Les saints des derniers jours

Brigham Young (1801-1877)

Le 24 juillet 1847, arrive sur les bords du lac Salé une longue caravane de pionniers. Ils viennent de parcourir quelques mille sept cents kilomètres, fuyant la colère des « Gentils » et abandonnant le corps de leur premier prophète, Joseph Smith junior.
C’est à l’âge de quinze ans que Smith a une première vision du dessein de Dieu à travers le Livre de Mormon, découvert grâce à l’ange Moroni. En 1827, il fonde « l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours », annonçant l’avènement prochain d’un règne terrestre de Dieu, que lui, Smith, doit préparer en soumettant le monde. Peu à peu, Smith devra abandonner ses prétentions -il se présentera tout de même à la présidence des États-Unis et se contentera de fonder Nauvoo, la « nouvelle Jérusalem ».
Fuyant la persécutions des autres communautés, les mormons, dirigés par Brigham Young, s’installent donc à Salt Lake City, faisant de l’Utah un État totalement indépendant du reste des États-Unis. Young promulguera, en 1852, le dogme de la polygamie, déjà annoncé par Smith et qui avait occasionné une première scission dans l’Église des saints des derniers jours. Ce n’est d’ailleurs que cinquante ans plus tard, quand les mormons auront décidé d’abandonner -officiellement du moins- la polygamie, qu’ils pourront être admis dans l’Union.

L’ONU : au nom de l’inefficacité internationale

Sigle officiel de l'ONU.
Sigle officiel de l’ONU.

Le conseil de sécurité de l’ONU « déplore » la répression du Myanmar –comprenez la Birmanie. Il aura fallu pas moins de six jours pour obtenir ces quelques mots. Certainement de quoi effrayer la junte militaire ! D’autant que cette déclaration ne s’accompagne d’aucune contrainte. Une déclaration qui nous est, malgré tout, présentée comme une quasi victoire. C’est donc là tout l’impact, tout l’intérêt de l’ONU : montrer du doigt –pas trop quand même- et déplorer, regretter ? Certes, il s’agit là d’un vocabulaire tout ce qu’il y a de plus diplomatique, mais ces mots valaient-ils six jours de négociations au sein de l’Organisation des Nations unies ?
Fondée en juin 1945 pour succéder à la SDN (Société des Nations), il semble bien que l’ONU soit tombée dans les mêmes travers que son prédécesseur. Car c’est pour son  inefficacité, flagrante avec l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale, que la SDN sera dissoute. Une inefficacité qui semble être également le lot de l’ONU, créé par les puissances alliées contre celles de l’Axe.
Résultat : une organisation littéralement à la botte des Etats-Unis ou totalement incapable de la moindre résolution sitôt qu’une des grandes puissances met son veto. L’intervention onusienne en Corée, en 1950, illustre parfaitement ces deux cas de figures : elle s’est faite sur ordres des USA et n’a pu être possible qu’en raison du retrait momentanée de l’URSS du conseil de sécurité. La création des casques bleus (1956), le tribunal international de La Haye n’y change rien. Force est de constater que l’action de l’ONU s’est révélée parfaitement inefficace pour peu qu’une grande puissance s’y oppose. L’organisation est donc, elle-même, parfaitement inutile.
Quant à savoir si l’ONU connaîtra le même sort que la SDN, cela dépendra sans doute du bon vouloir des maîtres du jeu et de l’intérêt qu’ils auront à conserver ce coûteux pantin…

Le communisme au pouvoir

Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).
Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).

