Ritter : le fils de Strabon

Karl Ritter (1779-1859).
Karl Ritter (1779-1859).

Il marchait d’un pas lent et inégal et, parfois, s’arrêtait pour réfléchir ; ses yeux, dirigés au loin comme s’ils rêvaient à l’Asie ou bien à l’Afrique lointaines, s’abaissaient rarement sur ceux auxquels il parlait ; on voyait dans chacun de ses mouvements qu’il était, pour ainsi dire, possédé par le démon de la science…
Fils spirituel de Strabon, Karl Ritter meurt, le 28 septembre 1859. Considéré comme le véritable fondateur de la géographie moderne, Ritter a su privilégier le rapport entre l’homme et le milieu physique, se faisant à la fois géographe et historien, et a donné une place de plus en plus importante à la géographie humaine. Les vingt volumes de son œuvre inachevée, Étude de la terre dans ses rapports avec la nature et l’histoire, constituent un véritable modèle pour les géographes à venir.

Roosevelt, l’homme de la guerre

Franklin Delano Roosevelt (1882-1945).
Franklin Delano Roosevelt (1882-1945).

Neveu de l’ancien président Teddy Roosevelt, Franklin Delano est né, le 20 janvier 1882, à Hyde Park. Ancien élève d’Harvard, il devient avocat puis sénateur de l’État de New York en 1910. En 1920, il interrompt sa carrière politique à la suite d’une attaque de polyomélite et c’est dans une chaise roulante qu’il reprend le chemin des urnes en 1928. Il est élu gouverneur de l’État  puis, toujours sous la bannière démocrate, président des États-Unis en 1933. Lorsque la guerre éclate en Europe, Roosevelt tient les États-Unis dans une prudente neutralité mais la soudaine attaque de Pearl Harbor par les Japonais va changer la donne.
Roosevelt ne peut plus reculer : il sera donc l’homme de la guerre et lancera les États-Unis dans le conflit mondial. La guerre à peine achevée, Roosevelt est réélu mais, épuisé, il meurt, terrassé par une crise cardiaque, le 12 avril 1945 à Warm Spring.

Roy Bean : l’Amérique à deux visages

Photo du
Photo du "juge" Roy Bean (1825-1903)..

Si un pays n’est pas maître de son histoire, au moins a-t-il la possibilité de l’accepter. Il semble qu’aux Etats-Unis, on n’en soit pas encore là car, si les westerns se sont fait les vecteurs d’une histoire idéalisée et erronée, le désir de repentance, si à la mode dans le monde occidental fait désormais passer les conquérants de l’Ouest pour un ramassis d’assassins sans envergure. Sans doute y a-t-il eu autant de brigands que d’aventuriers, tous assoiffés par le désir de découverte ou simplement de richesses, mais la conquête de l’Ouest a également révélé quelques figures atypiques dont l’histoire mérite d’être retenue. Ainsi en est-il du redoutable Roy Bean, barman, juge et passer maître dans l’art de « rouler les gens dans la farine » !
Originaire du Kentucky, c’est accompagné de ses deux frères que Roy Bean se lance dans l’aventure de l’Ouest américain. Et c’est entre la Californie et le Nouveau-Mexique qu’il exercera ses nombreux talents. Ses frères aussi d’ailleurs, l’un en tant que maire et propriétaire de saloon et l’autre comme shérif… et propriétaire de saloon. Avant de marcher allègrement sur les traces de ses augustes prédécesseurs et d’embrasser la carrière de juge et de barman, Roy Bean va se faire un devoir d’apprendre à connaître la loi… en la détournant, bien sûr.
Marchand d’armes durant la guerre de Sécession, fournisseur de bois volé, il avait également la réputation de vendre du lait coupé. Une image de brigand ma foi fort sympathique qui fait oublier un peu vite que Bean tuera par deux fois et qu’il abandonnera, sans regret aucun, sa femme et ses cinq enfants pour vendre du whisky, sans doute frelater, aux ouvriers du chemin de fer de Californie. Quant à sa « carrière » de juge, il l’exercera dans un coin perdu du Texas. C’est cette dernière activité qui allait faire la légende du juge Bean, héros de bande dessinée et de western avant de sombrer dans l’oubli du politiquement correct…

Dans l’ombre de Victoria

Albert de Saxe-Cobourg et Gotha (1819-1861).
Albert de Saxe-Cobourg et Gotha (1819-1861).

