Alberoni ou le rêve brisé de la Grande Espagne

Giulio Alberoni (1664-1752).
Giulio Alberoni (1664-1752).

C’est le duc de Vendôme qui, le premier, devait donner sa chance à Giulio Alberoni, un modeste italien, fils d’un pauvre jardinier. Et c’est en suivant le duc de Vendôme, qu’il alalit apparaître dans le paysage politique espagnol. Arrivé dans la péninsule en 1711, il obtient les faveurs de la princesse des Ursins qui le fit nommer agent du duc de Parme à Madrid en 1713. Nommé premier ministre d’Espagne en 1714, cardinal en 1717, il avait formé le projet -pour le moins ambitieux- de relever l’Espagne. Cela signifiait avant tout de lui redonner une stature internationale. Et pour ce faire, Alberoni ne vit d’autre solution que d’envahir la Sardaigne, violant ainsi la paix d’Utrecht. Le résultat ne se fait pas attendre : l’Espagne devait alors se trouvé face à la France, à l’Angleterre, à la Hollande et à l’Autriche, unies pour le maintient de la paix… et pour que l’Espagne ne redevienne pas une grande puissance. De fait, pendant près d’un siècle et demi, l’Espagne avait littéralement régné sur l’Europe et sur le monde -à travers ses colonies. On appelle généralement cette période, le Siècle d’or -avec une majuscule ! Un Siècle d’or qui cesse dès le règne de Philippe IV, laissant place, ensuite, aux revers, tant diplomatiques que militaires.