Les premiers téléphones publics

C’est tout à fait accidentellement qu’en 1876 Alexandre Graham Bell invente le téléphone. Il ne faut que quelques années pour que ce nouveau mode de communication ne devienne indispensable ; les particuliers les plus aisés s’en dotent rapidement et, dès 1881, le réseau urbain parisien compte mille six cent deux abonnés.
Mais la seconde révolution de cette invention a lieu le 6 février 1901 quand apparaissent les premiers téléphones publics à Paris : parler à distance est maintenant à la portée de tous.
Depuis, ce qui est sans nul doute la découverte la plus novatrice du XIXe siècle n’a pas cessé d’évoluer vers des techniques toutes plus élaborées les unes que les autres.

Des Trade union au Parti travailliste

L'Angleterre à l'ère de l'industrialisation à outrance, qui ne signifiait pas toujours le plein emploi (iconographie du XIXe siècle).
L’Angleterre à l’ère de l’industrialisation à outrance, qui ne signifiait pas toujours le plein emploi (iconographie du XIXe siècle).

S’il est un parti qui, en France, « à la cote », c’est bien le Parti travailliste et son nouveau ex-premier ministre. Alors que le Parti socialiste français patauge, se déchire et se divise, les Français, de droite comme de gauche, rêvent d’un Tony Blair à la française. Mais Tony Blair a eu beau transformer son parti, originellement le Labour party et le Parti socialiste français ont bien peu en commun. Leur origine même est différente…
Issu des Trade union, les « unions de métiers », le Labour party doit tout aux syndicats. Apparu au XVIIIe siècle, lorsque la révolution industrielle commença à réduire une bonne partie de la population, jadis artisane ou commerçante, en salariés, le trade-unionisme s’apparente aux guildes médiévales. C’est dans l’ouest de l’Angleterre, haut lieu de l’industrie du textile qu’elles voient le jour, dans le but de suppléer aux errances du gouvernement qui se refusait à réglementer les conditions de travail, les salaires ou encore l’apprentissage. Rien de vraiment politique et le premier essai en la matière –le chartisme- se soldera par un échec retentissant. Revenu à l’action purement syndicale, les Trade union entrent alors dans une nouvelle phase : la conquête de droits, la reconnaissance de leurs statuts. Considérées à l’égal d’association par Gladstone, les Trade union prennent un réel essor avec la reconnaissance du droit de grève par Disraéli.
Dès lors, les syndicats acquièrent un pouvoir quasi absolu parmi les salariés de tout secteur, des salariés obligés de se syndiqués et pressurés par des cotisations exorbitantes. Au point qu’un nouvel unionisme voit le jour en 1889. L’affrontement entre les deux conceptions syndicales vont engendrer des grèves qui paralyseront des pans entiers de l’activité économique, jusqu’à ce que les syndicats soient légalement interdits. Dès lors, il ne restait plus aux unionistes qu’une voie pour faire valoir leurs droits : le voie politique. C’est ainsi que sera créé, en 1902, le Labour party.

Tyrannie contre démocratie : le faux débat

Vladimir Poutine, en premier plan, suivi de son dauphin et successeur, Dimitri Medvedev.
Vladimir Poutine, en premier plan, suivi de son dauphin et successeur, Dimitri Medvedev .

