Création des Archives royales

Il suffira d’une simple bataille, dans l’éternel conflit entre la France et l’Angleterre, pour que soit créée l’une des institutions les plus importantes de France, tout particulièrement pour les historiens : les Archives royales.
En effet, le 3 juillet 1194, Philippe Auguste est battu par Richard Cœur de Lion à Fréteval. En soi, l’incident n’aurait pas grande importance si les Anglais n’avaient pas profité de l’occasion pour s’emparer des archives qui suivaient partout le roi.
Philippe Auguste, jurant que l’on n’y reprendrait pas, décide dès lors de conserver le Trésor des chartes à Paris même, dans le palais de la Cité. On peut donc dater de ce moment la création des Archives royales -devenues plus tard impériales et enfin nationales.

Gaspard Monge

Mathématicien novateur et grand orateur, Gaspard Monge, fils d’un marchand forain, est né en 1746. En 1780, il entre à l’Académie des sciences. Il devient ensuite professeur d’hydrodynamique à l’école fondée au Louvre par Turgot. La Révolution lui ouvre d’autres horizons : proche des Girondins, il devient ministre de la Marine en 1792. Monge contribue à la fondation de l’École normale et de Polytechnique puis suit Bonaparte en Égypte (1798/99), où il devient professeur à l’Institut du Caire.
Son œuvre, la Géométrie descriptive, se caractérise par une vision globale réunissant analyse et pratique. Ainsi, le premier, il précise les principes de la géométrie descriptive et en développe les méthodes et les applications.
C’est surtout par l’enseignement que s’exerce son influence et il ne publiera l’ensemble de ses travaux qu’en 1799.
Mathématicien moderne, fondateur de deux grandes écoles, Gaspard Monge meurt le 29 juillet 1818, privé par la Restauration de sa charge de sénateur et de son titre de comte de Péluse : ancien d’Égypte, il paie son absolue fidélité à l’empereur déchu.

Les omnibus parisiens

L’histoire de l’omnibus remonte au XVIIe siècle. En effet, dès 1662, sur l’initiative de Pascal, le duc de Roannez et les marquis de Sourches et de Crénan sont autorisés, par lettres patentes, à fonder une entreprise de location de carrosses qui « feraient toujours les mêmes trajets de Paris, d’un quartier à l’autre et partiraient toujours à des heures réglées… ».
C’est ainsi que les « carrosses à cinq sols » naquirent. L’idée ne dura qu’un temps mais fut reprise à Londres puis à Nantes et finalement à Paris où, en janvier 1828, Baudry, après avoir exploité l’idée avec succès à Nantes, obtient la permission de faire rouler les toutes premières voitures sur les boulevards.
Les omnibus, ainsi qu’ils ont été baptisés, sont des véhicules à impériale tirés par des chevaux.
Au début du XXe siècle, les omnibus à chevaux, qui connaissent alors un grand succès, sont remplacés par des véhicules automobiles et prennent le nom d’autobus.

Niels Bohr et la théorie de la « goutte d’eau »

Septembre 1943. Un petit bateau de pêcheurs quitte les côtes danoises pour la Suède. À son bord, le célèbre physicien Niels Bohr, prix nobel de physique en 1922, fuit son pays occupé par les troupes nazies.
Physicien danois, Niels Bohr, né le 7 octobre 1885, révolutionne, en 1913, tout le monde de la physique avec sa théorie dite de « l’atome de Bohr ». Selon ce savant, l’atome est constitué d’un noyau et d’électrons qui gravitent autour, comme le soleil et ses satellites. À chaque orbite correspond un niveau d’énergie qui va en décroissant. Rendu célèbre par sa théorie, Bohr fonde, en 1920, l’Institut de physique théorique.
En 1943, il émigre aux États-Unis où il participe à l’élaboration de la bombe atomique. C’est Bohr qui, dès 1939, explique le phénomène de la fission de l’uranium 235, par la théorie de la « goutte d’eau ».
De retour au Danemark en 1945, il s’engage vigoureusement dans la lutte contre l’armement nucléaire et meurt à Copenhague, sa ville natale, en 1962.
 

La Hanse ou la conquête par le commerce

Un groupe de marchands au XIVe siècle (d'après une gravure ancienne).
Un groupe de marchands au XIVe siècle (d’après une gravure ancienne).

