La triste fin de Berthier

Ce 1er juin 1815, le maréchal Berthier tombait d’un balcon de Bamberg : maladresse, assassinat ou encore suicide ?
Fils d’un ingénieur géographe de l’armée, Louis Alexandre Berthier était né pour être soldat. À dix-sept ans, il devient officier, prend part à la guerre d’Indépendance américaine et obtient le grade de major général de la garde de Versailles. Il protègera la famille royale pendant les journées d’octobre 1789 puis, enrôlé dans l’armée d’Italie, s’attachera à Bonaparte. Dès lors, ses pas suivront avec fidélité ceux du Corse : il s’embarque pour l’Égypte et participe au 18 Brumaire.
Berthier ne s’était pas trompé en donnant son âme à Bonaparte : il devient ministre de la Guerre en 1800, est promu maréchal en 1804 puis major général de la Grande Armée en 1805. Marié à Élisabeth de Bavière, il obtient le titre de prince de Neuchâtel et de Wagram.
Docile, ponctuel, bon soldat, il était très apprécié de l’empereur. Pourtant, en 1814, Berthier s’empressera de trahir son chef pour se rallier aux Bourbons. C’est d’ailleurs durant les Cent-Jours, alors qu’il s’enfuyait avec la cour de Louis XVIII, qu’il meurt.

Kennedy ou le mythe américain

John Fitzgerald Kennedy (1917-1963).
John Fitzgerald Kennedy (1917-1963).

