Le cortège des satyres

Un satyre et une nymphe (statue actuellement conservée au Louvre).
Un satyre et une nymphe (statue actuellement conservée au Louvre).

Fainéants et lubriques, peureux et méchants selon les dires d’Hésiode (VIIIe siècle avant J.-C.), les satyres ont surtout la réputation d’être des amateurs de vin, de fêtes et de filles –de nymphes et de ménades en l’occurrence. Bref, ce sont de joyeux lurons qui ne pouvaient qu’être les compagnons idéaux du dieu du vin et de la nature, Dionysos. Et comme celle du fils de Zeus et de Sémélé, la réputation des satyres est plus qu’exagérée, elle est en fait totalement déformée.
Divinités protectrices de l’abondance agricole, les satyres sont vraisemblablement originaires du Péloponèse, d’Arcadie plus précisément. Associés au dieu Pan, également issu de cette contrée agricole, ils vont se voir doter du même physique, assez peu flatteur au demeurant, à savoir de pattes, d’une queue et de cornes de bouc. Des attributs qui classent de fait les satyres au même rang que les divinités animales présentent dans tous les cultes indo-européens et qui symbolisent les énergies naturelles, c’est-à-dire les eaux, les forêts, les montagnes, les vents.