Le phénomène n’a rien de bien nouveau : déjà, l’antiquité pratiquait des associations similaires nommées « éranoi » en Grèce ou « collegia opificum » à Rome. Les guildes médiévales ont ceci de particulier qu’elles s’étaient formées sous l’égide spirituelle, par souci de l’entraide, par sentiment fraternel. Héritière de ces guildes, la hanse -dont le nom allemand signifie justement "guilde"- apparaît au XIIe siècle parmi les marchands allemands installés à l’étranger -Visby, dans l’île de Gotland, Bruges ou Londres. Ainsi, dès son origine, la Hanse germanique se vit doté d’une préoccupation supplémentaire, qui va, au fil du temps, devenir sa particularité.
Association de marchands allemands, elle ne se préoccupe pas seulement de l’entraide mais se voit, dès son origine, assignée à l’expansion commerciale. Une expansion commerciale qui va rapidement tournée à la conquête, voir à la colonisation. C’est vers les régions de l’Est que la Hanse -ou Ligue hanséatique dès lors qu’elle regroupera les comptoirs allemands- va principalement orienter son action. Avec Lübeck à sa tête -une ville qui gardera la primauté de l’organisation tout au long de son existence-, la Ligue crée le comptoir commercial de Novgorod, de Riga ou encore de Dantzig. Une pénétration commerciale qui s’accompagnera de christianisation et, surtout, qui incitera la Ligue à s’allier aux chevaliers teutoniques.
Car l’installation dans ces contrées reculées ne devait pas se faire sans heurt ; pas plus que la pérennisation de l’influence des ligues maritimes, opérant dans toute la mer Baltique. C’est ce souci de conserver leur pouvoir commercial, leur vision économique qui va conduire la Hanse à former des confédérations et à officialiser leur statu. L’indépendance acquise par les communes dans toute l’Europe (au XIIIe siècle), celle désirée par la monarchie danoise allaient officialiser la création de la Ligue hanséatique qui, en 1367, crée la confédération de Cologne et lève une armée qui infligera de sévères défaites à Valdemar IV de Danemark. Une victoire qui, en plus des avantages considérables que la Ligue allait obtenir dans l’exploitation du commerce en mer Baltique, sera la naissance de la Ligue proprement dite. Soixante-dix villes environ formeront ainsi La Hanse et chacune conservaient ses institutions, son gouvernement. Seule concession à un gouvernement commun : une diète, installée à Lübeck, à laquelle s’adjoint le grand maître de l’ordre Teutonique. Point de gouvernement commun, rappelons-le, mais un désir commun, qui fera bien mieux qu’une quelconque hiérarchisation des pouvoirs. Parce que la Hanse avait une vision commune qui n’était autre que la conquête par le commerce, pour le commerce. Une vision que l’on retrouve d’ailleurs dans nos propres pays industrialisés et qui veut que l’on exporte -quitte à le faire de force- un système de vie ou de pensée… généralement basé sur la consommation. Une chose est certaine, c’est que cette vision ne perdurera pas ; qu’elle échouera pour la Hanse, en but aux désir d’indépendance et de liberté des pays dans lesquels elle s’était implantée ou que, tout simplement, elle souhaitait diriger via l’économie.

Ravachol, le fauve de l’anarchie

Au cours du mois de mars 1892, deux bombes, visant des magistrats ayant récemment condamné des anarchistes, explosent à Paris. Il n’y a pas de mort mais cinq blessés dans le deuxième attentat, dont une petite fille de quatre ans. La capitale est sous le choc !
Pour la police, il ne fait pas de doute que le fin mot de l’histoire se trouve dans les milieux anarchistes : elle arrête certains sympathisants et apprend l’existence d’un certain Léger. D’allure plutôt bourgeoise, il serait originaire de Saint-Étienne. Aussitôt la police communique à la presse le signalement du suspect qui est arrêté, alors qu’il exposait ses théories au restaurant Véry, quelques jours plus tard. On apprend alors que l’auteur des attentats, car il le reconnaît bien volontiers, s’appelle en fait Ravachol et qu’il est teinturier. Dans sa maison de Saint-Mandé, on découvre un arsenal impressionnant.
Le 26 avril, le procès de l’anarchiste commence. La veille, ses camarades ont fait sauter le restaurant où il avait été arrêté et menacent clairement les juges et les jurés. Ces derniers rendent un verdict « avec circonstances atténuantes » : Ravachol est condamné aux travaux forcés. Mais l’affaire ne s’arrête pas là.
Depuis peu, Alphonse Bertillon, directeur du service de l’identité judiciaire, a mis au point une méthode pour l’identification des criminels : le système anthropométrique. Justement, la fiche signalétique de Ravachol rappelle clairement quelque chose à Bertillon… Consultant ses fiches, il constate que Ravachol n’est autre que François Claudius Kœnigstein, d’origine hollandaise, recherché pour divers crimes par la police de Saint-Étienne. Il apparaît rapidement que le nouveau héros des anarchistes a lâchement assassiné au moins sept personnes âgées, dont deux à coups de marteau. Transféré devant la cour de Montbrison, le fauve de l’anarchie est condamné à mort. Il est guillotiné le 10 juillet 1892.

