Le communisme au pouvoir

Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).
Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).

Vladimir Ilitch Oulianov, connu sous le nom de Lénine, a rêvé, pour l’humanité, d’un monde meilleur où devaient régner l’égalité, la justice et la fraternité et son rêve a accouché d’un monstre…
Quand la révolution, qu’il a préparée minutieusement avec ses amis bolcheviques, éclate le 8 mars 1917, Lénine est alors en exil volontaire à Zurich, en Suisse.
Dès qu’il apprend cette nouvelle, il adresse à ses camarades en Russie ses fameuses Lettres de loin. Dans ce document majeur de l’histoire de la révolution russe, le dirigeant bolchevique encourage ses partisans et fixe les lignes de son programme. Avec l’aide des socialistes suisses, il parvient à retourner en Russie dans un wagon plombé puis entre triomphalement à Pétrograd, le 16 avril 1917. Dès son arrivée, il préconise la paix immédiate avec l’Allemagne, alors en guerre avec la Russie et invite même les soldats russes à fraterniser avec les Allemands.
Bien plus, Lénine exige la restitution intégrale des usines aux ouvriers et de la terre aux paysans ! Tant d’excès poussent le gouvernement légal de Kerenski à ordonner l’arrestation de Lénine qui prend la fuite et se réfugie en Finlande. C’est là qu’il affine son programme et qu’il définit la nature du futur État prolétarien « sans classe » dans son célèbre ouvrage L’État et la Révolution.
On connaît la suite. Après de multiples péripéties, souvent sanglantes, les Bolcheviques réussiront à prendre le pouvoir total en octobre 1917. À la tête du pays, Lénine tente, tant bien que mal, de canaliser la violence qui submergeait la Russie. Après sa mort, survenue le 21 janvier 1924, un de ses disciples lui succède à la tête de l’Union soviétique.
Le vieux rêve va désormais laisser la place aux déportations massives, au Goulag et aux massacres des innocents : le successeur s’appelle… Joseph Staline.

Colonisation : la faute à qui ?

Armée musulmane en marche (IXe siècle), d'après une iconographie du début du XXe siècle.
Armée musulmane en marche (IXe siècle), d’après une iconographie du début du XXe siècle.

Il semblerait que depuis peu il soit de bon ton de dénoncer « la » colonisation. Par ce terme, on entend bien entendu celle des pays du Maghreb et de l’Afrique noire par les Européens ; par ce terme également, les adeptes de la repentance désignent aux foudres de l’histoire l’esclavage et la volonté d’imposer à d’autres peuples un mode de vie, une culture toute occidentale. Jacques Chirac s’en était fait l’écho, voulant bien reconnaître à nos ancêtres tous les torts. Le président actuel se veut plus modéré, estimant, il y a quelques jours que « nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées [et] nul ne  peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères ». C’est là toute la question de la repentance qui n’est rien d’autre qu’une la conséquence d’une autosatisfaction insolente, dénonçant les « crimes » de ses ancêtres pour, implicitement, se désigner aux yeux du monde comme « un homme bien ».
Considération philosophique que tout cela ! Mais qu’en est-il de l’histoire ? De fait, l’idée même de ne parler que de « la » colonisation, comme s’il n’y en avait eu qu’une, est rien moins que réductrice.
Ce phénomène a traversé toutes les cultures, toutes les civilisations et, si l’on veut bien s’en souvenir, prend alors un aspect nettement moins criminel. Les Grecs, déjà, l’avaient pratiqué à grande échelle, Ioniens, Doriens et Eoliens succédant aux Phéniciens sur les rives méditerranéennes dès le IIe millénaire avant J.-C.. Soyons bien clair, il ne s’agissait pas de simples conquêtes mais bien d’installations pérennes de comptoirs commerciaux puis de centres culturels. Les Ptolémées ne feront rien d’autre en Egypte, colonisant tout un empire. Sans parler de Massilia (Marseille), de Syracuse, de la Corse. Sans parler des conquêtes arabo musulmanes au Moyen Âge qui porteront l’étendard d’Allah jusqu’aux portes de l’Europe. Les Chinois s’établiront au Vietnâm –et il suffit de voir, encore aujourd’hui les différences ethniques entre les Vietnamiens- et en Corée. Que dire également du vaste mouvement de découvertes initié au XVe-XVIe siècles par les Portugais et les Espagnols et prolongé par la France, la Hollande et l’Angleterre. Un élan qui, d’ailleurs, brisera les colonisateurs que furent les Incas et les Aztèques.
A y regarder de prêt, il apparaît donc que la colonisation dont on fait si volontiers reproche à l’Europe, est un phénomène historique éternel. Un phénomène qui, il faut bien le dire, ne mérite sans doute pas d’être qualifié de « crime contre l’humanité ».

