Baybars : de l’esclavage au sultanat

Un mamelouk, d'après l'œuvre de Vernet.
Un mamelouk, d’après l’œuvre de Vernet.

C’est au Turkestan que né El-Malik el Zahir Roukn el-Din el Boundoukdar el-Baybars ; au Turkestan où il est fait esclave, envoyé comme tel à Damas puis en Egypte. Devenu garde du corps du dernier souverain ayyoubide -dynastie fondée par Saladin au XIIe siècle-, il prend du galon et se distingue en Syrie où il remporte une victoire décisive contre les Mongols à Aïn Djalout (1259). L’aura de cette victoire est alors telle qu’à peine revenu au Caire, Baybars se fait proclamer sultan (1260). Pour plus de sûreté et dans le but évident de légitimer sa prise de pouvoir, il fait venir près de lui le dernier calife de Bagdad, el-Moustansir Billah, qui se contentera dès lors de la qualité de souverain fantoche.
Habille diplomate, Baybars s’assure alors la neutralité de Byzance, celle des Seldjoukides d’Anatolie et de l’imam du Yémen et se lance alors dans une vaste offensive contre les croisés. La prise de Césarée (1265), celle de la forteresse templière de Safed (1266) puis celle de Jaffa (1268) témoignent du succès de son offensive. Surtout, le prise, en avril 1271, du célèbre et réputé imprenable Krak des Chevaliers, qui appartenait au Temple, semblait devoir assurer pleinement la défaite croisés si ces derniers n’avaient fait appel à l’aide mongole. Une alliance qui devait contraindre Baybars à signer, avec les croisés, une trêve de dix ans (1272).