Création des assignats

À la fin de l’année 1789, la France a une dette publique de quatre milliards deux cent soixante-deux millions. Le comte de Mirabeau et Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun, suggèrent à l’Assemblée de confisquer les biens ecclésiastiques puis de les mettre en vente au profit de l’État. En échange, celui-ci se charge d’assurer les frais du culte ainsi que l’entretien du clergé. L’Assemblée se rallie à cette proposition et, en décembre 1789, met en vente des « bons gagés », les assignats, sur les biens du clergé.
L’assignat devient rapidement une véritable monnaie de papier, mais sa trop grande profusion et la fabrication de faux qui inondent rapidement le marché lui font perdre toute sa valeur. La dette ne fait alors qu’augmenter…

Excellence des produits français

Le savoir-faire de la manufacture des Gobelins.
Le savoir-faire de la manufacture des Gobelins.

Ce qu’il y a de mieux dans tous les coins du monde se fabrique actuellement en France et telle est la vague de ces produits que, de toutes parts, affluent les commandes pour s’en fournir : c’est l’hommage rendu aux « manufactures » françaises par l’ambassadeur de Venise auprès de Louis XIV. Dans sa lettre, datée du 4 avril 1668 au doge de Venise, l’ambassadeur exprime le souhait de voir ses concitoyens s’inspirer de l’exemple si fructueux des Français et il désigne l’auteur de ce « miracle » qui est Colbert.
L’ambassadeur, très admiratif, cite les nombreuses réalisations de ce « ministre hors du commun » : les manufactures des Gobelins, d’Aubusson, de Beauvais, spécialisées dans la tapisserie, celles de Lyon qui fabriquent velours, taffetas et brocarts, les forges de Clamecy et de Saint-Etienne, les papeteries d’Angoulême, les sucreries de Rouen et de Bordeaux, les salines, les houillères, les mines et enfin les nombreux ateliers et arsenaux de marine, qui sont la gloire du règne…

La « guerre des farines »

Après un automne très pluvieux et un hiver des plus rigoureux, la récolte de 1775 est catastrophique. Le prix du pain augmente considérablement et le peuple se révolte. La rébellion commence à Dijon et atteint bientôt Paris. Turgot réprime l’émeute avec fermeté et ramène le prix du pain à un taux normal. Mais cette victoire n’en est pas une et le problème reste entier : la « guerre des farines » sera l’un des signes précurseurs d’une Révolution qui pointe à l’horizon…

Roulez jeunesse !

Les premiers vélos pour le grand public (d'après une gravure du début du XXe siècle).
Les premiers vélos pour le grand public (d’après une gravure du début du XXe siècle).

La paternité de l’invention du vélo est, selon les spécialistes, sujette à discussion : les frères Michaux, le comte Mede de Sivac ou, plus sérieusement le baron Drais. Tous, ont revendiqué cette paternité. L’invention que le baron Drais devait présenter en 1817, était une sorte de trottinette, dite « machine à courir » ou « vélocipède ».  Pas grand chose à voir avec la bicyclette donc, si ce n’est les roues. De fait, si l’on se base sur ce concept assez vague, il faut le reconnaître, l’invention du vélo ne remonterait donc pas au XIXe siècle mais au XVIIe. En l’an de grâce 1639, on présente « un véhicule à quatre roues actionné à l’aide de pédales ». N’est-ce pas, tout autant que la « draisienne », l’ébauche d’un vélo ?
Par contre, c’est bien du XIXe siècle que date l’incroyable essor de ce moyen de locomotion. Un essor largement démontré lors de la première course officielle de vélos, organisée en 1868 dans le parc de Saint-Cloud. L’Anglais James Moore en sortira vainqueur et fera entrer le vélo au rang de sport populaire et reconnu. Dès lors, les compétitions se multiplient, se dotent d’enjeux toujours plus conséquents, engendrant des moyens financiers énormes ; les coureurs eux-mêmes accèdent à un statu de quasi stars, au point que tout est désormais permis pour gagner…

