Oberkampf, père de l’industrie textile

Statue de Christophe Oberkampf (1738-1815), élevée à Jouy-en-Josas.
Statue de Christophe Oberkampf (1738-1815), élevée à Jouy-en-Josas.

Quand Napoléon Ier lui offre une place de sénateur, Oberkampf refuse, mais il accepte le ruban de la légion d’honneur que l’empereur lui remet en lui disant :
-Vous et moi, nous faisons une bonne guerre aux Anglais, vous par votre industrie et moi par mes armes… Mais c’est encore vous qui faites la meilleure !
Oberkampf, manufacturier d’origine bavaroise, s’installe en France en 1757 et y fonde la manufacture de toiles peintes, dites toiles indiennes, à Jouy, puis, deux ans plus tard, la première filature de coton à Essonne. Louis XVI lui confère alors les lettres de noblesse et, en 1790, le département de Seine-et-Oise élève un monument en son honneur. Après cela, il ne cesse de développer ses manufactures et, lorsqu’il meurt en octobre 1815, il est à la tête d’une industrie florissante.

La ruée vers l’or… noir

Découvert depuis des millénaires, le pétrole était déjà utilisé en tant que combustible à Babylone au VIe siècle avant notre ère et servait, en Égypte, à l’embaumement des morts. Pourtant, l’industrie pétrolière ne va commencer qu’au XIXe siècle.
En Europe, on connaît ses propriétés et, dès 1857, la ville de Bucarest est éclairée grâce à cette huile minérale. Mais quand, le 27 août 1859, Drake fore le premier puits en Amérique, le pétrole est vendu comme… élixir de vie et ce n’est que plus tard, lorsqu’ils découvrent son intérêt stratégique, que les États-Unis entrent dans cette course à l’or noir.

Les lois de Mendel

Gregor Mendel (1822-1884).
Gregor Mendel (1822-1884).

Lorsqu’en 1900 Erich Tschermak von Seysenegg a l’idée de publier ses travaux sur l’hérédité, il a la surprise de constater que ceux-ci ont un antécédent, qui les dépasse qui plus est, dont l’auteur n’est autre qu’un obscur Augustin de Tchéquie du nom de Gregor Mendel.
Né dans une famille pauvre de Moravie, Gregor Mendel (1822-1884) entre à l’âge de 21 ans dans l’ordre des Augustins. Passionné par les sciences naturelles, le père Gregor semblait, de prime abord, peu destiné à devenir le chercheur que l’on connaît. De fait, lorsqu’en 1850 il entreprend de passer un examen afin d’obtenir le titre de professeur, il est recalé… à cause de ses résultats catastrophiques en biologie ! Il faudra la ténacité de son supérieur pour que Mendel entre à l’université puis, de retour dans son monastère de Brno, en Tchéquie, y enseigne les sciences naturelles aux écoles voisines.
Outre cet intermède universitaire, Mendel ne quittera jamais son monastère, lisant, étudiant et multipliant les expériences d’hybridation… dans le potager du monastère. Et c’est en observant puis en étudiant les mécanismes de l’hérédité sur les pois, notamment, qu’il fondera les fameuses « lois de Mendel » qui font de ce génie méconnu le père de la génétique moderne.

Les premiers téléphones publics

C’est tout à fait accidentellement qu’en 1876 Alexandre Graham Bell invente le téléphone. Il ne faut que quelques années pour que ce nouveau mode de communication ne devienne indispensable ; les particuliers les plus aisés s’en dotent rapidement et, dès 1881, le réseau urbain parisien compte mille six cent deux abonnés.
Mais la seconde révolution de cette invention a lieu le 6 février 1901 quand apparaissent les premiers téléphones publics à Paris : parler à distance est maintenant à la portée de tous.
Depuis, ce qui est sans nul doute la découverte la plus novatrice du XIXe siècle n’a pas cessé d’évoluer vers des techniques toutes plus élaborées les unes que les autres.

De la canne à la betterave

Benjamin Delessert (1773-1847).
Benjamin Delessert (1773-1847).

Durant toute l’Antiquité et le haut Moyen Âge, le sucre resta inconnu en Occident où l’on utilisait du miel. La canne à sucre, cultivée avant notre ère en Indonésie ainsi qu’en Chine, apparaît en Perse vers 500 après J.-C. puis les Arabes la répandent dans tout le bassin méditerranéen et en Espagne. De plus en plus recherché à partir des croisades, le sucre restera un produit de luxe, rare et coûteux, jusqu’aux grandes découvertes maritimes et à l’essor du commerce au XVe siècle. Cultivé au Brésil et dans les Antilles, le sucre représentait alors une part essentielle du commerce vers l’EuropeLa guerre avec les Anglais ayant mis fin au commerce colonial, Napoléon Ier chercha un moyen de produire du sucre différemment, favorisant notamment le procédé de l’Allemand Marggraf qui, en 1747, avait réussi à produire du sucre à partir de betteraves.
En janvier 1812, l’Empereur visitait la toute nouvelle raffinerie de sucre de betterave, fondée par Benjamin Delessert. À la chute de Napoléon, on en comptait déjà une quarantaine.

