Hérode, le roi des juifs… qui n’était pas vraiment juif

Jean le Baptiste présenté devant Hérode Antipas (miniature du Moyen Âge).
Jean le Baptiste présenté devant Hérode Antipas (miniature du Moyen Âge).

Si le nom d’Hérode est resté dans l’histoire, c’est, justement ou curieusement, grâce à celui que cette famille n’aura de cesse de souhaiter la fin : Jésus de Nazareth. Le premier de cette lignée de souverains, Hérode Antipater, n’était même pas originaire de Judée mais était Iduméen, un peuple arabe présenté par la Bible comme descendant d’Esaü. Les Iduméens ou Edomites étaient en fait un peuple installé sur la rive sud de la mer Morte et qui, lors de l’arrivée des Hébreux en pays de Canaan, tentèrent, en vain, de leur barrer la route. Plus tard, ils seront soumis par David et par Salomon et aideront même Nabuchodonosor à s’emparer de Jérusalem (587 avant J.-C.), traitrise qui allait leur permettre d’occuper  tout le sud du royaume de Juda. C’est à ce moment que les Iduméens devaient se convertir au judaïsme, ce qui faisait d’eux des juifs de religion mais non des Hébreux, ce qui, pour les conquérants romains, avait son importance.
Lorsque la Judée tomba sous la coupe romaine, le roi de Juda était Hyrcan II, souverain ô combien faible, dont le maire du palais, Hérode Antipater, fidèle à la longue tradition de son peuple, était tout dévoué aux Romains. Un faveur qui devait se reporter sur son fils, Hérode le Grand -qui n’a de grand que le surnom-, d’abord gouverneur de Galilée pour les Romains puis, par la grâce et la faveur de Marc Antoine, roi de Judée sur décision du Sénat romain (40 avant J.-C.).