Il est le plus populaire des présidents américains. Il symbolise à lui tout seul l’Amérique moderne des années 60, celle qui conduira à la reconnaissance des droits des noirs, celle de la conquête des étoiles. Pourtant, si l’on regarde avec quelque attention le bilan politique de Kennedy, force est de constater qu’il paraît bien maigre au vu de la réputation de l’homme. De fait, Kennedy l’homme autant que Kennedy le politique tient avant tout du mythe historique. Un mythe qui né de l’instant où le président s’effondre, touché par une balle.
Fils d’un ambassadeur, officier de marine dans le Pacifique durant la Deuxième Guerre mondiale, journaliste, vainqueur du prix Pulitzer en 1957 pour son livre Profiles i courage, John Fitzgerald Kennedy avait décidément tous les atouts pour accéder à la plus haute fonction. Des atouts soigneusement promus, parfois même un peu arrangés par son diplomate de père, Joseph Kennedy, une sorte d’autocrate version familiale et qui avait décidé du destin exceptionnel de son fils. Pour atteindre au but, le fils deviendra la représentant du Massachussets au Congrès -de 1946 à 1953- puis au Sénat -de 1953 à 1960.
On a beaucoup écrit sur l’immense popularité de Kennedy. Pourtant, il lui faudra batailler ferme pour accéder au pouvoir suprême. Et la première étape n’était pas des moindres puisqu’il s’agissait de convaincre le Parti démocrate d’en faire son champion sur des thèmes aussi novateurs et peu porteurs que l’Alliance for progress -soit l’aide aux pays sous-développés-, l’intégration raciale, l’assistance aux vieillards. Des thèmes typiques des Démocrates outre-Atlantique… à la fin du Xxe siècle et au début du XXIe. Mais des thèmes qui, à l’époque, marquaient une réelle rupture avec les politiques précédentes. De fait, Kennedy est un homme de son temps et, cela, personne ne saurait le lui contester. Malgré tout, ce n’est guère qu’avec une avance de 120 000 voix sur 70 millions de suffrages qu’il est élu président des Etats-Unis en novembre 1960. Une élection qui fait de lui le plus jeune président des Etats-Unis ; une élection qui fait de lui le premier catholique à atteindre au poste suprême.
La présidence Kennedy sera celle du glamour, de la jeunesse et du charme. Trois aspects qui, grâce à une maîtrise parfaite des médias, vont contribuer à la légende Kennedy. Par contre, politiquement, nous sommes bien loin du héros de l’Amérique nouvelle. Certes, Kennedy ne présida que trois ans. Trois années qui ne suffiront qu’à entamer des chantiers et à essuyer quelques échecs retentissants. Ainsi sur le dossier des droits civiques des noirs, Kennedy n’ira pas plus loin que la promesse de campagne et c’est son successeur, Lyndon Johnson qui le fera voter par le Congrès (1964). Ainsi c’est également Kennedy qui allait augmenter l’aide au Vietnam, non parce qu’il était " en voix de développement" mais bien parce qu’il était un rempart à conserver contre le communisme asiatique. Une aide qui, en 1964, va se transformer en "escalade américaine" et en guerre du Vietnam. D’ailleurs il n’y a pas qu’au Vietnam que Kennedy décidera d’intervenir : en 1961, il subit l’échec cinglant de la Baie des Cochons, une tentative avortée contre le régime castriste de Cuba, et ne se révélera honorable dans sa gestion de la crise que lors de l’installation des missiles de Cuba. Rien de bien glorieux donc. Rien qui justifie l’auréole dont on a entouré le bilan politique de Kennedy, mais rien qui justifie non plus son assassinat.
C’est alors que le président est en pleine campagne pour le mandat suivant que les événements vont se dérouler.
Le 22 novembre 1963, John Kennedy et sa femme, Jacqueline, atterrissent à Dallas, Texas. Le cortège doit traverser la ville. Le président et sa femme, accompagnés du gouverneur Connaly et de son épouse sont dans une décapotable qui avance lentement, laissant tout loisir aux badauds d’applaudir le couple présidentiel. Des gardes du corps entourent le véhicule, en nombre. Peu importe, cependant, car dans cette voiture, Kennedy est une cible de choix atteignable par n’importe qui depuis l’étage d’un immeuble. Le cortège est à mi-parcourt lorsqu’un coup de feu éclate. Suivi d’un autre. Puis d’un autre. Au total 3 balles seront tirées sur la voiture présidentielle -c’est du moins la version officielle. Une atteindra Kennedy à la tête, une autre au dos et ressortira par la gorge, une autre blessera en trois endroits le gouverneur Connaly. Quelques heures plus tard, le médecin de l’hôpital de Dallas annonce au monde entier la terrible nouvelle : "The president is dead" -"le président est mort".
Désormais, Kennedy entre au panthéon des héros nationaux ; il fait l’objet d’un véritable culte… ce qui ne pouvait que fausser toute tentative d’éclaircissement de son assassinat. Car la question reste entière et la commission Warren -désignée par Lindon Johnson-, qui rejette l’idée d’un complot sudiste, castriste ou communiste ne convainc personne. Pourtant, on imagine mal le seul Lee Harvey Oswald, assassin présumé abattu deux jours après le président, décider d’un tel acte. Et si Oswald était bien l’assassin -conclusion à laquelle parviendra la commission Warren- qui a voulu la mort du président et pourquoi ? Les accointances mafieuses des Kennedy, et notamment de Joseph, père du président assassiné ; les attaques de Bob Kennedy contre cette même mafia lors de la présidence de son frère ; les velléités d’indépendance de certains services, comme la CIA ou le FBI -indépendance que le président avait dans l’idée de réduire, notamment après l’échec de la Baie des Cochons : difficile de savoir ou est le mythe et où est la vérité. Difficile de faire la part de l’histoire et celle de la légende. Pourtant ces questions échauffent les esprits, même 45 ans plus tard. Et certainement, elles continueront à le faire tant que la vérité ne sera pas dévoilée. Mais pourra-t-elle jamais l’être ?

La reine Hortense

Hortense de Beauharnais (1783-1837).
Hortense de Beauharnais (1783-1837).

Belle, intelligente, belle-fille puis belle-sœur de Napoléon Ier, reine de Hollande, mère de Napoléon III, Hortense de Beauharnais tient une place de choix dans toute l’histoire de l’Empire et sa vie est un véritable roman. Mariée de force, en 1802, au frère de l’Empereur, Louis, elle devient reine de Hollande après que Napoléon ait fait cadeau de ce trône à son cadet. Hortense doit le suivre mais c’est avec infiniment de répugnance qu’elle arrive dans son nouveau pays. Elle le quittera dès 1810, après l’abdication de Louis. À Paris, sa conduite continue de défrayer la chronique. On dit déjà que son dernier fils, Charles-Louis-Napoléon, le futur Napoléon III, est le fils du célèbre amiral hollandais, Verhuelle ! Et, selon certaines rumeurs, vraisemblablement plus fondées que les précédentes, Hortense aurait mis au monde un autre bâtard, fils du comte de Flahaut et donc petit-fils de Talleyrand.
Mais la seconde Restauration sonne le glas des frivolités parisiennes et Hortense, soupçonnée d’avoir aidé aux Cents jours, est exilée… elle ne reverra jamais la France. Installée depuis 1817 au château d’Arenberg, sur les bords du lac de Constance, elle y meurt, le 5 octobre 1837.

