Les califes ou la lutte de pouvoir

Ruines de la mosquée d'Hakim au Caire (gravure du XIXe siècle).
Ruines de la mosquée d’Hakim au Caire (gravure du XIXe siècle).

Déjà, le Coran reconnaissait le titre de "calife", soit de vicaire, de lieutenant, à Adam et au roi David, devenu le successeur de Saul par la volonté de Dieu et qui, ainsi, se voyait pourvu d’une sorte de vice-royauté divine. L’islam allait donc reprendre ce titre pour en parer les successeurs du Prophète, dotés, de fait, d’une autorité aussi bien spirituelle que temporelle.
Aux lendemains de la mort de Mahomet, cette autorité suprême devait échoir à Abou Bakr, qui initia le premier califat. Omar, devait lui succédait deux ans plus tard puis, en 644, Othman et, en 656, Ali, le cousin et le gendre du Prophète. C’est ce que l’on nomme les "califes orthodoxes". Pourquoi orthodoxes ? Tout bonnement parce que, après eux, l’islam devait se diviser entre les chiites, fidèles des fils d’Ali et les Omeyyades, dont le premier représentant fut Moawiya Ier. Les Omeyyades devaient régner sur le califat de Damas de 661 à 750, date à laquelle les fidèles d’Ali devaient renverser les Omeyyades au profit des Abbassides, installés à Bagdad. Branche et origine différente ; capitale différente : les deux califats n’ont décidément rien en commun. Ils n’apparaissent pas même comme une succession, un changement dynastique pourrait-on dire, tant les chiites et les sunnites sont opposés dans leur conception de l’islam et, surtout, de son autorité. Et alors que les Abbassides régnaient sur Bagdad, les Omeyyades devaient fonder un nouveau califat, une nouvelle branche en Espagne, où le califat de Cordoue perdurera jusqu’en 1031.