Louis XVI, l’homme méprisé

Buste de Louis XVI (1754-1793).
Buste de Louis XVI (1754-1793).
Un combat au Xe siècle, d’après une peinture murale.
Rarement on aura autant médit sur un roi. Pourtant, son accession au trône, en 1774, fait naître un immense espoir : le petit-fils de Louis XV a alors 20 ans et il forme, avec son épouse, le couple idéal. Intelligent, cultivé –féru d’histoire et de géographie notamment-, Louis XVI n’a qu’un désir : faire le bien de son peuple, procéder aux réformes nécessaires… Ce qu’il n’aura guère l’occasion de faire après avoir rappelé, dès son accession au trône, un Parlement plus désireux de s’opposer que de servir. Qui plus est, le souverain était d’un caractère paisible, plutôt timide ; un caractère manquant de la nécessaire autorité pour brider le Parlement et faire passer ses idées de réformes.
On a souvent fait de Louis XVI une sorte de benêt, sans envergure et préoccupé uniquement d’horlogerie. Une image réductrice et volontairement véhiculée par les très républicains historiens du XIXe siècle ; des historiens qui oublièrent sciemment qu’il était de tradition chez les Bourbons d’apprendre un métier manuel : ce sera l’horlogerie pour Louis XVI comme ça l’avait été pour Louis XIV, la menuiserie pour Louis XV. Et les historiens du XIXe siècle ne seront pas les seuls à se railler de Louis XVI : la noblesse, en son temps, l’avait fait, après être passé bien près de perdre bien des privilèges.