« Fluctuat nec mergitur »

À l’époque carolingienne, les échevins étaient des légistes, spécialistes du droit coutumier, qui assistaient le seigneur à son tribunal. Mais au XIIIe siècle, sous Philippe Auguste, le terme d’échevin échoit aux représentants des communes et leur pouvoir ne cesse de grandir jusqu’à ce que Saint Louis, plus tard imité par Philippe le Bel, y mette un frein.
C’est le 3 février 1190 que Philippe Auguste crée l’échevinage tel qu’on le concevait au Moyen Âge. Il désigne six échevins parmi les marchands parisiens et leur donne pour symbole un navire, puisque tout le commerce de la capitale transitait sur la Seine, avec cette célèbre devise : Fluctuat nec mergitur…

Vive le système métrique !

Jean-Baptiste Delambre (1749-1822).
Jean-Baptiste Delambre (1749-1822).

Sous l’Ancien Régime, les mesures en usage sont très compliquées -elles ne reposent pas sur le système décimal- et, par ailleurs, elles varient d’une région à l’autre, ce qui rend les échanges particulièrement laborieux. De nombreux ministres, dont Turgot, tentèrent dans le passé d’améliorer la situation mais leurs efforts furent vains. Et c’est finalement l’Académie des Sciences qui introduit le système des poids et mesures ayant pour base le mètre et le kilogramme : la décision de l’Académie est approuvée par un vote de l’Assemblée constituante, le 26 mars 1791. Ce sont deux savants, Delambre et Méchain, qui contribuent à fixer ces nouvelles mesures. Mais le nouveau système mettra du temps à s’imposer : il ne devient obligatoire en France qu’en janvier 1840.

Nicéphore Niepce

Joseph Nicéphore Niepce, comme de nombreux inventeurs français, commence sa carrière dans l’armée. Officier d’infanterie durant les guerres de la Révolution, Niepce est nommé, en 1795, administrateur civil de Nice. C’est à partir de cette époque qu’il se passionne pour les recherches scientifiques les plus diverses.
Particulièrement attiré par toutes les expériences chimiques -fort à la mode en ce temps-là- il renonce à sa charge, quitte la ville de Nice puis retourne à Chalon, où il est né le 7 mars 1765.
En 1807, après de nombreux essais infructueux, il parvient à inventer le moteur à explosion.
Puis il se tourne vers la lithographie et, dès 1813, il entreprend des travaux, qu’il appelle « héliographiques », destinés, selon lui, à fixer n’importe quelle image sur des plaques métalliques grâce à la lumière solaire. Les expériences dureront une dizaine d’années et Niepce finit par réaliser des gravures d’abord sur l’étain et le verre poli puis sur le cuivre et finalement sur le plaqué d’argent. Pour exploiter sa découverte, il s’associe avec Daguerre en 1829 mais Niepce n’aura guère le temps de connaître le prodigieux succès de sa formidable découverte…

La pomme de Newton

Isaac Newton est né dans le comté de Lincoln en 1642, l’année même où meurt… Galilée. Après des études studieuses à Cambridge, Newton y enseigne dès 1665. Ses recherches scientifiques sont rapidement publiées, notamment par la Société royale de Londres, mais la nouveauté de ses idées entraîne nombre de désaccords. Astronome, mathématicien, il publie en 1687 son œuvre maîtresse intitulée Principes mathématiques de la philosophie naturelle, où il expose sa théorie sur la loi de l’attraction universelle. Une anecdote dit qu’il énonça ce principe, voyant tomber une pomme.
En 1688, il devient membre du parlement pour défendre les droits de l’Université contre les prétentions du roi Jacques II Stuart. Plus tard, on le charge de représenter l’Université à la chambre des communes. En 1705, il est anobli et fait chevalier. Il meurt à Kensington en 1727.

Ferdinand de Lesseps : un héritage impérissable

Ferdinand de Lesseps (1805-1894).
Ferdinand de Lesseps (1805-1894).

À l’inauguration du canal de Suez, en 1869, Ferdinand de Lesseps acquiert une très grande popularité. Enivré par ce succès, il décide, en 1876, de percer l’isthme de Panama. L’idée, en fait, est très ancienne : dès 1529, on a pensé à cette entreprise, compte tenu de la minceur de cet isthme, mais elle ne commence à prendre corps qu’à la fin du XIXe siècle. En 1872, les États-Unis envisagent la percée par l’isthme de Tehuantepec au Mexique et, quatre ans plus tard, se constitue en France un « Comité pour le percement d’un canal interocéanique », dont la présidence échoit tout naturellement à Ferdinand de Lesseps.
Pour mener à bout cette tâche gigantesque, il faut beaucoup d’argent et, faisant appel à l’épargne publique, on crée, le 20 octobre 1880, la « Compagnie universelle du canal interocéanique ».
Les travaux commencent aussitôt et c’est avec la même foi qu’à Suez que Lesseps entreprend le percement de l’isthme de Panama. Cependant, les difficultés financières s’accumulent. Malgré la succession d’emprunts que Lesseps lance et la fortune colossale qu’il engloutit, la compagnie de Panama fait faillite, en février 1889.
Cet échec touche si profondément Ferdinand de Lesseps qu’il tombe dans une sorte d’hébétude et finit par sombrer dans l’inconscience. Il meurt, le 7 décembre 1894, sans avoir eu connaissance de la condamnation qui le frappait : cinq ans de prison et trois mille francs d’amende.