Vladimir Ilitch Oulianov, connu sous le nom de Lénine, a rêvé, pour l’humanité, d’un monde meilleur où devaient régner l’égalité, la justice et la fraternité et son rêve a accouché d’un monstre…
Quand la révolution, qu’il a préparée minutieusement avec ses amis bolcheviques, éclate le 8 mars 1917, Lénine est alors en exil volontaire à Zurich, en Suisse.
Dès qu’il apprend cette nouvelle, il adresse à ses camarades en Russie ses fameuses Lettres de loin. Dans ce document majeur de l’histoire de la révolution russe, le dirigeant bolchevique encourage ses partisans et fixe les lignes de son programme. Avec l’aide des socialistes suisses, il parvient à retourner en Russie dans un wagon plombé puis entre triomphalement à Pétrograd, le 16 avril 1917. Dès son arrivée, il préconise la paix immédiate avec l’Allemagne, alors en guerre avec la Russie et invite même les soldats russes à fraterniser avec les Allemands.
Bien plus, Lénine exige la restitution intégrale des usines aux ouvriers et de la terre aux paysans ! Tant d’excès poussent le gouvernement légal de Kerenski à ordonner l’arrestation de Lénine qui prend la fuite et se réfugie en Finlande. C’est là qu’il affine son programme et qu’il définit la nature du futur État prolétarien « sans classe » dans son célèbre ouvrage L’État et la Révolution.
On connaît la suite. Après de multiples péripéties, souvent sanglantes, les Bolcheviques réussiront à prendre le pouvoir total en octobre 1917. À la tête du pays, Lénine tente, tant bien que mal, de canaliser la violence qui submergeait la Russie. Après sa mort, survenue le 21 janvier 1924, un de ses disciples lui succède à la tête de l’Union soviétique.
Le vieux rêve va désormais laisser la place aux déportations massives, au Goulag et aux massacres des innocents : le successeur s’appelle… Joseph Staline.

L’exception polonaise

L'aigle ornant les armes de la Pologne.
L’aigle ornant les armes de la Pologne.

Dans quelques jours, la Pologne sera appelée à élire les représentants de son parlement. Une Pologne qui détonne dan cette Europe relativement uniforme ; une Pologne qui, malgré une adhésion récente, est bien loin de courber l’échine face aux revendications de pays plus anciens. De fait, c’est elle-même qui revendique. Et haut et fort encore. La raison de cette « exception polonaise » ? Deux siècles et demi de soumission quasi permanente aux autres puissances d’Europe. Deux siècles et demi au terme desquels elle compte bien ne plus subir, mais imposer.
Le « gâteau polonais » : c’est ainsi que l’on avait surnommé cette terre, dénuée de frontière naturelle, placée au cœur des échanges commerciaux. Un « gâteau » que la Prusse –puis l’Allemagne-, l’Autriche et la Russie se partageront pas moins de trois fois de 1772 à 1795 puis une quatrième en 1815, suite à la défaite napoléonienne.
La Pologne indépendante, réapparu à l’aube de la Première Guerre mondiale, allait sombrer une nouvelle fois en devenant la cible numéro 1 du Reich. Les raisons de ce choix polonais sont multiples mais la plus évidente était la faiblesse de la Pologne. Sa faiblesse et la relative indifférence que son sort, au fil des siècles, avait engendré. Enfin, l’Allemagne du Reich, fille naturelle de la Prusse, voyait dans cette terre un vivier de main d’œuvre, d’être tout juste bons à servir. Une terre, selon Heinrich Himmler,  « peuplée de sous-hommes d’Orient ».
Mise en esclavage des Polonais, qui seront deux millions à être déportés comme travailleurs en Allemagne ; germanisation des esprits, avec la fermeture des universités, notamment ; soumission des élites, afin que ce peuple sache, qu’il « ne doit avoir qu’un seul seigneur et que celui-ci doit être allemand » (Martin Bormann). Un véritable régime de terreur se mettra en place sous le contrôle du gouverneur  général Franck. Une terreur qui fait de la Pologne le premier des pays martyrs de la guerre.
On a calculé, rapporte l’historienne Andrea Riccardi, que les opérations de guerre firent près de 650 000 victimes. Les autres moururent à cause des mesures prises par les nazis. Varsovie fut détruite à 90% ; pendant la période 1939-1945, moururent 850 000 habitants de la capitale, dont 450 000 dans les prisons et dans les camps.
Au total, la Pologne perdra 6 millions de ses fils et de ses filles –y compris les juifs. On comprend dès lors que ce pays, qui subira ensuite plus de cinquante ans de communiste et de mainmise soviétique ait à cœur de défendre son identité, sa spécificité, surtout et y compris dans un système de nivellement politique et moral tel que celui de l’Union européenne.