Aisément cantonné au rôle de père de ses neuf enfants ; facilement relégué dans la statut d’époux de la reine ; tout juste désigné sous le titre -acquis en 1857- de prince consort : Albert de Saxe-Cobourg et Gotha fait partie de la longue galerie de souverains méconnus.
Fils cadet du duc de Saxe-Cobourg et Gotha, cousin germain de la reine Victoria, il est à peine plus âgé qu’elle lorsqu’il l’épouse en 1840. Un mariage politique, qui sera également un véritable mariage d’amour duquel naîtront pas moins de neuf enfants. L’amour de la reine, le nombre d’enfants, brandit comme une sorte de "preuve" de cet amour : voilà, généralement à quoi se limite la biographie du prince Albert. Un prince qui ne deviendra consort qu’au bout de dix-sept ans de mariage ; un prince qui, semble-t-il, avait mérité ce titre de consort…
Certes, Albert ne gouverna pas directement, son épouse y parvenant admirablement sans son aide. Certes, son origine allemande pouvait même être un handicap. Mais le prince saura rapidement se rendre indispensable à son épouse autrement que dans leur vie de couple. Réorganisateur de l’armée lors de la guerre de Crimée, conseiller écouté de la reine, il saura surtout mettre en avant ses talents d’organisateur et même de promoteur lors de l’Exposition universelle de 1851, exposition qui sera -et il est bon de le souligner- un succès populaire autant que financier.
L’art, la peinture et la musique surtout, l’industrie, l’agriculture compteront également au nombre des "talents" du prince. Un prince allemand qui se dévouera à sa nouvelle patrie autant qu’à sa famille ; un prince allemand qui se verra nier toute existence ou presque, jusqu’à perdre son nom. En effet, lors de la Première Guerre mondiale la famille royale anglaise allait abandonner ce nom, à connotation par trop germanique, pour celui de Windsor.

Louis Renault et les débuts de l’industrie automobile

Louis Renault (1877-1944).
Louis Renault (1877-1944).

En ces jours où le salon de l’automobile fait grand bruit, une histoire, celle de Louis Renault, mérite d’être rappelé. A cela, il faut voir plusieurs raisons : l’histoire de l’automobile française a débuté grâce à quelques passionnés tels que Louis Renault (1877-1944) ; et, à cause du procès –juste ou non- qu’il lui a été fait, la pierre qu’il a apporté à l’édifice de cette industrie a trop souvent été occulté voir banalisé.
Mécaniciens amateurs, Louis et son frère Marcel aménagent un atelier dans la maison de leurs parents à Billancourt et y mettent au point, en 1898, leur première voiture. L’année suivante, ils fondent l’usine Renault Frères et accaparent alors le marché des taxis parisiens et londoniens ; ils augmentent ainsi leur production rapidement et construisent le tank Renault.
Ce n’est qu’en 1932, avec la sortie des quatre cylindres Monaquatre, Primaquatre, Vivaquatre puis des six cylindres Monastella, Primastella et Vivastella, que Louis Renault, alors seul à la tête de l’entreprise, concurrence sérieusement Citroën. Quand la guerre éclate, Renault est le premier constructeur automobile et, dans la France occupée, ses usines se mettent au service de la Wehrmacht. À la libération, Renault est arrêté et meurt, le 24 octobre 1944, après quelques mois de prison.

Kadhafi, le trublion du monde arabe

Mouammar al-Kadhafi (né en 1942), d'après un dessin original.
Mouammar al-Kadhafi (né en 1942), d’après un dessin original.