« Citoyen »… de quoi ?

Le Dalaï-lama.
Le Dalaï-lama.

A grands renforts de publicité, le maire de Paris, Bertrand Delanoé, a annoncé sa volonté de faire du Dalaï-lama un « citoyen d’honneur » de la capitale. Une faveur qui n’en est pas vraiment une tant les notions de citoyenneté, d’appartenance à une nation ou à un idéal –en l’occurrence républicain- sont de nos jours bradés. Pas un jour sans un appel solennel à être « tous des Tibétains » qui succède au très médiatique « tous des ch’tis » ; pas un jour sans une déclaration de l’un  ou l’autre représentant politique qui brade, à bon compte, des notions aussi sacrée que celle d’appartenance nationale ou même de citoyenneté. Car le citoyen français n’est pas n’importe qui. Ce mot n’est pas anodin. Bien au contraire, il est, il a été, plus que tout autre, porteur des idéaux républicains, symbole de la France des Lumières. Né avec la Constitution de 1791, le terme de citoyen servira à désigner, aux yeux de tous, les fils de la Révolution, les hommes et les femmes qui placeront la liberté, l’égalité et la fraternité au-dessus de toute autre notion. Un idéal dont Delanoé et consorts se délectent à longueur de discours ; un idéal qui fait figure d’incongruité au regard de la personne du Dalaï-lama porteur, malgré lui peut-être, d’une tradition féodale et inégalitaire qui constitue la base même de la société tibétaine.

Exécution de Mata Hari

Margaretha Zelle, plus connue sous le nom de Mata Hari et devenue durant la guerre l’agent H. 21, est fusillée le 15 octobre 1917.
D’origine néerlandaise, Mata Hari est, depuis 1905, célèbre dans le monde du spectacle pour ses fameuses danses de Java. Profitant de sa renommée, elle entretient de nombreuses relations dans les milieux politiques, militaires et diplomatiques. Et quand la guerre éclate en 1914, Mata Hari poursuit ses déplacements à travers l’Europe.
Les services secrets britanniques, qui la soupçonnent d’être une espionne à la solde des Allemands, transmettent le dossier au chef du Deuxième Bureau français, le capitaine Ladoux. Mata Hari, qui se sait surveillée, demande à entrer dans les services secrets… français. Ladoux accepte et lui confie une fausse mission. Mata Hari, qui doit se rendre à Lisbonne, s’arrête à Madrid qui est le centre le plus important de l’espionnage allemand : le doute n’est plus permis. Le piège se referme dès le retour de l’agent H. 21 en France. Après un procès-éclair, la jeune femme est condamnée à mort. Le matin de son exécution, l’espionne la plus célèbre de l’histoire refuse d’avoir les mains liées et affronte la mort sans bandeau sur les yeux.

Baden-Powell : scout toujours !

Robert Baden-Powell (1857-1940).
Robert Baden-Powell (1857-1940).

Mon but est simple, explique Baden-Powell. Il fallait transformer les enfants en soldats. Pas des soldats pour combattre sur le champ de bataille mais pour remporter des victoires sur… la vie !
Général anglais, devenu une idole populaire après sa victorieuse défense de Maféking, durant la guerre des Bœrs, Baden-Powell met ses expériences vécues en Afrique du Sud au service de l’éducation de la jeunesse. En 1907, dans une île au large de la Grande-Bretagne, il organise le tout premier camp, invitant des groupes de jeunes à vivre en contact avec la nature, à développer leur sens de l’observation et à se soumettre à un entraînement physique particulier.
C’est la naissance du scoutisme qui connaîtra, en peu de temps, un succès mondial.
Pendant trente ans, avec l’aide de sa sœur Agnès, il assure le développement du mouvement et ce n’est qu’en 1937 que Baden-Powell, alors âgé de soixante-dix ans, met fin à ses activités. Il se retire alors au Kenya, où il meurt le 18 novembre 1940.