Baden-Powell : scout toujours !

Robert Baden-Powell (1857-1940).
Robert Baden-Powell (1857-1940).

Mon but est simple, explique Baden-Powell. Il fallait transformer les enfants en soldats. Pas des soldats pour combattre sur le champ de bataille mais pour remporter des victoires sur… la vie !
Général anglais, devenu une idole populaire après sa victorieuse défense de Maféking, durant la guerre des Bœrs, Baden-Powell met ses expériences vécues en Afrique du Sud au service de l’éducation de la jeunesse. En 1907, dans une île au large de la Grande-Bretagne, il organise le tout premier camp, invitant des groupes de jeunes à vivre en contact avec la nature, à développer leur sens de l’observation et à se soumettre à un entraînement physique particulier.
C’est la naissance du scoutisme qui connaîtra, en peu de temps, un succès mondial.
Pendant trente ans, avec l’aide de sa sœur Agnès, il assure le développement du mouvement et ce n’est qu’en 1937 que Baden-Powell, alors âgé de soixante-dix ans, met fin à ses activités. Il se retire alors au Kenya, où il meurt le 18 novembre 1940.

Des bienfaits du mécénat

Bas-relief représentant les Médicis, réputés notamment pour leur action en tant que mécènes à la Renaissance.
Bas-relief représentant les Médicis, réputés notamment pour leur action en tant que mécènes à la Renaissance.

Une entreprise finance les travaux de restauration d’un palais, d’un château, d’un tableau et aussitôt les « personnes autorisées » -par qui, mystère- poussent des cris d’orfraie, mettant tout le monde en garde contre la perte de l’indépendance culturelle, la publicité détournée. Passe encore pour ce dernier aspect. Mais est-ce vraiment parce que l’entreprise Vinci finance, à hauteur de 12 millions d’euros les travaux de la galerie des Glaces à Versailles, que la culture perd une once de liberté et d’indépendance ? A contrario, quel est l’apport culturel d’un défilé « osé », signé Lacroix, dans la chapelle de ce même château ?
Il y a peu, le magazine Marianne s’émouvait du manque de renouveau culturel, du conformisme –et on sait que sa dénonciation fait le fond de commerce du journal- en vigueur dans le milieu artistique, autant côté créateurs que côté critiques. Le magazine posait alors la question de la perte culturelle, du malaise en vigueur dans ce milieu, sans pour autant faire l’effort de poser les vraies questions.
Au regard de l’histoire, il est aisé de déterminer les grands élans culturels. Au Moyen Âge, temps de l’amour courtois, des romans de chevalerie, des cathédrales bien sûr, l’art était tout entier tendu vers un double idéal : Dieu et la fidélité. A la Renaissance, où les Antiques sont ressuscités, où la peinture et la sculpture atteignent leur apogée, c’est vers l’homme que l’homme regarde. Mais dans un cas comme dans l’autre, ces mouvements artistiques sont nés sous la protection, voire l’impulsion de mécènes. Idem au temps des Lumières, où quelques princes ou grands seigneurs ont financé avec ardeur les auteurs révolutionnaires, preuve, s’il en faut, que cette pratique n’empêche nullement l’éclosion des idées…
De fait, jamais la culture n’aura été aussi conformiste que de nos jours. Jamais non plus elle n’aura été aussi subventionnée. Assurés de voir leurs œuvres soutenues par l’argent des concitoyens, les auteurs ne sont guère préoccupés que de plaire à « l’élite » culturelle, celle, justement, dont ils font eux-mêmes partie. Une histoire de famille en somme –rondelette d’ailleurs. Et comme toutes les histoires de famille, une histoire dont on ne doit surtout pas se mêler. Que ces œuvres soient totalement hermétiques au grand public importe peu… sauf que c’est avec l’argent de l’Etat –et donc le nôtre- que sont réalisés ces « chefs-d’œuvre ».  Que ces œuvres ou ces manifestations jouent toujours le jeu du même anti-conformisme ultra conformiste –du principe qui veut que l’on fasse du « choquant » parce que c’est « tendance », que l’on fasse de l’avant-gardiste avec du réchauffé d’il y a 15 ou 20 ans-, importe peu encore à ces génies du culturellement correct. Cela importe peu car la sanction du public ne peut que révéler la carence culturelle du commun !
De fait, le dernier festival d’Avignon a, semble-t-il, sonné comme un avertissement aux chantres de la culture hermétique ; un festival où le massacre de certaines œuvres a été sifflé, hué… Un avertissement, cependant, qui ne vaut rien tant que ce sera aux Français de payer pour des œuvres apparemment réservées à une élite. Non pas que l’élitisme soit mauvais en soi, mais parce que cet élitisme culturel devrait n’être que le résultat de la tocade de quelque mécène, d’un amateur généreux. Voilà qui permettrait aux artistes de ne plus produire pour eux-mêmes, ayant déjà un spectateur de choix : leur financier.

