Catherine de Médicis ou Machiavel à la cour de France

Catherine de Médicis (1519-1589) d'après une gravure du XIXe siècle.
Catherine de Médicis (1519-1589) d’après une gravure du XIXe siècle.

Le peuple l’avait tellement en horreur et mauvaise opinion, rapporte le chroniqueur Lestoile à propos de Catherine de Médicis, que tout ce qui advenait de malencontreux lui était imputé.
Calculatrice, retors, empoisonneuse : tout, on aura tout reproché à cette Italienne, au point que sa légende noire, largement relayée par les historiens du XIXe siècle (au crédit tout relatif) et par les cinéastes du XXe. Pourtant, le personnage de Catherine de Médicis est bien moins tranché que cela ; il est même tout en nuance, même si, il faut bien le reconnaître, elle a fait de la politique de Machiavel une réalité.
Fille de Laurent II de Médicis, duc d’Urbin, et de Madeleine de la Tour d’Auvergne, Catherine, orpheline de père et de mère très jeune, va vivre les vicissitudes de la révolte florentine avant d’épouser, grâce à son oncle, le pape Clément VII, le second fils de François Ier, Henri d’Orléans. Nous sommes alors en 1533 : Catherine a quatorze ans ; comme Henri. Cultivée, aimant les arts, Catherine ne dépareille nullement à la cour de France mais son jeune époux est subjuguer par une dame de la cour, de dix-neuf ans plus âgée que lui : une certaine Diane de Poitiers. Jamais, Catherine ne réussira à détourner Henri de cette passion et si elle ne s’en réjouit pas, du moins fit-elle bonne figure, allant jusqu’à «  négocier » avec la dame d’Anet pour qu’Henri fasse son devoir de roi. Car depuis 1536, date à laquelle meurt le fils aîné de François Ier, Henri est dauphin. Et sa première tâche est d’assurer une descendance. Il faudra pas moins de dix ans pour qu’enfin naisse un premier enfant : en 1544 naît François, futur François II. Il aura pas moins de neuf frères et sœurs ! La succession au trône semble largement assurée… et pourtant : la mort d’Henri III, dernier fils de Catherine, verra un changement de dynastie.