Oberkampf, père de l’industrie textile

Statue de Christophe Oberkampf (1738-1815), élevée à Jouy-en-Josas.
Statue de Christophe Oberkampf (1738-1815), élevée à Jouy-en-Josas.

Quand Napoléon Ier lui offre une place de sénateur, Oberkampf refuse, mais il accepte le ruban de la légion d’honneur que l’empereur lui remet en lui disant :
-Vous et moi, nous faisons une bonne guerre aux Anglais, vous par votre industrie et moi par mes armes… Mais c’est encore vous qui faites la meilleure !
Oberkampf, manufacturier d’origine bavaroise, s’installe en France en 1757 et y fonde la manufacture de toiles peintes, dites toiles indiennes, à Jouy, puis, deux ans plus tard, la première filature de coton à Essonne. Louis XVI lui confère alors les lettres de noblesse et, en 1790, le département de Seine-et-Oise élève un monument en son honneur. Après cela, il ne cesse de développer ses manufactures et, lorsqu’il meurt en octobre 1815, il est à la tête d’une industrie florissante.

La « guerre des farines »

Après un automne très pluvieux et un hiver des plus rigoureux, la récolte de 1775 est catastrophique. Le prix du pain augmente considérablement et le peuple se révolte. La rébellion commence à Dijon et atteint bientôt Paris. Turgot réprime l’émeute avec fermeté et ramène le prix du pain à un taux normal. Mais cette victoire n’en est pas une et le problème reste entier : la « guerre des farines » sera l’un des signes précurseurs d’une Révolution qui pointe à l’horizon…

De la canne à la betterave

Benjamin Delessert (1773-1847).
Benjamin Delessert (1773-1847).

Durant toute l’Antiquité et le haut Moyen Âge, le sucre resta inconnu en Occident où l’on utilisait du miel. La canne à sucre, cultivée avant notre ère en Indonésie ainsi qu’en Chine, apparaît en Perse vers 500 après J.-C. puis les Arabes la répandent dans tout le bassin méditerranéen et en Espagne. De plus en plus recherché à partir des croisades, le sucre restera un produit de luxe, rare et coûteux, jusqu’aux grandes découvertes maritimes et à l’essor du commerce au XVe siècle. Cultivé au Brésil et dans les Antilles, le sucre représentait alors une part essentielle du commerce vers l’EuropeLa guerre avec les Anglais ayant mis fin au commerce colonial, Napoléon Ier chercha un moyen de produire du sucre différemment, favorisant notamment le procédé de l’Allemand Marggraf qui, en 1747, avait réussi à produire du sucre à partir de betteraves.
En janvier 1812, l’Empereur visitait la toute nouvelle raffinerie de sucre de betterave, fondée par Benjamin Delessert. À la chute de Napoléon, on en comptait déjà une quarantaine.

« Passages à tabac »

Introduit en France par Jean Nicot sous François III, le tabac connaît son apogée au XVIIe siècle, où il est d’usage soit de le priser ou de le fumer. N’importe qui, à l’époque, pouvait en faire commerce et certains estaminets ne s’en privaient pas, permettant aussi aux amateurs de tabac de « perdre du tabac en fumée » dans leurs échoppes.
Cependant, ces lieux étant désormais investis par les brigands qui pillaient les fumeurs, un édit du 23 juin 1629 interdit la vente de tabac, sauf par les épiciers qui pouvaient ainsi étendre leur activité à celle de « fumoir ».

Ferdinand de Lesseps : un héritage impérissable

Ferdinand de Lesseps (1805-1894).
Ferdinand de Lesseps (1805-1894).

À l’inauguration du canal de Suez, en 1869, Ferdinand de Lesseps acquiert une très grande popularité. Enivré par ce succès, il décide, en 1876, de percer l’isthme de Panama. L’idée, en fait, est très ancienne : dès 1529, on a pensé à cette entreprise, compte tenu de la minceur de cet isthme, mais elle ne commence à prendre corps qu’à la fin du XIXe siècle. En 1872, les États-Unis envisagent la percée par l’isthme de Tehuantepec au Mexique et, quatre ans plus tard, se constitue en France un « Comité pour le percement d’un canal interocéanique », dont la présidence échoit tout naturellement à Ferdinand de Lesseps.
Pour mener à bout cette tâche gigantesque, il faut beaucoup d’argent et, faisant appel à l’épargne publique, on crée, le 20 octobre 1880, la « Compagnie universelle du canal interocéanique ».
Les travaux commencent aussitôt et c’est avec la même foi qu’à Suez que Lesseps entreprend le percement de l’isthme de Panama. Cependant, les difficultés financières s’accumulent. Malgré la succession d’emprunts que Lesseps lance et la fortune colossale qu’il engloutit, la compagnie de Panama fait faillite, en février 1889.
Cet échec touche si profondément Ferdinand de Lesseps qu’il tombe dans une sorte d’hébétude et finit par sombrer dans l’inconscience. Il meurt, le 7 décembre 1894, sans avoir eu connaissance de la condamnation qui le frappait : cinq ans de prison et trois mille francs d’amende.

La ruée vers l’or… noir

Découvert depuis des millénaires, le pétrole était déjà utilisé en tant que combustible à Babylone au VIe siècle avant notre ère et servait, en Égypte, à l’embaumement des morts. Pourtant, l’industrie pétrolière ne va commencer qu’au XIXe siècle.
En Europe, on connaît ses propriétés et, dès 1857, la ville de Bucarest est éclairée grâce à cette huile minérale. Mais quand, le 27 août 1859, Drake fore le premier puits en Amérique, le pétrole est vendu comme… élixir de vie et ce n’est que plus tard, lorsqu’ils découvrent son intérêt stratégique, que les États-Unis entrent dans cette course à l’or noir.