Le PCF : chronique d’une mort annoncée

Sigle du Parti communiste.
Sigle du Parti communiste.

L’imbroglio politique dans lequel la France est plongée depuis quelque temps ne manque pas d’en étonner plus d’un. Divisions au sein du PS, qui va bien finir par opérer une scission ; création du Modem et d’un centre droit affilié à l’UMP ; multiplication des listes –dans l’espoir de gagner quelque argent- à la veille des législatives… A croire que le monde politique français est devenu fou ! Ce n’est pourtant pas la première fois que la politique française opère de profondes mutations : René Rémond, décédé peu avant les élections présidentielles, avait fait sa réputation en explorant l’évolution de la droite –ou plutôt des droites- en France. Initialement monarchiste, regroupant Ultras, les Orléanistes –monarchie constitutionnelle- et les bonapartistes, celle-ci était devenue républicaine et libérale, repoussant la gauche vers les mouvements socialiste et communiste. Naturellement, en fonction du paysage politique lui-même, en fonction également des événements nationaux et mondiaux, les partis politiques sont amenés à évoluer. C’est de cette évolution également que sont nés les partis socialistes et communistes, scindant en deux une idéologie originellement commune. L’histoire va révéler une certaine évolution du Parti socialiste, contrairement au Parti communiste, dont les principes paraissaient immuables. Comment expliquer, alors, la lente érosion du Parti communiste et, aujourd’hui, sa quasi disparition ?
Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, le PCF, jouant habillement sur le registre de la Résistance, atteignait des sommets en terme d’adhésion et de suffrages. Soixante ans plus tard, il ne recueille plus que 1,93% des voix lors d’une élection présidentielle. La faute à qui ? La faute à quoi ?
La fin des illusions

Le crucifié du Goulag (iconographie du XXe siècle).
Le crucifié du Goulag (iconographie du XXe siècle).

En 1974, le monde semblait découvrir avec effarement des conditions de vie des soviétiques avec la parution de l’Archipel du Goulag, d’Alexandre Soljénitsyne. L’existence des goulags devait mettre un terme à l’idéalisation du monde soviétique et conduire le PCF à abandonner officiellement sa référence à l’URSS. Une décision qui ne remettait nullement en cause les valeurs profondes que défendaient les communistes français. Si cela s’est traduit par une baisse des suffrages en leur faveur, elle ne fut que minime. La mort annoncée du Parti communiste ne devait pas venir de l’URSS mais bien du Parti lui-même. On aura beau jeu de dire que la multiplication des partis « à la gauche de la gauche » achèvera de faire sombrer le PCF. Telle est en tout cas l’analyse de beaucoup de commentateurs et du PCF lui-même. C’est donc aux autres qu’incombe la faute : les autres partis, les électeurs, par définition volatiles en France… En bref, pas une fois les dirigeants communistes ne se remettront en cause. Et pourtant : une simple étude des dates et des chiffres, des discours et des interventions télévisées apportent une toute autre réponse.
1974 et la publication de l’Archipel du Goulag ne sera qu’un mauvais coup. Le coup fatal, c’est le PCF qui se le donnera en ne se faisant plus le chantre du prolétariat français. Car, à cette époque, de nouveaux travailleurs investissent le marché du travail français. Et c’est en masse qu’ils arrivent suite aux demandes répétées d’un patronat à l’affût d’une main-d’œuvre bon marché.
Le Goulag… des travailleurs français

