Averroès, disciple d’Aristote

Averroès (vers 1126-1198), d'après un dessin du XIXe siècle.
Averroès (vers 1126-1198), d’après un dessin du XIXe siècle.

Saint Bonaventure et saint Thomas d’Aquin ont salué en lui " LE commentateur " d’Aristote. Pourtant, Averroès prétendait être bien plus ; il prétendait être l’héritier d’Aristote, son disciple préféré.
Né dans une famille de juriste de Cordoue, Ibn Rochd, dit Averroès, fait ses études de droits tout en s’initiant à la philosophie, à la théologie et à la médecine. Devenu, comem son père, "cadi" de Cordoue puis de Séville, c’est-à-dire juge, il se lie avec le calife almohade Abou Yakoub Yousouf qui fait de lui son médecin personnel. Appelé au Maroc par le fils du calife afin de réformer la justice, il revient à Cordoue huit ans plus tard (en 1195) où il se voit taxé d’hérésie. De fait, Averroès n’avait jamais abandonné ses premiers amours : la philosophie et la théologie. De fait, Averroès professait depuis des années des théories contraires à la foi musulmane. Adepte de la philosophie aristotélicienne, il en avait traduit les œuvres principales, avant de les interpréter. Comme la majorité des commentateurs arabes, il y avait introduit des éléments néoplatoniciens et alexandrins. Mais c’est sur les rapports de la philosophie et de la foi qu’il s’opposera à l’école orthodoxe musulmane. Identifiant la pensée d’Aristote à la vérité rationnelle, il en arrive à soutenir la théorie de la double vérité : celle de la raison et celle de la foi.