Le feu grégeois : l’arme secrète des Byzantins

Les Grecs utilisant le feu grégeois, d'après une miniature du Moyen Âge.
Les Grecs utilisant le feu grégeois, d’après une miniature du Moyen Âge.

Ce n’est qu’au VIIe siècle après J.-C., que les mélanges incendiaires, depuis si longtemps en usage chez les Orientaux, furent introduits en Europe. Callinique, architecte syrien, avait appris à préparer ces mélanges en Asie. C’est à lui que les Grecs du Bas-Empire durent la connaissance de ces composés, qui furent désignés depuis ce moment sous le nom de feu grégeois et qui devaient exercer une influence si puissante sur les destinées de l’empire d’Orient.
Callinique se trouve en Syrie lorsque, en 674, pendant la cinquième année du règne de Constantin IV Pogonat, les Arabes, sous la conduite du calife fatimide, décident de mettre le siège devant Constantinople. Le Syrien, passant secrètement dans le parti des Grecs, se rend alors dans la capitale de l’empire et fait connaître à l’empereur Constantin les propriétés et le mode d’emploi des compositions incendiaires. Sans grande modestie, il s’en dit même l’inventeur. Grâce à ce secours inattendu, l’empereur pourra repousser l’invasion des Sarrasins qui, pendant cinq années consécutives, reviendront avec des forces nouvelles et des flottes considérables. Chaque fois, ils seront contraints de lever le siège.