Affiche célébrant l'avènement du communisme.
Affiche célébrant l’avènement du communisme.

Fidèle à son credo, le PCF va se faire le défenseur des travailleurs français, allant jusqu’à demander que « la venue de nouveaux travailleurs » soit « déterminée, chaque année, en fonction de la politique d’ensemble et des besoins de l’économie ». Ces propos, tenus par Georges Marchais en 1981, illustre la parfaite fidélité du discours du PCF avec les textes de la IIe Internationale. Des propos que Robert Hue et Madame Buffet ne tiendront jamais. Se mettant au diapason des socialistes et des giscardiens, le PCF va, de fait, y perdre son âme… et le soutien de millions de Français. Une stratégie qui va leur faire perdre tout crédit auprès des classes populaires et qui fera passer le PCF de 21,5% des voix en 1969 à 1,93% en 2007.
Floués, trahis par ceux qui étaient leurs meilleurs défenseurs, les travailleurs français vont se tourner massivement vers l’abstention et le vote national, selon une étude publiée par Le Monde en 2002. Et effectivement, le parallèle est saisissant entre le déclin du PCF et la montée du Front national au fil des années. Quant à savoir à qui profitera de sa mort…

Les Zoulous : les Huns d’Afrique

Episode de la guerre des Zoulous (gravure du XIXe siècle).
Episode de la guerre des Zoulous (gravure du XIXe siècle).

Parmi les peuples d’Afrique, demeurés relativement obscurs pour les occidentaux, un nom se détache nettement, sans pour autant que l’on sache ce qu’il représente : celui du peuple zoulou. Issu de la tribu Bantou, créé presque de toutes pièces au XVIIIe siècle, le peuple zoulou doit sa notoriété à… la terreur qu’il inspira. En fait, ils sont à comparer aux Huns et leur chef, Tchaka (v. 1787-1828), au célèbre Attila. C’est Tchaka en effet qui fera la célébrité de son peuple, lui qui va en faire une véritable machine de guerre, imposant son autorité et sa loi sanguinaire aux Ngoni du Natal, aux Souazi, aux Sothos, aux Xosa… jusqu’à ses propres frères se chargent de l’assassiner. La conquête pas plus que la terreur qui l’accompagner n’allait cesser pour autant, les lieutenants de Tchaka prenant alors le relais, avec d’ailleurs plus de succès : une partie de la Rhodésie, du Mozambique, les royaumes de Bangouélo et de Nyassa tomberont sous influence zoulou, bouleversant toute l’Afrique australe. Au point même que cette explosion conquérante finira par inquiéter les Boers d’Afrique du Sud, lesquels trouveront leur salut dans l’aide britannique… qui finira tout bonnement par annexer le Zoulouland et le rattacher au Natal.

Au nom de tous les Celtes ?

Un druide gaulois (gravure du XIXe siècle).
Un druide gaulois (gravure du XIXe siècle).

