La bonne aventure selon Amon

Bas-relief d'Amon-Ra.
Bas-relief d’Amon-Ra.

L’oracle d’Amon dans l’oasis de Siouah était si célèbre en Egypte et dans tout le bassin méditerranéen qu’Alexandre lui-même s’y rendit ; si célèbre que les auteurs anciens -grecs notamment- y font référence. Pourtant, force est de constater que les oracles n’étaient guère plus que nos horoscopes modernes, des "Madame Soleil" en puissance.
Alors que l’oracle de Delphes, en Grèce, représentait la connaissance de toute chose et son approfondissement, la découverte du cycle universel, l’oracle d’Amon ou toutes les autres techniques oraculaires égyptiennes n’allaient jamais plus loin que la connaissance d’un futur très personnel, terre-à-terre et somme toute inintéressant. L’avenir professionnel, l’avenir amoureux, retrouver un objet ou un être même : telles étaient les préoccupations des Egyptiens qui consultaient ces oracles. De fait, les prêtres eux-mêmes ne semblaient pas prendre leur rôle bien au sérieux, au point « d’aménager, selon l’égyptologue Guy Rachet, des conduits acoustiques dans les statues afin de leur prêter leur voix pour répondre directement aux questions qui leur étaient posées par les dévots ».