L’Affaire des Poisons

Françoise Ahénaïse de Rochechouart, marquise de Montespan (1640-1707).
Françoise Ahénaïse de Rochechouart, marquise de Montespan (1640-1707).

Belle, spirituelle, maniant la conversation et le bon mot avec un art consommé : Françoise Athénaïse de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, avait tout pour plaire au roi Louis XIV. Qu’est-ce qui a donc bien pû la pousser à utiliser les services, plus que douteux, de Catherine Deshayes ?
C’est suite au procès de la marquise de Brinvilliers, condamnée pour empoisonnement, que la police du roi, en la personne de La Reynie, découvre que la sorcellerie, l’usage des poisons, la célébration de messes noires est devenue monnaie courante dans la capitale et dans ses environs. Les adeptes de ces pratiques morbides ? Des gens du peuple, des bourgeois… et même des membres de la haute noblesse. L’affaire prend une telle ampleur que le roi décide la constitution d’une Chambre ardente, dite pour le coup Cour des Poisons, afin de faire la lumière sur cette sombre affaire. Au cours des deux cents audiences, des huit cents interrogatoires, la Chambre va mettre au jour un vaste trafic de philtres, drogues et poisons en tout genres. Trente-six condamnations à mort, quatre condamnations aux galères et une trentaine de peines diverses seront prononcées à l’issue de l’instruction. Quant à la principale accusée, Catherine Deshayes, épouse Monvoisin, dite La Voisin, elle sera brûlée en place de Grève en février 1680.