Le “concile cadavérique”

Institution d'un pape (gravure du Moyen Age).
Institution d’un pape (gravure du Moyen Age).

Concile cadavérique. Un nom sinistre pour une affaire sinistre. L’histoire se déroule à Rome, en l’an 897. Le pape Formose vient de mourir et son successeur décide de faire exhumer le corps de son prédécesseur et de le juger. De quoi  est-il donc accusé ? Qu’a-t-il fait pour mériter, même après la mort, un tel traitement ?
Formose avait fait de la politique. En fait, il avait sacré empereur Lambert, duc de Spolète, avant de se raviser et de poser la couronne de Charlemagne sur la tête d’Arnoul, le roi de Germanie. Une tergiversation qui devait lui valoir la haine des Spolète. Et c’est cette haine, transmise et reprise par Etienne VI, qui lui succède en 896, qui sera à l’origine de ce faux et odieux procès. Car Etienne est un partisans des Spolète et que ceux-ci veulent se venger.
Etienne VI fait donc déterrer le cadavre de Formose et organise une parodie de jugement… devant les évêques ébahis. Le pauvre Formose, dont le cadavre a été placé sur le trône de Pierre revêtu des ornements pontificaux, est alors accusé d’avoir échangé son siège d’évêque de Porto, charge qu’il avait occupé durant pas moins de trente ans, contre celui d’évêque de Rome… "par ambition coupable".