Le droit du bon droit

Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères françaises, co-fondateur de Médecins sans Frontières.
Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères françaises, co-fondateur de Médecins sans Frontières.

Depuis des années, certains politiques –parmi lesquels l’actuel ministre des Affaires étrangères français- se sont faits les chantres du droit d’ingérence. Un « droit » qui, par nature, implique de se substituer à une autorité existante, dans un pays autre, afin de lui dicter quelques mesures de bonnes conduites. Toute la question est alors de savoir quels sont les critères de bonne conduite, les bonnes valeurs ? Qui définit le bon du mauvais ?
L’affaire de l’Arche de Zoé met en exergue ce problème, au point que désormais nombre de politiques, journalistes ou faiseurs d’opinion se la posent ouvertement. Car même si, dans ce cas précis, les faits sont poussés à l’extrême, l’ensemble de cette affaire repose clairement la question de l’ingérence et surtout des critères justifiant cette ingérence. Des critères qui n’ont jamais été définis et qui, de fait, dépendent entièrement de l’interprétation que l’on fait du bien et du mal, du bon et du mauvais, du confort et de l’inconfort, de l’admissible et de ce qui ne l’est pas. Les déclarations du fondateur de l’Arche de Zoé sont, sur ce thème, un véritable cas d’école lorsqu’il justifie son action sur le « il n’y a qu’à voir comme ils vivent » ! On croit rêver. C’est exactement comme si un Américain débarquait dans une famille française et décidait d’enlever ses enfants aux parents sous prétexte que la maison n’est pas assez chauffée, les vêtements pas assez « mode » et les ados pas assez ronds.
La question est alors de savoir si le monde entier doit vivre sur les mêmes bases matérielles, intellectuelles et spirituelles. Actuellement, ce n’est pas le cas, mais l’uniformisation du monde et du mode de vie sont-elle nécessaires ? Comme le rappelait fort justement l’historien Jacques Marseille dans une émission de radio du 3 novembre au matin, la colonisation a commencé avec de bons sentiments. Avec le désir d’imposer à d’autres pays, d’autres cultures celle des occidentaux, sous prétexte que ces derniers la considéraient comme le summum de l’aboutissement intellectuel. Avec le désir de faire partager le savoir, les découvertes, la spiritualité…
Imposer, serait-ce la meilleure des valeurs, c’est nier aux autres tout système de pensée propre. C’est nier sa liberté d’être humain, exactement comme Robespierre et Saint-Just voulurent imposer leurs idéaux par la Terreur. Pourtant, ils ne rêvaient jamais que d’égalité…

Promotion au mérite ?

L'aigle impérial.
L’aigle impérial.

Sous la monarchie, le titre nobiliaire était héréditaire, sous l’Empire, il faut le mériter « par le courage, l’ingéniosité ou… la fidélité à l’Empereur » : tel est le sens de la loi édictée par Napoléon Ier, le 1er mars 1808.
Prenant exemple sur les Bourbons, l’Empereur s’entoure alors d’une cour somptueuse et, pour lui donner l’éclat qu’il convient, il crée une noblesse impériale. Les titulaires de certaines fonctions deviennent donc comtes ou barons. Ses ministres et ses maréchaux reçoivent le titre de ducs et de princes. Ainsi, un simple officier corse, qui a la chance d’être l’époux d’Élisa, la sœur de l’Empereur, devient, par la grâce de ce dernier, prince de Lucques et de Piombino.
Pourtant l’éclat des titres n’empêche guère nombre de nouveaux princes, ducs et barons de trahir l’Empereur pour embrasser la cause des Bourbons. Non sans un certain cynisme, Charles de Talleyrand, qui fut l’un des traîtres, reconnaît que «la gratitude ne fut pas la qualité première de la noblesse d’Empire ».