JFK

John Fitzgerald Kennedy (1917-1963).
John Fitzgerald Kennedy (1917-1963).

Issu d’une famille irlandaise dont la fortune avait été édifiée au siècle précédent, John Fitzgerald Kennedy se voit lancer dans l’arène politique par son père, Joseph, ancien ambassadeur des États-Unis à Londres. Ses études à Harvard, son engagement même dans la marine durant la Seconde Guerre mondiale, tout a été programmé pour faire de « Jack » un homme politique d’envergure.
Et en effet, en 1947, il est élu à la chambre des Représentants comme démocrate puis sénateur de 1953 à 1960. Candidat démocrate durant la campagne électorale de 1960, Kennedy rompt avec l’image habituelle du politicien. Jeune -il n’a que 43 ans-, dynamique, fréquentant le « gratin » intellectuel et artistique, doté d’une femme superbe : il a toutes les chances de son côté. Malgré tout, ce n’est que d’extrême justesse qu’il sera élu. Premier président catholique, plus jeune président des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy compte aussi marquer l’histoire : il tente d’améliorer les relations américano-soviétiques -malgré l’épisode des missiles de Cuba qu’il réglera de mains de maître-, apporte un début de solutions aux problèmes raciaux et sociaux, instaure le Kennedy Round, censé ouvrir l’économie américaine au marché européen, se déclare favorable au désarmement nucléaire… tout en initiant un engagement toujours croissant du pays au Vietnam.
Tout cela, en si peu de temps, fait certainement de Kennedy un personnage marquant de l’histoire des États-Unis. Sa mort devait faire de lui un personnage de légende : le 22 novembre 1963, alors qu’il entame une tournée électorale au Texas, le président John Fitzgerald Kennedy est assassiné. Dans les jours qui viennent et pour des années, l’Amérique entière pleure un homme qu’elle a désormais placé au rang de héros.
Sa vie, encore maintenant -soit quarante ans plus tard- passionne les foules, qui se moquent bien des zones d’ombre du personnage, des rumeurs sur des liens mafieux. Encore maintenant, on s’interroge sur sa mort, sur les commanditaires de cet assassinat, d’autant que la thèse Lee Harvey Oswald ne convainc plus personne. Encore maintenant JFK est entouré d’une auréole de gloire et de perfection que rien, sans doute, ne pourra troubler.

Abd El-Kader, « sultan des Arabes »

Abd El-Kader (1808-1883)
Partis en 1830 pour une simple expédition punitive contre le dey d’Alger, les Français se retrouvent rapidement maîtres de la ville et de plusieurs ports. Limitant la présence française au littoral, Louis-Philippe favorise alors les alliances avec les chefs indigènes.
Le marabout Abd El-Kader, proclamé le 22 novembre 1832, «sultan des Arabes» par des tribus de l’Oranie, devient l’allié des Français.
Soutenu par la France, il s’empare rapidement de la plus grande partie du territoire algérien alors aux mains des Turcs et organise un État arabe unifié.
Mais, en octobre 1839, Abd El-Kader rompt les accords avec la France qu’il suspecte de chercher à étendre la colonisation et décrète la guerre sainte. La Mitidja est envahie et les colons massacrés. Alors s’engage une guerre sans merci. Adoptant les techniques guerrières de son ennemi, le général Bugeaud, qui s’appuie sur la Légion étrangère, les « Bat’ d’Af » (bataillons d’Afrique) et les spahis, prend très rapidement l’avantage. Après trois ans de guerre, le général Bugeaud contrôle la plus grande partie du pays.
Le marabout Abd El-Kader, traqué, fuit désespérément devant les Français. Le 16 mai 1843, il est pris au piège par le duc d’Aumale qui lance la charge : Abd El-Kader s’enfuit, perdant ainsi le soutien du peuple. L’Algérie se soumet rapidement et le « sultan des Arabes », réfugié en Turquie, meurt en 1883.

