Géorgie-Russie : le jeu du chat et de la souris

Vladimir Poutine (photo récente).
Vladimir Poutine (photo récente).

Les spécialistes de la géopolitique vous le diront : les tensions entre la Russie et la Géorgie ne datent pas d’hier. La quasi annexion, au début des années 1990, de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, des territoires séparatistes géorgiens, y sont pour beaucoup. D’où une succession d’escarmouches, de provocations, d’expulsions diverses. Mais si les spécialistes de géopolitique peuvent dirent beaucoup sur l’affrontement entre ces deux pays, les historiens également, car le jeu du chat et de la souris, les soumissions et la résistance, le protectorat et la révolte remontent à quelques siècles.
L’histoire commune de la Russie et de la Géorgie remonte au XVIIIe siècle. Coupée du monde chrétien depuis la prise de Constantinople par les Turcs (1453), la Géorgie devient, et pour trois siècles, un enjeu dans la lutte entre les Ottomans et les Perses avant que ces derniers ne confient son gouvernement à Teimourov II, issu de la dynastie des Bagratides. Réunificateurs de la Géorgie médiévale, vainqueurs de l’islam, les Bagratides avaient conduit la Géorgie à son apogée et l’avaient protégé de la poussée ottomane durant près de quatre siècles. Mais lorsqu’au XVIIIe siècle, leurs descendants accèdent au trône, l’âme des Bagratides semble s’être quelque peu émoussée.