L’ordalie : le jugement de Dieu

Une ordalie réclamée par Louis le Germanique (gravure du XIXe siècle).
Une ordalie réclamée par Louis le Germanique (gravure du XIXe siècle).

En usage chez les peuples germaniques, l’ordalie était une épreuve judiciaire –urtheil d’où vient le mot ordalie signifie jugement- reposant sur l’idée que le jugement de Dieu désignait, par la mort d’une des deux parties, le coupable et l’innocent. Le coupable étant, bien sûr, le mort. Ces duels judiciaires, qui se répandent en Europe surtout au VIe siècle, n’étaient pas les seules formes d’ordalies. L’ordalie dite unilatérale n’opposait pas un accusateur et un accusé mais la justice à un accusé ou un innocent d’ailleurs. Un procédé mis en place en cas de manque de preuve ou comme « complément de preuve » en quelque sorte. A l’accusé de prouver sa bonne foi en supportant le fer rouge ou l’eau bouillante. Si, après trois jours sans soin, il se relevait indemne, il était innocenté. Dans le cas contraire, il mourait le plus souvent.
Cette justice sommaire et expéditive, surtout pour les plus faibles de constitution ou de force moindre était donc sensée représenter le jugement de Dieu. Pourtant, dès le début, l’Eglise va se montrer très réticente pour ne pas dire opposé à ces ordalies.