Bonald ou l’idée de la société royale

Louis Gabriel Ambroise, vicomte de Bonald(gravure ancienne).
Louis Gabriel Ambroise, vicomte de Bonald

Sans aucun doute, Louis Gabriel Ambroise, vicomte de Bonald, n’avait guère de sympathie pour la révolution. En fait, il semble qu’il ne la comprenait même pas.

Emigré en 1791, de retour en France sous le Directoire, il devint député sous la Restauration et fut nommé pair de France en 1823. Ses principaux ouvrages, "Théorie du pouvoir politique et religieux" et "La législation primitive considérée dans les premiers temps par les seules lumières de la raison", font état de sa vision du monde et de la société. De fait, Bonald attribuait à une révélation primitive l’origine du langage, des arts et de toutes les connaissances humaines. En politique, il affirmait que la société tenait son origine du pouvoir donné par Dieu au souverain et que cette société avait été façonnée par le monarque, qu’elle ne pouvait survivre qu’avec lui.

On comprend, dès lors, que le vicomte de Bonald ait considéré avec quelque réserve la période révolutionnaire. On comprend également qu’il ait été conforté dans ses idées après l’échec de la Révolution et même de l’accession au pouvoir de Napoléon, la France ne retrouvant son vrai visage, selon lui, qu’avec le retour des Bourbons.