Gand : la ville aux deux suzerains

Des tisserands au Moyen Âge (d'après une représentation d'époque).
Des tisserands au Moyen Âge (d’après une représentation d’époque).

C’est au VIIe siècle que, pour la première fois, la cité de Gand est mentionnée, saint Armand y ayant fondé deux monastères. A la fin du Ixe siècle, lorsque le comte de Flandre édifie un fort de protection, la ville grandit, mais elle ne deviendra une cité riche, une des plus riches de Flandres, qu’aux XIIe-XIIIe siècles, grâce à l’industrie du drap et, on l’oublie souvent, à son marché aux grains. Avec une économie fondée sur l’importation de laine d’Angleterre, et sur celle des graines de l’Artois, la cité flamande était inexorablement tiraillée entre la France et l’Angleterre. La guerre de Cent ans allait donné un relief tout particulier à cette double dépendance.
Au début du conflit opposant la France et l’Angleterre, le comte de Flandre, Louis de Nevers, était resté fidèle au roi de France. Mais l’interdiction des exportations de laines et des importations de draps, décidée par Edouard III, devait porter à Gand un coup terrible. Dans cette cité, qui comptait quelque 60 000 habitants, les métiers s’arrêtèrent et des dizaines de milliers d’artisans se retrouvèrent sans emploi. La révolte allait éclatée en 1337 et aboutir à la formation d’un gouvernement révolutionnaire, ayant, à sa tête, Jacob van Artevelde.