Le fils de l’Aigle

Napoléon II, duc de Reichstadt (1811-1832).
Napoléon II, duc de Reichstadt (1811-1832).

Mil huit cent onze ! Ô temps où des peuples sans nombre
Attendaient, prosternés sous un nuage sombre,
Que le ciel eût dit oui !

Le 20 mars 1811, l’Aigle a un Aiglon, Napoléon a un fils ! Après son divorce avec Joséphine, qui ne lui donne pas d’enfant, Napoléon Ier épouse, en 1809, Marie-Louise d’Autriche, la fille de l’empereur François Ier, dans l’espoir d’avoir un héritier. Quand son vœu se réalise, Napoléon est ivre de joie.
Le 22 juin 1815, après les Cent-Jours, le « petit roi de Rome » devient donc Napoléon II : son père vient d’abdiquer en sa faveur. Mais la France préfère se doter d’un souverain de l’ancienne lignée, Louis XVIII et l’Aiglon devient duc de Parme. Réfugié à la cour de son grand-père, en Autriche, où il va prendre le titre de duc de Reichstadt, il mène une vie princière mais tout est mis en œuvre pour effacer jusqu’au souvenir de son père. Quand il meurt à l’âge de vingt-deux ans, le dernier espoir des Bonapartistes s’évanouit.
Plus d’un siècle plus tard, le IIIe Reich décrète le transport des restes de Napoléon II aux Invalides : l’Aiglon est allé rejoindre l’Aigle…

Théodore II, le négus d’Ethiopie

Théodore II d'Ethiopie (gravure du XIXe siècle).
Théodore II d’Ethiopie (gravure du XIXe siècle).

C’est en 1855 que Kassa (1820-1868), chef d’un petit canton de la province de Gondar, unifie, par la conquête et les alliances, l’Éthiopie tout entière et se proclame négus. Dès lors, l’Éthiopie entre dans une ère nouvelle, ce que confirme le nouveau négus qui prend le nom de Théodore II, d’anciennes légendes annonçant qu’un Théodore rendrait sa puissance au pays. C’est d’ailleurs ce que fera Théodore II qui veut faire de sa terre un pays moderne : il réorganise donc la justice, l’administration, la police et remplace les chefs de clans, les ras, par des gouverneurs de province. Mais, à peine l’Éthiopie est-elle engagée sur la voie du modernisme, que le négus, qui jusque-là comptait sur les Occidentaux, réalise que l’Éthiopie est désormais une proie idéale pour les colonialistes. Théodore II chasse donc le consul de France et enferme le représentant britannique… ce qui entraîne nécessairement une intervention des Anglais. Isolé après avoir décimé les chefs locaux, Théodore II doit rapidement se replier et finalement se suicide, le 16 avril 1868, dans sa forteresse de Magdala.

Le dernier tsar de toutes les Russies…

Nicolas II (1868-1917).
Nicolas II (1868-1917).

À son arrivée sur le trône impérial de Russie, en 1894, Nicolas II se trouvait face à un pays en pleine mutation et déjà fortement agité par le vent de la révolution.
Relâchant le système fortement autocrate de son père Alexandre III, il établit un régime constitutionnel et accorde de nombreuses libertés (culte, association ou réunion) oubliées depuis de nombreuses années. Mais, tout comme Louis XVI avait été incapable de faire face avec énergie à l’émergence de la Révolution, Nicolas II était bien trop faible et effacé pour tenir tête aux extrémistes de gauche comme de droite.
C’est la guerre de 1914 qui va tout déclencher. Soutenant avec ferveur la Serbie, Nicolas II envoie ses troupes combattre une Allemagne déterminée : il en résultera deux millions cinq cent mille morts chez les Russes et une succession de défaites. C’est l’occasion qu’attendaient les révolutionnaires de la Douma qui exigent et obtiennent l’abdication du tsar le 15 mars 1917.
Placé en résidence surveillée avec sa famille à Tsarskoïe Selo, il est ensuite conduit à Iekaterinbourg où, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, Nicolas II, sa femme, la tsarine Alexandra, le tsarévitch et les quatre grandes-duchesses sont fusillés, avant que leurs corps ne soient jetés dans les bois et recouverts de chaux.
Ainsi finit le dernier tsar de toutes les Russies…

Buffalo Bill, la terreur de l’Ouest

William Cody, alias Buffalo Bill (1846-1917).
William Cody, alias Buffalo Bill (1846-1917).

