Hadès, le dieu invisible

Statue du dieu des Enfers, Hadès.
Statue du dieu des Enfers, Hadès.

Alors qu’il y a tant à dire sur le royaume des morts, force est de constater que son maître, Hadès, paraît relativement insipide. Fils de Cronos et de Rhéa, frère de Zeus, il compte, logiquement, au nombre des Olympiens. Du moins le devrait-il. Pourtant, son statut de divinité olympienne est fortement discutée par les spécialistes. Il faut dire qu’Hadès n’apparaît que fort peu dans la mythologie grecque, qu’elle soit Homérique ou classique. Eschyle lui conteste même son rôle de juges des morts ! Pourtant, n’est-ce pas de son nom même que l’on désigne le plus souvent le monde des morts, l’Erèbe homérique ?
Maître d’un monde peuplé d’âmes errantes et à demi conscientes à l’époque homérique, Hadès devrait étendre son pouvoir au fur et mesure que les Enfers « s’éveillent », devenant le lieu des peines et des consolations. Pourtant il n’en est rien et plus les Enfers sont décrits, plus les auteurs anciens lui dénient le moindre rôle. Et qu’est-ce qu’un dieu des Enfers qui n’en est pas même le juge suprême ? Zeus, puis Rhadamante, Minos et Hermès, chez Platon, vont lui disputer ce rôle.