La triste fin de Berthier

Ce 1er juin 1815, le maréchal Berthier tombait d’un balcon de Bamberg : maladresse, assassinat ou encore suicide ?
Fils d’un ingénieur géographe de l’armée, Louis Alexandre Berthier était né pour être soldat. À dix-sept ans, il devient officier, prend part à la guerre d’Indépendance américaine et obtient le grade de major général de la garde de Versailles. Il protègera la famille royale pendant les journées d’octobre 1789 puis, enrôlé dans l’armée d’Italie, s’attachera à Bonaparte. Dès lors, ses pas suivront avec fidélité ceux du Corse : il s’embarque pour l’Égypte et participe au 18 Brumaire.
Berthier ne s’était pas trompé en donnant son âme à Bonaparte : il devient ministre de la Guerre en 1800, est promu maréchal en 1804 puis major général de la Grande Armée en 1805. Marié à Élisabeth de Bavière, il obtient le titre de prince de Neuchâtel et de Wagram.
Docile, ponctuel, bon soldat, il était très apprécié de l’empereur. Pourtant, en 1814, Berthier s’empressera de trahir son chef pour se rallier aux Bourbons. C’est d’ailleurs durant les Cent-Jours, alors qu’il s’enfuyait avec la cour de Louis XVIII, qu’il meurt.

Guy Môquet : nouveau mythe historique

Guy Môquet (1924-1941).
Guy Môquet (1924-1941).

Il y a peu, Monsieur Sarkozy, président nouvellement élu, a décidé qu’à chaque rentrée scolaire serait lue aux élèves de collège la dernière lettre de Guy Môquet, un jeune homme de 17 ans, fusillé en 1941. Le but avoué de cette initiative : faire prendre conscience aux jeunes collégiens français de ce qu’est l’amour de la France ; un amour qui peut et qui a souvent conduit au sacrifice. L’intention est louable… Sauf que ce fameux texte n’est rien de plus qu’une lettre d’adieu d’un fils à ses parents ; sauf que pas une fois, le jeune homme ne mentionne même la France ; sauf qu’il n’y a là aucun appel à la Résistance… Et pour cause ! Guy Môquet, arrêté en octobre 1940, ne l’a pas été pour son activisme contre les Allemands ; il ne l’a pas été pour un quelconque acte résistance -à moins que l’on considère le fait d’avoir été fusillé comme tel ! C’est pour avoir collé des affiches communistes que ce jeune militant a été arrêté ; et c’est parce qu’un officier allemand avait été assassiné qu’il a ensuite été fusillé. C’est bien triste mais ce fut le lot de nombre de Français… Quant à l’opportunité de porter au panthéon de l’histoire un militant communiste…
Lorsque ce fils de député communiste est arrêté, en octobre 1940, l’Allemagne hitlérienne et l’URSS sont alliées, complices même. Car si la signature du Pacte germano-soviétique (en août 1939) assure la paix à Hitler sur ses frontières de l’Est, lui laissant tout loisir d’envahir l’Ouest de l’Europe, le Protocole additionnel qui l’accompagne –il ne sera dévoilé qu’en 1945 après l’étude des archives de la Wilhelmstrasse- prévoit un véritable partage de l’Europe orientale. La Pologne et les Etats baltes en feront d’ailleurs les frais les premiers…
Une voix officielle " douteuse "

Caricature dénonçant le Pacte germano-soviétique.
Caricature dénonçant le Pacte germano-soviétique.

Côté politique, la franche collusion entre les deux dictateurs allait déboucher, dès septembre 1939, par l’interdiction et la dissolution du Parti communiste français. Une dissolution avant tout officielle d’ailleurs, un Parti clandestin se constituant aussitôt. Ce faisant, le gouvernement Daladier ne faisait que répondre à la demande de l’opinion publique, presque unanimement dressée contre les nouveaux « camarades » d’Hitler. Etait-ce justifié ? Peut-on réellement croire qu’un accord, signé par le dirigeant de l’URSS, pouvait engager les communistes français ailleurs que dans la défense de leur patrie ? Il faut croire que oui, notamment à la lecture de l’Humanité –un journal qui, étonnement, reparaîtra officiellement entre 1940 et 1941, soit durant les premiers mois de l’Occupation allemande- ou à celle de nombreux tracts. Ces derniers, certes, sont des appels à la résistance, mais contre le gouvernement français, contre leurs complices « de la City et les 200 familles », bref, contre les capitalistes… Allant même plus loin, certains de ces tracts incitent clairement au sabotage. Ils durent avoir quelque écho, si l’on en croit les rapports publiés après-guerre (sabotage dans les usines de munitions, sur les véhicules militaires, retards de fabrication et de livraison…) Une véritable résistance passive… contre le gouvernement français ! Et l’offensive allemande contre la France, à partir de mai 1940, ne changera rien à l’affaire : le soi-disant appel, revendiqué par le PC après la guerre, est un mythe dénoncé par les historiens depuis longtemps !
A l’heure du choix

