Le droit de savoir…

Saint Thomas d'Aquin enseignant (gravure du XIXe siècle).
Saint Thomas d’Aquin enseignant (gravure du XIXe siècle).

A l’heure où les lycéens et les collégiens défilent dans les grandes villes de France ; où les enseignants et les parents d’élèves réclament toujours plus de crédits, refusent les suppressions de poste ; où une certaine France -au demeurant très médiatique- célèbre en grande pompe et avec force émissions de radio et de télévision Mai 68 et son héritage, il est bon de rappeler que l’enseignement, en France, n’a pas toujours été considéré comme un dû. Nées dès le XIe siècle, les universités européennes se faisaient fort d’enseigner la théologie, la philosophie, parfois la médecine -notamment à Montpellier- à l’élite intellectuelle occidentale. Une élite qui se targuait de connaissance, se piquait de dialogue avec les savants étrangers, notamment musulmans ou juifs, et qui, au final, élaborait une somme de connaissances absolument phénoménale. Certes, cette connaissance était réservée à un petit nombre ; certes elle était financée par l’Eglise au travers des écoles de cathédrales et de monastères, à l’origine des universités, mais elle appelait à la discussion, à la dialectique tout en s’ouvrant au plus grand nombre.
De fait, les fameux « collèges », qui donneront plus tard leur nom à l’institution que l’on connaît, étaient des pensions pour les étudiants pauvres. Créés au XIIIe siècle, ils allaient rapidement devenir des établissements également dévolus à l’enseignement -et plus seulement à l’hébergement- tout en respectant leur vocation première en direction des plus humbles. La Sorbonne, pour ne citer qu’elle, aura cette vocation comme cette évolution à une époque où le savoir était un droit mais également une faveur…