La Norvège : le pays qui n’avait pas de nom

Un guerrier viking, d'après une illustration du XIXe siècle.
Un guerrier viking, d’après une illustration du XIXe siècle.

Dernier pays d’Europe occidentale à avoir acquis son indépendance politique (1905), assujetti à ses voisins scandinaves des siècles durant, la Norvège, ce pays qui n’a pas même de nom –Nordhrvegr signifie le « chemin du Nord »- a connu une histoire mouvementée, pour ne pas dire chaotique.
Peuplée de marins, de commerçants, d’éleveurs, la Norvège, comme le reste de la Scandinavie, était à l’origine régi par un système oligarchique qui, pendant des siècles, va empêcher l’émergence d’un pouvoir royal quelconque. Le premier à s’y essayer, Harald aux beaux cheveux, est issu de la famille des Yngligar, une famille de seigneurs dominant la région d’Oslo. Malgré une opposition farouche, la famille des Yngligar assurera sa prédominance et Harald, en cette toute fin de IXe siècle, deviendra le premier roi de Norvège. Une royauté éphémère, les fils d’Harald échouant à se maintenir face aux « jarls » -les chefs de clan. Un siècle plus tard, une nouvelle tentative d’instauration de la royauté verra la jour. Elle sera encore plus éphémère, Olaf Trygvesson ne régnant guère que cinq ans (995-1000), période à l’issue de laquelle les Danois s’empareront du pouvoir en la personne du très célèbre et très redouté Knut le Grand. De fait, l’histoire de la royauté norvégienne n’est rien de plus qu’une lutte incessante entre prétendants norvégiens –ils seront quelques-uns- et souverains danois. Parmi les premiers, trois sortiront du lot : saint Olaf, qui convertira la Norvège au christianisme, Magnus le Grand et Harald le Sévère. Mais les luttes de pouvoir n’allaient cesser d’affaiblir la noblesse, d’appauvrir le pays et, parallèlement, de renforcer le pouvoir des évêques, seule institution stable.