A l’heure où l’Europe se félicite de la libération des infirmières et du médecin bulgares condamnés pour avoir prétendument inoculé le virus du sida à des enfants libyens, force est de constater que l’on oublie d’évoquer celui qui apparaît comme la figure centrale de cette pénible affaire : Mouammar al-Kadhafi. Un homme pétrit de contradictions et d’actes ratés et qui joue les trublions sur la scène internationale depuis pas moins de trente-sept ans !
C’est en 1970 que Kadhafi prend le pouvoir en lieu et place d’Idriss Ier, instaurant une République arabe libyenne à laquelle succèdera, en 1977, la Jamahiriya arabe libyenne. Un bien joli nom  pour désigner une dictature islamique –on y applique la charia ; un nom sensé représenter cette « démocratie directe » que Kadhafi appelle de ses vœux dans son Petit Livre vert. Une démocratie qui n’en a pas même l’apparence d’ailleurs, le parti du Colonel étant le seul autorisé dans le pays.
Ce n’est certes pas la seule contradiction du personnage, tour à tour chantre du panarabisme puis soutien des Etats-Unis. C’est peu dire que le Guide suprême de la Libye est passé maître dans l’art de l’inconséquence et de l’inconstance. Adepte de toutes les fusions, fédérations, confédérations, dans le but unique de jouer un rôle de premier plan au niveau international, il sera tour à tour allié des Soviétiques, de l’Egypte et de la Syrie, verra ensuite son salut dans une coopération avec le Maghreb, notamment la Tunisie, avant de se plier aux exigences américaines.
Qu’il y ait été contraint ne fait guère de doute mais cette girouette politique fait plus que se soumettre, il trahit. Europhile et ami des Etats-Unis depuis le début des années 2000, le voilà porteur d’un nouveau rêve : celui d’édifier les Etats-Unis d’Afrique. Une trouvaille qui n’en est pas réellement une mais qui permettrait au Colonel de finir en beauté… pourquoi pas à la tête de ces Etats-Unis à la mode africaine. C’est du moins ce que soupçonnent nombre de dirigeants africains qui voient une fois de plus s’agiter ce franc-tireur avec une certaine inquiétude. Et qui pourrait les en blâmer au vu des « états de service » du Libyen ? Car l’agitation, les voltes faces, les discours grandiloquents ne sauraient faire oublier la nocivité de l’individu, impliqué dans les attentats de Berlin, Lockerbie et contre un avion de l’UTA au Tchad.
Mis à l’amende par l’ONU et les Américains, Kadhafi finira bien par reconnaître ses torts et même par livrer son bras droit avec l’espoir de calmer la classe internationale. Mais soutenir les Etats-Unis dans leur lutte contre « l’axe du Mal », livrer des informations sur les programmes nucléaires de la Libye, du Pakistan et de la Syrie suffisent-ils à se recréer une virginité diplomatique ? De même la libération, sans doute payée très cher, des infirmières bulgares et du médecin palestinien, détenus huit ans, torturés, brisés, suffiront-ils à effacer l’ardoise ? Sans doute Kadhafi, dans son délire mégalomane, l’espère-t-il, le rêve-t-il avant de se poser en sauveur de l’Afrique. Un rêve qui risque bien de se briser, comme les autres, notamment du fait de la résistance ou peut-être du réveil des Africains eux-mêmes, appelés ce mois-ci par Kofi Annan à résister à ses dirigeants qui se « cramponnent au pouvoir depuis des décennies ».

Brazza « l’Africain »

Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905) part pour sa toute première exploration en Afrique en 1875. Cet  officier de marine, Italien d’origine, à l’âme aventureuse, explore les côtes du Gabon et remonte le cours de l’Ogooué près duquel il fonde Franceville. Lors d’un second voyage, il reprend la route fluviale de l’Ogooué, atteint le Congo qu’il place sous protectorat français, fonde Brazzaville et devient, en 1886, commissaire général au Congo. Durant ces années de commissariat, il prend la défense des populations noires face au trafic de colons peu scupuleux. Nombre de députés se dressent alors contre lui  et le destituent en 1897. Déçu, amer, il meurt le 14 septembre 1905 à Dakar.

