Comme un poisson dans l’eau…

>Robert Fulton (1765-1815).
Robert Fulton (1765-1815).

Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle que l’on vit les unités de marines de France, des États-Unis ou encore d’Allemagne se doter d’une nouvelle « arme » : le sous-marin.
Et pourtant, dès 1798, l’Américain Robert Fulton, mécanicien visionnaire, faisait naviguer son fameux Nautilus dans la rade de Brest. Équipé d’une voile, pour la navigation en surface, et d’une hélice, activée par un matelot, pour la plongée, le fameux Nautilus n’eut cependant pas l’heur de plaire à la France ni aux États-Unis et Fulton abandonna son projet. Il se concentra alors sur la construction d’un bateau à vapeur et à roue qui, le 9 août 1803, remontait la Seine. Mais, déçu par la France qui, une fois de plus, ne voulait pas de son invention, Fulton reprit le chemin de l’Amérique où son bateau à vapeur se répandit rapidement.

Fondation de l’École normale supérieure

À l’instigation de Jospeh Lakanal (1762-1845), la Convention fonde, le 10 octobre 1794, l’École normale supérieure. Mais les temps sont difficiles et huit mois plus tard, l’École ferme ses portes.
Reprenant cette idée, Napoléon Ier ordonne la réouverture de l’École. Le décret du 17 mars 1808 définit ses statuts : l’École normale doit former gratuitement des professeurs de lettres et de sciences. Considérée comme un foyer d’agitation libérale, elle est à nouveau fermée en 1822. Et ce n’est qu’en 1830 qu’elle est définitivement rétablie. Depuis, l’École normale a formé de nombreux esprits allant de Pasteur à Péguy, de Blum à Pompidou.

Paris-Lille en 2 minutes !

Le télégraphe de Chappe.
Le télégraphe de Chappe.

La communication par signaux lumineux ou acoustiques existe depuis la plus haute antiquité mais c’est le Français Chappe qui va entreprendre de développer le télégraphe et réaliser ainsi une avancée considérable dans ce domaine. Le 12 juillet 1793, malgré les réticences de certains membres de la Convention, Chappe expérimente son télégraphe aérien de Ménilmontant à Saint-Martin-du-Tertre. Le principe est simple : il s’agit de mâts équipés de bras mécaniques.
Bientôt la France se couvre de ces télégraphes et il ne faut pas plus de deux minutes pour transmettre un message de Paris à Lille…

Vive la pomme de terre !

En 1788, le pharmacien Antoine Parmentier (1737-1813) présente à Louis XVI et aux Parisiens un tout nouveau légume : la pomme de terre. Nommé apothicaire en chef à l’hôpital des Invalides le 6 novembre 1772, Parmentier se consacre à la rédaction d’un mémoire sur un végétal suceptible de remplacer le pain. La réponse est, pour lui, toute trouvée : la pomme de terre.
Cultivée en Europe depuis près de trois cents ans, cette tubercule est loin d’être populaire en France : elle donne la lèpre, dit-on alors. Parmentier réfute très rapidement ces arguments puis entame une véritable campagne de promotion de ce légume. Les habitants de la capitale peuvent ainsi admirer les champs que l’apothicaire a plantés aux Sablons ; le roi se voit offrir un bouquet de pommes de terre et des dîners de gala sont organisés. La pomme de terre est à la mode !
Mais Parmentier n’a pas encore gagné car l’engouement n’est que passager et il faudra attendre 1840 pour que ce légume devienne enfin une denrée de consommation courante.

Les frères Wright : comme un oiseau…

Wilbur Wright (1867-1912).
Wilbur Wright (1867-1912).

Adler, Lilienthal, Mouillard, Chanute avaient écrit les premières pages de l’extraordinaire aventure de l’aviation mais ce sont des Américains, les frères Wright, Wilbur et Orville, qui vont lui donner ses premières lettres de noblesse.
D’abord journalistes puis fabricants de bicyclettes, les frères Wright se consacrent, depuis plus de trois ans, à la construction de leur machine volante. Le « flyer », sorte de planeur muni d’un moteur à hélices inversées, est fin prêt quand, le 17 décembre 1903, Wilbur, poussé par Orville, s’élance dans les airs : un premier vol de plus de quarante mètres couronne de succès tous leurs efforts. Cette même journée, les deux frères Wright effectuent quatre essais, allant jusqu’à parcourir cent mètres. L’aviation motorisée vient de naître…

Le baccalauréat

Quand, en mars 1808, Napoléon Ier crée le baccalauréat, l’épreuve consiste uniquement en une traduction orale d’un texte latin. Dès 1820, on ajoute une épreuve écrite, toujours de latin, et trois interrogations orales sur la philosophie, la rhétorique et aussi l’histoire. Tout au long du XIXe siècle, le baccalauréat évolue dans ses statuts, mais ce n’est que le 6 décembre 1902 que sa forme moderne est adoptée.

En effet, la nouvelle réforme crée quatre sections : latin-grec (A), latin-langues (B), latin-sciences (C) et langues-sciences (D), les plus prisés étant les bacs A et C. Cette première révolution du baccalauréat est suivie d’une seconde, à la même époque. En effet, en un siècle, les candidats passent du nombre de trente et un à celui de sept mille et les jeunes filles ont accès à cette épreuve, ce qui leur permet de prétendre à des carrières de plus en plus élevées.