Les élections se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a peu, Medvedev devenait le président d’un gouvernement poutiniste allègrement qualifié par les journalistes occidentaux de despotique ; demain, l’Amérique risque bien de se voir voler son élection présidentielle par excès de démocratie. Reste à savoir lequel, du Russe ou de l’Américain, est le plus légitime. Reste également à savoir lequel, dans ces circonstances, apportera le plus à son pays. Car après tout, c’est bien là qu’est la question…
Le monde occidental se fait volontiers l’avocat, pis, le chantre de la démocratie. Au point, d’ailleurs, de vouloir l’imposer au monde entier ! Une démocratie qui aux Etats-Unis même, est en train de montrer une faille inattendue. De fait, la compétition Obama-Clinton -compétition de l’image plus que du fond d’ailleurs- est si serrée que, quelle qu’en soit l’issue, une large partie des électeurs démocrates vont se sentir floués. Et cela pour la bonne et simple raison que les deux candidats, au coude à coude, sont également légitimes… mais qu’il va bien falloir en choisir un ! Choix fait par les caucus ou les primaires actuelles -par ailleurs difficiles à comprendre dans leur fonctionnement- ou par les grands électeurs, ce qui serait un comble. A force de démocratie, donc, les démocrates américains seront, à coup sûrs, les grands perdants de cette élection.
A contrario, si l’élection russe n’a guère fait planer le suspens, si Medvedev est devenu, comme prévu, "calife à la place du calife", faut-il réellement y voir un mal. Certes, les bien-pensants de notre belle démocratie ont déjà crié au viol de leur héroïne ; ils ont déjà fustigés ceux qui ont osé féliciter le nouveau président russe, mais qui sont-ils pour donner des leçons de moral au peuple russe ? De fait, on peut toujours contester les méthodes gouvernementales de Poutine, force est de constater que le tsar rouge a su sortir -et de quelle manière !- son pays de l’ornière dans laquelle la démocratie eltsinienne l’avait plongé. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, eux qui annoncent une augmentation des revenus de 2,5% et autant pour les retraites (Le Point-février 2008). Et hors les chiffres, que reste-t-il si ce n’est la rhétorique, les grands mots opposés à la réalité de quelques millions de personnes ? Qu’importe aux Russes les grands principes, les mots aussi nobles que démocratie, liberté, égalité, fraternité ! Qu’importe tant qu’ils vivent mieux ! D’ailleurs, sur les principes, ils ont déjà donné… et constatés que les mots ne nourrissent guère.
Les Grecs du VIe siècle avant J.-C. l’avaient déjà constaté eux qui, des années durant, ont préféré la tyrannie à la démocratie. Une tyrannie qui correspondra à une ère sans précédent de prospérité économique et culturelle -grands travaux publics, expansion coloniale et commerciale, protection des arts et des lettres. Une tyrannie qui servira de prémices à l’avènement démocratique -qui, pour information, ne reconnaissait le droit de s’exprimer qu’à 30 000 citoyens sur une population de pas moins de 400 000 âmes…
Quant à savoir lequel, dans ces circonstances, du dirigeant russe ou du futur dirigeant américain est le plus "légitime", ne serait-ce pas celui qui fait la prospérité de son peuple ?

Baden-Powell : scout toujours !

Robert Baden-Powell (1857-1940).
Robert Baden-Powell (1857-1940).

Mon but est simple, explique Baden-Powell. Il fallait transformer les enfants en soldats. Pas des soldats pour combattre sur le champ de bataille mais pour remporter des victoires sur… la vie !
Général anglais, devenu une idole populaire après sa victorieuse défense de Maféking, durant la guerre des Bœrs, Baden-Powell met ses expériences vécues en Afrique du Sud au service de l’éducation de la jeunesse. En 1907, dans une île au large de la Grande-Bretagne, il organise le tout premier camp, invitant des groupes de jeunes à vivre en contact avec la nature, à développer leur sens de l’observation et à se soumettre à un entraînement physique particulier.
C’est la naissance du scoutisme qui connaîtra, en peu de temps, un succès mondial.
Pendant trente ans, avec l’aide de sa sœur Agnès, il assure le développement du mouvement et ce n’est qu’en 1937 que Baden-Powell, alors âgé de soixante-dix ans, met fin à ses activités. Il se retire alors au Kenya, où il meurt le 18 novembre 1940.

Champollion, l’art des langues

Statue de Jean-François Champollion (1790-1832).
Statue de Jean-François Champollion (1790-1832).