Depuis des mois, la Bretagne était le théâtre de profanations en tout genre : destructions de croix et de calvaires, saccages d’église, incendies, en juin dernier, d’une chapelle du XVIe siècle à Loqueffret… Le 21 juin 2007, l ‘énigme paraît résolue. Les profanateurs : une bande de trois ou quatre individus qui se présentent eux-mêmes comme le dernier rempart contre « la lente extinction de la culture païenne et des croyances druidiques en Bretagne ». Une piètre ligne de défense en vérité. Car si la religion celte a disparu, c’était il y a des siècles. Quant au druidisme actuellement en vigueur, il ne date guère que du XVIIe siècle. C’est sous l’impulsion d’un William Stuckley en Angleterre ou d’un Iolo Morgannwg –né Edward Williams- au Pays de Galles que le néo-druidisme fait son apparition en Europe. La redécouverte du monde celte par les Antiquaires –nom donné à des passionnés d’histoire au XVIIe-XVIIIe siècles- avait été à l’origine de ce renouveau druidique. Un druidisme teinté de romantisme, mâtiné de franc-maçonnerie et, surtout, relativement ignorant du monde celte. Car s’il est une chose positive que provoqua le néo-druidisme, c’est, sans conteste, un regain d’intérêt des historiens sur cette période de l’histoire européenne. Un regain d’intérêt qui annonçait et annonce encore un champ de découvertes passionnantes.
Qu’est-ce réellement que le druidisme ? Si l’on en croit les dernières recherches en la matière, le druidisme était avant tout une concentration de connaissance et de savoir. Et la culture païenne dont se réclament les incendiaires de Loqueffret, apparaît avant tout comme une religion basée sur le culte de la Terre-mère, une religion entièrement tournée vers l’échéance suprême, celle du passage vers l’Autre monde. En cela, le néo-druidisme respecte la religion des premiers siècles. Une religion qui se veut en plein accord avec les mystères de la Nature –qui pour l’occasion mérite un « N » majuscule-, la célébrant par des rituels bien innocents.

Druide dirigeant une réunion de clan, d'après une gravure du XIXe siècle.
Druide dirigeant une réunion de clan, d’après une gravure du XIXe siècle.

Aucune innocence, par contre, dans l’action du TABM, le True Armoric Black Metal, qui a revendiqué les déprédations de ces derniers mois en Bretagne. Sataniste, anti-chrétien comme le suggère son nom même, le TABM n’a certainement rien compris à la culture celte qu’il revendique si violemment. S’indigner « qu’en Bretagne, la chrétienté ait pris le pas sur les cultes païens et autres croyances ancestrales d’Armorique », c’est oublier, un peu vite, que l’expulsion des Tuatha de Danann vers le monde de l’Autre monde date des Celtes eux-mêmes. Une expulsion qui, si l’on s’en réfère à la mythologie irlandaise, doit tout à l’arrivée des Gaëls –les hommes. C’est oublier également que si ces messieurs ont pu ne serait-ce que se prévaloir de quelques croyances celtiques, c’est aux moines chrétiens qu’ils le doivent. C’est oublier enfin l’essence même du druidisme : l’accumulation de connaissances. Pas sa destruction.

Promotion au mérite ?

L'aigle impérial.
L’aigle impérial.

Sous la monarchie, le titre nobiliaire était héréditaire, sous l’Empire, il faut le mériter « par le courage, l’ingéniosité ou… la fidélité à l’Empereur » : tel est le sens de la loi édictée par Napoléon Ier, le 1er mars 1808.
Prenant exemple sur les Bourbons, l’Empereur s’entoure alors d’une cour somptueuse et, pour lui donner l’éclat qu’il convient, il crée une noblesse impériale. Les titulaires de certaines fonctions deviennent donc comtes ou barons. Ses ministres et ses maréchaux reçoivent le titre de ducs et de princes. Ainsi, un simple officier corse, qui a la chance d’être l’époux d’Élisa, la sœur de l’Empereur, devient, par la grâce de ce dernier, prince de Lucques et de Piombino.
Pourtant l’éclat des titres n’empêche guère nombre de nouveaux princes, ducs et barons de trahir l’Empereur pour embrasser la cause des Bourbons. Non sans un certain cynisme, Charles de Talleyrand, qui fut l’un des traîtres, reconnaît que «la gratitude ne fut pas la qualité première de la noblesse d’Empire ».