L’empire du luxe

Un festin au Moyen Âge (tapisserie du XIVe siècle).
Un festin au Moyen Âge (tapisserie du XIVe siècle).

Le luxe serait-il le propre des sociétés en décadence ? Peut-être l’étalage du luxe pour le luxe, de l’argent pour l’argent ; peut-être faut-il voir comme un signe avant-coureur d’une civilisation décadente, un monde où la référence est la marque, où l’obsession de chacun est de savoir ce qu’il va bien pouvoir acheter afin d’améliorer, non pas son quotidien, mais un "extra" devenu quotidien. De fait, ce qui gêne c’est l’outrancier ; et la décadence, c’est lorsque l’outrancier est accepté, voire recherché.
Toutes les sociétés ne réagissent pas de manière équivalente à ce genre d’abus. Certaines les acceptent et y voient même une amélioration, tout dépendant, on l’a dit, de la notion d’outrance. D’autres craignent ou perçoivent le danger -souvent alors qu’il est trop tard- et font alors tout pour lutter contre les abus de luxe. Certains vont même jusqu’à édicter des lois en ce sens : c’est notamment le cas des lois somptuaires, un terme générique qui désigne des législations ayant tenter de freiner voire de faire cesser les abus de luxe. Ce sera notamment le cas en Grèce et plus particulièrement à Sparte, dont on sait le peu de goût pour ce qui n’était pas nécessaire.