L’arabe, l’hébreu, le chaldéen, l’éthiopien, le copte : durant des années, Jean-François Champollion, fils d’un libraire de Figeac, allait se passionner pour les langues étrangères, les « langues O »… Mais c’est en perçant le mystère de l’écriture des anciens Egyptiens qu’il va acquérir une renommée véritablement mondiale.
Depuis déjà le XVIIIe siècle, l’Egypte était « à la mode ». L’expédition de Bonaparte et les publications savantes qui allaient s’ensuivre devaient accentuer cet engouement, aussi bien auprès des spécialistes que des amateurs. Mais qu’est-ce que l’étude d’une civilisation si l’on n’en maîtrise pas la langue ? De fait, lorsque Champollion s’y attelle en 1809, cela fait près de 1500 ans que la compréhension des hiéroglyphes a disparu.
La pierre de Rosette, découverte lors de l’expédition d’Egypte par un officier français, est une stèle sur laquelle figurent trois inscriptions, dont l’une est un décret daté de 196 avant J.-C., publié sous Ptolémée V. Un décret rédigé en grec ; un décret qui trouve certainement sa traduction hiéroglyphique dans les deux inscriptions qui l’accompagnent.
C’est sur cette hypothèse que les savants d’Europe se penchent après que l’Angleterre, qui s’était emparée de la stèle, en ait réalisé des copies. Et c’est sur cette hypothèse également que Champollion se met au défi de résoudre l’énigme. Aidé de cartouches contenant les noms des souverains égyptiens, tablant sur une combinaison de signes phonétiques et d’idéogrammes, Champollion mettra pas moins de 13 ans à percer le secret des hiéroglyphes. Lorsqu’il y parvient, en 1822, il n’a jamais mis le pied en Egypte –il ne s’y rendra qu’en 1828. Pourtant, il est, à ce jour, le plus grand découvreur de l’Egypte ancienne.

Dans l’ombre de Victoria

Albert de Saxe-Cobourg et Gotha (1819-1861).
Albert de Saxe-Cobourg et Gotha (1819-1861).

Aisément cantonné au rôle de père de ses neuf enfants ; facilement relégué dans la statut d’époux de la reine ; tout juste désigné sous le titre -acquis en 1857- de prince consort : Albert de Saxe-Cobourg et Gotha fait partie de la longue galerie de souverains méconnus.
Fils cadet du duc de Saxe-Cobourg et Gotha, cousin germain de la reine Victoria, il est à peine plus âgé qu’elle lorsqu’il l’épouse en 1840. Un mariage politique, qui sera également un véritable mariage d’amour duquel naîtront pas moins de neuf enfants. L’amour de la reine, le nombre d’enfants, brandit comme une sorte de "preuve" de cet amour : voilà, généralement à quoi se limite la biographie du prince Albert. Un prince qui ne deviendra consort qu’au bout de dix-sept ans de mariage ; un prince qui, semble-t-il, avait mérité ce titre de consort…
Certes, Albert ne gouverna pas directement, son épouse y parvenant admirablement sans son aide. Certes, son origine allemande pouvait même être un handicap. Mais le prince saura rapidement se rendre indispensable à son épouse autrement que dans leur vie de couple. Réorganisateur de l’armée lors de la guerre de Crimée, conseiller écouté de la reine, il saura surtout mettre en avant ses talents d’organisateur et même de promoteur lors de l’Exposition universelle de 1851, exposition qui sera -et il est bon de le souligner- un succès populaire autant que financier.
L’art, la peinture et la musique surtout, l’industrie, l’agriculture compteront également au nombre des "talents" du prince. Un prince allemand qui se dévouera à sa nouvelle patrie autant qu’à sa famille ; un prince allemand qui se verra nier toute existence ou presque, jusqu’à perdre son nom. En effet, lors de la Première Guerre mondiale la famille royale anglaise allait abandonner ce nom, à connotation par trop germanique, pour celui de Windsor.

