L’empire des castes

Un brahmane, d'après une gravure du XIXe siècle.
Un brahmane, d’après une gravure du XIXe siècle.

Il fait partie des caractéristiques de ce pays ; il en est le symbole, même. Un symbole décrié mais un symbole si ancien que personne, dans le très égalitaire et bien-pensant Occident, n’ose mener campagne contre. D’ailleurs, trouverait-il le moindre écho ?
De fait, le système de division en vigueur en Inde, le fameux système des castes, pourrait difficilement être remis en question, même à notre époque. D’origine divine, selon la tradition brahamique, il apparaît pour la première fois dans un texte, le Rigveda, qui remonte aux années 1500 avant J.-C.. Les castes, ou varna en sanskrit, permettent donc une division que l’on croit trop souvent limitée à l’aspect social, alors qu’elle est également religieuse. De bien nobles termes pour excuser ce qui se résume en fait à l’assujettissement durable et définitif d’une population vaincue ; un système impliquant le religieux et le divin pour assurer une conquête, celle des Aryens.
C’est au XVe siècle avant J.-C. que ces peuples indo-européens, sans doute proches des Mèdes et des Perses d’Iran, devaient conquérir l’Inde. Se faisant, ils introduisait le cheval, les techniques du bronze et du fer mais, surtout, établissaient les castes. Un système mis en place par une minorité pour dominer une majorité mais également afin de permettre la conservation de la race aryenne… On compte traditionnellement quatre grandes castes originelles -elles se subdivisent ensuite en milliers de groupements-: les brahmanes, les guerriers, les agriculteurs-commerçants et les serfs, pour employer un terme général. Seules les trois premières sont des castes aryennes, la dernière regroupant les individus conquis, soumis… depuis trois millénaires.