La Sardaigne, objet de toutes les convoitises

La mort de l'épouse de Bélisaire par Kinsoen (XIXe siècle).
La mort de l’épouse de Bélisaire par Kinsoen (XIXe siècle).

Habitée depuis le IIIe millénaire avant J.-C., la Sardaigne va entretenir très rapidement des relations avec ses voisins, plus ou moins proche, notamment avec l’Espagne. L’apogée de la civilisation du bronze, vers 1400-1500 avant J.-C., s’y manifeste par de nombreux monuments qui témoignent d’une intense vie religieuse. Très rapidement également, cette île allait être l’objet de toutes les convoitises : les Phéniciens y établissent trois comptoirs, les Phocéens un. C’est la coalition punico-étrusque qui, au VIe siècle avant J.-C., va rejeter l’influence phocéenne et placer la Sardaigne dans la mouvance carthaginoise. Dès 259 avant J.-C., les Romains commenceront à lorgner sur l’île qui, après la guerre des Mercenaires (238 avant J.-C.), fera partie, avec la Corse, de la deuxième province romaine, la Sicile étant la première. La pacification fut cependant bien difficile. Détachée de la Corse et érigée en province sénatoriale (Ier siècle de notre ère), elle devint province impériale et fut occupée par les légions, preuve, s’il en est, que, plus de deux siècles après sa conquête, la pacification n’était pas achevée. Séjour peu enviable en raison des fièvres qui y sévissaient, l’île devint un lieu de déportation où les condamnés étaient appelés à travailler dans les mines.