François-Joseph ou la fin des Habsbourg

Couronné à dix-huit ans François-Joseph va gouverner son empire pendant soixante-huit ans. Empereur d’Autriche et roi de Hongrie depuis 1867, il sera en butte, durant tout son règne, au nationalisme des minorités qui peuplent ses immenses territoires.
Échouant à imposer une politique absolutiste, y compris dans sa propre famille, l’empereur sera vivement touché par de très nombreux drames familiaux : exécution de son frère, Maximilien, au Mexique, suicide de son fils unique, Rodolphe, assassinat de sa femme, la célèbre Sissi, et enfin assassinat, à Sarajevo, de son neveu et héritier, l’archiduc François-Ferdinand.
Allié aux Allemands qui le poussent à venger cette dernière mort, François-Joseph est entraîné dans le premier conflit mondial qui verra, à son issue, la fin de l’Empire austro-hongrois.
À sa mort, le 22 novembre 1916, la couronne revient à son petit-neveu, Charles Ier, qui abdique en 1918, après le démembrement du pays : l’Empire des Habsbourg, vieux de sept cents ans, est définitivement anéanti…

La reine Hortense

Hortense de Beauharnais (1783-1837).
Hortense de Beauharnais (1783-1837).

Belle, intelligente, belle-fille puis belle-sœur de Napoléon Ier, reine de Hollande, mère de Napoléon III, Hortense de Beauharnais tient une place de choix dans toute l’histoire de l’Empire et sa vie est un véritable roman. Mariée de force, en 1802, au frère de l’Empereur, Louis, elle devient reine de Hollande après que Napoléon ait fait cadeau de ce trône à son cadet. Hortense doit le suivre mais c’est avec infiniment de répugnance qu’elle arrive dans son nouveau pays. Elle le quittera dès 1810, après l’abdication de Louis. À Paris, sa conduite continue de défrayer la chronique. On dit déjà que son dernier fils, Charles-Louis-Napoléon, le futur Napoléon III, est le fils du célèbre amiral hollandais, Verhuelle ! Et, selon certaines rumeurs, vraisemblablement plus fondées que les précédentes, Hortense aurait mis au monde un autre bâtard, fils du comte de Flahaut et donc petit-fils de Talleyrand.
Mais la seconde Restauration sonne le glas des frivolités parisiennes et Hortense, soupçonnée d’avoir aidé aux Cents jours, est exilée… elle ne reverra jamais la France. Installée depuis 1817 au château d’Arenberg, sur les bords du lac de Constance, elle y meurt, le 5 octobre 1837.

Des bienfaits du mécénat

Bas-relief représentant les Médicis, réputés notamment pour leur action en tant que mécènes à la Renaissance.
Bas-relief représentant les Médicis, réputés notamment pour leur action en tant que mécènes à la Renaissance.