Réglementation de la médecine

Dès le début du XIIe siècle, la médecine arabe pénètre en France par le Midi, grâce aux nombreux médecins juifs formés dans les diverses écoles de l’Espagne alors sous domination musulmane. Et c’est ainsi que se développe à Montpellier un centre médical de premier ordre qui va conserver une réputation européenne jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Un édit du comte Guilhem VIII, daté du 1er avril 1180, proclame la liberté de la médecine et donne ainsi un essor remarquable à cette profession dont l’exercice était jusqu’alors fortement réglementé. Deux siècles plus tard, c’est le pape Urbain V (1310-1370), originaire de Mende, qui fonde, près de l’université de Montpellier, le collège des douze médecins, destiné à accueillir et à former les étudiants pauvres de son diocèse.

L’éther au service de la chirurgie

William Morton (1819-1868).
William Morton (1819-1868).

C’est un jeune dentiste de Boston, William Morton, qui, le premier, eut l’occasion d’utiliser l’éther pour endormir un patient. L’idée était à l’origine du professeur Jackson… ce qui n’empêchera pas Morton de breveter l’utilisation de l’éther à son nom. La première fois qu’il l’utilisa, son patient, à qui il venait d’extraire deux dents, déclara que c’était l’expérience la plus amusante qu’il eut jamais vêcu : de quoi donner des envies de recommencer au jeune praticient, qui ne s’en priva évidemment pas.
L’Angleterre découvrit rapidement, et grâce aux bons soins de Morton, l’utilisation de l’éther puis ce fut le tour de la France où, le 12 janvier 1847, le docteur Malgaigne pratiqua pour la première fois une opération avec l’éther comme anesthésiant…

La médecine de Laennec

Né le 3 octobre 1781 à Quimper, René Laennec invente, en 1819, le premier stéthoscope et publie le premier traité d’auscultation.
Il applique sa méthode à la maladie qui le ronge et qui l’emporte  en 1826 : la tuberculose. Connue depuis la plus haute Antiquité sous le nom de phtisie et au Moyen Âge comme la maladie des écrouelles, la tuberculose va se propager au XIXe siècle.
Les travaux de René Laennec vont permettre de la reconnaître sous ses diverses formes et de la diagnostiquer à l’aide du stéthoscope. Soixante ans plus tard, Robert Koch isole, en 1884, le bacille de cette redoutable maladie qui frappe l’Europe de plein fouet et qui sera partiellement vaincue à partir de 1921, grâce au vaccin, le B.C.G..

Le papyrus ou les premières feuilles de papier

Un scribe (statue conservée au Louvre).
Un scribe (statue conservée au Louvre).

Avec quoi ou plutôt sur quoi écrivait-on avant l’invention du papier ? En Egypte, dans l’Antiquité, on écrivait sur du papyrus.
Si elle a aujourd’hui disparu d’Egypte, cette plante aquatique poussait en abondance sur les bords du Nil et dans les eaux marécageuses du delta. Hérodote raconte que les Egyptiens se nourrissaient de la tige de la plante en en faisant un "pain de lis" et que le reste servait à confectionner une sorte de papier. Les anciens Egyptiens retiraient la moelle contenue dans la tige et en formaient une sorte de tissu. Séché en presse, martelé, pressé puis battu une seconde fois, la matière était ensuite encollé avec une bouillie très fine de mie de pain mise à détrempée dans de l’eau chaude, ce qui rendait la feuille imperméable sans pour autant lui ôter sa souplesse et tout en lui donnant un blancheur éclatante.
L’invention du papyrus date au moins du XVIe siècle avant J.-C.. Il devait se répandre dans tout le monde ancien et demeurer en usage jusqu’au haut Moyen-Age. C’est vers la fin du VIIIe siècle, avec l’invention du papier de coton, qu’il sera finalement abandonné.