Roosevelt, l’homme de la guerre

Franklin Delano Roosevelt (1882-1945).
Franklin Delano Roosevelt (1882-1945).

Neveu de l’ancien président Teddy Roosevelt, Franklin Delano est né, le 20 janvier 1882, à Hyde Park. Ancien élève d’Harvard, il devient avocat puis sénateur de l’État de New York en 1910. En 1920, il interrompt sa carrière politique à la suite d’une attaque de polyomélite et c’est dans une chaise roulante qu’il reprend le chemin des urnes en 1928. Il est élu gouverneur de l’État  puis, toujours sous la bannière démocrate, président des États-Unis en 1933. Lorsque la guerre éclate en Europe, Roosevelt tient les États-Unis dans une prudente neutralité mais la soudaine attaque de Pearl Harbor par les Japonais va changer la donne.
Roosevelt ne peut plus reculer : il sera donc l’homme de la guerre et lancera les États-Unis dans le conflit mondial. La guerre à peine achevée, Roosevelt est réélu mais, épuisé, il meurt, terrassé par une crise cardiaque, le 12 avril 1945 à Warm Spring.

L’ONU : au nom de l’inefficacité internationale

Sigle officiel de l'ONU.
Sigle officiel de l’ONU.

Le conseil de sécurité de l’ONU « déplore » la répression du Myanmar –comprenez la Birmanie. Il aura fallu pas moins de six jours pour obtenir ces quelques mots. Certainement de quoi effrayer la junte militaire ! D’autant que cette déclaration ne s’accompagne d’aucune contrainte. Une déclaration qui nous est, malgré tout, présentée comme une quasi victoire. C’est donc là tout l’impact, tout l’intérêt de l’ONU : montrer du doigt –pas trop quand même- et déplorer, regretter ? Certes, il s’agit là d’un vocabulaire tout ce qu’il y a de plus diplomatique, mais ces mots valaient-ils six jours de négociations au sein de l’Organisation des Nations unies ?
Fondée en juin 1945 pour succéder à la SDN (Société des Nations), il semble bien que l’ONU soit tombée dans les mêmes travers que son prédécesseur. Car c’est pour son  inefficacité, flagrante avec l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale, que la SDN sera dissoute. Une inefficacité qui semble être également le lot de l’ONU, créé par les puissances alliées contre celles de l’Axe.
Résultat : une organisation littéralement à la botte des Etats-Unis ou totalement incapable de la moindre résolution sitôt qu’une des grandes puissances met son veto. L’intervention onusienne en Corée, en 1950, illustre parfaitement ces deux cas de figures : elle s’est faite sur ordres des USA et n’a pu être possible qu’en raison du retrait momentanée de l’URSS du conseil de sécurité. La création des casques bleus (1956), le tribunal international de La Haye n’y change rien. Force est de constater que l’action de l’ONU s’est révélée parfaitement inefficace pour peu qu’une grande puissance s’y oppose. L’organisation est donc, elle-même, parfaitement inutile.
Quant à savoir si l’ONU connaîtra le même sort que la SDN, cela dépendra sans doute du bon vouloir des maîtres du jeu et de l’intérêt qu’ils auront à conserver ce coûteux pantin…

La révolte des Cipayes

Un soldat cipaye (d'après une dessin du XIXe siècle).
Un soldat cipaye (d’après une dessin du XIXe siècle).

Lors de la conquête de l’Europe, les Ottomans avaient eu l’idée de créer un corps d’armée uniquement constitué d’enfants, enlevés à leurs parents dès leur plus jeune âge. Les janissaires, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, allaient devenir le corps d’élite de l’armée ottomane ; son arme de guerre la plus fameuse.
Lorsque les Britanniques pénétrèrent en Inde, ils décidèrent de faire de même. Ou à peu près. C’est ainsi que naquirent les Cipayes, des indigènes enrôlés dans l’armée occupante. En 1847, ils seront pas moins de 190 000, encadrés par des officiers anglais.
Mais les Cipayes étaient Indiens et donc hindous. Une religion qui honore la vache, élevé au rang d’animal sacré. Prenant prétexte que les cartouche fournies à l’armée étaient enduites de graisse de vache et qu’il fallait, pour les décapsuler, mordre dedans, les Cipayes, vivement encouragés par les princes du Bengale, devaient se révolter en 1857. Elle devait se répandre à toute l’Inde centrale et au Nord et sera marquée par la prise de Delhi puis d’Allahabad et par le massacre des Européens établis à Cawnpore. La mésentente entre les révoltés eux-mêmes, la fidélité obtenue des Cipayes de Bombay allaient être les principales causes de l’échec de la révolte qui cesse dès l’année suivante, en 1858.