Ciano ou les regrets d’un impérialiste

Le comte Galeazzo Ciano (1903-1944).
Le comte Galeazzo Ciano (1903-1944).

Déjà, la carrière politique et militaire de Galeazzo Ciano semblait toute tracée : son père s’était distingué dans l’attaque de sous-marins au cours de la Première Guerre mondiale et avait adhéré dans la foulée au parti fasciste. En 1930, Galeazzo suit promptement les traces de son père et, tout jeune diplomate, épouse, en 1930, la fille de Mussolini, Edda. Devenu sous-secrétaire d’Etat puis ministre de la presse et de la propagande (1935), le jeune comte Ciano participe à la guerre d’Ethiopie en tant qu’aviateur puis devient, en 1936, ministre des Affaires étrangères. Un poste essentiel en cette période de bouleversement européen ; un poste qui va faire de lui le principal artisan de la politique impérialiste de l’Italie, politique consacrée, en 1939, par l’axe Rome-Berlin. Dès lors, l’Italie de Mussolini est entraînée dans le sillage de la politique belliqueuse de l’Allemagne… ce qui est justement ce que Ciano veut éviter. Le calcul est mauvais car, malgré les réticences de Ciano, l’Italie ne peut plus faire marche arrière. De fait, Ciano a bel et bien piégé son pays, s’est piégé lui-même et ses réticences ou son opposition, de plus en plus marquée, vis-à-vis de son beau-père, Mussolini, ne changeront rient à l’affaire. Sauf pour l’intéressé lui-même qui, en 1943, se voit retirer le ministère des Affaires étrangères.
Devenu ambassadeur auprès du Vatican, Ciano ne désarme cependant pas et, en juillet 1943, vote la motion qui désavoue Mussolini. La sanction sera immédiate : le gouvernement de la République italienne le fait arrêté en novembre et, en janvier de l’année suivante, il est condamné à mort. Il mourra deux jours plus tard, fusillé dans le dos, sans avoir pu réparer ce qu’il avait si magnifiquement provoqué… par amour d’une Italie grande et forte.

Baden-Powell : scout toujours !

Robert Baden-Powell (1857-1940).
Robert Baden-Powell (1857-1940).

Mon but est simple, explique Baden-Powell. Il fallait transformer les enfants en soldats. Pas des soldats pour combattre sur le champ de bataille mais pour remporter des victoires sur… la vie !
Général anglais, devenu une idole populaire après sa victorieuse défense de Maféking, durant la guerre des Bœrs, Baden-Powell met ses expériences vécues en Afrique du Sud au service de l’éducation de la jeunesse. En 1907, dans une île au large de la Grande-Bretagne, il organise le tout premier camp, invitant des groupes de jeunes à vivre en contact avec la nature, à développer leur sens de l’observation et à se soumettre à un entraînement physique particulier.
C’est la naissance du scoutisme qui connaîtra, en peu de temps, un succès mondial.
Pendant trente ans, avec l’aide de sa sœur Agnès, il assure le développement du mouvement et ce n’est qu’en 1937 que Baden-Powell, alors âgé de soixante-dix ans, met fin à ses activités. Il se retire alors au Kenya, où il meurt le 18 novembre 1940.

Mustapha Kemal : un héritage perdu ?

Mustapha Kemal Atatürk (1881-1938).
Mustapha Kemal Atatürk (1881-1938).

