Les fils du Soleil

Buste de Thoutmès III (1479-1425 avant J.-C.).
Buste de Thoutmès III (1479-1425 avant J.-C.).

Dans l’Egypte ancienne, n’est pas pharaon qui veut : fils de Rê, le dieu solaire, le pharaon est plus qu’un souverain, c’est un dieu parmi les hommes. Son sang divin est infiniment précieux et se doit de garder, au fils des générations, une pureté presque totale. C’est la raison qui va pousser les pharaons à épouser leur sœur, à la rigueur leur demi-sœur. Une union qui n’a rien d’une façade et qui était bien réelle. Quels ravages cette consanguinité presque continue a-t-elle bien pu produire ? Nul ne le sait. Sans doute, d’ailleurs les enfants débiles –au sens de faibles- n’avaient-ils guère de chance de survie.
La logique de cette légitimation par le sang acceptera bien quelques écarts, bien vite circonscris. En effet, si par malheur le pharaon et la reine n’avaient pas de fils, c’est par leur fille que se perpétrait la légitimation. Hors de question, évidemment, pour cette dernière d’épouser le premier quidam venu : c’est avec un de ses demi-frères, né de l’union du pharaon et d’une de ses autres épouses ou concubines, qu’elle devait s’unir, leur enfant étant alors doté de trois-quart de sang divin. Certes, le prince devenait chef des armées et gouvernait bel et bien l’Egypte, une femme ne pouvant s’en acquitter, mais il n’était jamais qu’une sorte de prince consort, la réalité de la souveraineté étant entièrement entre les mains de son épouse. D’ailleurs, si la reine mourrait avant son époux, ce dernier se voyait dans l’obligation de partager le pouvoir avec ses enfants, ou du moins son fils.