Le pape Urbain VIII contre… le tabac.

Devant les méfaits graves infligés à la santé, les troubles dûs à la consommation excessive de cette substance diabolique, Urbain VIII est contraint d’avoir recours à la mesure la plus radicale en matière de religion : dans une bulle datée du 18 avril 1641, il excommunie ceux qui osent prendre du tabac dans le temple du Seigneur. Originaire du Nouveau Monde, cette plante fait son apparition en Europe au milieu du XVIe siècle et, très rapidement, elle fait de nombreux adeptes en Italie, en France et en Angleterre.
Outre le pape, les médecins mettent en garde les fumeurs et décrivent par le menu, et cela dès le début du XVIIe siècle, les ravages occasionnés par le tabac. Mais ni la bulle épiscopale ni les cris d’alarme des médecins ne semblent décourager les amateurs de cette funeste plante…

Première ligne de chemin de fer

Le principe du chemin de fer apparaît dès le XVIe siècle pour le transport des matériaux dans les mines. Il s’agit alors de chariots munis de roues en bois et circulant sur des barres. Deux siècles après, le système est amélioré : on installe des traverses de chêne régulièrement espacées sur la voie et les rails sont en fonte.
La révolution industrielle du XIXe siècle et son cortège de progrès tant  techniques que scientifiques entraînent une nette amélioration des moyens de transport. Ainsi apparaît le chemin de fer en Angleterre. Quelques années après, la France crée sa première ligne et inaugure la voie de chemin de fer reliant Saint-Étienne à Andrézieux (dix-sept km), le 1er octobre 1828. Les wagons sont tirés par des chevaux ou  par des bœufs et il faut attendre 1832 pour que soit utilisée la locomotive à vapeur sur la ligne Saint-Étienne-Lyon.

Buffon, le génie de la nature

Georges Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788).
Georges Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788).

Le génie n’est plus qu’une grande aptitude à la patience, disait le comte de Buffon qui passa, lui-même, quasiment toute sa vie à écrire son Histoire naturelle.
Fils d’un conseiller au Parlement de Bourgogne, Georges Leclercq, comte de Buffon, né en 1707, se passionne très tôt pour les sciences.
Sa notoriété est bien assise quand il est nommé intendant du Jardin du roi, en 1739. Cette année-là, il entreprend son œuvre capitale, l’Histoire naturelle.
Enfermé, dès le lever du jour, « dans son cabinet sans livres et sans autre ornement qu’une gravure de Newton », assisté par Daubenton et l’abbé Bexon, il consacre près de cinquante années de sa vie à une étude qui comprendra trente-six volumes. Reconnu comme celui qui fonda la géologie et comme l’un des plus grands scientifiques du XVIIIe siècle, Buffon meurt à Paris, en avril 1788.

Sorbon fonde un collège

Théologien thomiste et chapelain de Saint Louis, Robert de Sorbon a l’idée, en 1253, de fonder un collège pour les pauvres étudiants et maîtres en théologie de France, le Collegium pauperum magistrorum.
Ouvert dès le 1er septembre 1257, ce collège, que l’on appellera bientôt la Sorbonne, sera, pendant longtemps, protégé par les rois de France, jusqu’à devenir un des hauts lieux de la pensée théologique de l’époque. Et dès sa fondation, son influence se fait sentir et elle n’ira qu’en grandissant, au point que la Sorbonne interviendra dans les affaires politiques autant qu’ecclésiastiques. Suspendus sous la Révolution, les cours sont à nouveau assurés sur l’ordre de Napoléon, qui fait de la Sorbonne une université consacrée aux lettres et aux sciences humaines et qui lui rend le prestige qui était le sien au Moyen Âge.

Création de l’administration des Douanes

Jean-Baptiste Colbert (1619-1693).
Jean-Baptiste Colbert (1619-1693).

Le système douanier de l’Ancien Régime était des plus complexes ; il existait alors, entre les différentes régions, d’innombrables droits : péages, droits de haut passage, d’entrée… Pour Colbert, toutes ces barrières intérieures entravent le négoce dans le royaume, mais malgré ses efforts, il ne parvient pas à les abolir complètement.
Le 5 novembre 1790, l’Assemblée constituante, reprenant le projet du « grand commis de l’État », supprime les divers droits de passage et crée l’administration des Douanes. Régie par un Code instauré en 1791, elle devient alors un organisme chargé de faire payer une taxe uniquement sur les marchandises qui franchissent les frontières terrestres et maritimes, ce qui constitue un énorme progrès par rapport à l’inextricable système de l’Ancien Régime.

