La geste de Merlin

Merlin et Viviane, d'après une iconographie du XIXe siècle.
Merlin et Viviane, d’après une iconographie du XIXe siècle.

Il est extrêmement étonnant de voir que, dan les récits originaux du cycle arthurien, celui dont le nom est, pour l’éternité, associé à celui d’Arthur, ne le croise pas une seule fois. En effet, Merlin, car c’est bien de lui qu’il s’agit, préside à la conception d’Arthur, annonce son retour, éventuellement le recueille, mort ou blessé selon les versions, sur l’île d’Avalon, mais n’apparaît jamais dans l’enfance d’Arthur ou à la cour de Camelot.

Comme celui d’Arthur, le personnage de Merlin est bien antérieur au récit de Geoffroy de Monmouth (Historia Regum Britanniae) ou à celui de Wace dans le Roman de Brut, deux œuvres majeures datées de la première moitié du XIIe siècle et qui serviront de base à l’édification de la geste arthurienne telle qu’on la connaît. Geoffroy de Monmouth va même consacrer deux œuvres complètes au personnage de Merlin dans la Prophetia Merlini (1134) puis dans la Vita Merlini. C’est également lui qui fait entrer Merlin dans le cycle arthurien.