Chasseur célèbre, metteur en scène de spectacle, éclaireur du Pony express puis de l’armée ; ou bien massacreur de bisons et tueur d’Indiens : qui était réellement Buffalo Bill, cette figure incontournable du Far west ?
William Frederick Cody, né dans l’Iowa en 1846, débute sa carrière lors de la guerre de Sécession (1861-1865) comme éclaireur chez les Nordistes. C’est alors qu’il fait la rencontre du général Custer, réputé pour sa lutte acharnée et sanglante contre les Indiens. À la fin de la guerre, Custer est désigné par les autorités fédérales pour repousser les Indiens hors de la plaine allant des Montagnes Rocheuses au Mississipi, afin d’installer un réseau ferroviaire. Il s’adjoint l’éclaireur William Cody qui, entre temps, a apporté sa contribution à l’histoire légendaire du Pony express, une société de distribution de courrier qui n’hésitait pas à braver les distance et les Indiens. Sous le commandement de Custer, Cody joue d’ailleurs plus qu’un rôle d’éclaireur : en effet, n’est-ce pas lui qui a tué puis scalpé le chef cheyenne Main-Jaune ?
L’éclaireur va également mettre ses talents de chasseur hors-pair au service de la compagnie ferrovière Kansas Pacific en les approvisionnant en viande de bison. Une activité qui achèvera de faire sa réputation et qui lui vaudra le surnom de Buffalo Bill, « buffalo » signifiant bison. On raconte même qu’il aurait abattu, au cours d’un « duel » -ou plutôt d’un concours- d’où il sortit d’ailleurs vainqueur, pas moins de 69 bisons en une seule journée !
Mais peut-être n’est-ce là qu’une légende née sous la plume du journaliste Edward Judson qui, sous le nom de Ned Buntline, va s’ingénier à faire de Cody un héros de l’Ouest américain. Cody, apparemment aussi doué en communication qu’armé d’un fusil, va lui-même s’y atteler. De 1882 à 1912, il monte et présente le Buffalo Bill’s Wild West show, un spectacle grandeur nature où les attaques de diligences le disputent aux scènes de combat avec les Indiens. Une tournée mondiale va faire découvrir à des millions de spectateurs les aventuriers du Far west.
A sa mort, en 1917, Buffalo Bill est célèbre dans le monde entier mais il n’est pas encore la figure mythique que l’on connaît. Ce sont les westerns et la littérature populaire américaine qui vont lui donner ce statu supplémentaire : celui de héros.

Le père de l’Action française

Charles Maurras (1868-1952).
Charles Maurras (1868-1952).

Écrivain et journaliste de talent, Charles Maurras, né à Martigues en 1868, est avant tout connu comme un théoricien politique et le fondateur d’Action française.
Nationaliste engagé lors de l’affaire Dreyfus, opposé au principe démocratique, il allait jusqu’à prêcher « la violence au service de la raison », principe parfois mis en application par le mouvement des Camelots du roi, et mettait l’amour de la nation au-dessus de tout.
Maître à penser de toute une partie de la jeunesse de droite, il commença, par la violence de son discours, à indisposer sérieusement les autorités religieuses et ses écrits furent condamnés.
Souvent décrié pour son extrémisme, lors de la Seconde Guerre mondiale, Maurras ne suivra pourtant pas la voie de certains de ses disciples, comme Darnand, et s’opposera à la fois aux « collaborateurs » de Paris et aux « dissidents » de Londres. Il continuera à publier son journal jusqu’en 1944, sans cacher sa haine de l’Allemagne.
Condamné à la réclusion à perpétuité à la Libération, il sera cependant grâcié en 1952.