Pierre le Cruel, victime de sa réputation

Page d'un manuscrit médiéval représentant la mort de Pierre le Cruel.
Page d’un manuscrit médiéval représentant la mort de Pierre le Cruel.

Les surnoms des souverains font beaucoup pour asseoir leur réputation dans l’imaginaire populaire. Surtout lorsqu’ils correspondent effectivement à la réalité. Le problème est quand ils n’ont qu’un lointain rapport avec la vérité, qu’ils sont mal compris ou, pire, lorsqu’ils sont le résultat d’une propagande réussie. On a surnommé Louis XV le Bien-Aimé alors qu’il fut sans doute l’un des plus détestés des souverains français ; Richard Cœur de Lion fut nommé ainsi parce qu’il était cruel, non parce qu’il était valeureux. Quant à Pierre le Cruel, roi de Castille, s’il ne fut pas un enfant de chœur, il est loin de mériter son surnom.
C’est en 1350, après la mort de son père, Alphonse XI, que Pierre Ier monte sur le trône de Castille. Montrant peu d’intérêt pour le gouvernement effectif de son royaume, il laisse alors le pouvoir aux mains de sa mère et du ministre principal de son père, se contentant de faire exécuter la maîtresse de son défunt père, Eléonore de Guzman. Certes, ce n’était guère charitable mais de là à parler de cruauté… En fait, tout le règne de Pierre le Cruel va être déterminé par la lutte entre le souverain et la noblesse. Aux premiers rangs desquels ses frères, Frédéric, qu’il fera assassiné en 1358, et Henri de Transtamare. Le désir d’affirmation du pouvoir royal face à l’anarchie féodale : voilà comment se résume le règne de Pierre le Cruel.