Réglementation de la médecine

Dès le début du XIIe siècle, la médecine arabe pénètre en France par le Midi, grâce aux nombreux médecins juifs formés dans les diverses écoles de l’Espagne alors sous domination musulmane. Et c’est ainsi que se développe à Montpellier un centre médical de premier ordre qui va conserver une réputation européenne jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Un édit du comte Guilhem VIII, daté du 1er avril 1180, proclame la liberté de la médecine et donne ainsi un essor remarquable à cette profession dont l’exercice était jusqu’alors fortement réglementé. Deux siècles plus tard, c’est le pape Urbain V (1310-1370), originaire de Mende, qui fonde, près de l’université de Montpellier, le collège des douze médecins, destiné à accueillir et à former les étudiants pauvres de son diocèse.

Pasteur : vaincre la rage

Lorsqu’on lui amène Joseph Meister, un garçon âgé de neuf ans mordu à quatorze reprises par un animal enragé, Louis Pasteur hésite.
Les recherches qu’il mène sur la rage depuis 1879 n’en sont encore qu’au stade de l’expérimentation.
En effet, le 1er novembre 1885, Pasteur applique, pour la toute première fois, sa méthode préventive sur des chiens : il utilise des moelles d’animaux victimes de la rage, qui, en se desséchant, perdent de leur virulence. Il renouvelle l’expérience pendant plusieurs mois, utilisant des souches de plus en plus récentes et parvient ainsi à immuniser un chien.
Le 6 juillet 1886, sur l’insistance de la mère de Joseph, Pasteur lui applique sa méthode et dix jours après, l’enfant est rétabli. Le succès est complet et dès novembre 1886, deux mille quatre cent quatre-vingt-dix cas de personnes touchées par ce mal peuvent suivre le traitement : la rage est vaincue.

Ambroise Paré

Véritable fondateur de la chirurgie moderne, Ambroise Paré (1509-1590) est surtout un grand réformateur du XVIe siècle. Apprenti-barbier puis barbier-chirurgien, il crée de nouvelles méthodes pour soigner les blessures causées par les armes à feu.
Autodidacte, sachant à peine le latin, il subit toute sa vie les railleries de la Faculté de médecine, malgré son statut de « chirurgien des rois », puisqu’il fut successivement celui d’Henri II et de ses trois fils.
Il meurt le 20 décembre 1590, après une vie entière consacrée à la recherche de nouvelles méthodes chirurgicales : 
Il reste plus de choses à trouver qu’il n’y en a de trouvées… dira-t-il.

La médecine de Laennec

Né le 3 octobre 1781 à Quimper, René Laennec invente, en 1819, le premier stéthoscope et publie le premier traité d’auscultation.
Il applique sa méthode à la maladie qui le ronge et qui l’emporte  en 1826 : la tuberculose. Connue depuis la plus haute Antiquité sous le nom de phtisie et au Moyen Âge comme la maladie des écrouelles, la tuberculose va se propager au XIXe siècle.
Les travaux de René Laennec vont permettre de la reconnaître sous ses diverses formes et de la diagnostiquer à l’aide du stéthoscope. Soixante ans plus tard, Robert Koch isole, en 1884, le bacille de cette redoutable maladie qui frappe l’Europe de plein fouet et qui sera partiellement vaincue à partir de 1921, grâce au vaccin, le B.C.G..

Le pape Urbain VIII contre… le tabac.

Devant les méfaits graves infligés à la santé, les troubles dûs à la consommation excessive de cette substance diabolique, Urbain VIII est contraint d’avoir recours à la mesure la plus radicale en matière de religion : dans une bulle datée du 18 avril 1641, il excommunie ceux qui osent prendre du tabac dans le temple du Seigneur. Originaire du Nouveau Monde, cette plante fait son apparition en Europe au milieu du XVIe siècle et, très rapidement, elle fait de nombreux adeptes en Italie, en France et en Angleterre.
Outre le pape, les médecins mettent en garde les fumeurs et décrivent par le menu, et cela dès le début du XVIIe siècle, les ravages occasionnés par le tabac. Mais ni la bulle épiscopale ni les cris d’alarme des médecins ne semblent décourager les amateurs de cette funeste plante…

L’éther au service de la chirurgie

William Morton (1819-1868).
William Morton (1819-1868).

C’est un jeune dentiste de Boston, William Morton, qui, le premier, eut l’occasion d’utiliser l’éther pour endormir un patient. L’idée était à l’origine du professeur Jackson… ce qui n’empêchera pas Morton de breveter l’utilisation de l’éther à son nom. La première fois qu’il l’utilisa, son patient, à qui il venait d’extraire deux dents, déclara que c’était l’expérience la plus amusante qu’il eut jamais vêcu : de quoi donner des envies de recommencer au jeune praticient, qui ne s’en priva évidemment pas.
L’Angleterre découvrit rapidement, et grâce aux bons soins de Morton, l’utilisation de l’éther puis ce fut le tour de la France où, le 12 janvier 1847, le docteur Malgaigne pratiqua pour la première fois une opération avec l’éther comme anesthésiant…

Buffon, le génie de la nature

Georges Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788).
Georges Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788).

Le génie n’est plus qu’une grande aptitude à la patience, disait le comte de Buffon qui passa, lui-même, quasiment toute sa vie à écrire son Histoire naturelle.
Fils d’un conseiller au Parlement de Bourgogne, Georges Leclercq, comte de Buffon, né en 1707, se passionne très tôt pour les sciences.
Sa notoriété est bien assise quand il est nommé intendant du Jardin du roi, en 1739. Cette année-là, il entreprend son œuvre capitale, l’Histoire naturelle.
Enfermé, dès le lever du jour, « dans son cabinet sans livres et sans autre ornement qu’une gravure de Newton », assisté par Daubenton et l’abbé Bexon, il consacre près de cinquante années de sa vie à une étude qui comprendra trente-six volumes. Reconnu comme celui qui fonda la géologie et comme l’un des plus grands scientifiques du XVIIIe siècle, Buffon meurt à Paris, en avril 1788.

Les lois de Mendel

Gregor Mendel (1822-1884).
Gregor Mendel (1822-1884).

Lorsqu’en 1900 Erich Tschermak von Seysenegg a l’idée de publier ses travaux sur l’hérédité, il a la surprise de constater que ceux-ci ont un antécédent, qui les dépasse qui plus est, dont l’auteur n’est autre qu’un obscur Augustin de Tchéquie du nom de Gregor Mendel.
Né dans une famille pauvre de Moravie, Gregor Mendel (1822-1884) entre à l’âge de 21 ans dans l’ordre des Augustins. Passionné par les sciences naturelles, le père Gregor semblait, de prime abord, peu destiné à devenir le chercheur que l’on connaît. De fait, lorsqu’en 1850 il entreprend de passer un examen afin d’obtenir le titre de professeur, il est recalé… à cause de ses résultats catastrophiques en biologie ! Il faudra la ténacité de son supérieur pour que Mendel entre à l’université puis, de retour dans son monastère de Brno, en Tchéquie, y enseigne les sciences naturelles aux écoles voisines.
Outre cet intermède universitaire, Mendel ne quittera jamais son monastère, lisant, étudiant et multipliant les expériences d’hybridation… dans le potager du monastère. Et c’est en observant puis en étudiant les mécanismes de l’hérédité sur les pois, notamment, qu’il fondera les fameuses « lois de Mendel » qui font de ce génie méconnu le père de la génétique moderne.