Affiche sur les martyrs de Châteaubriant, parmi lesquels Guy Môquet.
Affiche sur les martyrs de Châteaubriant, parmi lesquels Guy Môquet.

On comprend donc la décision de Daladier concernant le Parti. Qui peut dire, par contre, la part de chaque militant communiste ? De la même façon que certains vont suivre aveuglément les directives du Parti, d’autres vont s’engager, dès le début, dans un effort de défense puis de résistance nationale. Mais qui peut dire que ce fut le cas de Guy Môquet ? Personne, certainement, pour la bonne et simple raison que toutes les actions du jeune homme ne concernent que le Parti communiste, la lutte contre le capitalisme et la défense du prolétariat. Nulle mention de patriotisme, de résistance, de défense nationale…
Au final, il est certain que son étiquette de communiste allait la desservir : lorsque Guy Môquet et ses camarades sont exécutés, en octobre 1941, cela fait juste six mois qu’Hitler a lancé l’opération Barbarossa contre l’URSS. Une agression qui devait évidemment mettre fin à l’idylle germano-soviétique et classer les communistes au même rang que les autres opposants à l’Allemagne.
La France a ses martyrs ; l’histoire, parfois, a su en faire des héros. Mais les politiques n’ont jamais su créer autre chose que des mythes historiques et l’élévation du jeune Guy Môquet au rang de héros national est du nombre, au point qu’on ne saurait voir en lui qu’un nouveau Joseph Bara…

JFK

John Fitzgerald Kennedy (1917-1963).
John Fitzgerald Kennedy (1917-1963).

Issu d’une famille irlandaise dont la fortune avait été édifiée au siècle précédent, John Fitzgerald Kennedy se voit lancer dans l’arène politique par son père, Joseph, ancien ambassadeur des États-Unis à Londres. Ses études à Harvard, son engagement même dans la marine durant la Seconde Guerre mondiale, tout a été programmé pour faire de « Jack » un homme politique d’envergure.
Et en effet, en 1947, il est élu à la chambre des Représentants comme démocrate puis sénateur de 1953 à 1960. Candidat démocrate durant la campagne électorale de 1960, Kennedy rompt avec l’image habituelle du politicien. Jeune -il n’a que 43 ans-, dynamique, fréquentant le « gratin » intellectuel et artistique, doté d’une femme superbe : il a toutes les chances de son côté. Malgré tout, ce n’est que d’extrême justesse qu’il sera élu. Premier président catholique, plus jeune président des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy compte aussi marquer l’histoire : il tente d’améliorer les relations américano-soviétiques -malgré l’épisode des missiles de Cuba qu’il réglera de mains de maître-, apporte un début de solutions aux problèmes raciaux et sociaux, instaure le Kennedy Round, censé ouvrir l’économie américaine au marché européen, se déclare favorable au désarmement nucléaire… tout en initiant un engagement toujours croissant du pays au Vietnam.
Tout cela, en si peu de temps, fait certainement de Kennedy un personnage marquant de l’histoire des États-Unis. Sa mort devait faire de lui un personnage de légende : le 22 novembre 1963, alors qu’il entame une tournée électorale au Texas, le président John Fitzgerald Kennedy est assassiné. Dans les jours qui viennent et pour des années, l’Amérique entière pleure un homme qu’elle a désormais placé au rang de héros.
Sa vie, encore maintenant -soit quarante ans plus tard- passionne les foules, qui se moquent bien des zones d’ombre du personnage, des rumeurs sur des liens mafieux. Encore maintenant, on s’interroge sur sa mort, sur les commanditaires de cet assassinat, d’autant que la thèse Lee Harvey Oswald ne convainc plus personne. Encore maintenant JFK est entouré d’une auréole de gloire et de perfection que rien, sans doute, ne pourra troubler.