Le succès de Cybèle, la Grande déesse

Monnaie antique de la déesse Cybèle accompagnée de deux lions, sensés représenter la nature sauvage.
Monnaie antique de la déesse Cybèle accompagnée de deux lions, sensés représenter la nature sauvage.

Le Ier siècle de notre ère marque un tournant dans l’histoire religieuse romaine. Certes, Auguste avait tenté une réforme de la religion officielle, mais c’était bien plus un programme politique qu’autre chose. Et, toujours plus nombreux, les Romains se tournaient donc vers des religions plus mystiques. Forces naturelles plus que personnages mythologiques, les dieux des religions, notamment orientales, incitaient à une certaine élévation de l’âme, à une recherche qui, de toute évidence, n’avait pas été assouvie par le panthéon romain. Si le christianisme apparaît à Rome et dans le monde à cette époque-là, d’autres religions orientales étaient déjà connues et même reconnues. Notamment le culte de la déesse Cybèle venu de Phrygie (en Asie Mineure).Célébré à Rome depuis le 204 avant J.-C., date à laquelle le Sénat, sur injonction des Livres Sybillins, fit rapatrier la bétyle, une pierre tombée du ciel autour de laquelle ce culte s’était formé, la religion de la déesse Cybèle va acquérir un écho particulier.
Comme nombre de culte orientaux, on l’a dit, le culte de la déesse Cybèle était un culte mystique. Déesse de la fécondité et de la nature sauvage, elle devient la déesse-mère, la Grande déesse, celle qui subordonne toute vie. Souvent confondue avec Déméter, issue du panthéon grec, et avec Cérès, son équivalent chez les Romains, Cybèle incarne, à elle seule, toutes les forces vitales.