Byzance : Rome après Rome

Constance II, empereur (337-361), d'après une fresque ancienne.
Constance II, empereur (337-361), d’après une fresque ancienne.

C’est en 286 que l’empereur Dioclétien devait instaurer la dyarchie. Pour assurer la défense des frontières contre les Barbares et, donc, la survie de l’empire romain, il avait décidé de s’associer un empereur : Maximien se vit confier la défense de l’Occident quant lui, Dioclétien, conservait la gouvernance de l’Orient. Une unité éphémère suivie la prise de pouvoir de Constantin mais, au final, l’empire demeura divisé. Et c’est à l’Est que devait se concentrer la plupart des activités du monde romain, tant dans le domaine politique que dans le domaine religieux.

On considère généralement que la division définitive de l’empire est à dater à la mort de Théodose Ier (395). De fait, les fils de Théodose se partageront l’empire, Honorius régnant sur l’Occident et Arcadius sur l’Orient. Une situation qui n’était qu’un retour à celle d’avant Constantin ; une situation qui, si elle était réelle sur le plan politique, était nettement moins évidente dans la conscience des peuples. En Orient, si la langue de culture était le grec, le latin demeurait la langue officielle ; le code Théodosien, publié en 438, était appliqué en Orient sous l’autorité de Théodose II et en Occident sous celle de Valentinien III. Le fait essentiel qui sépara les deux empires fut les invasions barbares : en Orient, où se trouvait toutes les forces vives de l’empire, fut épargné, tandis que l’Occident fut submergé. Théodose II fit d’ailleurs tout pour les éloigner, en renforçant notamment les fortifications de Constantinople ; l’empereur ira même jusqu’au paiement d’un tribu pour détourner de l’Orient les troupes d’Attila qui menaçaient la Thrace et la Macédoine.