La gabelle devient générale

Philippe IV le Bel (1268-1314).
Philippe IV le Bel (1268-1314).

Instituée par Philippe IV le Bel en 1286, la gabelle, impôt sur le sel, devient le monopole de l’État sous Philippe VI de Valois. Par l’ordonnance royale du 16 mars 1341, Philippe VI s’empare de tout le sel entreposé sur le territoire et ainsi, alors même qu’il met la population à l’abri de toutes difficultés d’approvisionnement, en tire un sérieux profit financier. Rares sont les provinces, comme le Poitou, l’Auvergne, l’Angoumois, le Périgord ou le Limousin qui peuvent acheter l’exemption à la gabelle.
Seule la Bretagne, trop pauvre, jouit du droit de « franc-salé ».
Ailleurs cet impôt est général, mais on distingue les pays de « petite gabell e», comme la Provence, le Lyonnais, le Languedoc et le Dauphiné qui paient le sel moins cher, des pays de « grande gabelle » où l’impôt pèse de tout son poids sur chaque individu.
Une contrebande intense sévit durant la monarchie entre les pays de grande et de petite gabelle et Louis XIV la classera au rang de crime. Extrêmement impopulaire, la gabelle n’est supprimée qu’en 1790.

Ambroise Paré

Véritable fondateur de la chirurgie moderne, Ambroise Paré (1509-1590) est surtout un grand réformateur du XVIe siècle. Apprenti-barbier puis barbier-chirurgien, il crée de nouvelles méthodes pour soigner les blessures causées par les armes à feu.
Autodidacte, sachant à peine le latin, il subit toute sa vie les railleries de la Faculté de médecine, malgré son statut de « chirurgien des rois », puisqu’il fut successivement celui d’Henri II et de ses trois fils.
Il meurt le 20 décembre 1590, après une vie entière consacrée à la recherche de nouvelles méthodes chirurgicales : 
Il reste plus de choses à trouver qu’il n’y en a de trouvées… dira-t-il.

Le feu grégeois : l’arme secrète des Byzantins

Les Grecs utilisant le feu grégeois, d'après une miniature du Moyen Âge.
Les Grecs utilisant le feu grégeois, d’après une miniature du Moyen Âge.

Ce n’est qu’au VIIe siècle après J.-C., que les mélanges incendiaires, depuis si longtemps en usage chez les Orientaux, furent introduits en Europe. Callinique, architecte syrien, avait appris à préparer ces mélanges en Asie. C’est à lui que les Grecs du Bas-Empire durent la connaissance de ces composés, qui furent désignés depuis ce moment sous le nom de feu grégeois et qui devaient exercer une influence si puissante sur les destinées de l’empire d’Orient.
Callinique se trouve en Syrie lorsque, en 674, pendant la cinquième année du règne de Constantin IV Pogonat, les Arabes, sous la conduite du calife fatimide, décident de mettre le siège devant Constantinople. Le Syrien, passant secrètement dans le parti des Grecs, se rend alors dans la capitale de l’empire et fait connaître à l’empereur Constantin les propriétés et le mode d’emploi des compositions incendiaires. Sans grande modestie, il s’en dit même l’inventeur. Grâce à ce secours inattendu, l’empereur pourra repousser l’invasion des Sarrasins qui, pendant cinq années consécutives, reviendront avec des forces nouvelles et des flottes considérables. Chaque fois, ils seront contraints de lever le siège.
Depuis le IXe siècle jusqu’à la prise de Constantinople par les croisés, en 1204, les Byzantins aller devoir au feu grégeois de nombreuses victoires navales. Des victoires qui retarderont la chute de l’empire d’Orient. On comprend alors la véritable paranoïa des empereurs du Bas-Empire qui apportaient la plus grande attention à réserver pour leurs seuls États la possession de cet agent précieux, de cette arme secrète. Ils ne confiaient sa préparation qu’à un seul ingénieur qui ne devait jamais sortir de Constantinople et cette fabrication était exclusivement réservée à la famille et aux descendants de Callinique. La préparation du feu grégeois fut mise au rang des secrets d’État par Constantin Porphyrogénète, qui déclara infâme et indigne du nom de chrétien celui qui violerait cet ordre.

Création des assignats

À la fin de l’année 1789, la France a une dette publique de quatre milliards deux cent soixante-deux millions. Le comte de Mirabeau et Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun, suggèrent à l’Assemblée de confisquer les biens ecclésiastiques puis de les mettre en vente au profit de l’État. En échange, celui-ci se charge d’assurer les frais du culte ainsi que l’entretien du clergé. L’Assemblée se rallie à cette proposition et, en décembre 1789, met en vente des « bons gagés », les assignats, sur les biens du clergé.
L’assignat devient rapidement une véritable monnaie de papier, mais sa trop grande profusion et la fabrication de faux qui inondent rapidement le marché lui font perdre toute sa valeur. La dette ne fait alors qu’augmenter…