La fin des illusions

Le crucifié du Goulag (iconographie du XXe siècle).
Le crucifié du Goulag (iconographie du XXe siècle).

En 1974, le monde semblait découvrir avec effarement des conditions de vie des soviétiques avec la parution de l’Archipel du Goulag, d’Alexandre Soljénitsyne. L’existence des goulags devait mettre un terme à l’idéalisation du monde soviétique et conduire le PCF à abandonner officiellement sa référence à l’URSS. Une décision qui ne remettait nullement en cause les valeurs profondes que défendaient les communistes français. Si cela s’est traduit par une baisse des suffrages en leur faveur, elle ne fut que minime. La mort annoncée du Parti communiste ne devait pas venir de l’URSS mais bien du Parti lui-même. On aura beau jeu de dire que la multiplication des partis « à la gauche de la gauche » achèvera de faire sombrer le PCF. Telle est en tout cas l’analyse de beaucoup de commentateurs et du PCF lui-même. C’est donc aux autres qu’incombe la faute : les autres partis, les électeurs, par définition volatiles en France… En bref, pas une fois les dirigeants communistes ne se remettront en cause. Et pourtant : une simple étude des dates et des chiffres, des discours et des interventions télévisées apportent une toute autre réponse.
1974 et la publication de l’Archipel du Goulag ne sera qu’un mauvais coup. Le coup fatal, c’est le PCF qui se le donnera en ne se faisant plus le chantre du prolétariat français. Car, à cette époque, de nouveaux travailleurs investissent le marché du travail français. Et c’est en masse qu’ils arrivent suite aux demandes répétées d’un patronat à l’affût d’une main-d’œuvre bon marché.
Le Goulag… des travailleurs français

Affiche célébrant l'avènement du communisme.
Affiche célébrant l’avènement du communisme.

Fidèle à son credo, le PCF va se faire le défenseur des travailleurs français, allant jusqu’à demander que « la venue de nouveaux travailleurs » soit « déterminée, chaque année, en fonction de la politique d’ensemble et des besoins de l’économie ». Ces propos, tenus par Georges Marchais en 1981, illustre la parfaite fidélité du discours du PCF avec les textes de la IIe Internationale. Des propos que Robert Hue et Madame Buffet ne tiendront jamais. Se mettant au diapason des socialistes et des giscardiens, le PCF va, de fait, y perdre son âme… et le soutien de millions de Français. Une stratégie qui va leur faire perdre tout crédit auprès des classes populaires et qui fera passer le PCF de 21,5% des voix en 1969 à 1,93% en 2007.
Floués, trahis par ceux qui étaient leurs meilleurs défenseurs, les travailleurs français vont se tourner massivement vers l’abstention et le vote national, selon une étude publiée par Le Monde en 2002. Et effectivement, le parallèle est saisissant entre le déclin du PCF et la montée du Front national au fil des années. Quant à savoir à qui profitera de sa mort…

Adieu vieille Europe !

Armes de la Serbie à l'époque de Pierre Ier.
Armes de la Serbie à l’époque de Pierre Ier.

20 juin 1389 : les troupes ottomanes, conduites par le sultan Mourad Ier, remportent une  victoire sans précédent sur les Serbes et les Bulgares chrétiens. Une victoire qui met fin à l’indépendance serbe ; une victoire qui annonce la domination ottomane sur cette région du monde ; une victoire, enfin, qui a pour nom Kosovo Polié ou bataille du Champ des Merles. Suivra l’annexion de plusieurs provinces européennes au joug ottoman ; l’avancée jusqu’à Vienne même, au XVIe siècle, avec en représailles l’installation de Serbes chrétiens au Kosovo et, en réponse, l’albanisation intensifiée et l’islamisation de cette même région.
17 février 2008 : l’histoire se répète. La victoire, là encore, a pour nom Kosovo ; et là encore, elle annonce une avancée sans précédent de l’islam en Europe. Une différence, et de taille, pourtant : l’indifférence générale dans laquelle se déroule se fait historique. La bénédiction même de l’Europe qui entonne ici son chant funèbre. A force de nier ses racines, de refuser toute référence à une civilisation commune, l’Europe s’est encartée dans un système économique –d’ailleurs déficient- qui ne risque guère de soulever les foules ; plus, même, elle s’est donnée le rôle du fossoyeur en enterrant, avec ses propres deniers, toute idée de culture commune. Alors :
Adieu vieille Europe,
Que le diable t’emporte !