Les rois interdits de séjour

Jules Grévy

Trois ans à peine après la mort du comte de Chambord, petit-fils du roi Charles X et dernier prétendant légitimiste, Jules Grévy, alors président de la République, promulgue, en juin 1886, une loi visant à éloigner définitivement toute tentative de rétablissement de la monarchie.
C’est ainsi que, « le territoire de la République est et demeure interdit aux chefs des familles ayant régné en France et à leurs héritiers directs, dans l’ordre de primogéniture «.
Se rappelant sans doute l’histoire de Napoléon III, jadis prince-président, il précise aussi que « les membres des familles ayant régné en France ne pourront entrer dans les armées de terre et de mer, ni excercer aucune fonction publique ni aucun mandat électif ».

Buffalo Bill, la terreur de l’Ouest

William Cody, alias Buffalo Bill (1846-1917).
William Cody, alias Buffalo Bill (1846-1917).

Chasseur célèbre, metteur en scène de spectacle, éclaireur du Pony express puis de l’armée ; ou bien massacreur de bisons et tueur d’Indiens : qui était réellement Buffalo Bill, cette figure incontournable du Far west ?
William Frederick Cody, né dans l’Iowa en 1846, débute sa carrière lors de la guerre de Sécession (1861-1865) comme éclaireur chez les Nordistes. C’est alors qu’il fait la rencontre du général Custer, réputé pour sa lutte acharnée et sanglante contre les Indiens. À la fin de la guerre, Custer est désigné par les autorités fédérales pour repousser les Indiens hors de la plaine allant des Montagnes Rocheuses au Mississipi, afin d’installer un réseau ferroviaire. Il s’adjoint l’éclaireur William Cody qui, entre temps, a apporté sa contribution à l’histoire légendaire du Pony express, une société de distribution de courrier qui n’hésitait pas à braver les distance et les Indiens. Sous le commandement de Custer, Cody joue d’ailleurs plus qu’un rôle d’éclaireur : en effet, n’est-ce pas lui qui a tué puis scalpé le chef cheyenne Main-Jaune ?
L’éclaireur va également mettre ses talents de chasseur hors-pair au service de la compagnie ferrovière Kansas Pacific en les approvisionnant en viande de bison. Une activité qui achèvera de faire sa réputation et qui lui vaudra le surnom de Buffalo Bill, « buffalo » signifiant bison. On raconte même qu’il aurait abattu, au cours d’un « duel » -ou plutôt d’un concours- d’où il sortit d’ailleurs vainqueur, pas moins de 69 bisons en une seule journée !
Mais peut-être n’est-ce là qu’une légende née sous la plume du journaliste Edward Judson qui, sous le nom de Ned Buntline, va s’ingénier à faire de Cody un héros de l’Ouest américain. Cody, apparemment aussi doué en communication qu’armé d’un fusil, va lui-même s’y atteler. De 1882 à 1912, il monte et présente le Buffalo Bill’s Wild West show, un spectacle grandeur nature où les attaques de diligences le disputent aux scènes de combat avec les Indiens. Une tournée mondiale va faire découvrir à des millions de spectateurs les aventuriers du Far west.
A sa mort, en 1917, Buffalo Bill est célèbre dans le monde entier mais il n’est pas encore la figure mythique que l’on connaît. Ce sont les westerns et la littérature populaire américaine qui vont lui donner ce statu supplémentaire : celui de héros.

Pour une civilisation comptable

Jacques Attali (photo récente).
Jacques Attali (photo récente).

