Henri IV, le souverain réaliste

Portrait d'Henri IV (1553-1610).
Portrait d’Henri IV (1553-1610).

Lorsque Henri III meurt assassiné en 1589, il n’a pas d’héritier… si ce n’est celui qu’il a lui-même désigné : son cousin et beau-frère Henri, roi de Navarre. Descendant en huitième génération de Robert de Clermont, un fils de saint Louis, par son père, fils de Jeanne d’Albret reine de Navarre, Henri est, si l’on s’en réfère à la loi salique, l’héritier légitime du Valois. Mais un héritier hérétique…
Elevé dans la religion calviniste, chef du parti huguenot depuis 1569, Henri devient l’héritier présomptif à la mort du dernier frère d’Henri III, le duc d’Alençon (1584). Une succession qui rebute d’avance le parti catholique, qui connaît dès lors un regain de vigueur, dont le paroxysme est atteint cinq ans plus tard lors de l’assassinat du dernier des Valois. Roi de fait, Henri de Navarre, devenu Henri IV, n’en est pas moins le souverain des huguenots seulement, les catholiques refusant de la reconnaître comme tel. Une situation dont la Ligue, qui a « son » roi, le cardinal de Bourbon, dit Charles X, et les Espagnols, également prétendants au nom de l’infante Isabelle, aimeraient tirer parti. Ce sera sans grand succès, du fait des dissensions même du parti catholique. Des dissensions qui vont également sauver la couronne si fragile d’Henri IV qui, rapidement, comprend que le seul obstacle à son acceptation par tout le royaume est sa profession de Foi. En 1594, Henri IV se convertit –pour la seconde et dernière fois-, se fait sacrer à Chartres, reprend Paris et, par le traité de Vervins (1598) met fin à trente années de guerre se posant désormais en rassembleur du peuple.