Une entreprise finance les travaux de restauration d’un palais, d’un château, d’un tableau et aussitôt les « personnes autorisées » -par qui, mystère- poussent des cris d’orfraie, mettant tout le monde en garde contre la perte de l’indépendance culturelle, la publicité détournée. Passe encore pour ce dernier aspect. Mais est-ce vraiment parce que l’entreprise Vinci finance, à hauteur de 12 millions d’euros les travaux de la galerie des Glaces à Versailles, que la culture perd une once de liberté et d’indépendance ? A contrario, quel est l’apport culturel d’un défilé « osé », signé Lacroix, dans la chapelle de ce même château ?
Il y a peu, le magazine Marianne s’émouvait du manque de renouveau culturel, du conformisme –et on sait que sa dénonciation fait le fond de commerce du journal- en vigueur dans le milieu artistique, autant côté créateurs que côté critiques. Le magazine posait alors la question de la perte culturelle, du malaise en vigueur dans ce milieu, sans pour autant faire l’effort de poser les vraies questions.
Au regard de l’histoire, il est aisé de déterminer les grands élans culturels. Au Moyen Âge, temps de l’amour courtois, des romans de chevalerie, des cathédrales bien sûr, l’art était tout entier tendu vers un double idéal : Dieu et la fidélité. A la Renaissance, où les Antiques sont ressuscités, où la peinture et la sculpture atteignent leur apogée, c’est vers l’homme que l’homme regarde. Mais dans un cas comme dans l’autre, ces mouvements artistiques sont nés sous la protection, voire l’impulsion de mécènes. Idem au temps des Lumières, où quelques princes ou grands seigneurs ont financé avec ardeur les auteurs révolutionnaires, preuve, s’il en faut, que cette pratique n’empêche nullement l’éclosion des idées…
De fait, jamais la culture n’aura été aussi conformiste que de nos jours. Jamais non plus elle n’aura été aussi subventionnée. Assurés de voir leurs œuvres soutenues par l’argent des concitoyens, les auteurs ne sont guère préoccupés que de plaire à « l’élite » culturelle, celle, justement, dont ils font eux-mêmes partie. Une histoire de famille en somme –rondelette d’ailleurs. Et comme toutes les histoires de famille, une histoire dont on ne doit surtout pas se mêler. Que ces œuvres soient totalement hermétiques au grand public importe peu… sauf que c’est avec l’argent de l’Etat –et donc le nôtre- que sont réalisés ces « chefs-d’œuvre ».  Que ces œuvres ou ces manifestations jouent toujours le jeu du même anti-conformisme ultra conformiste –du principe qui veut que l’on fasse du « choquant » parce que c’est « tendance », que l’on fasse de l’avant-gardiste avec du réchauffé d’il y a 15 ou 20 ans-, importe peu encore à ces génies du culturellement correct. Cela importe peu car la sanction du public ne peut que révéler la carence culturelle du commun !
De fait, le dernier festival d’Avignon a, semble-t-il, sonné comme un avertissement aux chantres de la culture hermétique ; un festival où le massacre de certaines œuvres a été sifflé, hué… Un avertissement, cependant, qui ne vaut rien tant que ce sera aux Français de payer pour des œuvres apparemment réservées à une élite. Non pas que l’élitisme soit mauvais en soi, mais parce que cet élitisme culturel devrait n’être que le résultat de la tocade de quelque mécène, d’un amateur généreux. Voilà qui permettrait aux artistes de ne plus produire pour eux-mêmes, ayant déjà un spectateur de choix : leur financier.

Ciano ou les regrets d’un impérialiste

Le comte Galeazzo Ciano (1903-1944).
Le comte Galeazzo Ciano (1903-1944).

Déjà, la carrière politique et militaire de Galeazzo Ciano semblait toute tracée : son père s’était distingué dans l’attaque de sous-marins au cours de la Première Guerre mondiale et avait adhéré dans la foulée au parti fasciste. En 1930, Galeazzo suit promptement les traces de son père et, tout jeune diplomate, épouse, en 1930, la fille de Mussolini, Edda. Devenu sous-secrétaire d’Etat puis ministre de la presse et de la propagande (1935), le jeune comte Ciano participe à la guerre d’Ethiopie en tant qu’aviateur puis devient, en 1936, ministre des Affaires étrangères. Un poste essentiel en cette période de bouleversement européen ; un poste qui va faire de lui le principal artisan de la politique impérialiste de l’Italie, politique consacrée, en 1939, par l’axe Rome-Berlin. Dès lors, l’Italie de Mussolini est entraînée dans le sillage de la politique belliqueuse de l’Allemagne… ce qui est justement ce que Ciano veut éviter. Le calcul est mauvais car, malgré les réticences de Ciano, l’Italie ne peut plus faire marche arrière. De fait, Ciano a bel et bien piégé son pays, s’est piégé lui-même et ses réticences ou son opposition, de plus en plus marquée, vis-à-vis de son beau-père, Mussolini, ne changeront rient à l’affaire. Sauf pour l’intéressé lui-même qui, en 1943, se voit retirer le ministère des Affaires étrangères.
Devenu ambassadeur auprès du Vatican, Ciano ne désarme cependant pas et, en juillet 1943, vote la motion qui désavoue Mussolini. La sanction sera immédiate : le gouvernement de la République italienne le fait arrêté en novembre et, en janvier de l’année suivante, il est condamné à mort. Il mourra deux jours plus tard, fusillé dans le dos, sans avoir pu réparer ce qu’il avait si magnifiquement provoqué… par amour d’une Italie grande et forte.