Une civilisation comptable. A priori, les deux mots sont antinomiques, totalement opposés ; pourtant, on peut légitimement se demander si le président de la République a cette vision-là de la civilisation. Il y a peu, un article du Point signé Baverez (le point édition du 17 janvier 2008) titrait "La civilisation n’est pas une politique". Non, en effet, la civilisation doit, ou du moins devrait, conduire à une vision plus grande, plus lointaine, ce qui entraînerait l’application de telle ou telle politique. Car qu’est-ce que la civilisation si ce n’est un ensemble de progrès, d’évolutions techniques et morales, politiques et artistiques qui imprègnent une société, qui l’amènent vers un même but. La civilisation des Grecs antiques fera l’apologie de la démocratie ; la civilisation égyptienne est celle du divin ; celle de Mésopotamie a découvert et développé l’écriture mais également le principe juridique quant à la civilisation européenne médiévale, ceux sont les valeurs judéo-chrétiennes qui l’on guidé, formé. D’accord ou non avec ses valeurs, ces principes, il n’empêche que l’on peut les considérer comme des principes nobles, élevant l’humain, lui donnant un but qui va au delà de sa propre personne. Et c’est ce que semblait proposer, sans la définir vraiment, monsieur Sarkozy en évoquant un "politique de civilisation". Résultat : le rapport Attali dont on nous dit et on nous assure qu’il sera, pour une bonne part, mis en application.
Or qu’est-ce que ce rapport si ce n’est l’inverse absolu de la civilisation, d’une politique de civilisation ? Qu’est-ce si ce n’est une analyse comptable du monde et de la société. Certes, l’économie est importante ; elle doit, très certainement, être réformé. Mais de là à ne voir en l’homme qu’un numéro… Or c’est exactement ce que fait ce fameux rapport, soi-disant rédigé par des économistes autant que par des philosophes, des écrivains, bref des êtres sensés avoir une idée autre que le simple jeu boursier. Inutile de revenir sur la suppression des départements, des numerus clausus des pharmaciens que le président de la République -brossage dans la sens du poil oblige- n’appliquera pas. Mais qu’en est-il de la question de l’immigration que le Figaro, dans un numéro anticipateur, a fortement décrié ? Qu’en est-il de la question des personnes âgées -pas des seniors, mais de ceux qui sont à charge… Car monsieur Attali a toutes les réponses, toutes les solutions. La France a besoin, aura besoin de plus de bras : il suffit « d’organiser la venue de 2 millions d’étrangers par an entre 2020 et 2040, ce qui se traduirait, sur l’ensemble de la période considérée et du fait de l’élargissement des familles par l’entrée sur notre sol de 93 millions d’immigrés », soit 68% de la population d’alors. La France a besoin de bras ? Qu’on fasse travailler les seniors… mais seulement jusqu’à ce qu’ils puissent « rapporter », la vieillesse étant, quant à elle, source de coûts énormes, le problème sera réglé par l’euthanasie -puisque monsieur Attali s’est déjà clairement positionné pour cette solution- ! Que l’Europe n’arrive déjà pas à assimiler les pays qu’elle a accueilli en son sein, n’est pas un problème pour monsieur Attali qui ne raisonne qu’en terme de chiffre, de coût, de main d’œuvre. Une vision qui fleure bon le taylorisme à l’échelle étatique, voir même le communisme. Une vision dans laquelle l’être humain n’est plus qu’un chiffre, un potentiel de travail ou de dépense ; une vision qui annonce un nouveau type de civilisation : la civilisation comptable !

Le parti de l’Ordre ou la manipulation du prince-président

Charles de Montalembert (1810-1870), un des fondateurs du parti de l'Ordre.
Charles de Montalembert (1810-1870), un des fondateurs du parti de l’Ordre.

