Le temps des Barbares

Les couronnes des rois wisigoths, après leur établissement en Espagne.
Les couronnes des rois wisigoths, après leur établissement en Espagne.

On a tendance à l’oublier, mais les invasions barbares qui, au Ve siècle de notre ère, mirent fin à l’empire romain d’Occident, peuvent être tenues comme un événement majeur de l’histoire européenne. Car c’est de ces invasions que va résulter une fusion intime de l’élément germain et de l’élément romain qui donneront les caractères propres à chacune des nations d’Europe occidentale.
Cette fusion avait déjà commencé, d’ailleurs ; les invasions -brusques et brutales du Ve siècle- ne faisant qu’accélérer et sans doute accentuer le mouvement. Les Germains des premiers siècles de l’ère chrétienne étaient avant tout des paysans en quête d’une terre. Refoulés vers l’ouest par les mouvements de conquêtes des Asiatiques, les Germains commencèrent à accentuer leur pression sur le Danube et sur le Rhin dès le IIe siècle, sous Marc-Aurèle. Avant d’être massive, la pénétration germanique devait se faire par infiltrations, généralement pacifiques. Les empereurs romains "reconnaissaient" les groupes germains qui avaient franchi le "limes". Ils leurs attribuaient des terres à cultiver et en faisaient des alliés, les "foederati". Et comme les Romains avaient depuis longtemps perdu leurs anciennes qualités militaires, comme ils se désintéressaient de l’armée, ceux sont les Germains que l’empire appelait, formant des troupes de mercenaires ou plus. Au final, à la fin du IVe siècle, l’armée romaine était presque entièrement germanisée et de nombreux Barbares occupaient des postes de commandement.