Qui veut “revoir Syracuse” ?

Appareillage d'un navire grec (dessin moderne).
Appareillage d’un navire grec (dessin moderne).

Présentée, à juste titre d’ailleurs, comme le type même de l’établissement coloniale, la Sicile et plus précisément Syracuse a pourtant été, à plusieurs reprises, à deux doigts de se libérer de ces conquêtes dont elle était l’objet et, même, de dominer à son tour.
Fondée en 734 avant J.-C. par les Corinthiens, Syracuse allait devenir une des principales colonies de la Grande Grèce, sa ville principale et fonder, à son tour, plusieurs colonies, comme Acrae, Casmenae, Camarina. Mais le pouvoir des "gamoroï", les descendants des colons corinthiens, était suffisamment despotique pour attirer à eux la vindicte populaire : en 485 avant J.-C., la plèbe les chassent de la cité, conduisant les gamoroï à faire appel au tyran voisin : Géla. Bien leur en prit, car Géla allait faire de Syracuse la capitale des établissements grecs de la Sicile et permettre à l’île de résister aux Carthaginois. Sous le règne de son frère et successeur, Hiéron, Syracuse allait exercer son hégémonie sur toute l’île et étendre même son pouvoir et son influence sur des villes de la péninsule italienne, à Cumes notamment. Le premier empire "syracusien" s’achèvera en 466, après seulement vingt ans, lorsque Thasybule, frère de Géla et de Hiéron, fut chassé par les démocrates.
Une restauration de la démocratie qui ne sera que de façade cependant, Syracuse n’hésitant guère à soutenir Sparte durant la guerre du Péloponnèse, ce qui lui vaudra de voir les Athéniens mettre le siège -en vain- devant la cité.