Depuis la bataille de Lépante (1571), symbole du réveil de la résistance européenne à l’avancée ottomane, l’empire des sultans d’Istanbul ne cessait de perdre de son influence, de ses possessions. Au point qu’au XIXe siècle, Bismarck avait du intervenir pour enpêcher la Russie d’anéantir totalement la Turquie. De fait, au XIXe siècle, l’immense Empire ottoman n’est plus qu’un vague souvenir et les sultans ont toutes les peines du monde à conserver l’indépendance de la Turquie elle-même. En 1880, avec la création de l’administration de la Dette publique, l’économie turque passe presque entièrement sous la tutelle des Français et des Anglais. Une situation de quasi soumission qui, comme de juste, allait avoir quelques répercussions. La première sera le réveil de la puissance califale ou du moins son exaltation, avec pour but avouer de recréer l’unité autour de l’islam. Massacres contre les chrétiens, notamment les Arméniens, agitation des minorités, discrédit international : Abdul Hamid II avait tout faux. La gronde enflait, notamment dans les rangs de l’armée. Et c’est de là que va sortir, en 1895, le Mouvement des Jeunes Turcs qui mettent en place un sultan de pacotille et s’emparent du pouvoir –qu’ils exercent assez mal d’ailleurs- jusqu’en 1918.
Photo officielle d'Atatürk.
Photo officielle d’Atatürk.

Né du refus de la soumission, porté par un nationalisme exacerbé, le Mouvement des Jeunes Turcs ne durera guère mais servira de base à celui de Mustapha Kemal. En effet, ce sont exactement les mêmes sentiments qui, en 1920, animeront la révolte du général originaire de Salonique –maintenant Thessalonique. En 1923, le sultan Mohamed VI, qui avait été prêt à livrer le gouvernement du pays aux Européens, est déposé, le sultanat aboli. Le 29 octobre, la République était proclamée et Mustapha Kemal, surnommé « ghazi » -le victorieux- après ses victoires contre les Grecs, nommé président de la République turque. Une République nouvelle que Kemal va créer de toutes pièces, rompant brutalement avec l’Empire ottoman. Le califat avait été, à l’origine, un gouvernement de chefs de guerre sainte ; c’est en se revendiquant de l’islam qu’ils avaient conquis une large partie de l’Europe ; c’est également ainsi qu’ils avaient tenté de faire l’union des peuples vivant dans leur empire. Kemal allait rompre totalement avec cette vision, prônant une Turquie réduite dans ses frontières mais unie, cohérente, une République laïque. Débutée par l’abolition du califat, la laïcisation de l’Etat allait être menée avec énergie, notamment dans les domaines scolaire et judiciaire (le code turc sera largement inspiré du code civil suisse). Les confréries religieuses seront abolies, le costume religieux interdit hors des lieux de culte (1934) et la séparation de la religion et de l’Etat officialisée (1928).
Un Etat laïc ?
Nationalisme et occidentalisation semblent avoir été les moteurs des réformes kémalistes : adoption du calendrier occidental et de l’alphabet latin, abolition de la polygamie, loi sur le divorce, droit de vote accordé aux femmes. Jusqu’aux noms de famille qui deviendront obligatoires –Kemal recevra le sien de l’Assemblée qui le nommera Atatürk, « père de tous les Turcs ». Autant de réformes qui allaient faire entrer la Turquie dans l’ère moderne. Mais pour combien de temps ?
Le parti unique, la quasi dictature de Kemal, qui reste au pouvoir jusqu’à sa mort, en 1938, ne devait guère résister à ses successeurs, pas plus qu’à la Seconde Guerre mondiale. Du multipartisme, de la démocratisation allaient naître la corruption, la répression et finalement l’islamisation du pays. Et de l’héritage d’Atatürk peu de choses demeurent finalement, les principales étant la modernisation du pays et sa laïcisation. Une laïcité que la Turquie actuelle –dotée d’un président islamiste- revendique avec d’autant plus de vigueur qu’elle est toute relative. La religion est en effet mentionnée sur les papiers d’identité, l’islam est subventionné à travers ses mosquées et toutes sortes de réformes prônées par Kemal –comme le port du voile interdit dans les lieux publiques- ont été abolies… ou du moins oubliées. Au final, dans la Turquie du XXIe siècle, que reste-t-il vraiment de l’héritage de Mustapha Kemal ?