Histoires de bourreaux

Un bourreau au Moyen Age (détail d'une gravure du XIXe siècle).
Un bourreau au Moyen Age (détail d’une gravure du XIXe siècle).

Pourtant indispensable aux sociétés qui connaissent la peine de mot, bras armé de la répression légale, le personnage du bourreau inspire l’effroi, sinon le dégoût. C’est sans doute ce qui explique le vide institutionnel qui entoure sa fonction, qu’aucun texte légal ou administratif n’a véritablement définie. Sait-on, par exemple, qu’en votant la loi du 6 octobre 1791 qui prévoit la décapitation des condamnés à mort, l’Assemblée nationale a omis de désigner celui qui serait chargé de l’exécuter ? Dans la longue histoire des peines et châtiments, la place du bourreau n’a jamais varié : celle d’un paria, que nul ne veut convier à sa table et dont la société, quoique consciente de son utilité, a feint d’ignorer l’existence. Comment peut-on être bourreau ? Qui, au fil des siècles, a accepté de remplir l’effroyable office d’exécuteur des basses œuvres ?