Pasteur : vaincre la rage

Lorsqu’on lui amène Joseph Meister, un garçon âgé de neuf ans mordu à quatorze reprises par un animal enragé, Louis Pasteur hésite.
Les recherches qu’il mène sur la rage depuis 1879 n’en sont encore qu’au stade de l’expérimentation.
En effet, le 1er novembre 1885, Pasteur applique, pour la toute première fois, sa méthode préventive sur des chiens : il utilise des moelles d’animaux victimes de la rage, qui, en se desséchant, perdent de leur virulence. Il renouvelle l’expérience pendant plusieurs mois, utilisant des souches de plus en plus récentes et parvient ainsi à immuniser un chien.
Le 6 juillet 1886, sur l’insistance de la mère de Joseph, Pasteur lui applique sa méthode et dix jours après, l’enfant est rétabli. Le succès est complet et dès novembre 1886, deux mille quatre cent quatre-vingt-dix cas de personnes touchées par ce mal peuvent suivre le traitement : la rage est vaincue.

Comme un poisson dans l’eau…

>Robert Fulton (1765-1815).
Robert Fulton (1765-1815).

Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle que l’on vit les unités de marines de France, des États-Unis ou encore d’Allemagne se doter d’une nouvelle « arme » : le sous-marin.
Et pourtant, dès 1798, l’Américain Robert Fulton, mécanicien visionnaire, faisait naviguer son fameux Nautilus dans la rade de Brest. Équipé d’une voile, pour la navigation en surface, et d’une hélice, activée par un matelot, pour la plongée, le fameux Nautilus n’eut cependant pas l’heur de plaire à la France ni aux États-Unis et Fulton abandonna son projet. Il se concentra alors sur la construction d’un bateau à vapeur et à roue qui, le 9 août 1803, remontait la Seine. Mais, déçu par la France qui, une fois de plus, ne voulait pas de son invention, Fulton reprit le chemin de l’Amérique où son bateau à vapeur se répandit rapidement.

Fondation de l’École normale supérieure

À l’instigation de Jospeh Lakanal (1762-1845), la Convention fonde, le 10 octobre 1794, l’École normale supérieure. Mais les temps sont difficiles et huit mois plus tard, l’École ferme ses portes.
Reprenant cette idée, Napoléon Ier ordonne la réouverture de l’École. Le décret du 17 mars 1808 définit ses statuts : l’École normale doit former gratuitement des professeurs de lettres et de sciences. Considérée comme un foyer d’agitation libérale, elle est à nouveau fermée en 1822. Et ce n’est qu’en 1830 qu’elle est définitivement rétablie. Depuis, l’École normale a formé de nombreux esprits allant de Pasteur à Péguy, de Blum à Pompidou.

Paris-Lille en 2 minutes !

Le télégraphe de Chappe.
Le télégraphe de Chappe.

La communication par signaux lumineux ou acoustiques existe depuis la plus haute antiquité mais c’est le Français Chappe qui va entreprendre de développer le télégraphe et réaliser ainsi une avancée considérable dans ce domaine. Le 12 juillet 1793, malgré les réticences de certains membres de la Convention, Chappe expérimente son télégraphe aérien de Ménilmontant à Saint-Martin-du-Tertre. Le principe est simple : il s’agit de mâts équipés de bras mécaniques.
Bientôt la France se couvre de ces télégraphes et il ne faut pas plus de deux minutes pour transmettre un message de Paris à Lille…

Vive la pomme de terre !

En 1788, le pharmacien Antoine Parmentier (1737-1813) présente à Louis XVI et aux Parisiens un tout nouveau légume : la pomme de terre. Nommé apothicaire en chef à l’hôpital des Invalides le 6 novembre 1772, Parmentier se consacre à la rédaction d’un mémoire sur un végétal suceptible de remplacer le pain. La réponse est, pour lui, toute trouvée : la pomme de terre.
Cultivée en Europe depuis près de trois cents ans, cette tubercule est loin d’être populaire en France : elle donne la lèpre, dit-on alors. Parmentier réfute très rapidement ces arguments puis entame une véritable campagne de promotion de ce légume. Les habitants de la capitale peuvent ainsi admirer les champs que l’apothicaire a plantés aux Sablons ; le roi se voit offrir un bouquet de pommes de terre et des dîners de gala sont organisés. La pomme de terre est à la mode !
Mais Parmentier n’a pas encore gagné car l’engouement n’est que passager et il faudra attendre 1840 pour que ce légume devienne enfin une denrée de consommation courante.