Empire et papauté : une lutte millénaire

L'empereur Constantin (274-337), d'après une gravure ancienne.
L’empereur Constantin (274-337), d’après une gravure ancienne.

Si la conversion de l’empereur Constantin annonce bien le commencement de l’hégémonie catholique en Europe, on oublie trop souvent qu’elle annonce surtout la lutte entre le temporel et le spirituel, entre l’empire et la papauté. De fait, Constantin, en reconnaissant la religion catholique et en la soutenant, n’avait rien fait d’autre que de tenter de s’approprier l’Eglise ou son pouvoir supposé. Comme les empereurs avant lui, il avait vu dans la divinisation, le stade ultime du pouvoir. Un stade qu’il comptait bien atteindre en dirigeant l’Eglise, même indirectement, en la maîtrisant. C’est ainsi que c’est lui, l’empereur, qui avait convoqué le concile œcuménique de Nicée ; lui qui avait présidé ce concile… alors qu’il n’était pas même baptisé. Il en le sera d’ailleurs qu’à la veille de sa mort.
La succession de Constantin, son esprit et celui des empereurs romains va trouver une continuité dans les empereurs occidentaux. Dans Charlemagne, d’abord, qui, s’il devait être considéré comme le protecteur du Saint-Siège, s’en rendra plutôt le maître. Seul le désordre consécutif à la mort de l’empereur, seules les guerres de successions et d’influence pour acquérir la couronne des rois lombards, sauvera la papauté de cette domination. Une domination qui devait ressurgir en même temps que l’établissement d’un nouveau pouvoir temporel en Occident, d’un pouvoir hérité des empereurs romains.