Il était une fois la Prohibition

Elle est enfin là… elle naît l’Amérique sèche !, proclame la Ligue anti-saloon de New York à l’aube du 17 janvier 1920.
En effet, le 18e Amendement, ratifié l’année précédente, entre en vigueur : toute vente, fabrication, transport ou importation d’alcool est désormais interdite sur tout le territoire… Les « secs », opposés à l’alcool, se frottent les mains tandis que les brasseurs s’affolent. La veille, les rues étaient envahies de voitures, de camions ou de charrettes chargés d’alcool que les particuliers ont entreposé chez eux. Le règne de la Prohibition durera treize ans et sera aussi celui des gangsters, tel Al Capone qui fait fortune dans la contrebande d’alcool.
En réalité, « l’Amérique sèche » est un mythe dès le début : les ateliers de contrebande et de fabrication d’alcool fleurissent (il y en a trente-deux mille à New York) et les frontières sont le théâtre d’une agitation frénétique.
Quand, en 1933, le 18e Amendement est abrogé, une véritable explosion de joie déferle sur tout le pays.

Louis Renault et les débuts de l’industrie automobile

Louis Renault (1877-1944).
Louis Renault (1877-1944).

En ces jours où le salon de l’automobile fait grand bruit, une histoire, celle de Louis Renault, mérite d’être rappelé. A cela, il faut voir plusieurs raisons : l’histoire de l’automobile française a débuté grâce à quelques passionnés tels que Louis Renault (1877-1944) ; et, à cause du procès –juste ou non- qu’il lui a été fait, la pierre qu’il a apporté à l’édifice de cette industrie a trop souvent été occulté voir banalisé.
Mécaniciens amateurs, Louis et son frère Marcel aménagent un atelier dans la maison de leurs parents à Billancourt et y mettent au point, en 1898, leur première voiture. L’année suivante, ils fondent l’usine Renault Frères et accaparent alors le marché des taxis parisiens et londoniens ; ils augmentent ainsi leur production rapidement et construisent le tank Renault.
Ce n’est qu’en 1932, avec la sortie des quatre cylindres Monaquatre, Primaquatre, Vivaquatre puis des six cylindres Monastella, Primastella et Vivastella, que Louis Renault, alors seul à la tête de l’entreprise, concurrence sérieusement Citroën. Quand la guerre éclate, Renault est le premier constructeur automobile et, dans la France occupée, ses usines se mettent au service de la Wehrmacht. À la libération, Renault est arrêté et meurt, le 24 octobre 1944, après quelques mois de prison.

« Passages à tabac »

Introduit en France par Jean Nicot sous François III, le tabac connaît son apogée au XVIIe siècle, où il est d’usage soit de le priser ou de le fumer. N’importe qui, à l’époque, pouvait en faire commerce et certains estaminets ne s’en privaient pas, permettant aussi aux amateurs de tabac de « perdre du tabac en fumée » dans leurs échoppes.
Cependant, ces lieux étant désormais investis par les brigands qui pillaient les fumeurs, un édit du 23 juin 1629 interdit la vente de tabac, sauf par les épiciers qui pouvaient ainsi étendre leur activité à celle de « fumoir ».

« Eurêka ! » par Archimède

Archimède découvrant la flottabilité (d'après un dessin moderne).
Archimède découvrant la flottabilité (d’après un dessin moderne).

