De l’hévéa à Goodyear

Charles de La Condamine (1701-1774).
Charles de La Condamine (1701-1774).

C’est en voyant les Haïtiens jouer avec une balle en élastique que Christophe Colomb découvrit, lors de son second voyage en Amérique (1493-1496), le caoutchouc. Deux siècles plus tard, les Français La Condamine et Fresneau donnaient les premières descriptions scientifiques de l’arbre à caoutchouc, autrement dit de l’hévéa, ainsi que des méthodes d’extraction employées par les Indiens. Il faudra encore un siècle et la découverte du benzol par Charles Macintosh (1820) puis celle de la vulcanisation permettant d’insensibiliser le matériau aux variations de température par Goodyear (1839) pour que John Dunlop imagine le pneumatique. De fait, la fin du XIXe siècle marque l’apogée de la recherche en matière de cycle, depuis la bicyclette jusqu’à l’automobile et la naissance d’une industrie désormais florissante.

Nicéphore Niepce

Joseph Nicéphore Niepce, comme de nombreux inventeurs français, commence sa carrière dans l’armée. Officier d’infanterie durant les guerres de la Révolution, Niepce est nommé, en 1795, administrateur civil de Nice. C’est à partir de cette époque qu’il se passionne pour les recherches scientifiques les plus diverses.
Particulièrement attiré par toutes les expériences chimiques -fort à la mode en ce temps-là- il renonce à sa charge, quitte la ville de Nice puis retourne à Chalon, où il est né le 7 mars 1765.
En 1807, après de nombreux essais infructueux, il parvient à inventer le moteur à explosion.
Puis il se tourne vers la lithographie et, dès 1813, il entreprend des travaux, qu’il appelle « héliographiques », destinés, selon lui, à fixer n’importe quelle image sur des plaques métalliques grâce à la lumière solaire. Les expériences dureront une dizaine d’années et Niepce finit par réaliser des gravures d’abord sur l’étain et le verre poli puis sur le cuivre et finalement sur le plaqué d’argent. Pour exploiter sa découverte, il s’associe avec Daguerre en 1829 mais Niepce n’aura guère le temps de connaître le prodigieux succès de sa formidable découverte…

Le papyrus ou les premières feuilles de papier

Un scribe (statue conservée au Louvre).
Un scribe (statue conservée au Louvre).

Avec quoi ou plutôt sur quoi écrivait-on avant l’invention du papier ? En Egypte, dans l’Antiquité, on écrivait sur du papyrus.
Si elle a aujourd’hui disparu d’Egypte, cette plante aquatique poussait en abondance sur les bords du Nil et dans les eaux marécageuses du delta. Hérodote raconte que les Egyptiens se nourrissaient de la tige de la plante en en faisant un "pain de lis" et que le reste servait à confectionner une sorte de papier. Les anciens Egyptiens retiraient la moelle contenue dans la tige et en formaient une sorte de tissu. Séché en presse, martelé, pressé puis battu une seconde fois, la matière était ensuite encollé avec une bouillie très fine de mie de pain mise à détrempée dans de l’eau chaude, ce qui rendait la feuille imperméable sans pour autant lui ôter sa souplesse et tout en lui donnant un blancheur éclatante.
L’invention du papyrus date au moins du XVIe siècle avant J.-C.. Il devait se répandre dans tout le monde ancien et demeurer en usage jusqu’au haut Moyen-Age. C’est vers la fin du VIIIe siècle, avec l’invention du papier de coton, qu’il sera finalement abandonné.

Ravachol, le fauve de l’anarchie

Au cours du mois de mars 1892, deux bombes, visant des magistrats ayant récemment condamné des anarchistes, explosent à Paris. Il n’y a pas de mort mais cinq blessés dans le deuxième attentat, dont une petite fille de quatre ans. La capitale est sous le choc !
Pour la police, il ne fait pas de doute que le fin mot de l’histoire se trouve dans les milieux anarchistes : elle arrête certains sympathisants et apprend l’existence d’un certain Léger. D’allure plutôt bourgeoise, il serait originaire de Saint-Étienne. Aussitôt la police communique à la presse le signalement du suspect qui est arrêté, alors qu’il exposait ses théories au restaurant Véry, quelques jours plus tard. On apprend alors que l’auteur des attentats, car il le reconnaît bien volontiers, s’appelle en fait Ravachol et qu’il est teinturier. Dans sa maison de Saint-Mandé, on découvre un arsenal impressionnant.
Le 26 avril, le procès de l’anarchiste commence. La veille, ses camarades ont fait sauter le restaurant où il avait été arrêté et menacent clairement les juges et les jurés. Ces derniers rendent un verdict « avec circonstances atténuantes » : Ravachol est condamné aux travaux forcés. Mais l’affaire ne s’arrête pas là.
Depuis peu, Alphonse Bertillon, directeur du service de l’identité judiciaire, a mis au point une méthode pour l’identification des criminels : le système anthropométrique. Justement, la fiche signalétique de Ravachol rappelle clairement quelque chose à Bertillon… Consultant ses fiches, il constate que Ravachol n’est autre que François Claudius Kœnigstein, d’origine hollandaise, recherché pour divers crimes par la police de Saint-Étienne. Il apparaît rapidement que le nouveau héros des anarchistes a lâchement assassiné au moins sept personnes âgées, dont deux à coups de marteau. Transféré devant la cour de Montbrison, le fauve de l’anarchie est condamné à mort. Il est guillotiné le 10 juillet 1892.

Paris-Lille en 2 minutes !

Le télégraphe de Chappe.
Le télégraphe de Chappe.

La communication par signaux lumineux ou acoustiques existe depuis la plus haute antiquité mais c’est le Français Chappe qui va entreprendre de développer le télégraphe et réaliser ainsi une avancée considérable dans ce domaine. Le 12 juillet 1793, malgré les réticences de certains membres de la Convention, Chappe expérimente son télégraphe aérien de Ménilmontant à Saint-Martin-du-Tertre. Le principe est simple : il s’agit de mâts équipés de bras mécaniques.
Bientôt la France se couvre de ces télégraphes et il ne faut pas plus de deux minutes pour transmettre un message de Paris à Lille…