On a souvent fait de Napoléon III un être falot, peu au fait de la politique. Pourtant, c’est avec une habileté remarquable que, durant les années 1849 à 1851, il va manipuler, à son avantage, le parti de l’Ordre.
Le règne de Louis-Philippe Ier (1830-1848) avait été celui de la bourgeoisie. Une bourgeoisie qui faisait reposer ses ambitions sur l’industrialisation et sur la spéculation boursière, deux phénomènes qui, vers 1846-1847, allaient sombrer dans une crise sans précédent. La paupérisation des campagnes mais surtout des milieux ouvriers, le vent de révolte que semblait souffler menaçaient le régime tout entier. Et il paraissait évident que Louis-Philippe, qui avait mollement mené la campagne d’Algérie, qui avait mollement répondu aux désirs guerriers des anglophobes et qui avait tout bonnement ignoré la révolte de la rue, ne saurait faire face. L’opposition républicaine, de son côté, s’était concentrée dans une opposition au régime électoral. Le renvoi de Guizot, en 1847, ne devait être que le prélude à l’inévitable : l’insurrection de Paris et l’abdication du roi. En 1848, la IIe République était donc proclamée. Une république qui avait elle-même ses opposants, parmi lesquels les légitimistes, les orléanistes et les divers forces de droite regroupées en un seul mouvement : le parti de l’Ordre.
Né en 1849, ce parti de l’Ordre avait pour chef des hommes comme Odilon Barrot, Montalembert, Molé, Berryer. On compta même Victor Hugo parmi ses membres, mais pour peu de temps. Largement majoritaire à l’Assemblée de 1849, le parti de l’Ordre devait donner entière satisfaction aux catholiques en initiant l’expédition de Rome, en promulguant la loi Falloux sur l’enseignement secondaire. Mais les lois sur la presse, celle sur la déportation des insurgés d’Algérie ou encore celle sur la restriction du suffrage universel devaient fortement le déconsidérer dans l’opinion. Sans compter un oubli total des problèmes sociaux au cœur de la révolution de 1848. Voilà qui allait faire le jeu de Louis-Napoléon Bonaparte qui se présentera alors comme un dictateur populaire et social.

Les saints des derniers jours

Brigham Young (1801-1877)

Le 24 juillet 1847, arrive sur les bords du lac Salé une longue caravane de pionniers. Ils viennent de parcourir quelques mille sept cents kilomètres, fuyant la colère des « Gentils » et abandonnant le corps de leur premier prophète, Joseph Smith junior.
C’est à l’âge de quinze ans que Smith a une première vision du dessein de Dieu à travers le Livre de Mormon, découvert grâce à l’ange Moroni. En 1827, il fonde « l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours », annonçant l’avènement prochain d’un règne terrestre de Dieu, que lui, Smith, doit préparer en soumettant le monde. Peu à peu, Smith devra abandonner ses prétentions -il se présentera tout de même à la présidence des États-Unis et se contentera de fonder Nauvoo, la « nouvelle Jérusalem ».
Fuyant la persécutions des autres communautés, les mormons, dirigés par Brigham Young, s’installent donc à Salt Lake City, faisant de l’Utah un État totalement indépendant du reste des États-Unis. Young promulguera, en 1852, le dogme de la polygamie, déjà annoncé par Smith et qui avait occasionné une première scission dans l’Église des saints des derniers jours. Ce n’est d’ailleurs que cinquante ans plus tard, quand les mormons auront décidé d’abandonner -officiellement du moins- la polygamie, qu’ils pourront être admis dans l’Union.

Kadhafi, le trublion du monde arabe

Mouammar al-Kadhafi (né en 1942), d'après un dessin original.
Mouammar al-Kadhafi (né en 1942), d’après un dessin original.

