Il était une fois la Prohibition

Elle est enfin là… elle naît l’Amérique sèche !, proclame la Ligue anti-saloon de New York à l’aube du 17 janvier 1920.
En effet, le 18e Amendement, ratifié l’année précédente, entre en vigueur : toute vente, fabrication, transport ou importation d’alcool est désormais interdite sur tout le territoire… Les « secs », opposés à l’alcool, se frottent les mains tandis que les brasseurs s’affolent. La veille, les rues étaient envahies de voitures, de camions ou de charrettes chargés d’alcool que les particuliers ont entreposé chez eux. Le règne de la Prohibition durera treize ans et sera aussi celui des gangsters, tel Al Capone qui fait fortune dans la contrebande d’alcool.
En réalité, « l’Amérique sèche » est un mythe dès le début : les ateliers de contrebande et de fabrication d’alcool fleurissent (il y en a trente-deux mille à New York) et les frontières sont le théâtre d’une agitation frénétique.
Quand, en 1933, le 18e Amendement est abrogé, une véritable explosion de joie déferle sur tout le pays.

Création de l’administration des Douanes

Jean-Baptiste Colbert (1619-1693).
Jean-Baptiste Colbert (1619-1693).

Le système douanier de l’Ancien Régime était des plus complexes ; il existait alors, entre les différentes régions, d’innombrables droits : péages, droits de haut passage, d’entrée… Pour Colbert, toutes ces barrières intérieures entravent le négoce dans le royaume, mais malgré ses efforts, il ne parvient pas à les abolir complètement.
Le 5 novembre 1790, l’Assemblée constituante, reprenant le projet du « grand commis de l’État », supprime les divers droits de passage et crée l’administration des Douanes. Régie par un Code instauré en 1791, elle devient alors un organisme chargé de faire payer une taxe uniquement sur les marchandises qui franchissent les frontières terrestres et maritimes, ce qui constitue un énorme progrès par rapport à l’inextricable système de l’Ancien Régime.

La gabelle devient générale

Philippe IV le Bel (1268-1314).
Philippe IV le Bel (1268-1314).

Instituée par Philippe IV le Bel en 1286, la gabelle, impôt sur le sel, devient le monopole de l’État sous Philippe VI de Valois. Par l’ordonnance royale du 16 mars 1341, Philippe VI s’empare de tout le sel entreposé sur le territoire et ainsi, alors même qu’il met la population à l’abri de toutes difficultés d’approvisionnement, en tire un sérieux profit financier. Rares sont les provinces, comme le Poitou, l’Auvergne, l’Angoumois, le Périgord ou le Limousin qui peuvent acheter l’exemption à la gabelle.
Seule la Bretagne, trop pauvre, jouit du droit de « franc-salé ».
Ailleurs cet impôt est général, mais on distingue les pays de « petite gabell e», comme la Provence, le Lyonnais, le Languedoc et le Dauphiné qui paient le sel moins cher, des pays de « grande gabelle » où l’impôt pèse de tout son poids sur chaque individu.
Une contrebande intense sévit durant la monarchie entre les pays de grande et de petite gabelle et Louis XIV la classera au rang de crime. Extrêmement impopulaire, la gabelle n’est supprimée qu’en 1790.

Excellence des produits français

Le savoir-faire de la manufacture des Gobelins.
Le savoir-faire de la manufacture des Gobelins.

Ce qu’il y a de mieux dans tous les coins du monde se fabrique actuellement en France et telle est la vague de ces produits que, de toutes parts, affluent les commandes pour s’en fournir : c’est l’hommage rendu aux « manufactures » françaises par l’ambassadeur de Venise auprès de Louis XIV. Dans sa lettre, datée du 4 avril 1668 au doge de Venise, l’ambassadeur exprime le souhait de voir ses concitoyens s’inspirer de l’exemple si fructueux des Français et il désigne l’auteur de ce « miracle » qui est Colbert.
L’ambassadeur, très admiratif, cite les nombreuses réalisations de ce « ministre hors du commun » : les manufactures des Gobelins, d’Aubusson, de Beauvais, spécialisées dans la tapisserie, celles de Lyon qui fabriquent velours, taffetas et brocarts, les forges de Clamecy et de Saint-Etienne, les papeteries d’Angoulême, les sucreries de Rouen et de Bordeaux, les salines, les houillères, les mines et enfin les nombreux ateliers et arsenaux de marine, qui sont la gloire du règne…

Vive la pomme de terre !

En 1788, le pharmacien Antoine Parmentier (1737-1813) présente à Louis XVI et aux Parisiens un tout nouveau légume : la pomme de terre. Nommé apothicaire en chef à l’hôpital des Invalides le 6 novembre 1772, Parmentier se consacre à la rédaction d’un mémoire sur un végétal suceptible de remplacer le pain. La réponse est, pour lui, toute trouvée : la pomme de terre.
Cultivée en Europe depuis près de trois cents ans, cette tubercule est loin d’être populaire en France : elle donne la lèpre, dit-on alors. Parmentier réfute très rapidement ces arguments puis entame une véritable campagne de promotion de ce légume. Les habitants de la capitale peuvent ainsi admirer les champs que l’apothicaire a plantés aux Sablons ; le roi se voit offrir un bouquet de pommes de terre et des dîners de gala sont organisés. La pomme de terre est à la mode !
Mais Parmentier n’a pas encore gagné car l’engouement n’est que passager et il faudra attendre 1840 pour que ce légume devienne enfin une denrée de consommation courante.

Oberkampf, père de l’industrie textile

Statue de Christophe Oberkampf (1738-1815), élevée à Jouy-en-Josas.
Statue de Christophe Oberkampf (1738-1815), élevée à Jouy-en-Josas.

Quand Napoléon Ier lui offre une place de sénateur, Oberkampf refuse, mais il accepte le ruban de la légion d’honneur que l’empereur lui remet en lui disant :
-Vous et moi, nous faisons une bonne guerre aux Anglais, vous par votre industrie et moi par mes armes… Mais c’est encore vous qui faites la meilleure !
Oberkampf, manufacturier d’origine bavaroise, s’installe en France en 1757 et y fonde la manufacture de toiles peintes, dites toiles indiennes, à Jouy, puis, deux ans plus tard, la première filature de coton à Essonne. Louis XVI lui confère alors les lettres de noblesse et, en 1790, le département de Seine-et-Oise élève un monument en son honneur. Après cela, il ne cesse de développer ses manufactures et, lorsqu’il meurt en octobre 1815, il est à la tête d’une industrie florissante.