Archimède ou Arkhimêdês (287-212 avant J.-C.) est sans nul doute un des savants les plus fameux de l’Antiquité. Si fameux, d’ailleurs, que des auteurs aussi célèbres que Polybe (IIe siècle avant J.-C.), Tite-Live (Ier siècle avant J.-C.) ou Plutarque (Ier siècle après J.-C.) rapporteront ses trouvailles ; si fameux qu’après sa mort le général Marcellus, vainqueur de Syracuse, fit élever un monument en son honneur.
Né à Syracuse au sein d’une famille alliée ou cliente du roi Hiéron, c’est à Alexandrie, en Egypte, qu’Archimède fera ses « premières armes ». Elève d’Euclide, on dit qu’il parvint à assécher les marais du Nil grâce à une vis sans fin, dite vis d’Archimède. C’est du moins ce que rapporte la « légende ». Mais ce qui est certain c’est qu’il rapporta ce principe en Sicile. En effet, comme tous les héros célèbres, qu’ils soient scientifiques, écrivains, soldats ou artistes, toutes sortes de légendes sont venues se greffer sur son histoire. Des certitude, nous en avons cependant, comme la quinzaine de traités qu’il rédigea, dont douze nous sont parvenues. Comme le fait qu’Archimède était un mathématicien et un physicien hors pair : le calcul infinitésimal, le principe des corps flottants sont là pour en témoigner. Théoricien plus qu’ingénieur, il ne s’adonnera à cette dernière fonction que par la force des choses.
C’est notamment parce que le roi Hiéron lui avait demandé de découvrir comment différencier un objet totalement en or d’un autre plaqué d’or qu’Archimède découvrit le principe du poids spécifique des corps. Alors qu’il prenait son bain que le savant se rendit compte que son corps semblait flotter, qu’il paraissait peser moins que son poids. De cette constatation naquit la formule voulant que « tout corps plongé dans un liquide subit une poussée verticale de bas en haut égale au poids du liquide qu’il déplace ». La légende –mais ce n’est qu’une légende- veut qu’Archimède, tout à sa joie, se soit précipiter hors de chez lui dans le plus simple appareil en criant Eurêka ! –« J’ai trouvé ! »
La défense de Syracuse, assiégée trois années durant par les Romains, qui finalement s’en empareront, permettra également au savant de développer son génie mécanique. C’est d’ailleurs ce qui, vraisemblablement, frappa le plus les Romains, plus doué dans l’entreprise que dans la théorie. Considérant ses propres inventions comme de « simples récréations », considérant, selon Plutarque, « tout l’art qui sert aux besoins de la vie comme un métier vil et sans noblesse », il  fera néanmoins preuve, là aussi, de génie. Des catapultes capables de lancer des objets de près de 300 kilos, des « bras mécaniques » pouvant saisir des navires entiers, de les soulever et de les laisser s’écraser sur les rochers comptent au « catalogue » des ses inventions. A en croire Diodore de Sicile, il aurait même imaginer des miroirs géants qui auraient mis le feu aux vaisseaux des assiégeants… Une invention que ni Polybe, ni Tite-Live ni Plutarque ne confirment et qui, après des essais en situation réels, se sont révélés impossibles.
Au final, Syracuse sera prise par les armées du général Marcellus et c’est à cette occasion qu’Archimède perdra la vie, sans doute du fait d’un soldat impatient. Mais son génie était déjà reconnu au point même que ce sont ses ennemis –ou du moins ceux de son pays- qui, pour des siècles, feront sa « promotion ».

Edison illumine New-York

Au moment précis où la manette fut abaissée sur un signal de cet illustre inventeur, écrivait un journaliste, le 7 septembre 1882, les mille quatre cents lampes électriques installées dans tous les bâtiments du quartier s’illuminèrent soudainement d’une chaude clarté !
« L’illustre inventeur » n’est autre que Thomas Alva Edison, autodidacte et surdoué. Sorti de l’école à treize ans, il commence ses expériences tout en étant vendeur de journaux dans le train. Au cours d’une de ses expérimentations, il met le feu à un des wagons et se fait renvoyer. Mais, nullement découragé par cette mésaventure, il poursuit ses recherches et invente ainsi le télégraphe, le phonographe et la lampe électrique à incandescence.
Alors qu’il tentait de trouver une matière qui brillerait au passage du courant sans se consumer, il tourne en tous sens un bouton de sa veste, si bien que le fil casse. C’est alors qu’il a l’idée de faire quelques essais avec du fil rendu plus rigide par une substance chimique.
L’essai est réussi et le 7 septembre, Thomas Edison illumine plusieurs rues de New-York.

Oberkampf, père de l’industrie textile

Statue de Christophe Oberkampf (1738-1815), élevée à Jouy-en-Josas.
Statue de Christophe Oberkampf (1738-1815), élevée à Jouy-en-Josas.

Quand Napoléon Ier lui offre une place de sénateur, Oberkampf refuse, mais il accepte le ruban de la légion d’honneur que l’empereur lui remet en lui disant :
-Vous et moi, nous faisons une bonne guerre aux Anglais, vous par votre industrie et moi par mes armes… Mais c’est encore vous qui faites la meilleure !
Oberkampf, manufacturier d’origine bavaroise, s’installe en France en 1757 et y fonde la manufacture de toiles peintes, dites toiles indiennes, à Jouy, puis, deux ans plus tard, la première filature de coton à Essonne. Louis XVI lui confère alors les lettres de noblesse et, en 1790, le département de Seine-et-Oise élève un monument en son honneur. Après cela, il ne cesse de développer ses manufactures et, lorsqu’il meurt en octobre 1815, il est à la tête d’une industrie florissante.