A l’heure où l’Europe se félicite de la libération des infirmières et du médecin bulgares condamnés pour avoir prétendument inoculé le virus du sida à des enfants libyens, force est de constater que l’on oublie d’évoquer celui qui apparaît comme la figure centrale de cette pénible affaire : Mouammar al-Kadhafi. Un homme pétrit de contradictions et d’actes ratés et qui joue les trublions sur la scène internationale depuis pas moins de trente-sept ans !
C’est en 1970 que Kadhafi prend le pouvoir en lieu et place d’Idriss Ier, instaurant une République arabe libyenne à laquelle succèdera, en 1977, la Jamahiriya arabe libyenne. Un bien joli nom  pour désigner une dictature islamique –on y applique la charia ; un nom sensé représenter cette « démocratie directe » que Kadhafi appelle de ses vœux dans son Petit Livre vert. Une démocratie qui n’en a pas même l’apparence d’ailleurs, le parti du Colonel étant le seul autorisé dans le pays.
Ce n’est certes pas la seule contradiction du personnage, tour à tour chantre du panarabisme puis soutien des Etats-Unis. C’est peu dire que le Guide suprême de la Libye est passé maître dans l’art de l’inconséquence et de l’inconstance. Adepte de toutes les fusions, fédérations, confédérations, dans le but unique de jouer un rôle de premier plan au niveau international, il sera tour à tour allié des Soviétiques, de l’Egypte et de la Syrie, verra ensuite son salut dans une coopération avec le Maghreb, notamment la Tunisie, avant de se plier aux exigences américaines.
Qu’il y ait été contraint ne fait guère de doute mais cette girouette politique fait plus que se soumettre, il trahit. Europhile et ami des Etats-Unis depuis le début des années 2000, le voilà porteur d’un nouveau rêve : celui d’édifier les Etats-Unis d’Afrique. Une trouvaille qui n’en est pas réellement une mais qui permettrait au Colonel de finir en beauté… pourquoi pas à la tête de ces Etats-Unis à la mode africaine. C’est du moins ce que soupçonnent nombre de dirigeants africains qui voient une fois de plus s’agiter ce franc-tireur avec une certaine inquiétude. Et qui pourrait les en blâmer au vu des « états de service » du Libyen ? Car l’agitation, les voltes faces, les discours grandiloquents ne sauraient faire oublier la nocivité de l’individu, impliqué dans les attentats de Berlin, Lockerbie et contre un avion de l’UTA au Tchad.
Mis à l’amende par l’ONU et les Américains, Kadhafi finira bien par reconnaître ses torts et même par livrer son bras droit avec l’espoir de calmer la classe internationale. Mais soutenir les Etats-Unis dans leur lutte contre « l’axe du Mal », livrer des informations sur les programmes nucléaires de la Libye, du Pakistan et de la Syrie suffisent-ils à se recréer une virginité diplomatique ? De même la libération, sans doute payée très cher, des infirmières bulgares et du médecin palestinien, détenus huit ans, torturés, brisés, suffiront-ils à effacer l’ardoise ? Sans doute Kadhafi, dans son délire mégalomane, l’espère-t-il, le rêve-t-il avant de se poser en sauveur de l’Afrique. Un rêve qui risque bien de se briser, comme les autres, notamment du fait de la résistance ou peut-être du réveil des Africains eux-mêmes, appelés ce mois-ci par Kofi Annan à résister à ses dirigeants qui se « cramponnent au pouvoir depuis des décennies ».

Le Tigre enflamme la France

Clémenceau, dit le Tigre, à la tribune de l'Assemblée (gravure tirée d'un journal de l'époque).
Clémenceau, dit le Tigre, à la tribune de l’Assemblée (gravure tirée d’un journal de l’époque).

Lorsque, le 16 novembre 1917, Clémenceau est appelé à former un nouveau gouvernement, la France est à bout, désespérée. La guerre des tranchées semble ne jamais devoir finir, 110 000 soldats, tués ou blessés, ont été laminés lors de l’offensive de Nivelle sur la Somme et les mutineries se multiplient. La lassitude et le défaitisme gagnent les soldats comme les civils. Le Tigre décide de redonner confiance au peuple français : il forme un cabinet de guerre jusqu’au boutiste -sans un seul ministre socialiste-, lance un emprunt de dix milliards et place Foch à la tête des armées alliés. Dans ses discours, il balaye toutes les objections de la Chambre des députés, il est prêt à toutes les alliances -y compris avec l’Action française-, si cela peut assurer le triomphe de la France.
Nous ne sommes pas au pouvoir pour assurer le triomphe d’un parti, devait-il proclamer alors devant ses pairs. Nos ambitions sont plus hautes : elles visent à sauvegarder l’intégrité de l’héroïque moral du peuple français. Chacun de nous a aujourd’hui le droit de dire : je suis fils d’une vieille et belle histoire, je suis le fils d’un peuple qui a pensé, a écrit, a agi et nos petits-neveux penseront, écriront, agiront de même.
Un an après ce discours enflammé, l’armistice était signé…