Novgorod : la capitale manquée

Personnage russe (gravure du XIXe siècle).
Personnage russe (gravure du XIXe siècle).

Elle aurait pu, elle aurait du être la capitale de l’Etat russe. Située sur la route commerciale reliant la Baltique à la mer Noire par le Dniepr et la Volga, Novgorod avait été fondée par les Varègues, des Germains de Scandinavie. En 862, Rourik, fondateur de l’Etat russe en fit sa capitale. Mais lorsque son successeur, Oleg, s’empara de Kiev, il décida d’y établir sa capitale. Jusqu’à la fin du Xe siècle, Novgorod devait rester sous la tutelle des princes varègues qui la donnait en apanage à leur fils aîné. Sous Iaroslav (1019-1054), elle acquit une grande autonomie et durant la seconde moitié du Xie siècle elle allait faire l’objet d’âpres luttes entre les princes de Kiev et ceux de Novgorod. Lorsque, en 1132, la Russie kievienne fut totalement démembrée, deux cités allaient émerger et se partager la suprématie sur la région : Novgorod et Rostov-Souzdal. Centre des relations entre les terres russes et la Scandinavie, Novgorod demeurait étroitement liée aux peuples scandinaves. En Russie, sa puissance s’étendait jusqu’à la Carélie, jusqu’à l’Oural aussi.
Outre l’agriculture, qui était la principale ressource de la principauté, cette dernière développa la chasse, la pêche, l’apiculture, la culture du sel et les pelleteries. Ainsi allait se créer, au cours du XIIe siècle, une aristocratie composée de commerçants et de propriétaires fonciers qui devaient affirmer leur indépendance vis-à-vis des princes. Après la révolte de 1136, ces derniers allaient même devenir presque accessoires. En effet, suite à la révolte, une assemblée populaire, contrôlée par les patriciens, fut établie. Le pouvoir réel devait être exerçait par des chefs élus, soit comme chefs militaires, soit comme chefs civils. Le prince, soumis à l’élection, ne pouvait prendre aucune décision sans eux.